Hervé Pinoteau

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Hervé Pinoteau
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blason

Hervé Pinoteau, né le à Paris, est un héraldiste français.

Il est notamment vice-président de l'Académie internationale d'héraldique de 1964 à 2007, président-fondateur de la Société française de vexillologie de 1985 à 2010 et président de la Société nationale des antiquaires de France depuis 2010. Spécialiste de l'héraldique, de la vexillologie et de la phaléristique, il est également connu pour avoir contribué au renouveau du courant légitimiste en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Après son service militaire, effectué entre 1950 et 1951, Hervé Pinoteau devient lieutenant d’infanterie de réserve. Il se lance ensuite dans l'édition et devient cadre au sein des maisons Hachette, Larousse et Palais-Royal. Il devient parallèlement l'un des directeurs de la revue Mémoire de 1984 à 1989, tout en étant nommé collaborateur d'honneur de la revue Hidalguía, à Madrid, et conseiller adjoint du comité de rédaction de la revue Emblemata, à Saragosse[1].

Principalement connu comme spécialiste de l'héraldique, de la vexillologie, de la phaléristique et de l'étude de la symbolique de l'État français à travers ses divers régimes et dynasties, il écrit au cours de sa vie plus d'une trentaine d'ouvrages et environ 900 articles que l'on peut notamment retrouver dans l’Encyclopædia universalis, le Dictionnaire du Grand siècle de François Bluche, le Dictionnaire du Second Empire de Jean Tulard, l’Encyclopédie de la culture française, le Dictionnaire de biographie française, ou encore le Dictionnaire mondial des images de Laurent Gervereau[1].

Figure de référence dans ses domaines de recherche, le baron Pinoteau se voit élire secrétaire général, puis vice-président et représentant de l’Académie internationale d'héraldique entre 1964 et 2007. Il devient dans le même temps le 2e vice-président de la Société des amis du Musée national de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie et fonde en 1985 la Société française de vexillologie dont il devient le président, puis le président d'honneur. Depuis 2010, il est président de la Société nationale des antiquaires de France, dont il était déjà vice-président depuis 2009.

Il est également sociétaire de la Société des gens de lettres de France, membre du comité d'honneur de la Société française d'héraldique et de sigillographie, de l’Académie de Versailles, de la Société de l’histoire de France et de son conseil, de la Société archéologique et historique de la Charente, de l’Association d’entraide de la noblesse française et, enfin, de la Société des Cincinnati. À l'étranger, il est académicien de mérite à l’Academia Portuguesa da História (pt), membre honoraire de l’Institut grand-ducal de Luxembourg et académicien correspondant de la Real Academia matritense de heráldica y de genealogía, ainsi que membre titulaire de divers sociétés savantes en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Italie, au Mexique et en Suisse[1].

Engagement légitimiste[modifier | modifier le code]

Particulièrement touché par la décrépitude de l’État français sous la Troisième république et le régime de Vichy, le baron Pinoteau recherche, après la Seconde Guerre mondiale, quelle pourrait être « l’alternative à ce régime épuisé pour assurer la renaissance nationale ». Il en arrive finalement à la déduction que « seule la monarchie pourrait relever la France ». À la fin des années 1940, le légitimisme est réduit à l'état de groupuscule, ayant cessé depuis un demi-siècle d'être un mouvement politique significatif, par la désertion du gros de ses troupes vers le royalisme orléaniste. En effet, après la mort du « comte de Chambord » en 1883, beaucoup d'anciens légitimistes avaient abandonné la nouvelle branche aînée des Bourbons — descendant du deuxième petit-fils de Louis XIV — au profit d'une branche cadette éloignée, les Orléans — descendant de Louis-Philippe Ier. Mais, en exerçant son travail de généalogiste et en suivant les lois fondamentales du royaume de France, Hervé Pinoteau découvre que l’aîné des Capétiens est en fait l’infant Jacques-Henri de Bourbon, « duc d’Anjou et de Ségovie », un prince espagnol descendant de Philippe V, le deuxième petit-fils de Louis XIV. Ce prince « généreux, gentil »[2] est sourd, ce qui lui donne une diction particulière, qui ne l'empêchera pas de devenir populaire « grâce à son humour et son côté bon vivant »[2].

Avec le soutien de son ami Michel Josseaume, rédacteur du journal légitimiste Le drapeau blanc, Pinoteau rencontre « Henri VI » le et se met à son service dès 1955. En 1962, il collabore à la fondation du secrétariat du prince Alphonse, « duc de Bourbon » puis fonde, en 1973, l'Institut de la maison de Bourbon[3].

Il est ainsi connu par les légitimistes français comme le « chancelier » des princes Jacques-Henri, Alphonse et Louis de Bourbon. Il est également considéré comme l'un des principaux artisans du renouveau légitimiste en France, avec le comte Pierre de La Forest-Divonne, Patrick Esclafer de La Rode et Michel Josseaume[3].

Famille Pinoteau[modifier | modifier le code]

Les armes de sa famille[Note 1] datent de son ancêtre, le général Pierre-Armand Pinoteau fait baron de l'empire en 1815 (titre confirmé en 1862 sous le Second Empire), qui portent au franc-quartier senestre la marque des barons militaires de l'Empire. Ces armoiries qui furent définitivement réglées étaient légèrement différentes sous Napoléon III. Hervé Pinoteau porte le titre de baron Pinoteau[4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1956-1973 : Cinq prix attribués par l’Instituto internacional de genalogía y heráldica (Madrid)
  • 1990 : Lauréat du prix Maurice Payard, pour « Notre-Dame de Chartres et de France » décerné par l'Académie Nationale de Reims[5].
  • 2006 : « Médaille à nos aînés. Pro merito scientiarum genealogiciae et heraldicae » de la Confédération internationale de généalogie et d’héraldique
  • 2006 : The Jullian Bickersteth memorial medal décerné par l’Institute of Heraldic and Genealogical Studies (en) (Northgate, Canterbury)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Hervé Pinoteau a notamment[1] :

  • dessiné les armoiries de la République du Tchad.
  • dessiné les armoiries de la région des Pays de la Loire.
  • mis en ordre et décrit le symbole et le drapeau du territoire de la Polynésie française (mission officielle à Tahiti).
  • créé le drapeau de la Société française de vexillologie.
  • réalisé des fers de reliure, des ex-libris et des marques commerciales.
  • participé à la réalisation des armoiries du roi dans la grille dorée du château, à la demande de l'architecte du château de Versailles, Frédéric Didier.
  • réalisé l’affiche du 150e anniversaire de l’Académie de Versailles (1984).
  • créé les armoiries de la princesse Marie-Marguerite, duchesse d'Anjou (2016) avec Christian Papet-Vauban et Xavier d'Andeville[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Monarchie et avenir, Nouvelles éditions latines, 1960.
  • État présent de la Maison de Bourbon : pour servir de suite à l'"Almanach royal" de 1830 et à d'autres publications officielles de la Maison, Éditions du Palais-Royal, 1975.
  • L’Héraldique capétienne en 1976, Nouvelles éditions latines, 1977.
  • L’État de l’ordre du Saint-Esprit en 1830 et la survivance des ordres du roi, Nouvelles éditions latines, 1983.
  • Études sur les ordres de chevalerie du Roi de France, Le léopard d'or, 1995.
  • Le chaos français et ses signes : Étude sur la symbolique de l’État français depuis la révolution de 1789, éditions PSR, 1998 (ISBN 2-908571-17-X).
  • Hervé Pinoteau, Jean de Vaulchier, Jacques Amable de Saulieu et Jean de Bodinat, Armorial de l'ANF - Association d'entraide de la Noblesse Française - Hervé Pinoteau : Héraldique et noblesse en préface de l'ouvrage.
  • La symbolique royale française, 2004.
  • Insignes et vêtements royaux, Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles, Objets et Insignes du Pouvoir, décembre 2005.
  • Saint Louis : Son entourage et la symbolique chrétienne, Éditions du Gui, 2005.
  • Cinq études d'héraldique et de symbolique étatique, Le léopard d'or, 2006.
  • Notre-Dame de Chartres et de France - Le voile de la Vierge et autres merveilles. François-Xavier de Guibert, 2008.
  • Clefs pour une somme : comportant l'index et la bibliographie de "La symbolique royale française" et du "Chaos français et ses signes", ainsi que des additions et corrections (avec la collaboration de Michel Popoff et de Jean de Vaulchier), PSR, 2011.
  • Nouvelles études dynastiques : héraldique, vexillologie, phaléristique (avec la collaboration de Jean de Vaulchier), Le léopard d'or, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Armes de la famille Pinoteau : Rietstap donne : écartelé, au 1er d'argent, au lion de sable, armé et lampassé de gueules; au 2e de gueules, à une épée d'argent garnie d'or ; au 3e de gueules, à un sabre d'or, en bande et à une carabine d'or, en barre, passés en sautoir ; au 4e d'argent, à un chevron d'azur, accompagné de trois lapins courant de sable.
    Borel d'Hauterive donne dans l' Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, T. 21, Paris, 1865 : écartelé, au 1er d'argent, au lion de sable, armé et lampassé de gueules; au 2e de gueules, à l'épée haute d'argent, franc-quartier des barons militaires ; au 3e de gueules, à un sabre et une carabine d'or, posés en sautoir (armes d'honneur); au 4e d'argent, à un chevron d'azur, accompagné de trois lapins de sable, qui est de Brumauld.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Site de l'Académie des Sciences Morales, des Lettres et des Arts de Versailles et d'Île-de-France.
  2. a et b Jacques de Bauffremont, Souvenirs, , p. 35-36, 47.
  3. a et b Franz de Burgos, « Honneur au Chancelier des Rois : Hervé Pinoteau ! », Vexilla Galliae,‎ (lire en ligne).
  4. Critique de Jean-François Moufflet sur Saint Louis. Son entourage et la symbolique chrétienne d'Hervé Pinoteau
  5. Hervé Pinoteau reçoit le prix Maurice Payard de l'Académie Nationale de Reims.
  6. Marc Auchen, « Interview de Xavier d’Andeville, créateur du blason de la duchesse d'Anjou », Vexilla Galliae,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]