Victor-Amédée II

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Victor-Amédée II
Portrait de Victor-Amédée II de Savoie par Martin van Meytens.
Portrait de Victor-Amédée II de Savoie par Martin van Meytens.
Titre
Duc de Savoie et prince de Piémont

(55 ans, 2 mois et 22 jours)
Prédécesseur Charles-Emmanuel II
Successeur Charles-Emmanuel III
Roi de Sicile

(6 ans, 4 mois et 26 jours)
Prédécesseur Philippe IV
Successeur Charles IV
Roi de Sardaigne

(10 ans, 6 mois et 17 jours)
Prédécesseur Charles III
Successeur Charles-Emmanuel III
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Date de naissance
Lieu de naissance Turin (Sardaigne)
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Moncalieri (Sardaigne)
Sépulture Basilique de Superga
Père Charles-Emmanuel II de Savoie
Mère Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie
Conjoint Anne-Marie d'Orléans
Enfants Marie Adélaïde
Marie-Anne
Marie-Louise
Victor-Amédée
Charles-Emmanuel III Red crown.png
Emmanuel-Philibert

Signature de Victor-Amédée II

Victor-Amédée II

Victor-Amédée II de Savoie (en italien Vittorio Amedeo II et en piemontais Vitòrio Medeo II), dit « le Renard de Savoie » [1], né à Turin le , mort au château Moncalieri le , est un prince de Piémont et duc de Savoie de 1675 à 1730, roi de Sicile de 1713 à 1720, puis roi de Sardaigne de 1720 à 1730. Il est le fils du duc Charles-Emmanuel II et de Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie

Biographie[modifier | modifier le code]

Couronnement du roi Victor-Amédée II.

Origine[modifier | modifier le code]

Victor-Amédée nait le à Turin. Il est le fils de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie et prince de Piémont, et de son épouse Marie-Jeanne-Baptiste de Savoie[2]. Marie-Jeanne-Baptiste est la dernière représentante (et héritière) de la branche des Genevois-Nemours[3], duchesse de Genève et d'Aumale.

En avril 1684, il épouse Anne-Marie d'Orléans, fille de Philippe d’Orléans, frère du roi de France Louis XIV[2],[3]. Elle est également sa cousine[2]. Son père avait épousé en premières noces Françoise-Madeleine d'Orléans (1648-1664), fille de Gaston d’Orléans[3].

Règne[modifier | modifier le code]

Son règne commence avec les persécutions contre les Vaudois venus de France s'établir en Piémont sur de très vives pressions du roi de France Louis XIV qui menaçait ses États de guerre. Bien que marié à une nièce de Louis XIV, il prend part à la Ligue d'Augsbourg contre la France, qui envahit ses États. Battu à la bataille de Staffarda (1690), il envahit le Dauphiné en 1692, mais à nouveau battu à la Marsaille (1693), il doit signer avec Louis XIV une paix séparée en 1696.

Allié de la France au début de la guerre de Succession d'Espagne, il se joint à l'Autriche en 1703 à la demande de l'Empereur, mais la plupart de ses États sont occupés par le duc de Vendôme. Une lettre de Louis XIV à Victor-Amédée atteste de leurs relations tumultueuses : « Monsieur, puisque la religion, l'honneur, l'intérêt, l'alliance et votre propre signature ne sont rien entre nous, j'envoie mon cousin le duc de Vendôme à la tête de mes armées pour vous expliquer mes intentions. Il ne vous laissera que 24 heures pour vous déterminer »[4].

Victor-Amédée répond à Louis XIV : « Sire, les menaces ne m'épouvantent point. Je prendrai les mesures qui me conviendront le mieux relativement à l'indigne procédé dont on a usé envers mes troupes. Je n'ai que faire de mieux m'expliquer et ne veux entendre aucune proposition »[5].

Victor-Amédée II.

En 1706, aidé par son cousin Eugène de Savoie, il détruit l'armée française qui avait mis le siège devant Turin, il libère le Piémont. Il envahit le Dauphiné et la Provence , mais cette invasion restera sans lendemain. En juillet 1707, il attaque Toulon, bloqué par les Anglais ; la flotte française se saborde mais, le 23 août, les Savoisiens lèvent leur siège. Une nouvelle défaite fait perdre la Savoie à Victor-Amédée. Momentanément brouillé avec l'Autriche en 1709 à qui il reproche de ne pas l'avoir soutenu contre les Français, il garde sa neutralité jusqu'aux traités d'Utrecht (1713) où il finit par faire libérer son duché de Savoie momentanément occupé par l'armée française, recevant de surcroît une partie du Milanais et le royaume de Sicile, ainsi que la titulature royale. Cette île étant trop éloignée pour qu'il puisse la défendre, il doit l'échanger en 1720 avec l'empereur Charles VI contre le royaume de Sardaigne.

Sous son règne, la Sardaigne connaîtra un gouvernement de type absolu, comme ce fut le cas pour beaucoup de pays d'Europe à cette époque. Victor-Amédée adopte un moment les théories gallicanes développées dans la Déclaration des Quatre articles rédigée par Bossuet en 1682, selon lesquelles le pape n'a qu'une autorité spirituelle et ne peut ni juger les rois, ni les déposer. Cette Déclaration est enseignée dans les séminaires des États de de Savoie jusqu'à leur condamnation par la papauté.

Il abdique en faveur de son fils le [6], se retire au château de Chambéry[2]. Déçu par le début de règne de son fils, il tente de reprendre la couronne[2]. Son fils Charles-Emmanuel III, qu'il rencontre à Rivoli en 1731, l'assigne à résidence au château de Moncalieri, où il meurt en 1732[2]. Il est inhumé en la basilique de Superga, à Turin[2].

Arts[modifier | modifier le code]

Victor-Amédée II a laissé une empreinte importante dans l'architecture de Turin. En 1714, il recrute l'architecte Filippo Juvarra, à qui l'on doit notamment la construction de la basilique de Superga (achevée en 1731) et celle du pavillon de chasse de Stupinigi (1729 à 1731), ainsi que la façade du palais Madame.

Famille[modifier | modifier le code]

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Anne-Marie d'Orléans.

Il épouse en premières noces à Chambéry, le [7], Anne-Marie d'Orléans (16691728), fille de Philippe de France, duc d'Orléans et d'Henriette d'Angleterre. Ils ont :

La Famille royale de Savoie en 1697

Veuf en 1728, Victor-Amédée se remarie morganatiquement à Turin le avec Anna Canalis di Cumiana (16791769), ensuite marquise de Spigno (1731)[Note 1], fille du comte Francesco Maurizio Signore di Cumiana par Monica Francesca San Martino d'Aglié dei Marchesi di San Germano. Ils n'ont pas d'enfants.

Victor Amédée II eut également une liaison de plus d'une dizaine d'années avec la jeune Jeanne-Baptiste d'Albert de Luynes (16701736), fille de Louis-Charles d'Albert, duc de Luynes, et d'Anne de Rohan-Montbazon, et épouse de Joseph Scaglia († 1704), comte de Verua (trame du film La Putain du roi ). Deux enfants furent légitimés et titrés le 14 mai 1701 malgré l'évasion rocambolesque de leur mère vers la France à la fin de l'année 1700 :

Ascendance[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La marquise, veuve Novarina de San Sebastiano, avait au moins un fils avant cette nouvelle union, connu comme le comte de San Sebastiano, qui s'illustre à la bataille d'Assietta en désobéissant à ses supérieurs et en emportant ainsi la victoire ; un fils est nommé Pietro Novarino et hérite du titre de marquis de Spigno en 1769 ; s'agit-il du même ? Un comte Giacinto Canalis de Cumiana est connu à cette époque qui pourrait bien être aussi son fils.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. a, b, c, d, e, f et g Palluel-Guillard, p. 36.
  3. a, b et c Fabrice Preyat, « Marie-Adélaïde de Savoie (1685-1712), Duchesse de Bourgogne, enfant terrible de Versailles », Études sur le XVIIIe siècle, vol. XXXXI,‎ , p. 32 (lire en ligne).
  4. Victor de Saint-Genis, Histoire de Savoie, Chambéry, éd. Bonne, 1869, T.2, p. 425.
  5. Saint-Genis, ibid.
  6. «  Extrait de la renonciation faite par sa Majesté Victor-Amedee II Roy de Sardaigne, en faveur du prince Charles-Emmanuel, son fils », Paris chez Gonichon, 1730 (Lire en ligne).
  7. Archives départementales des Yvelines - Versailles (Notre-Dame)(BMS 1684-1685 ; vue 6/112) - Mariage par procuration du 10 avril 1684