L'Ami du clergé

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L'Ami du clergé
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Religion
Date de fondation 1878
Ville d’édition Paris, Langres

Directeur de publication Pierre Maitrier, abbé Denis
Directeur de la rédaction Victor Palmé, François Perriot

L'Ami du clergé est une revue hebdomadaire de langue française à caractère encyclopédique publiée à Langres entre 1878 et 1969 (date où elle est devenue Esprit & Vie)

Tirant à plus de dix mille exemplaires, cette revue était destinée à compléter et à actualiser la formation du clergé, sur « toutes les questions dogmatiques, morales, liturgiques, théologiques, sur le droit canon, les Écritures saintes, la patrologie, l'Histoire sainte », dit le frontispice, mais aussi scientifiques, sociales et ecclésiastiques nécessaires pour combattre le mouvement anticlérical commencé avec la chute du Second Empire et la proclamation de la IIIe République.

Historique[modifier | modifier le code]

La revue a été créée par deux laïcs, Victor Palmé, éditeur religieux d'art à Paris[1], et Pierre Maitrier, imprimeur éditeur à Langres, 1, rue Pierre Durand, après avoir été chez Firmin-Didot à Paris.

L'Ami du clergé était à l'origine un supplément du journal L'Univers, ce qui la plaçait sous un double patronage et une double vocation: celui de l'encyclopédisme de l'abbé Migne (1800-1875) qui avait été le fondateur de L'Univers, et celui de l'ultramontanisme de Louis Veuillot (1813-1883) qui en était devenu le directeur, et dont l'éditeur était Victor Palmé.

L'abbé Migne avait déjà publié un journal hebdomadaire in-12°, La Vérité canonique liturgique, historique, bibliographique, anecdotique, dont le prospectus annonçait le 6 avril 1861 que son intention était de "rendre service au clergé en répondant à ses besoins et à ses questions en matière de liturgie, de discipline ecclésiastique", dans un format portatif qui complétera les immenses collections. Il avait cessé de paraître en 1867, quelques semaines avant l'incendie criminel du 12 février 1868. C'est ce programme que L'Ami du clergé va reprendre et parfaitement bien réaliser.

L’imprimerie du Petit Montrouge à Paris ayant été détruite, les œuvres de Veuillot étaient imprimées par Victor Palmé sur les presses de la Société générale de librairie qui s'était spécialisée dans l'édition de luxe, fut vendue et cessa ses activités en 1898. Une partie avait été transférée à Langres, ce qui donna lieu à la création en 1878 d’un premier supplément mensuel au journal L'Univers.

L’abbé Louis Denis (Saint-Thiébault 1841 -1892), chancelier de l’évêché de Langres, et l’abbé François Perriot (1839-1910)[2], supérieur du Grand séminaire, comprirent l’importance de l'Ami du clergé et le transformèrent en une sorte de Journal officiel du Clergé paroissial de France[3]. La direction de la revue a rapidement été prise par un ecclésiastique protonotaire apostolique, tandis que la rédaction était dirigée par une personnalité scientifique importante du Grand séminaire de Langres.

Devenu directeur de L'Ami du clergé dont l'abbé François Perriot était le rédacteur, le chanoine Denis fonda la Croix de la Haute-Marne dont il devint rédacteur jusqu'à sa mort en 1892.


Le titre Ami du clergé, est repris de l'essai L'Ami du clergé et des hommes religieux, ou Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique, politique et littéraire, publié en 1844 à Paris par l'avocat Mathieu Henrion (1805-852), qui dirigeait depuis 1840 le journal L'Ami de la religion et du roi, journal ecclésiastique, politique et littéraire, édité à Paris depuis 1808 par Adrien Le Clère, imprimeur de NSP le pape et l'archevêque de Paris.

Un Ami du clergé et de la noblesse avait déjà été publié entre 1790 et 1791, par un député. Le mot ami est typique des organes la contre-révolution, comme L'Ami du roi, qui parodiaient le nom des clubs auxquels ils s'opposaient comme les Amis de la Constitution, les journaux comme L'Ami du peuple de Marat, tout cela étant issu de la Société des amis.

La revue a été publiée dans cet esprit et sous ce titre jusqu'à l'époque de Mai 1968, sa reprise par les Éditions du Cerf en 1969 l'adoption d'un titre plus moderne : Esprit & Vie.

L'imprimerie Maitrier & Courtot de Langres se chargera aussi de la création en 1889 de la Croix de la Haute-Marne qui était un supplément du journal La Croix destiné à informer le public sur tous les incidents provoqués par la sécularisation, comme l'expulsion des congrégations enseignantes et soignantes, la querelle des inventaires, et plus généralement l’intransigeance sectaire des républicains.

Le contenu[modifier | modifier le code]

En plus d'être un journal officiel du clergé de France et un organe militant, L'Ami du clergé se donnait comme vocation de faire connaître et de promouvoir le catholicisme social et plus généralement toutes les œuvres littéraires, scientifiques, philosophiques, ou historiques inspirées par la religion catholique, mais sans chercher à entretenir des polémiques, contrairement à Louis Veuillot.

Ainsi, pour prendre un exemple, dans le tome de l’année 1907, on trouve des contributions ou des comptes rendus d’œuvres de Jacques Bainville, René Bazin, Paul Bourget, Louis Bréhier, Henri Bremond, Ferdinand Brunetière, Mis de Caumont de la Force (1878-1931), Mgr Dupanloup (1802-1878), Gustave Le Bon, Jules Lemaître, Charles Maurras, Frédéric Mistral, le comte de Montesquiou (1873-1915), Marcel Prévost, le Vicomte de Noailles, le Chanoine Sertillanges (1843-1948), Pierre de Vaissière (1867-1942), les biographies de Gerson, Calvin, Bossuet, Pierre Loti, Taine (1828-1893), Lammenais, Lacordaire, Louis Veuillot, Madame Craven... et des critiques ou des recensions d’œuvres de Goethe, Châteaubriand, Hugo, Balzac, Auguste Comte, Marc Sangnier, Théodule Ribot, Célestin Bouglé, Alfred Fouillée (1838-1912), Tocqueville, Gobineau (1816-1882).

Les suppléments[modifier | modifier le code]

L'Ami du clergé, revue de toutes les questions ecclésiastiques, comportait

  • à partir de 1888 un premier supplément intitulé L'Ami du clergé paroissial, qui proposait des modèles de sermons et d'oraison, pour chaque jour de l'année et chaque occasion.
  • à partir de 1894, un second supplément intitulé La jurisprudence ecclésiastique au presbytère, destiné à informer des questions de jurisprudence civile et canonique intéressant le clergé. En particulier, il proposait une analyse de la jurisprudence sur les problèmes posés par la nouvelle législation de sécularisation des biens du clergé et du bannissement des congrégations, à l'époque de la querelle des inventaires.

Elle comporte aussi des tables décennales publiées à Langres en 1879-1888 ; 1889-1898 ; 1899-1908 ; 1909-1923 ; 1924-1933 ; 1934-1950.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Ami du clergé, (tome 1 : 1878, 36e année Paris-Bruxelle, à tome 32 : 1914 Langres, imprimerie Maitrier) (tome 33 : 1919, 56e année à tome 37 :1939, 57e année) (tome 1 :1946, 78e année Langres, imprimerie de l'Ami du Clergé, à tome 52 : 1968) Paris (Tolbiac). Devient : Esprit et vie (Langres) = ISSN 0014-0775
  • L’ami du Clergé paroissial (tome 1:1888 - 1968 tome 68, Langres, imprimerie Maitrier et Courtot) premier supplément. ISSN 1140-8243)
  • La jurisprudence civile ecclésiastique au presbytère, (tome 1 1894-1913 tome 10, 1920-1829) Paris (Tolbiac). Devient : L'Ami du presbytère (Pau) = ISSN 1256-3633
  • Table générale analytique et synthétique de l’Ami du clergé, et de l’Ami du clergé paroissial, 1889-1898 / 1899-1908 / 1909-1923 BN (Paris) Tolbiac. (ISSN 1140-8243)
  • Origine et étapes de L'Ami du clergé, in Esprit & Vie, 100e année, n°42, 1990.
  • Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres, 1993,

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. directeur de la Société générale de la librairie catholique (1873-1898)
  2. Spécialiste du chant grégorien, il était chantre et professeur de chant. Docteur en théologie, il avait aussi occupé les chaires d'histoire et de théologie dogmatique, et collaboré à la première édition du Catéchisme du patron, avec Léon Harmel. Il était républicain et libéral. À partir de 1892, il avait organisé au Val-des-Bois des sessions de formation pour séminaristes sur l'encyclique Rerum novarum, ouvertes aussi aux laïcs, parmi lesquels se trouveront en 1899 Marc Sangnier et Georges Goyau. Il avait publié plusieurs dans L'Univers plusieurs articles sur cette encyclique qui ont été réunis dans un livre.
  3. Selon certains auteurs, ils rachetèrent le titre.

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

L'Ami du Clergé paroissial 1888-1936 sur Gallica