Henri d'Artois

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Henri d’Artois
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Henri d’Artois, « comte de Chambord ».

Succession

Prétendant légitimiste
aux trônes de France et de Navarre


(39 ans, 2 mois et 21 jours)

Nom revendiqué « Henri V »
Prédécesseur Louis de France, dauphin de France, « comte de Marnes[a] »
Successeur Jean de Bourbon (légitimiste)
Philippe d’Orléans (orléaniste)
Biographie
Titulature duc de Bordeaux
« comte de Chambord »
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Henri[b] Charles Ferdinand Marie Dieudonné d'Artois,
duc de Bordeaux
Naissance
Paris (France)
Décès (à 62 ans)
Lanzenkirchen (Autriche-Hongrie)
Sépulture Crypte du couvent de Kostanjevica (Slovénie)
Père Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry
Mère Caroline des Deux-Siciles
Conjoint Marie-Thérèse de Modène
Religion Catholicisme romain
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Prétendants au trône de France

Henri d'Artois, petit-fils de France, duc de Bordeaux, est un prince de la famille royale de France, membre de la maison capétienne de Bourbon, plus connu sous son titre de courtoisie de « comte de Chambord », né le au palais des Tuileries à Paris, et mort le au château de Frohsdorf à Lanzenkirchen en Autriche. Petit-fils du roi Charles X, chef et dernier représentant de la branche aînée et française de la maison de Bourbon, il est prétendant à la Couronne de France de 1844 à sa mort sous le nom d'Henri V.

Le nom d'Artois qui lui fut donné par le roi Louis XVIII (suivant la transmission onomastique particulière[c] de la famille royale sous l'Ancien Régime) est celui qui figure sur son acte de naissance, mais il ne l'utilisa plus à partir de 1844 (date de la mort de son oncle le « comte de Marnes », dernier dauphin de France), considérant dès lors porter de jure le nom « de France ». En outre, il opta à partir de la même date pour le nom de Bourbon dans ses relations avec les États étrangers (en particulier ceux qui lui accordaient l'asile politique), et c'est aussi sous ce nom d'emprunt[d] (qui était celui qui servait de patronyme aux bâtards royaux en France depuis le Grand Siècle) qu'il se fit représenter par ses avocats en France, dans certaines procédures civiles. Sous la Restauration, Henri d'Artois portait le titre de duc de Bordeaux, que lui donna Louis XVIII en hommage à la première ville qui se rallia aux Bourbons en 1814. Désigné comme roi en 1830 après l'abdication de son grand-père, Charles X, et de son oncle, « Louis XIX », il s'exile avec toute sa famille en Angleterre. De 1830 à sa mort, il porte le titre de courtoisie de « comte de Chambord » (qui lui fut donné à l'âge de neuf ans, par la famille royale déchue partant pour l'exil), du nom du château qui lui avait été offert par une souscription nationale. Ses partisans le considérèrent comme le « roi Henri V ». Avant 1844, le prince portait les mêmes armes que son grand-père quand il était comte d'Artois à savoir de France à la bordure crénelée de gueules[3].

Revenu en France après la chute du Second Empire en 1870, il se rallie à la majorité royaliste de la nouvelle assemblée nationale, reconnait la branche d'Orléans comme héritière de la branche aînée des Bourbons, et met en échec un projet de restauration, suite à son refus du drapeau tricolore.

Il est le dernier descendant légitime en ligne masculine de Louis XV et de Marie Leszczyńska. Sa mort sans enfant en 1883 marque l'extinction de la branche Artois de la maison capétienne de Bourbon et le début d'une querelle (toujours d'actualité) entre les maisons de Bourbon d’Espagne et d'Orléans pour savoir laquelle a le plus de légitimité à la Couronne de France.

Le duc de Bordeaux[modifier | modifier le code]

Le jeune Henri d'Artois, duc de Bordeaux, inspectant les soldats de la garde royale.

Henri, duc de Bordeaux, est le petit-neveu du roi de France Louis XVIII. À sa naissance, il est troisième dans l'ordre de succession après son grand-père, le comte d'Artois — futur Charles X (veuf de la princesse Marie-Thérèse de Savoie) et son oncle Louis-Antoine, duc d'Angoulême.

Surnommé par le poète Lamartine l’« enfant du miracle[4] », il est le fils posthume de Charles-Ferdinand d’Artois, duc de Berry, fils cadet du comte d'Artois, et de son épouse Marie-Caroline des Deux-Siciles. Le duc de Berry a été assassiné, dans la nuit du 13 au 14 février 1820, par le bonapartiste Louis-Pierre Louvel qui voulait « détruire la souche » des Bourbons. Déjà mère d'une fille, la duchesse de Berry, enceinte au moment du drame, accoucha sept mois et demi plus tard d’un fils, futur héritier du trône tant espéré.

La duchesse de Berry, mère du jeune Henri.
La duchesse de Berry et ses deux enfants après la mort de son époux.

Le 11 octobre 1820, une souscription nationale permet de donner au prince le château de Chambord. Henri est baptisé le à Notre-Dame de Paris ; il a pour parrain et marraine son oncle et sa tante, le duc et la duchesse d'Angoulême.

Il est d’abord placé, comme sa sœur aînée Louise, sous la responsabilité de la duchesse de Gontaut. En 1828, son grand-père, devenu roi en 1824 sous le nom de Charles X, confie son éducation au baron de Damas[5]. Cet éducateur accorde beaucoup d’importance à l’apprentissage religieux[6] ; il veille aussi à choisir des précepteurs qui initient le prince aux matières de bases, aux langues vivantes — allemand, italien — aux exercices physiques et au tir au pistolet[7].

Le prince a une sœur aînée, Louise d’Artois (1819-1864). Du côté de son père, deux demi-sœurs légitimées : Charlotte, comtesse d’Issoudun (future princesse de Faucigny-Lucinge) et Louise, comtesse de Vierzon (future épouse du baron de Charette, général des zouaves pontificaux), ainsi que plusieurs demi-frères et sœurs illégitimes, dont certains nés posthumes. Le remariage de sa mère avec Hector Lucchesi-Palli produit encore cinq demi-frères et sœurs légitimes.

La révolution de 1830[modifier | modifier le code]

Le 25 juillet 1830, Charles X promulgue des ordonnances qui provoquent la révolution de 1830, connue aussi sous le nom de Trois Glorieuses, s'étant étalée sur trois journées. Le , un groupe d'hommes politiques parisiens lance la candidature au trône de Louis-Philippe, duc d'Orléans. Le 2 août 1830, Charles X abdique en faveur de son petit-fils Henri d'Artois. L'ordre de succession donnait cependant le trône au fils aîné du roi, le dauphin Louis-Antoine de France, qui était appelé à régner sous le nom de « Louis XIX ». Mais celui-ci est contraint de contresigner l'abdication de son père. Ainsi, la Couronne passerait au jeune Henri, duc de Bordeaux, qui deviendrait « Henri V ». Charles X envoie cet acte d'abdication au duc d'Orléans lui confiant de facto la régence, l'ayant déjà nommé dès le lieutenant-général du royaume (confirmant de fait ce titre, que le duc d'Orléans avait reçu des députés). Dans cet envoi, il le charge expressément de faire proclamer l'avènement d'« Henri V ». Louis-Philippe d'Orléans ne se tient pas pour « régent » à partir du 2 août ; il se contente de faire enregistrer l'abdication de Charles X et la renonciation de son fils, sans faire proclamer « Henri V ». Le 7 août, la chambre des députés puis la chambre des pairs appellent au trône le duc d'Orléans, qui prête serment le 9 août, sous le nom de Louis-Philippe Ier. Entretemps, du 2 au 9 août, le jeune Henri, âgé de neuf ans, fut fictivement « roi » sous le nom d'« Henri V ». La famille royale part en exil en Angleterre le 16 août 1830[8].

La monarchie de Juillet (1830-1848)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Monarchie de Juillet.

De la Grande-Bretagne à l'Autriche[modifier | modifier le code]

Le « comte de Chambord » dans les années 1840 par Adeodata Malatesta.

La famille royale déchue s'installe au château de Holyrood, en Écosse. En avril 1832, la duchesse de Berry, mère du duc de Bordeaux, débarque en France dans l'espoir de provoquer un soulèvement dans l'Ouest de la France, qui donnerait le trône à son fils. Sa tentative échoue. Arrêtée en novembre 1832, emprisonnée à la citadelle de Blaye, elle y accouche d'une fille qu'elle présente comme le fruit d'un mariage secret avec le comte de Lucchesi-Palli. Discréditée, elle s'exile et l'ancien roi Charles X confie l'éducation de ses petits-enfants à son autre belle-fille, la dauphine, fille des défunts Louis XVI et Marie-Antoinette.

En octobre 1832, la famille de Charles X quitte le Royaume-Uni pour s'installer au palais royal de Prague, en Bohême. L'éducation du duc de Bordeaux est confiée à Mgr Frayssinous. Le 27 septembre 1833, pour sa majorité, fixée à treize ans par les lois du royaume, le prince Henri reçoit un groupe de légitimistes henriquinquistes, qui le saluent au cri de « Vive le roi ! ». À leur retour en France, ces derniers sont poursuivis par le gouvernement de Louis-Philippe, mais acquittés par la cour d'assises. Le premier acte que le duc de Bordeaux accomplit à l'occasion de sa majorité est celui d'une « protestation solennelle contre l'usurpation de Louis-Philippe ».

En octobre 1836, l'ancienne famille royale doit quitter Prague pour Goritz, où Charles X meurt le 6 novembre. Son fils, le dauphin, qui porte le titre de courtoisie de « comte de Marnes », devient en droit « Louis XIX », aux yeux des légitimistes carlistes.

Le 28 juillet 1841, le « comte de Chambord » est victime d'un accident de cheval, qui le force à une longue convalescence, et lui laisse une claudication. En octobre 1843, il se rend à Londres, où il reçoit à Belgrave Square des légitimistes venus de France, parmi lesquels figure Chateaubriand.

Chef de la maison de Bourbon[modifier | modifier le code]

La mort du dauphin, survenue le 3 juin 1844, met le droit en accord avec le fait : le « comte de Chambord » devient l'aîné de la maison de France et est reconnu sous le nom d'« Henri V » par ses partisans, les légitimistes (ou henriquinquistes), qui restent dans l'opposition sous la monarchie de Juillet, la Deuxième République et le Second Empire.

Le premier acte du prétendant au trône de France est d'affirmer ses droits :

« Devenu, par la mort du comte de Marnes, chef de la maison de Bourbon, je regarde comme un devoir de protester contre le changement qui a été introduit dans l'ordre légitime de succession à la Couronne et de déclarer que je ne renoncerai jamais aux droits que, d'après les lois françaises, je tiens de ma naissance. Ces droits sont liés à de grands devoirs qu'avec la grâce de Dieu, je saurai remplir ; toutefois je ne veux les exercer que lorsque, dans ma conviction, la Providence m'appellera à être véritablement utile à la France. Jusqu'à cette époque, mon intention est de ne prendre dans l'exil où je suis forcé de vivre que le nom de comte de Chambord ; c'est celui que j'ai adopté en sortant de France[9]. »

En 1844, le « comte de Chambord » et sa tante, la dauphine, s'installent au château de Frohsdorf, situé au sud-est de Vienne. Le 15 novembre 1846, le prince Henri épouse Marie-Thérèse de Modène, avec laquelle il devait former un couple uni. Le père de cette princesse de vingt-neuf ans, le duc François IV de Modène, était le seul souverain européen à n'avoir pas reconnu la monarchie de Juillet. La duchesse, née princesse Marie-Béatrice de Savoie, était l'héritière des Stuart pour régner sur la Grande-Bretagne, mais exclue de la succession à cause de l'Acte d'établissement anti-catholique de 1701. Quelques années auparavant, le prince Henri avait souhaité se marier avec la sœur cadette de son épouse, Marie Béatrice de Modène, mais celle-ci s'était déjà promise à un ancien infant d'Espagne, Jean de Bourbon, frère puîné du nouveau prétendant carliste.

Depuis Frohsdorf, il se tient au courant des affaires françaises et internationales. « Il lit quotidiennement plusieurs titres de la presse française et étrangère, prend connaissance des brochures et des livres qui lui sont envoyés, reçoit des voyageurs venus de France, entretient des correspondances avec des personnalités légitimistes[10]. »

La Deuxième République (1848-1852)[modifier | modifier le code]

Henri de France par Charles-Marie de Sarcus.

En février 1848, la Révolution éclate ; Louis-Philippe abdique le 24 ; la République est proclamée. Le « comte de Chambord » voit dans la chute des Orléans un juste châtiment, mais s'interdit toute manifestation publique de joie. Le prince Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République en décembre 1848. Cependant, en mai 1849, les élections portent une majorité monarchiste à l'Assemblée nationale. Le prince-président entre bientôt en conflit avec elle. Par le coup d'État du 2 décembre 1851, il conserve le pouvoir et, en octobre 1852, laisse entendre le prochain rétablissement de l'Empire. Henri d'Artois intervient alors par un manifeste daté du 25 octobre 1852, dans lequel il déclare :

« Le génie et la gloire de Napoléon n'ont pu suffire à fonder rien de stable ; son nom et son souvenir y suffiraient bien moins encore. On ne rétablit pas la sécurité en ébranlant le principe sur lequel repose le trône […]. La monarchie en France, c'est la maison royale de France indissolublement unie à la nation. [...] Je maintiens donc mon droit qui est le plus sûr garant des vôtres, et, prenant Dieu à témoin, je déclare à la France et au monde que, fidèle aux lois du royaume et aux traditions de mes aïeux, je conserverai religieusement jusqu'à mon dernier soupir le dépôt de la monarchie héréditaire dont la Providence m'a confié la garde, et qui est l'unique port de salut où, après tant d'orages, cette France, objet de tout mon amour, pourra retrouver enfin le repos et le bonheur[11]. »

Aussitôt après avoir signé ce manifeste, le prince Henri précise à ses partisans la ligne de conduite qu'il attend d'eux, si l'Empire se rétablit : ils ne devront pas participer à la vie publique, s'abstenir de voter et de se présenter à des mandats électifs.

Dès juin 1848, il a pris l'initiative d'un premier geste de réconciliation avec la famille d'Orléans. En 1850, à la mort de Louis-Philippe, il fait célébrer une messe à la mémoire du défunt et écrit à sa veuve, la reine Marie-Amélie. Des démarches sont accomplies entre les deux familles, mais leur union ne se réalise pas[12].

En 1851, il hérite le château de Frohsdorf, de sa tante la dauphine. Il s'y installe défintivement[e] et y conserve des souvenirs de la royauté : portraits de la famille royale ; drapeaux blancs remis à Charles X en août 1830 ; cadeaux offerts par des légitimistes. Il fait construire sur le domaine de Frohsdorf deux écoles, pour les enfants du personnel du château et de la paroisse.

Il quitte parfois le château de Frohsdorf pour voyager en Suisse, aux Pays-Bas, en Angleterre, en Allemagne et en Grèce. En 1861, ce catholique convaincu accomplit un périple de deux mois et demi en Orient, qui lui permet de faire un pèlerinage en Terre sainte, dont il a laissé un récit[13].

Sa sœur, la princesse Louise avait été mariée en 1845 au prince héréditaire de Lucques, Ferdinand-Charles de Bourbon, devenu ensuite le duc Charles III de Parme. Celui-ci fut assassiné en 1854 après cinq ans de règne. La duchesse Louise fut nommée régente pour son fils Robert Ier mais dut s'enfuir devant les troupes sardes qui envahirent ses duchés en 1860. Elle mourut prématurément en 1864 en confiant la tutelle de ses enfants à son frère. Henri d'Artois eut une grande influence sur ses neveux et nièces.

Élaboration d'un projet politique sous le Second Empire (1852-1870)[modifier | modifier le code]

Sous le Second Empire, Henri d'Artois entretient des liens réguliers avec les représentants du parti légitimiste en France, avec lesquels il échange un courrier clandestin. À partir de 1862, il fait connaître ses positions par des manifestes adressés aux Français[14]. Il leur fait connaître sa doctrine et élabore son projet politique : appelant de ses vœux une monarchie qui réaliserait « l'alliance si désirée d'une autorité forte et d'une sage liberté », il préconise une décentralisation administrative et politique. Il se penche aussi sur la question sociale.

Inspirations[modifier | modifier le code]

Parmi ceux qui ont influencé la pensée du « comte de Chambord », il faut citer Mgr Louis-Édouard Pie, évêque de Poitiers, à qui, Henri de Vanssay demandera à l'intention du prétendant « Henri V » de rédiger un rapport décrivant les principes devant servir de base à l'établissement d'une monarchie chrétienne[15],[f]. Il faut aussi citer Antoine Blanc de Saint-Bonnet[16] ainsi que Pierre-Sébastien Laurentie, un écrivain royaliste du XIXe siècle (1793-1876).

Constitution[modifier | modifier le code]

Le « comte de Chambord » souhaite que le roi soit accessible sans distinction de rang social et fasse « concourir tous les talents, tous les caractères élevés, toutes les forces intellectuelles de tous les Français[17] ». Le petit-fils de Charles X entend que cette déclaration de principe trouve sa concrétisation dans la Constitution du royaume par l'affirmation de l'égalité des droits entre tous les citoyens français et l'égal accès de tous aux charges et responsabilités publiques ainsi qu'aux avantages sociaux[18]. Partisan d'une constitution écrite, le prétendant désavoue certains penseurs contre-révolutionnaires et se dit partisan de lois organiques garantissant les libertés publiques et définissant les rouages du gouvernement. Le prince Henri déteste la formule d'Adolphe Thiers : « Le roi règne et ne gouverne pas. » Le roi nomme et révoque les ministres, leur donne des directives, les fait travailler ensemble, contrôle leur action[19].

Le rôle du parlement est un rôle de contrôle qui ne va pas jusqu'à pouvoir renverser le gouvernement : il consiste dans le vote annuel des impôts et du budget et dans la participation à la confection des lois. Henri d'Artois craint que la responsabilité ministérielle devant les chambres ne soit source d'instabilité chronique. Il est aussi favorable au bicaméralisme. En revanche, le roi disposerait du droit de dissoudre la chambre sans limite[20].

Suffrage universel et décentralisation[modifier | modifier le code]

Concernant le suffrage universel, le « comte de Chambord » s'y montre favorable ; il croit, comme lui a dit Villèle, que son grand-père eût conservé son trône s'il y avait fait appel. Ses idées sont proches de celles du marquis de Franclieu[g] qui lui a fait parvenir une étude intitulée Le Suffrage universel honnêtement pratiqué en 1866 et qui sera rendue publique en 1874 sous la forme d'un Rapport au roi[21]. Selon Franclieu, un scrutin populaire s'avère plus conservateur qu'un scrutin élitiste. Franclieu privilégie deux pistes : le suffrage familial et la représentation des intérêts économiques et sociaux. Ce texte qui prévoit d'accorder le droit de vote aux femmes inspire une proposition de loi du comte de Douhet selon laquelle serait institué « le vote accumulé des familles ». Les chefs de famille aurait autant de vote que d'enfants, les familles nombreuses étant considérées comme « plus stables, plus sages et plus méritantes ». La représentation des intérêts économiques et sociaux se ferait par l'introduction dans la composition de la Chambre haute d'une dose de représentation professionnelle : « agriculture, propriété, industrie, commerce, main-d'œuvre, science ».

Henri d'Artois apporte par la suite des précisions sur sa propre conception : un suffrage large mais à plusieurs degrés[22]. « Le suffrage universel n'est absurde que dans son application, il ne l'est certainement pas dans son principe. Je veux dire que, philosophiquement parlant, il n'est pas absurde que les membres du corps social prennent part au gouvernement de ce corps. [...] Que chacun vote, mais seulement sur ce qu'il est capable d'apprécier, et que l'on n'ait un suffrage que là où on est capable d'avoir un avis. »

La question du suffrage lui paraît indissociable de celle de la décentralisation dans la mesure où il prône la création de collectivités territoriales dont les représentant seraient issus du suffrage universel : « Il reste encore en France une vie municipale, une vie provinciale, une vie nationale à rétablir. À chacune de ces vies doit correspondre un organisme qui lui soit propre. » Le système électoral préconisé repose sur un suffrage universel intégral à trois degrés et direct seulement pour le premier ; toute la population élit les conseillers municipaux, lesquels élisent les conseilleurs provinciaux, lesquels élisent les conseillers nationaux, autrement dit les députés[23].

Concernant la décentralisation, il insiste sur sa nécessité dans deux lettres du 14 novembre 1862 et du 30 janvier 1865. Il ne détaille pas concrètement comment la mettre en place mais il ne la confond pas avec la déconcentration administrative, ni avec la décongestion économique et sociale[24].

Liberté de l'enseignement[modifier | modifier le code]

Henri d'Artois.

Le prince Henri tient la liberté religieuse pour « inviolable et sacrée », il entend la garantir mais n'entend pas que les évêques se mêlent des affaires temporelles, ce qui ne serait « pas moins contraire à la dignité et aux intérêts de la religion elle-même qu'au bien de l'État ». Mais le prince ne précise pas si cela se traduirait pas la négociation d'un nouveau concordat[25].

Selon lui, les collectivités publiques doivent se tenir à distance de l'enseignement qui doit rester libre. Il ne voit pas au nom de quoi l'État interdirait aux congrégations religieuses de remplir leur mission pédagogique. Avec les instituteurs privés qui, à Paris, ont formé une société, il échange régulièrement idées et conseils. Par ses offrandes, il contribue à la construction et au financement de plusieurs établissements diocésains[26]. Dans ce domaine, il précise sa pensée sous la forme d'une lettre manifeste, celle du 30 janvier 1865. L'instruction est mise au premier rang des besoins du pays, mais elle est conçue comme d'abord « religieuse et morale ». Il entend ne pas rétablir le monopole de l'État sur l'Université, développer le réseau des établissements congréganistes et résinstaurer le contrôle du clergé sur les écoles publiques.

Mais s'il insiste sur la liberté de l'enseignement, dérivant selon lui de la liberté de conscience, il n'en tire aucune conséquence analogue sur la liberté d'expression et de la presse sur lesquelles il ne développe pas sa pensée, s'en tenant à des généralités[27].

Justice, armée, politique étrangère et coloniale[modifier | modifier le code]

Le 6 janvier 1855, il affirme avec force son attachement à l'indépendance de la magistrature dans une lettre de principe à un magistrat forcé par le gouvernement à prendre sa retraite[28].

Il affirme aussi son attachement à l'armée de métier. Il reproche à la conscription : d'arracher des bras qui pourraient cultiver la terre et enrichir le pays ; de dépenser des sommes à l'équipement des conscrits qui seraient mieux employées à perfectionner les équipements lourds et les techniques de feu ; de dégoûter de jeunes citoyens pauvres de l'effort pour la patrie ; de renoncer à un acquis de la civilisation, à savoir le sacrifice consenti du militaire pour le civil[29]. Il est partisan d'une armée resserrée, très technique, fortement hiérarchisée, et après 1871, beaucoup plus orientée vers la « ligne bleue des Vosges » que vers l'expansion coloniale[30].

Hostile à la politique étrangère de Napoléon III qu'il juge aventureuse, hostile au renforcement de la Prusse et la destruction des États pontificaux, il envisage de reprendre l’Alsace-Lorraine à l'Empire allemand par une attaque éclair secrètement et longuement préparée et de travailler à obtenir des garanties pour l'indépendance de la papauté sans préciser lesquelles, ni comment les obtenir. Il souhaite orienter la politique étrangère de la France dans le sens d'une lutte contre les mahométans, aussi bien dans le cadre de la stratégie française au sud et en Orient. De son voyage dans l'Empire ottoman, il a retenu l'idée que le monde musulman doit être repoussé le plus loin possible[31],[h].

À partir de 1856, il étudie minutieusement le dossier algérien et il publie la synthèse de ses réflexions dans sa Lettre sur l'Algérie le 30 janvier 1865, lettre où il souhaite qu'on construise des écoles, développe les travaux publics, qu'on fasse l'expérience des associations agricoles, commerciales, industrielles. Il insiste sur la nécessité de servir les intérêts de la civilisation et du christianisme en Algérie et reçoit l'approbation du pape Pie IX[32]. Le prince ne se prononce pas sur la politique coloniale mais affirme la nécessité de ne pas laisser le monopole de la mer à l'Angleterre, de renforcer la marine et de mieux former les administrateurs des colonies.

Agriculture et paysannerie[modifier | modifier le code]

Dans sa Lettre sur l'agriculture, publiée le 12 mars 1866, Henri d'Artois rappelle les grandes valeurs de la terre et leurs liens avec la royauté et passe en revue les différentes cultures et leurs difficultés ; il prône le protectionnisme ne voyant pas l'intérêt d'un abaissement des barrières douanières[33] ; il évoque les pistes à explorer sous forme de questions qui sont autant de priorités sans pour autant préciser les réponses à apporter : comment alléger le fardeau des charges pesant sur le sol ? comment venir en aide à la propriété atteinte par les hypothèques ? comment rendre utiles les institutions de crédit en vue des besoins de l'agriculture ? comment lutter contre le morcellement des terres ? comment arrêter la dépopulation décroissante ?

Politique ouvrière[modifier | modifier le code]

En 1848, il écrit : « assister des Français qui souffrent, c'est me servir ». Dès le 30 octobre 1846, le prince Henri avait demandé au marquis de Pastoret d'établir à Chambord et dans les forêts qui lui appartenaient des ateliers de charité offrant pour l'hiver du travail aux habitants les plus démunis. L'idée inspirera l'institution des Ateliers nationaux en 1848[34].

Les mémoires des légitimistes français alimentent la réflexion du prétendant sur la question sociale, notamment celles du vicomte de Chabrol-Chaméane, du vicomte du Bouchage, du baron de Rivière et surtout d'Alban de Villeneuve-Bargemon, qui fut le compagnon d'armes de la duchesse de Berry. Pour Villeneuve-Bargemon, la charité est nécessaire mais ne suffit pas : il faut agir sur la législation en face l'égoïsme et du cynisme social. Henri d'Artois donne son appui en 1849 au marquis de La Rochejacquelein qui veut créer une association au profit des classes ouvrières. Dès cette époque, il encourage la création d'associations constituées dans l'intérêt de la classe ouvrière. Mais il s'agit pour elles de gérer des œuvres charitables et non d'en faire des instruments de négociations sociales. Il croit aux associations d'aide et d'entraide[34]. Il appuie la création par Armand de Melun de la Société d'économie charitable, qui offre plusieurs types de prestations : secours en cas de maladie, crèches, aides aux apprentis, lutte contre les logements insalubres.

Il affina sous le Second Empire sa doctrine et passa à la recherche de solutions concrètes. Il croit à la formule de l'association, formule qu'il a observé dans plusieurs pays européens et qu'il juge prometteuse dans une note du 12 juin 1855[35]. En France, un décret de mars 1852 a accordé la faculté de se constituer librement aux sociétés de secours mutuels, association de droit privé qui organisent la solidarité entre affiliés en cas de maladie ou d'accident de travail.

Dans sa Lettre sur les ouvriers du 20 avril 1865 il franchit un pas important en affirmant la nécessité de l'existence d'un dialogue social contradictoire reposant sur les syndicats[36]. Il souhaite ainsi que les travailleurs s'organisent en associations inspirées des corporations, « pour la défense de leurs intérêts communs. » Bismarck, dit : « Il n'y a que moi et le comte de Chambord qui possédions la question sociale[37]. » Il l'appréhende certes sous l'angle de la charité chrétienne due par les grands au soulagement de la misère du peuple mais perçoit aussi le lien entre le niveau de vie et statut de travail. L'exigence de charité ne disparaît pas mais se distingue désormais du dialogue social, qui doit disposer selon lui de ses instruments propres[i]. Sa foi dans le dialogue social lui fait sous-estimer le rôle propre de l'État pour réglementer tout ce qui ne peut être laissé à la négociation collective. Il ne craint pas d'utiliser le terme d'« émancipation » de la classe ouvrière[38].

Exception française, il est un hériter du trône avec un réel programme, lentement élaboré : ses travaux vont inspirer de manière profonde les monarchistes qui feront renaitre le catholicisme social en France, Albert de Mun et, surtout, René de la Tour du Pin[39].

La tentative de Restauration (1870-1873)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Projet de Troisième Restauration.

De Sedan à la fin de l'exil (août 1870-juillet 1871)[modifier | modifier le code]

Drapeau du « royaume de France », élaboré lors du projet de la Troisième restauration de la monarchie.

En août 1870, alors que la France de Napoléon III connaît de graves défaites dans la guerre contre la Prusse, Henri d'Artois quitte Frohsdorf dans l'intention de s'enrôler ; il lance le 1er septembre 1870 un appel à « repousser l'invasion, sauver à tout prix l'honneur de la France, l'intégrité de son territoire[40]. »

Le 4 septembre 1870, le Second Empire s'effondre après la défaite de Sedan. Bismarck exigeant de négocier le futur traité de paix avec un gouvernement issu du suffrage des Français, des élections législatives sont organisées en février 1871 ; la nouvelle Assemblée compte 240 députés républicains contre 400 monarchistes, divisés entre légitimistes et orléanistes.

Réunie à Bordeaux le 18 février, l'Assemblée nomme Adolphe Thiers « chef du pouvoir exécutif de la République française » ; elle s'investit en même temps du pouvoir constituant, mais annonce qu'elle ne l'exercera qu'ultérieurement. Elle ne veut envisager la restauration de la royauté que lorsque la France sera libérée de l'occupation allemande.

Le 8 mai 1871, le « comte de Chambord » rend publique une lettre en réponse à un de ses partisans, Carayon-Latour, dans laquelle il condamne les intrigues politiciennes, replace les événements dans le contexte de l'histoire de France, affirme sa foi en la France éternelle et appelle au rassemblement[41]. La lettre accélère le processus d'union des royalistes et les princes d'Orléans enjoignent au comte de Paris de s'effacer devant le petit-fils de Charles X[42].

Portrait satirique du comte de Chambord.

Néanmoins le prétendant légitimiste refuse de renoncer au drapeau blanc en faisant une question de principe, qui concerne l'idée même qu'il se fait de la monarchie. Dans une lettre du 24 mai 1871, le prince Henri affirme qu'il ne veut pas abandonner le drapeau de ses pères qui pour lui veut dire « respect de la religion, protection de tout ce qui est juste, de tout ce qui est bien, de tout ce qui est droit, uni à tout ce que commande les exigences de notre temps, tandis que le drapeau tricolore représente le drapeau de la révolution sous toutes ses faces et qu'en outre il remplit les arsenaux de l'étranger son vainqueur[43],[j] » S'il transigeait avec l'héritage de la Révolution, il serait impuissant à faire le bien.

Le , l'Assemblée abolit les lois bannissant de France les Bourbons.

En juillet 1871, Henri d'Artois revient pour quelques jours dans cette France qu'il a dû quitter en 1830. Mais en juillet 1871, il diffère une rencontre avec le comte de Paris, qui déçoit les orléanistes[44]. Il reçoit le 5 juillet 1871 une délégation des députés royalistes réunissant les héritiers de trois des plus grandes maisons de la monarchie, Gontaut-Biron, La Rochefoucauld-Bisaccia et Maillé, ainsi que Mgr Dupanloup, évêque et député d'Orléans, afin de le convaincre d'adopter le drapeau tricolore. Mais le prince Henri reçoit également à Chambord de nombreux représentants de ses partisans de toutes classes sociales et ces entretiens avec eux le persuadent que le peuple de France n'est pas si attaché au drapeau tricolore. Il quitte la France et lance un manifeste publié dans L'Union du 8 juillet dans lequel il déclare :

« Je ne puis oublier que le droit monarchique est le patrimoine de la nation, ni décliner les devoirs qu'il m'impose envers elle. Ces devoirs, je les remplirai, croyez-en ma parole d'honnête homme et de roi. […] Je suis prêt à tout pour relever mon pays de ses ruines et à reprendre son rang dans le monde ; le seul sacrifice que je ne puis lui faire, c'est celui de mon honneur. […] je ne laisserai pas arracher de mes mains l'étendard d'Henri IV, de François Ier et de Jeanne d'Arc. […] Je l'ai reçu comme un dépôt sacré du vieux roi mon aïeul, mourant en exil ; il a toujours été pour moi inséparable du souvenir de la patrie absente ; il a flotté sur mon berceau, je veux qu'il ombrage ma tombe. »

Globalement, cette lettre suscite l'incompréhension et Daniel Halévy dit à son propos : « Ce prince, qui faisait écho aux stances d'un poète, faisait-il son devoir de roi ? Les Allemands étaient à Saint-Denis, le trésor était vide, chaque minute avait son exigence. Quel Capétien l'eût compris ? [...] Chambord n'était pas un homme de l'ancienne France, son acte ne se relie en rien à la tradition toute réaliste de nos rois. Chambord est un enfant des émigrés, un lecteur de Chateaubriand. [...] La décision du comte de Chambord est, dans son ordre, un acte révolutionnaire : par elle, un des plus solides appuis des anciennes classes dirigeantes est brisé [...]. Par elle, la Monarchie française quitte terre, devient légende et mythe[45]. » Les légitimistes se divisent, certains publiant une note collective pour affirmer leur attachement au drapeau tricolore[46]. Adolphe Thiers affirme que le « comte de Chambord » est le fondateur de la république et que la postérité le nommera le « Washington français[47] ». Le vicomte de Meaux affirme dans ses souvenirs que si le petit-fils de Charles X était resté à Chambord, y avait reçu les princes d'Orléans, et s'était dit prêt à s'entendre avec l'assemblée la plus monarchiste que le pays pût élire, la royauté aurait rapidement été restaurée[48].

Les atermoiements de la présidence Thiers (août 1871-mai 1873)[modifier | modifier le code]

Adolphe Thiers, chef du gouvernement provisoire et chef du projet de restauration puis président de la République.

Mais les royalistes pensent que la royauté peut être restaurée. Le 18 septembre 1871, les députés discutent d'une proposition de loi visant à ce que l'ensemble des administrations centrales s'installent à Versailles, qui est votée le 8 octobre, le prince Henri ayant annoncé à Lucien Brun, alors perçu comme l'éventuel président du conseil des ministres d'« Henri V », que la restauration faite, il s'installerait à Versailles[49].

En novembre 1871, le préfet de police nommé par Thiers, Léon Renault, déclare qu'avec cent mille francs, il couvrira Paris de drapeaux blancs[50].

Certains orléanistes comme le comte de Falloux veulent obtenir du « comte de Chambord » une abdication formelle ou amener ses partisans à considérer sa succession comme ouverte, ce qui permettrait d'appeler au trône le comte de Paris[51]. Mais le prince Henri s'y oppose et précise à nouveau sa pensée le 25 janvier 1872, par un nouveau manifeste, dans lequel il proclame :

« Je n'ai pas à justifier la voie que je me suis tracée. [...] Je ne laisserai pas porter atteinte, après l'avoir conservé intact pendant quarante années, au principe monarchique, patrimoine de la France, dernier espoir de sa grandeur et de ses libertés. [...] Je n'arbore pas un nouveau drapeau, je maintiens celui de la France [...]. En dehors du principe national de l'hérédité monarchique sans lequel je ne suis rien, avec lequel je puis tout, où seront nos alliances ? [...] Rien n'ébranlera mes résolutions, rien ne lassera ma patience, et personne, sous aucun prétexte, n'obtiendra de moi que je consente à devenir le roi légitime de la Révolution. »

Au printemps 1872, Henri d'Artois s'oppose à l'idée d'une candidature du duc d'Aumale à la présidence de la République. Celui-ci le dénigre en le surnommant « Monsieur de Trop » et se lance le 28 mai 1872 dans un dithyrambe en faveur du drapeau tricolore, qualifié de « drapeau chéri » lors d'une discussion de l'Assemblée[52]; on lui prête cette formule : « Les Français sont bleus, et ils voient rouge quand on leur montre du blanc. »

En janvier 1873, les princes d'Orléans font un geste en direction du prince Henri en assistant à une messe à la mémoire de Louis XVI à la chapelle expiatoire[53].

En mai 1873, le président de la République, Adolphe Thiers, déclare que « la monarchie est impossible » et que la République est préférable. La majorité royaliste de l'Assemblée le met alors en minorité, provoquant sa démission le . Elle le remplace aussitôt par le maréchal de Mac Mahon, favorable à la restauration de la royauté.

L'échec de la Troisième Restauration (juin-novembre 1873)[modifier | modifier le code]

Litographie par Charles Vernier: Le légitimiste Berryer et le bonapartiste Ratapoil rendent visite au « comte de Chambord ».

La mort de Napoléon III en janvier - dont le fils unique et héritier dynastique est exilé avec sa mère en Grande-Bretagne - le départ du républicain Thiers en mai, l'évacuation des troupes allemandes en septembre crée un climat propice à la restauration. Le gouvernement, soutenu par l'Église qui multiplie les pèlerinages où l'on fait chanter en longues processions « Sauvez Rome et la France au nom du Sacré-Cœur ! », entretient ce climat[54],[k].

Le 5 août 1873 le comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe, se rend à Frohsdorf pour rencontrer son cousin le « comte de Chambord » et saluer en lui le « seul représentant du principe monarchique. » ; il ajoute que si la France veut revenir à la monarchie, « nulle compétition ne s'élèvera dans notre famille. » Cette réconciliation du petit-fils de Charles X et des Orléans doit en principe inciter les députés orléanistes à se joindre à leurs collègues légitimistes pour voter le rétablissement de la royauté. Pie IX charge alors le nonce apostolique de Vienne de faire savoir à Henri d'Artois que le Saint-Siège attache un grand prix à la restauration en France et que la couleur du drapeau est un sujet sur lequel il faut savoir trouver un terrain d'entente[55].

Le 4 octobre, les députés royalistes nomment une commission chargée de s'entendre avec le « comte de Chambord » sur un projet de future constitution, préalable au vote de la restauration de la monarchie. La commission désigne le député des Basses-Pyrénées Charles Chesnelong pour rencontrer le prétendant. Le 14 octobre 1873, à Salzbourg, il approuve le projet constitutionnel libéral et parlementaire que lui expose Chesnelong. Le prince Henri ne soulève aucune objection aux lignes déjà esquissées : la reconnaissance du droit royal héréditaire comme partie intégrante du droit national et non placé au-dessus de lui, l'élaboration d'une constitution discutée par l'Assemblée et non octroyée par le roi, la séparation des pouvoirs et le bicaméralisme, la responsabilité politique des ministres, la garantie des libertés civiles et religieuses[56]. Au sujet du drapeau, les deux hommes conviennent d'un texte indiquant que Henri d'Artois « se réserve de présenter au pays et il se fait fort d'obtenir de lui par ses représentants, à l'heure qu'il jugera convenable, une solution compatible avec son honneur et qu'il croit de nature à satisfaire l'Assemblée et la Nation. » Il n'a cependant pas caché à son interlocuteur qu'il n'accepterait jamais le drapeau tricolore[57].

Couronne et sceptres du comte de Chambord, préparer pour son entrée dans Paris.
Lithographie par Charles Vernier. En attendant le retour du "cuirassé" (le comte de Chambord), La Gazette de France propose un "grenadier" (La Rochejacquelein) pour la Présidence de la République.

L'accession au trône du « comte de Chambord » paraît très proche d'aboutir. Alphonse Daudet écrit : « Qu'il vienne vite, notre Henri… On se languit tant de le voir[58]. » La commission prépare un texte qui sera soumis au vote dès la première séance de l'Assemblée le 5 novembre et qui affirme dans son article premier que « la monarchie nationale, héréditaire et constitutionnelle est le gouvernement de la France ».

À la fin d'octobre 1873, on commence à préparer le retour du « roi » en France[59],[l]. Les négociations sont prises au sérieux à la Bourse de Paris, qui monte après ces nouvelles[60].

Le duc Gaston d'Audiffret-Pasquier entend en informer les Français par un communiqué de presse qui mentionne que des modifications du drapeau ne pourraient être apportées que par l'accord du futur roi et de la représentation nationale, sans parler de remplacement. Or, le « comte de Chambord » est prêt à accepter provisoirement le drapeau tricolore à condition qu'on lui laisse l'initiative de pouvoir le modifier ou d'en proposer un autre une fois revenu sur le trône. De plus, le procès-verbal d'une réunion des députés du Centre-Droit rédigé par Charles Savary lui prête des propos qu'il n'a pas tenus lors de son entrevue avec Chesnelong, à savoir qu'il saluerait « avec bonheur » le drapeau tricolore à son entrée en France[61]. Le compte-rendu de Savary fut comparé à la dépêche d'Ems par ceux qui pensèrent qu'elle visait précisément à provoquer une réaction de sa part pour faire échouer la restauration[m].

Du fait de la déformation des paroles du « comte de Chambord » par Charles Savary, certains journaux vont jusqu'à dire qu'il s'est définitivement rallié au drapeau tricolore. Ne voulant pas être lié, le prétendant décide alors de démentir cette interprétation dans une Lettre à Chesnelong du 27 octobre 1873, qu'il fait publier dans le journal légitimiste L'Union. Il y constate que « l'opinion publique, emportée par un courant que je déplore, a prétendu que je consentais enfin à devenir le roi légitime de la révolution. [...] Les prétentions de la veille me donnent la mesure des exigences du lendemain, et je ne puis consentir à inaugurer un règne réparateur et fort par un acte de faiblesse. » Henri d'Artois réaffirme son attachement au drapeau blanc. Ne pouvant plus espérer obtenir une majorité, la commission qui préparait la restauration de la monarchie met fin à ses travaux le 31 octobre. La publication de cette Lettre à Chesnelong dissipe les espoirs à la Bourse de Paris[62].

Le prince Henri, qui ne s'attendait pas à ce résultat, fait alors une démarche pour ressaisir ses chances : il se rend incognito en France le 9 novembre 1873 et s'installe à Versailles, 5 rue Saint-Louis, chez un de ses partisans, le comte de Vanssay. Le 12 novembre, il fait demander par le duc de Blacas à rencontrer le maréchal de Mac Mahon, président de la République[63]. Il songe sans doute entrer à la chambre des députés, appuyé au bras du président, et obtenir des parlementaires enthousiastes la restauration de la monarchie. Mais Mac Mahon se refuse à rencontrer le prétendant, en estimant que son devoir de chef de l'exécutif le lui interdit[64] (Elisabeth de Miribel, La liberté souffre violence, Plon, 1981, p 31)

Dans la nuit du 20 novembre, l'Assemblée, qui ignore que le prince Henri est en France, vote le mandat présidentiel de sept ans, prolongeant ainsi les pouvoirs de Mac Mahon. Pour les orléanistes, ce délai doit permettre d'attendre la mort du prétendant légitimiste, après laquelle son cousin, Philippe d'Orléans, comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe, pourrait monter sur le trône, en acceptant le drapeau tricolore, la République n'étant alors envisagée que comme un régime temporaire. Circule alors dans les milieux orléanistes ce mot : « Mon Dieu, de grâce ouvrez les yeux du comte de Chambord, ou bien fermez-les lui ! ».

Les dernières années et la mort[modifier | modifier le code]

La chambre à coucher et le jardin du château de Frohsdorf.

Apprenant le vote du septennat, le « comte de Chambord » rentre à Frohsdorf afin de ne pas être un sujet de troubles. Il ne perd pas espoir, mais les nouvelles qui lui viennent de France ne lui indiquent que l'amenuisement puis la disparition de la majorité royaliste, face aux victoires successives des républicains.

La République est instituée en janvier 1875 par l'amendement Wallon, et les lois constitutionnelles de février puis de juillet organisent son fonctionnement. En 1879, avec la démission du président Mac Mahon, tous les pouvoirs appartiennent aux républicains.

Atteint en juin 1883 d'une maladie des voies digestives, il en meurt en exil à Frohsdorf le 24 août 1883, veille de la Saint-Louis. « Henri V » est inhumé auprès de Charles X, du dauphin et de la dauphine, au couvent de Kostanjevica en Slovénie.

La question dynastique après le « comte de Chambord »[modifier | modifier le code]

Le prince Henri n'ayant pas eu d'enfant, de son vivant s'était posée la question de son successeur.

Selon la théorie légitimiste, la couronne devait revenir aux Bourbons d'Espagne, qui descendaient d'un petit-fils de Louis XIV ; ce dernier, monté sur le trône d'Espagne en 1700, sous le nom de Philippe V, avait bien renoncé à ses droits sur le trône de France, pour lui et toute sa descendance, lors des traités d'Utrecht en 1713, mais toute renonciation est nulle selon le principe d'indisponibilité de la Couronne.

Pour les orléanistes, Philippe V ayant renoncé au trône de France, la couronne devait revenir au chef de la maison d'Orléans en vertu des renonciations bilatérales des traités d'Utrecht.

La question avait été posée à Henri d'Artois, qui avait répondu que son successeur serait « celui qui aura le droit[65]. » Selon un auteur, il tenait à la loi traditionnelle de succession et n'approuva pas ceux qui désignaient le comte de Paris comme son successeur[66].

De fait, dans son testament, il ne mentionna pas le comte de Paris et légua à un Bourbon d'Espagne, son filleul, le futur « duc d'Anjou et de Madrid », petit-fils de Jean de Bourbon, ses archives, l'argenterie aux armes de France, les colliers des ordres royaux et les étendards confiés en 1830 à Charles X.

À sa mort, une minorité de légitimistes fidèles, soutenue par sa veuve, la « comtesse de Chambord », reconnut comme le « roi de droit » Jean de Bourbon, « comte de Montizón », descendant du petit-fils de Louis XIV, désormais aîné des Capétiens, et ancien prétendant carliste à la couronne d'Espagne. Pour les légitimistes, la maison d'Orléans ne pouvait prétendre à la succession que d'un roi des Français, Louis-Philippe.

Mais une majorité de royalistes français reporta ses espoirs de restauration sur Philippe d'Orléans, comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe, car il vivait en France et était connu des Français ; d'autres abandonnèrent toute espérance politique.

Article détaillé : Querelles dynastiques françaises.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Titulature[modifier | modifier le code]

  • 27 septembre 1820 - 16 août 1830 : Son Altesse royale le duc de Bordeaux
  • 16 août 1830 - 24 août 1883 : Son Altesse royale le « comte de Chambord »

Musée, monument et iconographie[modifier | modifier le code]

Le château de Chambord, qui appartient à l'État, comporte un musée où plusieurs salles évoquent le « comte de Chambord » ; elles renferment notamment des souvenirs et du mobilier provenant de Frohsdorf ; s'y trouvent aussi quatre voitures et un carrosse que le comte de Damas, représentant en France du prince Henri, avait acquis auprès de la maison Binder, au début des années 1870, pour l'entrée à Paris d'« Henri V », au cas où il aurait été appelé au trône[67].

À la fin du XIXe siècle, des légitimistes français ont élevé à Henri d'Artois un monument à Sainte-Anne-d'Auray ; un piédestal de pierre, orné de statues de Jeanne d'Arc, Bayard, sainte Geneviève et du Guesclin, porte la statue du prétendant en orant, en costume de sacre.

Article détaillé : Monument du comte de Chambord.

Le cabinet des arts graphiques du musée Carnavalet et son cabinet de numismatique conservent plusieurs centaines d'estampes et de médailles de propagande légitimiste à la gloire du duc de Bordeaux puis « comte de Chambord », de sa naissance à sa mort.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Devenu, par la mort de M. le comte de Marnes, chef de la Maison de Bourbon », déclara Henri d'Artois en 1844[1].
  2. L'orthographe de l'époque du prénom Henri était Henry, comme le montre le registre de l'état civil de la maison royale de France[2].
  3. Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry, père du duc de Bordeaux, portait lui-même le nom d'Artois, car son propre père, Charles-Philippe de France (futur roi Charles X) était titré comte d'Artois.
  4. Nom d'emprunt pour les petits-enfants de Charles X (Louise, duchesse de Parme, et Henri, « comte de Chambord »), le nom de Bourbon était en revanche, le nom officiel des Bourbons de Condé et de Conti, ainsi que de la branche illégitime des Bourbons de Busset. Le nom de Bourbon fut également pris, sans l'acceptation des rois de France, par les descendants agnatiques de Philippe de France, duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV.
  5. Jusqu'en 1866, il passe néanmoins l'hiver à Venise, au palais Cavalli.
  6. Le « comte de Chambord » dira le 14 mars 1871 au comte Douhet, député du Puy-de-Dôme, que son programme est « l'Évangile tout pur, sans en retrancher un iota, car j'ai la conviction profonde que l'Évangile est le code du gouvernement tout aussi bien que celui des individus ».
  7. Charles-Paul-Alexandre de Pasquier, marquis de Franclieu, né à Senlis en 1810, était enseigne de vaisseau lors de la révolution de 1830 et démissionna pour se consacrer à ses terres, au château de Lascazères dans les Hautes-Pyrénées, et à la réflexion politique. Député des Hautes-Pyrénées, il siégea parmi les légitimistes intransigeants et inconditionnellement fidèles du « comte de Chambord ».
  8. Le « comte de Chambord » garde de son enfance le souvenir de l'expédition de Morée et de l'indépendance de la Grèce auxquelles la France de la Restauration a participé. De même, en 1851, il avait répondu au baron du Havelt qui lui avait envoyé un mémoire sur la propagande musulmane en Afrique et dans les Indes, il avait répondu qu'il souhaitait la multiplication des missions catholiques afin que « partout la croix renverse le croissant ».
  9. Le droit syndical ne sera reconnu en France que par la loi du 21 mars 1984.
  10. À cet égard, le « comte de Chambord » ne considérait pas l'écrasement de la Commune comme une victoire. Il déclara : « Certains esprits malsains osent assurer que la répression de le Commune a racheté le drapeau tricolore. Comment se flatter d'avoir versé le sang du peuple. Même s'il le fallait, ce que je crois rétablir l'ordre. Et comment trouver de la gloire à des armes dans une guerre de rue et de barricades ! Tout cela est dégoûtant ! ».
  11. L’Assemblée déclare d'utilité publique la construction à Montmartre d'une basilique dédiée au Sacré Cœur de Jésus, lancée à la fin de 1871 par une souscription nationale. La mosaïque géante devant orner le plafond du chœur doit faire figurer aux pieds du Christ en majesté, le « roi Henri V » priant au nom de la France repentante.
  12. Le marquis de Dreux-Brézé commande chez Binder, le plus grand carrossier de l'époque, les douze voitures qui participeront au défilé, commence le recrutement des premiers serviteurs de la maison royale, fait exécuter par Lemoine, bijoutier de la Légion d'honneur, un cordon et une plaque au centre de laquelle une fleur de lis remplace l'aigle impériale. Maxence de Damas choisit dans les écuries de l'armée le cheval que montera « Henri V » pour entrer dans sa capitale. Le voyage de Frohsdorf à Paris s'effectuera en train et s'achèvera gare de l'Est, décorée pour la circonstance. Le « roi » y sera attendu par le Président de la République, les ministres, les députés, les chefs de l'armée, les représentants du clergé. En secret, les royalistes de la capitale font confectionner des fanions blancs fleurdelisés d'or, dont ils espèrent couvrir la capitale. Le « roi » se rendra à Notre-Dame-de-Paris puis les Invalides avant de partir s'installer à Versailles dans les appartements libérés par la Présidence de l'Assemblée nationale, qui étaient avant 1789 ceux de Louis XVI. Le ministre des Affaires étrangères informent que les lettres des ambassadeurs devraient être adressés à « S.M. le Roi de France ». En revanche, on ne sait si Henri d'Artois comptait se faire sacrer à Reims.
  13. Le Centre-Droit fera chorus contre Charles Savary, certifiant que celui-ci avait agi seul, par arrivisme ou par bêtise, thèse que confortera la suite de sa vie puisque dix ans plus tard il sera compromis dans plusieurs affaires dont la faillite frauduleuse de la banque de Rhône-et-Loire et condamné à cinq ans de prison pour faux et usage de faux en écritures.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jossinet 1983, p. 206
  2. Premier volume des registres de l'Etat civil de la Maison royale de France (17 juin 1816 - 15 novembre 1845), base de données Archim, ministère de la Culture
  3. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve - XVIIIe siècle, P.S.R. éditions, 2004, p. 518.
  4. Alphonse de Lamartine, « Ode pour la naissance du duc de Bordeaux », Œuvres poétiques complètes, Paris, La Pléiade, 1963, p. 42-43.
  5. Mémoires du baron de Damas, publiés par son petit-fils le comte de Damas, Paris, Plon, 1922, tome II, p. 289.
  6. Duc de Castries, Le Testament de la monarchie (V) Le grand refus du comte de Chambord : La légitimité et les tentatives de restauration de 1830 à 1886, [Paris], Hachette, 1970, p. 28.
  7. Jean-Paul Bled, p. 25-26.
  8. Achille de Vaulabelle, Histoire des deux Restaurations jusqu'à l'avènement de Louis-Philippe, de janvier 1813 à octobre 1830, Paris, Perrotin, 1856, 3e édition, p. 403.
  9. Cité dans Jean-Paul Bled, p. 25-26
  10. Jean-Paul Bled, p. 145.
  11. Cité dans Jean-Paul Bled, p. 156.
  12. Jean-Paul Bled, p. 159-166.
  13. Comte de Chambord, Journal de voyage en Orient (1861), Texte présenté et annoté par Arnaud Chaffanjon, Paris, Tallandier, 1984, 391 p.
  14. Daniel de Montplaisir, p. 346.
  15. Daniel de Montplaisir, p. 350.
  16. Daniel de Montplaisir, p. 351.
  17. Lettre au duc de Noailles du 5 octobre 1848, Étude politique, p. 68.
  18. Daniel de Montplaisir, p. 351-352.
  19. Daniel de Montplaisir, p. 352.
  20. Daniel de Montplaisir, p. 353.
  21. Daniel de Montplaisir, p. 354-355.
  22. Daniel de Montplaisir, p. 355.
  23. Daniel de Montplaisir, p. 356.
  24. Daniel de Montplaisir, p. 363.
  25. Daniel de Montplaisir, p. 357.
  26. Daniel de Montplaisir, p. 358.
  27. Daniel de Montplaisir, p. 359.
  28. Daniel de Montplaisir, p. 364.
  29. Daniel de Montplaisir, p. 365.
  30. Daniel de Montplaisir, p. 366.
  31. Daniel de Montplaisir, p. 370.
  32. Daniel de Montplaisir, p. 371.
  33. Daniel de Montplaisir, p. 374.
  34. a et b Daniel de Montplaisir, p. 376.
  35. Daniel de Montplaisir, p. 377.
  36. Daniel de Montplaisir, p. 381.
  37. Daniel de Montplaisir, p. 375.
  38. Daniel de Montplaisir, p. 382.
  39. Léo Imbert, Le Catholicisme social, In Hoc Signo Vinces, de la Restauration à la Première guerre mondiale, Paris, Perspectives Libres, , 696 p. (ISBN 979-10-90742-36-9), p. 254
  40. François Laurentie, Le Comte de Chambord, Guillaume Ier et Bismarck en octobre 1870, avec pièces justificatives, Paris, Emile-Paul, 1912, p. 11.
  41. Daniel de Montplaisir, p. 420-421.
  42. Daniel de Montplaisir, p. 421.
  43. Daniel de Montplaisir, p. 423.
  44. Daniel de Montplaisir, p. 424-425.
  45. Daniel de Montplaisir, p. 433.
  46. Daniel de Montplaisir, p. 435.
  47. Daniel de Montplaisir, p. 436.
  48. Vicomte de Meaux, Souvenirs politiques, 1871-1877, p. 128.
  49. Daniel de Montplaisir, p. 448.
  50. Note de Lucien Brun à Henri d'Artois du 28 novembre 1871, archives de Lucques.
  51. Daniel de Montplaisir, p. 451-453.
  52. Daniel de Montplaisir, p. 457-458.
  53. Daniel de Montplaisir, p. 463.
  54. Daniel de Montplaisir, p. 467.
  55. Daniel de Montplaisir, p. 479.
  56. Daniel de Montplaisir, p. 481.
  57. Charles Chesnelong, Un témoignage sur un point d'histoire La campagne monarchique d'octobre 1873, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, 1895, 555 p.
  58. Alphonse Daudet, article de L'Événement du 19 octobre 1873.
  59. Daniel de Montplaisir, p. 497-499.
  60. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières, , p. 291
  61. Daniel de Montplaisir, p. 496.
  62. Colling 1949, p. 291
  63. Henri comte de Chambord, Journal (1846-1883) Carnets inédits, Texte établi et annoté par Philippe Delorme, Paris, François-Xavier de Guibert, 2009, p. 585-587.
  64. Gabriel de Broglie, Mac Mahon, Paris, Perrin, 2000, p. 247-251.
  65. E. comte de Roquefeuil-Anduze, « La succession du comte de Chambord », Cercles d'études Chateaubriand-Bonald, Langres, Imprimerie de Champagne, s.d., p. 3.
  66. E. comte de Roquefeuil-Anduze, « La succession du comte de Chambord », Cercles d'études Chateaubriand-Bonald, Langres, Imprimerie de Champagne, s.d., p. 18, 26.
  67. http://notesdemusees.blogspot.com/2010/03/chambord-chateau.html

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Duc de Castries, Le Testament de la monarchie (V) Le grand refus du comte de Chambord La légitimité et les tentatives de restauration de 1830 à 1886, [Paris], Hachette, 1970, 383 p.
  • Alain Jossinet (préf. Madeleine de Bourbon), Henri V, Bordeaux, Ulysse Éditions, coll. « Les lys de France », , 577 p. (ISBN 2865580075)
  • Jean-François Chiappe, Le Comte de Chambord et son mystère, Paris, Perrin, 1990, 350 p.-16 pl.
  • Jean-Paul Bled, Les Lys en exil ou la seconde mort de l'Ancien Régime, Paris, Fayard, , 346 p.
  • Dominique Lambert de La Douasnerie, Le Drapeau blanc en exil. Lieux de mémoire (1833-1883) D'après de nombreux documents et témoignages inédits, préface d'Hervé de Charette, Paris, édition Guénégaud, 1998, 391 p.
  • David Lévi Alvarès, Rounde adréssade a les damès de Bourdèou, en l'haounou de la Néchènse d'aou duc de Bordèou, chantée aux Tuileries, le 29 septembre 1820, avec traduction en français, Paris, imprimerie de Sétier, 2 p.
  • Daniel de Montplaisir, Le Comte de Chambord, dernier roi de France, , 735 p. (ISBN 978-2-262-02146-7). 
  • Henri comte de Chambord, Journal (1846-1883) Carnets inédits, texte établi et annoté par Philippe Delorme, Paris, François-Xavier de Guibert, 2009, 815 p. (ISBN 2-7554-0345-4)
  • Georges Poisson, Le Comte de Chambord Henri V, Paris, Pygmalion, 2009, 355 p.-8 pl.
  • Alfred Colling, La Prodigieuse Histoire de la Bourse, . 
  • Sous la direction d'Emmanuel de Waresquiel, Les lys et la République. Henri, comte de Chambord, 1820-1883, Taillandier, 2015, 272 p. (ISBN 979-1021010758)
  • Léo Imbert, Le Catholicisme social, In Hoc Signo Vinces, de la Restauration à la Première guerre mondiale, Persecptives Libres, 2017, 696 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]