Harry Wu

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Harry Wu
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Harry Wu directeur du Laogai Research Foundationlors d'une conférence de presse le 18 janvier 2011

Nom de naissance chinois simplifié : 吴弘达 ; chinois traditionnel : 吳弘達 ; pinyin : Wú Hóngdá
Naissance (78 ans)
Shanghai, Chine
Harry Wu and His Holiness the Dalai Lama
Harry Wu fait visiter le Laogai Museum de la Laogai Research Foundation au Dalaï Lama en octobre 2009.
Harry Wu se joint aux Tibétains le 10 décembre 2012, journée internationale des droits de l'homme

Harry Wu (de son nom chinois Wu Hongda), né le à Shanghai, est dissident et ancien prisonnier chinois ayant passé dix-neuf ans dans la laogai de 1960 à 1979. Il rejoint les États-Unis et y fonda en 1992 la Laogai Research Foundation dont il est le directeur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Harry Wu a été envoyé le dans un camp du laogai comme prisonnier, pour avoir critiqué l’invasion de la Hongrie par l’Union soviétique[1]. Les membres de sa famille et ses amis ont été contraints à le dénoncer comme « contre-révolutionnaire ». Sa mère a refusé et s’est suicidée[2]. Il est libéré en 1979 après dix-neuf ans de camps, six ans plus tard il émigre aux États-Unis et devient citoyen américain. Cependant les camps le hantent, en 1991 il décide alors d'y retourner afin de filmer clandestinement la réalité des camps de travaux forcés du régime communiste chinois.

En 1992, il fonde la Laogai Research Foundation qui est partiellement financée entre 1992 et 2009 par la NED, une organisation fondée par l'ancien président américain Ronald Reagan et proche de la CIA, pour un total de près de 3 millions de dollars [3],[4].

Harry Wu prend à nouveau le risque de retourner en Chine en 1995, mais cette fois-ci il est arrêté à la frontière chinoise, gardé en détention pendant soixante-six jours, condamné à quinze ans de camp, mais il est expulsé grâce aux pressions américaines. Harry Wu reste aujourd'hui un des seuls témoins de ces goulags chinois et veut que les laogai soient reconnus par la communauté internationale et classés au même titre que les goulags communistes ou les camps de concentration et camps d'extermination nazis pour leur extrême barbarie envers l'être humain.

En 2012, avec la Fondation pour la recherche sur le laogaï, il organisa une conférence sur les laogai au Tibet à laquelle Ghang Lhamo et d'autres anciens prisonniers tibétains participèrent[5].

Honneurs[modifier | modifier le code]

Harry Wu a reçu le Prix Liberté de la Fédération Hongroise Activistes pour la Liberté en 1991. En 1994, il a reçu le Prix Martin Ennals pour les Droits Humains de la Fondation Suisse Martin Ennals. En 1996, il a reçu la Médaille de la Liberté de la Fondation Allemande pour la Résistance de la Seconde Guerre Mondiale. Il a aussi été fait docteur honoris causa de l'Université de St. Louis et de l'Université américaine de Paris en 1996.

Points de vue[modifier | modifier le code]

Expositions de corps de Chinois[modifier | modifier le code]

Il est convaincu que des corps présentés lors de l’exposition Bodies: The Exhibition sont ceux de condamnés à mort chinois, et parvient à la faire interdire dans certains États américains[6].

Prélèvement d'organes sur des prisonniers chinois[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, les autorités chinoises récupèrent les organes sur les prisonniers des Laogais afin de les transplanter sur des membres du Parti communiste chinois ou sur de riches étrangers[7],[8].

En 2000, dans son ouvrage Danse pas avec la Chine, Harry Wu affirme que le trafic d’organes en Chine permet à l’Armée populaire de libération de trouver des financements. Harry Wu indique que les prisonniers sont tués d'une balle dans la tête et ce afin de préserver les organes[9].

Allégations de prélèvements d'organes sur des pratiquants du Falun Gong[modifier | modifier le code]

À la suite de la publication, en mars 2006, par Epoch Times, journal lié au Falun Gong, d’un article alléguant l’existence d’un camp de concentration et de prélèvement d'organes à vif d’adhérents du Falun Gong à l'hôpital de Sujiatun, à Shenyang, dans le Liaoning[10], Harry Wu fait parvenir à divers parlementaires et journalistes américains ce qu'il pense de la situation : tout d'abord, d'après les résultats d'une enquête effectuée sur place, le camp de concentration de Sujiatun et ses 6 000 détenus n'existent pas. Ensuite, si depuis plus de 20 ans les organes de condamnés à mort exécutés sont prélevés en Chine, des prélèvements à vif à l'échelle de 4 500 sont impossibles et infaisables. Enfin, le vol d'organes de membres du Falun Gong n'est absolument pas crédible[11]. Selon AsiaNews (en), Harry Wu remet en question la prétendue recrudescence de transplantations et de ventes d'organes qu'auraient subi les membres du Falun Gong. Il estime que les affirmations de traitement comparable à celui des victimes du camp d'Auschwitz mises en avant par le Falun Gong risquent d'être considérées comme de la « propagande politique ». Quoi qu'il en soit, à son avis, « le gouvernement communiste chinois est un mauvais régime qui commet de nombreuses atrocités, dont la persécution du Falun Gong »[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le goulag chinois (Dagorno, 1966)
  • Vents amers (Bleu de Chine, 1994)
  • Retour au laogai (Belfond, 1996), qui va de son arrestation de 1995 à sa libération
  • Danse pas avec la Chine[13] (Indigène, mars 2000) n° ISBN 2-911939-22-0

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Harry Wu, 59 ans, le plus célèbre des dissidents chinois, consacre sa vie à dénoncer les camps où il a passé dix-neuf ans. Le Chinois qui aimait Jean Valjean Libération, 28 janvier 1997 « A cause de ses «origines bourgeoises» et pour avoir critiqué l'intervention soviétique en Hongrie, Harry passe directement de l'université, où il étudie la géologie, à l'univers des camps. Seconde vie. Il a 23 ans et, pour survivre, il devient une bête. Homme dépouillé de sa dignité devant ses bourreaux, son coeur se ferme; il ment, vole de la nourriture, se nourrit de rats... »
  2. Le laogai est pire que le goulag, affirme un Chinois qui a survécu à 19 ans de détention Entretien avec Harry Wu, directeur de la Laogai Research Foundation, octobre 2006
  3. 1992 NED Annual Report
  4. 2009 NED Annual Report Les rapports annuels de cette période sont disponibles sur le site de la NED avec le détail des subventions.
  5. Tibetan Former Political Prisoners Recall Horrors of the Laogai at LRF Conference
  6. Richard Sedillot, « Our Body », l'exposition de cadavres portée devant la justice Rue 89, 2009
  7. La vrai nature du loagai Réforme, 28 juillet 2008
  8. Alerte pour les lanceurs Amnesty International, 2 février 2015 « De même, il fallut les témoignages de Harry Wu et Wei Jingsheng sur le laogaï et leurs révélations sur les prélèvements d’organes des condamnés à mort ou le cannibalisme des années de famine pour que le monde découvre l’envers du rideau de bambou. »
  9. Trafic d’organes : le nouveau « business » chinois Amnesty International, 10 mai 2002, « Harry Wu, révélant l’étendue du trafic d’organes en provenance de Chine, un commerce juteux pour l’Armée populaire de libération (APL), selon lui...Les condamnés sont généralement tués d’une balle dans la tête afin de préserver des organes tels que les poumons, le cœur, le foie ou les reins, a également précisé Mr. Wu. »
  10. (en) Ji Da, New Witness Confirms Existence of Chinese Concentration Camp, Says Organs Removed from Live Victims, Epoch Times, 17 mars 2006.
  11. (en) Harry Wu, My Knowledge and Experience with the Falun Gong media reporting on the Sujiatun Concentration Camp problem, Observechina, 18 juillet 2006. D'après une traduction en anglais, version originale non indiquée « On March 22, I wrote certain US Congress Representatives and other people about the Sujiatun situation and I told them what I thought. The recipients of this letter were about 20 or so people who were either US Congress Representatives or media people. There were three main points in the letter: (1) according to my recent investigation, the Sujiatun concentration camp holding 6,000 people does not exist; (2) for over more than 20 years, the Chinese government had extracted large numbers of organs from death-sentence prisoners. But a scale of 4,500 live organ extractions is impossible in theory and infeasible in practice: (3) the report "The Communists are stealing organs from Falun Gong members to export to Thailand and other countries" is completely not credible. »
  12. (en) Harry Wu questions Falun Gong's claims about organ transplants, AsiaNews (en), 9 août 2006 : « Mr Wu, who spent 19 years in Laogai camps, has uncovered evidence that establishes that for quite some time Chinese prisoners have been used to supply organ banks and executed on demand for needy transplant patients. / His doubts are not over the practice but over the alleged spike in transplants and organs sale purportedly carried out at the expense of the Falun Gong [...] According to Mr Wu, [...], Falun Gong's claim that they are victims of an Auschwitz-like camp runs the risk of being treated as "political propaganda." Still, in his opinion, the "Chinese Communist government is an evil regime that commits many atrocities, including the persecution of the Falun Gong." ».
  13. Danse pas avec la ChineFrance Culture,

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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