Dynastie Jin (265-420)

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Dynastie Jin
晉 (zh)

265420

Description de cette image, également commentée ci-après

Territoire de la dynastie Jin dans sa plus grande étendue, vers 280

Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Successivement Luoyang, Chang'an et Jiankang
Histoire et événements
265 Fondation de la dynastie Jin, à la suite de la conquête du royaume de Shu par le Wei
280 Conquête du royaume de Wu
304-439 Période des Seize Royaumes : partition de la Chine entre nord (les 16 royaumes) et sud (Jin)
420 Liu Yu dépose Jin Gongdi et fonde la dynastie Song du Sud
Empereurs
(1er) 265-290 Sima Yan
(Der) 418-420 Jin Gongdi

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Guerres des Trois Royaumes
Informations générales
Date 220-280
Lieu Chine
Issue Victoire de Jin
Belligérants
Wei, remplacé par Jin après 265 Shu Wu

Batailles

Yiling/Xiaoting - Campagne contre le Wu - Campagne du Sud - Expéditions de Zhuge Liang - Shiting - Liaodong - Offensive du Wu - Xingshi - Koguryo - Gaoping - Expéditions de Jiang Wei (Didao) - Dongxing - Shouchun - Cao Mao - chute du Shu - Zhong Hui - Chute du Wu

La dynastie Jin (晉[1], 265420), divisée en Jin occidentaux (265-316) et Jin orientaux (316-420), succéda au Royaume de Wei (période des Trois royaumes de Chine) et compta en tout 15 empereurs. Ses capitales furent Luoyang (265-311) puis Jiankang (316-420), avec un bref intermède à Chang'an (311-316). Les Seize Royaumes occupaient le Nord de la Chine durant les Jin orientaux, qui furent évincés en 420 par la dynastie Liu-Song, inaugurant la période des dynasties du Nord et du Sud.

Elle appartient à la période dite des « Six Dynasties » (220-589) : la période des Trois Royaumes (220-260: 40 ans), la dynastie des Jin occidentaux ou Jin antérieurs (265-316: 51 ans), la dynastie des Jin orientaux Chine du Sud (317-420: 103 ans), les Seize Royaumes, en Chine du Nord (304-439: 135 ans), les dynasties du Nord et du Sud (420-589: 169 ans).

C'est une période cruciale de l'histoire de la Chine, car elle représente une brève parenthèse de paix après les dévastations qui ont marqué la période des trois Royaumes. Elle réunifie le territoire chinois[2] et amène une brève période de prospérité entre 280 et 304, ce qui n’empêche pas l'émergence de nombreux problèmes politiques et sociaux, dont la migration continue de tribus non sinisées au sein du territoire des Jin.

Profitant du Chaos généré par la guerre des huit princes, ces tribus s'érigent en royaumes et prennent le contrôle de la plus grande partie des plaines du nord de la Chine[3], qui sont à l'époque le cœur économique et politique du pays. Chassés du nord, les Jin se replient sur les territoires situés au sud de la rivière Huai. C'est la fin de cette brève période de calme et le début de la dynastie des Jin Orientaux .

Affaibli par la perte du nord, le gouvernement des Jin de l'Est doit composer en permanence avec les puissants clans du Sud et de puissants généraux, comme Wang Dun et Huan Wen. Ces généraux lancent régulièrement des expéditions pour reconquérir le nord de la Chine, mais en vain. En effet, la conjugaison de la faiblesse économique du Sud et des tensions perpétuelles entre le gouvernements et l'armée provoque l'échec de la plupart de ces expéditions. En 383 les Jin de l'est doivent faire face à la menace de l'empire des Qin antérieur, qui ont réunifié le nord de la Chine à leur profit. Au lieu de tenter de reprendre le nord, les Jin doivent maintenant se battre pour leur survie.

Malgré une infériorité numérique écrasante, l'armée des Jin réussit à vaincre les Qin lors de la bataille de la rivière Fei, ce qui provoque la chute des Qin antérieurs et une nouvelle division du nord de la Chine entre divers royaumes concurrents.[4] Tirant avantage de ce retournement de situation, les armées Jin dirigées par Xie An, puis par Liu Yu, lancent une série d'expéditions qui permettent l'annexion de la plupart des territoires situé au sud du fleuve Jaune. Les Jin ont enfin repris pied au nord et récupéré une partie des fameuses plaines du nord. Cependant, ils ne peuvent tirer parti de ces victoires, car en 420 Liu Yu destitue Jin Gongdi, le dernier empereur des Jin de l'est, mettant ainsi fin à la dynastie.

La dynastie Jin dut constamment lutter contre les seigneurs de guerre et les souverains des ethnies non Han qui finirent par occuper le Nord. La faiblesse des institutions étatiques permettait aux grandes familles et aux généraux de disputer le pouvoir aux empereurs, entraînant une instabilité politique chronique qui empêcha les Jin de consolider leur position sur l’ensemble du pays.

Le déplacement de la cour et de l’aristocratie dans la région de l’actuelle Nankin à la fin des Jin occidentaux contribua à la poursuite de l’intégration du Sud dans l’empire. En dépit de - ou parfois grâce à l’instabilité politique, la période fut féconde sur le plan de la philosophie et de la religion : Xuanxue et Qingtan, apogée des Maîtres célestes et naissance de nouveaux courants taoïstes, développement de l’alchimie et du bouddhisme du Sud avec des personnalités comme Ge Hong et Huiyuan. Des progrès techniques eurent lieu, en particulier dans les domaines du tissage, des couleurs de papier, de la médecine et de la métallurgie. Dans le domaine des arts, on peut citer le calligraphe Wang Xizhi (303-361) ainsi que le poète Tao Yuanming.

Les débuts de la Dynastieː Les Jin occidentaux ou Xi Jin (西晉)[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Bouddha datant de la dynastie Jin.

La dynastie Jin est fondé par le clan Sima, un clan très puissant du royaume de Wei, qui est la plus grande puissance parmi les trois royaumes qui se partagent la Chine à cette époque. En 249, suite à l'incident des tombes de Gaoping, Sima Yi, le patriarche du clan, réussit à prendre le contrôle de l'armée et du gouvernement du Wei. Après sa mort, ses enfants éliminent systématiquement tous ceux qui s'opposent au clan Sima et renforcent leur légitimité politique en annexant un des deux royaumes en conflit avec le Wei. Finalement, Sima Yan, le petit-fils de Sima Yi, dépose le dernier empereur du Wei en 265 et fonde la dynastie JIn en se proclamant Empereur[5].

Conquête du Wu[modifier | modifier le code]

Une fois devenu l'Empereur Jin Wudi, Sima Yan se concentre immédiatement sur la conquête du Wu, le dernier des trois royaumes qui contrôle le sud-est de la Chine. En 280, une armée de 200 000 soldats, divisée en six colonnes, attaque le Wu par terre et par voie fluviale, depuis le nord et le Sichuan. L'armée du Jin balaye rapidement toute résistance, y compris la tentative de Zhang Di, le chancelier du Wu, d’arrêter les envahisseurs avec une armée de 30 000 homme. Très vite, les troupes de Sima Yan assiègent Nanjing,la capitale du Wu, qui n'est défendue que par 20 000 soldats. Comprenant que tout est perdu, Sun Hao, le dernier empereur du Wu, se rend. C'est la fin de la période des trois royaumes, la Chine est réunifiée au profit de la dynastie Jin[6].

La prospérité de l’ère Taikang[modifier | modifier le code]

Un clerc remettant un rapport. Terre cuite funéraire, mingqi. Changsha, Hunan. Musée national de Chine, Pékin

Sous le règne de Wudi, la Chine connaît une période de prospérité. Le pouvoir central encourage la reconstruction en diminuant les taxes et en lançant une politique de grands travaux d'irrigation et autres constructions bénéficiant à l'agriculture. L'économie est également stimulée par la reprise du commerce qui fait suite à la réunification[7].

Un bon indicateur de cette prospérité est le luxe de plus en plus tapageur dans lequel vit l'empereur. Un des officiels de la cour rapporte avoir fait venir un porc qui se nourrit de lait humain pour distraire l'empereur, pendant qu'un autre dépense 20 000 Wuzhu par jour en nourriture. Enfin, l'empereur se constitue l’un des gynécées les plus importants de l’histoire impériale, allant jusqu’à interdire en 273 les mariages pour choisir ses concubines en priorité. Cette décadence est critiquée par les autres officiels de la cour, qui s’inquiètent des migrations de plus en plus importantes, qui se traduisent par l'installation de peuples non sinisés dans le nord de la Chine[8].

Chute des Jin Occidentaux[modifier | modifier le code]

Guerre des Huit princes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre des huit princes.

L'Empereur Jin Wudi pense que la chute du Wei est due au fait que la famille royale a perdu tout son pouvoir et tous ses soutiens au fil du temps. Pour éviter qu'il arrive la même chose à sa dynastie, il anoblit beaucoup de ses frères, fils et oncles et leur donnant le titre de "roi" et en les mettant à la tête des diverses provinces de l'empire. Pensant consolider son pouvoir, il ne fait que créer de nombreux et puissants gouvernements régionaux aptes à tenir tête au gouvernement central, reproduisant sans s'en rendre compte la même erreur fatale que les derniers empereurs de la dynastie Han.

Dès la mort de Jin Wudi, ses frères, fils, oncles et cousins se déchirent pour prendre le contrôle de la cour et du nouvel empereur, Jin Huidi, un handicapé mental incapable de diriger l'empire seul. Ce conflit interne au clan Sima dégénère rapidement en une sanglante guerre civile, la guerre des huit princes, qui ravage le cœur économique et politique de la Chine entre 291 et 306, laissant le pays et la dynastie Jin considérablement affaiblis[9].

Dans le même temps, des rébellions contre l’empire inspirées par le nationalisme Wu ont lieu dans le Sud. D’origine populaire, elles sont réprimées par les grandes familles locales Zhou – basés à Yixing- et Shen – basés à Wuxing

La révolte des "Wu Hu"[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seize Royaumes.

Des nombreux peuples non Han qui se sont installés au nord de la Chine au cours des siècles précédents, la tradition a retenu les cinq plus importants, sous le nom de « Cinq Barbares » (Wu Hu). Ces Wu Hu sont ː

  • Les Xiongnu, peuple originaire des steppes de Mongolie, divisé entre les Xiongnu du Nord, vivant en dehors de l'espace chinois et les Xiongnu du Sud, installés au Shanxi et dans les provinces voisines du Gansu et du Shaanxi[10].
  • Les Xianbei, peuple turco-mongol vivant dans les régions du Nord-Est, divisés en plusieurs groupes à l'époque. Les deux plus importants sont les Murong, en Mandchourie et au nord du Hebei[11], et les Tuoba (Tabgatch) qui évoluent sur les marges nord de la Chine, entre le Hebei et le Gansu[12].
  • Les Di qu'on trouve dans le Shaanxi, le Gansu et le Sichuan[14].

Durant la guerre des huit prince, ces peuples sont utilisés comme mercenaires par les différents belligérants. Voyant le chaos généré par ce conflit et l'affaiblissement des Jin qui s'ensuit, les Xiongnu, dirigés par Liu Yan, se rebellent en 304, fondent le royaume de Han Zhao et sont rapidement rejoints par les autres peuples non Han. Les Jin ont beau se mobiliser pour tenter de contenir cette rébellion, ils subissent en 310 une défaite majeure qui s’achève par la perte d'une armée de 100 000 hommes. Après cette date, les Jin n'ont plus la capacité de contrôler la Chine du nord et en 311, Luoyang, la capitale de l'empire, tombe entre les mains des rebelles qui massacrent 30 000 personnes et capturent l’empereur Jin Huaidi. En 316, c'est au tour de Chang'an, la seconde capitale, de tomber. Jin Mindi, le nouvel empereur, est également capturé, ce qui entraine la chute des Jin Occidentaux[15].

La refondation de la Dynastie ː Les Jin orientaux ou Dong Jin (東晉)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dynastie Jin de l'Est.

Débuts difficiles et crises internes[modifier | modifier le code]

En 316/317, en pleine crise, Sima Rui prend de facto la tête de la dynastie à Jianye/Jiankang, actuelle Nankin, où il s’est installé comme gouverneur du Sud sur les ordres du régent impérial. Après l’exécution de l'empereur Mindi par les Han Zhao en 318, Sima Rui devient officiellement l’empereur Yuandi, acte qui marque le début des Jin Orientaux ou Jin de l'Est. Rui peut compter sur Wang Dao, un de ses proches issu d’une famille de conseillers, qui l’a suivi et s’efforce jusqu’à sa mort en 339 de stabiliser l’État Jin dans le Sud. Sima Rui est rejoint par de nombreux aristocrates et fonctionnaires et beaucoup de Hakkas font remonter à cette époque le départ de leurs ancêtres depuis la vallée du fleuve Jaune, bien que les historiens n’en soient pas convaincus. Malgré tout, le nouvel empereur est dans l'incapacité de reprendre le Nord de la Chine, car la nouvelle cour impériale est faible et doit composer avec les clans locaux Zhou et Shen, contre lesquels elle obtient l’appui des clans Zhu, Zhang, Gu et Lu de Wujun, actuelle Suzhou. De plus, il faut aussi tenir compte des puissants généraux avides de pouvoir qui vont émerger tout au long de la période, comme Wang Dun et Huan Wen.

Les expéditions de Huan Wen[modifier | modifier le code]

Entre 346 et 373, c'est le général Huan Wen qui a le contrôle de facto de la cour des Jin. Il en profite pour lancer une série d'expéditions contre les différents royaumes du nord, pour assoir son pouvoir en réunifiant la Chine. Mais quasiment toutes ses expédions échouent à cause de problèmes d'intendance, couplés à la suspicion que la cour des Jin entretient à l'encontre de Huan Wen[16].

Bataille de la rivière Fei[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de la rivière Fei.
L'extension maximale de l'empire des Qin antérieurs (en bleu) vers 380. La dynastie Jin contrôle les territoires en jaune

En 376, les Jin Orientaux doivent faire face au plus grave danger qui ait jamais menacé leur dynastie, suite à la réunification du nord de la Chine sous la coupe des Qin antérieurs. En 383, Fu Jian, l'empereur des Qin antérieurs, envahit le territoire des Jian Orientaux à la tête d’une armée de 300 000 soldats, là ou les Jin ne peuvent aligner que 80 000 hommes. Cependant, les Jin peuvent compter sur des soldats bien entraînés et bien équipés, qui se battent pour protéger leurs foyer, alors que les Qin ont une armée de conscrits. Le choc a lieu lors de la bataille de la rivière Fei, où les Qin sont mis en déroute par l'armée des Jin[17].

Après cette victoire, le Chancelier Xie An profite de l'effondrement des Qin antérieurs pour reprendre les territoires situés au nord de la rivière Huai. En peu de temps, la frontière du domaine des Jin Orientaux remonte vers le nord de plusieurs centaines de km. Mais très vite, les rivalités reprennent, ainsi que des révoltes populaires dues à la vie difficile des paysans qui subissent le régime économique des grandes exploitations. Enfin, une rébellion fomentée par Huan Xuan, le fils de Huan Wen plonge les Jin dans une guerre civile, qui ne s’arrête qu'à la venue de Liu Yu[18].

Les expéditions de Liu Yu,[modifier | modifier le code]

Les royaumes se partageant la Chine vers 400.

Considéré comme le meilleur général de la période des seize royaumes, Liu Yu met fin à la rébellion de Huan Xuan en 406 en abattant l’éphémère dynastie fondée par ce dernier. Il lance ensuite une série d'expéditions contre les Qin postérieurs, les Xia, les Yan méridionaux et les Wei du nord. À part l'expédition contre les Xia, toutes les autres sont des succès et permettent aux Jin de reprendre pied au nord en annexant le cœur historique de la Chine et en fixant leur frontière nord sur les bords du fleuve Jaune.

Après cette série de victoires, le prestige de Liu Yu est à son zénith, ce qui lui permet d'usurper le trône en 420, mettant ainsi un terme définitif à la dynastie des Jin. Il fonde la dynastie des Song du sud, et sous son règne et celui de son fils, la Chine connaît une brève période de prospérité; jusqu’à ce que les Wei du Nord réussissent à unifier la Chine du nord en éliminant les autres royaumes non Han, puis à repousser les Song vers le sud[19].

Empereurs[modifier | modifier le code]

Nom posthume Noms de famille et prénoms Durée des règnes Noms et date de début et de fin des ères
Par convention, en Chinois le nom complet des Empereurs Jin se décompose comme suit ː "Jin" + nom posthume + "di"
Dynastie des Jin Occidentaux 265–316
Wu di Sima Yan 266–290
  • Taishi 266–274
  • Xianning 275–280
  • Taikang 280–289
  • Taixi 28 janvier 290 – 17 mai 290
Hui Di Sima Zhong 290–307
  • Yongxi 17 mai 290 – 15 février 291
  • Yongping 16 février - 23 avril 291
  • Yuankang 24 avril 291 – 6 février 300
  • Yongkang 7 février 300 – 3 février 301
  • Yongning 1er juin 301 – 4 janvier 303
  • Taian 5 janvier 303 – 21 février 304
  • Yongan 22 février – 15 août 304 ; 25 décembre 304 – 3 février 305
  • Jianwu 16 août – 24 décembre 304
  • Yongxing 4 février 305 – 12 juillet 306
  • Guangxi 13 juillet 306 – 19 février 307
aucun Sima Lun 301
  • Jianshi 3 février – 1er juin 301
Huai Di Sima Chi 307–311
  • Yongjia 307 – 313
Min Di Sima Ye 313–316
  • Jianxing 313–317
Dynastie des Jin Orientaux 317–420
Yuan Di Sima Rui 317–323
  • Jianwu 317–318
  • Taixing 318–322
  • Yongchang 322–323
Ming Di Sima Shao 323–325
  • Taining 323–326
Cheng Di Sima Yan 325–342
  • Xianhe 326–335
  • Xiankang 335–342
Kang Di Sima Yue 342–344
  • Jianyuan 343–344
Mu Di Sima Dan 344–361
  • Yonghe 345–357
  • Shengping 357–361
Ai Di Sima Pi 361–365
  • Longhe 362–363
  • Xingning 363–365
Fei Di Sima Yi 365–372
  • Taihe 365–372
Jianwen Di Sima Yu 372
  • Xianan 372–373
Xiaowu Di Sima Yao 372–396
  • Ningkang 373–375
  • Taiyuan 376–396
An Di Sima Dezong 396–419
  • Longan 397–402
  • Yuanxing 402–405
  • Yixi 405–419
Gong Di Sima Dewen 419–420
  • Yuanxi 419–420 (abdication)

Culture[modifier | modifier le code]

Spiritualité et religions[modifier | modifier le code]

Les sept sages du bosquet de bambous représentés avec l’ermite Rong Qiqi des Printemps et Automnes sur une tombe des dynasties du Sud

L’ambiance factieuse des milieux du pouvoir où les conflits sont souvent meurtriers entraîne une désaffection de certains jeunes aristocrates vis-à-vis de la politique et leur repli dans le qingtan, « pure conversation », joutes oratoires codifiées. Ses adeptes, lettrés et poètes, adoptent parfois un mode de vie hédoniste ou excentrique qui vaudra au mouvement sa mauvaise réputation dans l’histoire officielle écrite selon la perspective confucéenne. Le qingtan s’insère dans le courant xuanxue apparu sous les Wei. Bien qu’il soit catalogué taoïste, ses auteurs, souvent engagés dans la fonction publique, mettent parfois les notions taoïstes au service du confucianisme ou s’en servent pour justifier l’ordre social. Les personnalités les plus représentatives en sont les philosophes Wang Bi et He Yan (Wei), Xiang Xiu et Guo Xiang, ainsi que les sept sages du bosquet de bambous : Xi/Ji Kang, Liu Ling, Ruan Ji, Ruan Xian, Xiang Xiu, Wang Rong et Shan Tao.

Le bouddhisme poursuit son implantation. Il apporte sa contribution au xuanxue ; des moines participent au qingtan et on reconnait certaines influences bouddhistes chez ses auteurs qui les traduisent à leur manière. Sous les Jin orientaux, le moine d’origine nordique Huiyuan établit sur le mont Lu dans la Chine du sud un centre de rayonnement bouddhiste où naît le mouvement Terre pure. Dans le Nord occupé par les Seize royaumes, des travaux importants de traduction sont entrepris sous l’égide des souverains et la direction de Dao'an (Qin antérieurs) et Kumarajiva (Qin postérieurs). Le moine Faxian quitte le domaine des Qin postérieurs pour un long périple (399-414) aux sources du bouddhisme relaté dans Relation des royaumes bouddhiques (Foguoji), dont il rapporte des textes.

Le taoïsme également poursuit son développement. Le mouvement des maîtres célestes toujours florissant s’étend au sud du Chang Jiang avec la réunification et l’exil de l’aristocratie vers le sud. En 399, Sun En de Wu et son parent Lu zhi, leaders locaux du mouvement, entreprennent une tentative de rébellion qui entrainent une restriction du mouvement à la fin des Jin orientaux. Entretemps, les futurs courants phares des dynasties du Nord et du Sud et des Sui-Tang, Shangqing et Lingbao se constituent avec Wei Huacun pour le premier et Ge Chaofu pour le second. Du côté des alchimistes, Ge Hong, grand-oncle de Ge Chaofu, laisse un témoignage important avec le Baopuzi.

Arts,poésie et littérature[modifier | modifier le code]

Sur le plan des arts, on peut citer le calligraphe Wang Xizhi et son fils Wang Xianzhi et le peintre Gu Kaizhi.

La poésie fu poursuit la tradition dite de Jian'an entamée sous les Han avec Zhang Zai, Zhang Xie, Zhang Yuan, Lu Ji, Lu Yun, Pan Yue, Pan Ni, Zuo Si. Certains s’inspirent de l’esprit du qingtan comme Sun Diao ou Guo Pu. Les autres styles sont représentés par Ji Kang, Ruan Ji et surtout Tao Yuanming. Guo Pu est aussi connu pour ses commentaires du dictionnaire Erya, du Livre des monts et des mers et de la Légende du roi Mu.

L’action de la légende populaire de Liang Shanbo et Zhu Yingtai se situe sous les Jin orientaux.

sciences et techniques[modifier | modifier le code]

Dans ce domaine, on peut citer le cartographe Pei Xiu (224-271), ministre des Jin occidentaux, ainsi que les travaux chimiques et médicaux des alchimistes dont Ge Hong qui rédige le premier traité de médecine d’urgence, le Zhouhoubeijifang. Le papier se perfectionne et remplace massivement les lamelles de bambou.

Céramiques Jin[modifier | modifier le code]

Céramique de Yue Yao avec motif, 3e siècle de notre ère, Jin occidentaux, Zhejiang.

La dynastie Jin est connue pour la qualité de ses porcelaines en celadon vert. La fabrication de ces objets en celadon intervient peu de temps après l'apparition des Proto-celadon (en) et des objets en céramiques de Yue Yao (en) au début de la dynastie Jin[21]. Les jarres en proto-celadon ou en celadon de la dynastie Jin sont souvent décorées avec des représentations d'animaux, ainsi qu'avec des représentations de diverses figures bouddhistes[22].

Autres[modifier | modifier le code]

Une autre dynastie Jin a dirigé la Chine du Nord. Elle a été fondée en 1115 par Taizu (en), du peuple mandchou des Jurchen, et a pris fin en 1234 par l'invasion des Mongols de Gengis Khan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sinogrammes simplifiés 晋, sinogrammes traditionnels 晉.
  2. Li and Zheng, pg 365
  3. Li and Zheng, pg 384
  4. Li and Zheng, pg 419
  5. Li and Zheng, pg 361
  6. Li and Zheng, pg 364.
  7. Li and Zheng, pg 365
  8. Li and Zheng, pg 366
  9. Li and Zheng, pg 371-379
  10. Xiong 2009, p. 587
  11. Xiong 2009, p. 367
  12. Xiong 2009, p. 513
  13. Xiong 2009, p. 401
  14. Xiong 2009, p. 118
  15. Li and Zheng, pg 383-384
  16. Li and Zheng, pg 390
  17. Li and Zheng, pg 419
  18. Li and Zheng, pg 428
  19. Li and Zheng, pg 428-432
  20. Section illustrant : « N'abusez pas de l'amour. [... En faire trop afin d'obtenir la faveur exclusive de l'empereur est haïssable] ». Le texte traduit et mis en relation avec l'image, partie après partie, dans : La peinture chinoise, Lesbre et Jianlong, 2004, p. 26
  21. Musée Guimet - exposition permanente
  22. Musée de Shanghai - exposition permanente

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le livre des Jin ( Jin Shu 晋书)
  • (en) Bo Li et Yin Zheng, 5000 years of Chinese history, Inner Mongolian People's publishing corp, (ISBN 7-204-04420-7)
  • Jacques Gernet, Le monde chinois, Paris, Armand Colin, .
  • (en) Victor Cunrui Xiong, Historical Dictionary of Medieval China, Lanham, Scarecrow Press, coll. « Historical dictionaries of ancient civilizations and historical eras », (ISBN 978-0-8108-6053-7)
  • (en) Albert E. Dien, Six Dynasties Civilization, New Haven, Yale University Press, coll. « Early Chinese civilization series »,
  • (en) Mark Edward Lewis, China Between Empires : The Northern and Southern Dynasties, Cambridge et Londres, Belknap Press of Harvard University Press, coll. « History of imperial China »,
  • Damien Chaussende, Des trois royaumes aux Jin : Légitimation du pouvoir impérial en Chine au IIIe siècle, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Histoire »,
  • (en) Rafe de Crespigny, « The Three Kingdoms and Western Jin: a history of China in the Third Century AD », sur Faculty of Asian Studies, Australian National University,‎ (consulté le 25 août 2012) (version en ligne de l'article publié dans East Asian History, 1991, no 1, p. 1-36 et no 2, p. 143-165)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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