AMX-30

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AMX-30
AMX-30B
AMX-30B
Caractéristiques de service
Service 1966-2011
Utilisateurs France, Espagne, Grèce, Chili, Bosnie-Herzégovine, Chypre, Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Venezuela
Conflits Guerre du Golfe
Production
Concepteur Direction des études et fabrications d'armements & Ateliers de construction d'Issy-les-Moulineaux
Année de conception 1963
Constructeur Atelier de construction de Roanne
Production 3 571 exemplaires avec les dérivés
Caractéristiques générales
Équipage 4 hommes pilote, chef de char, tireur et radio chargeur
Longueur 6,59 m (caisse)
Largeur 3,10 m
Hauteur 2,50 m
Masse au combat AMX-30B : 36 t

AMX-30B2 : 37,7 t
AMX-30B2 Brenus : 39,3 t[Web 1]

Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type de 15 à 80 mm d'acier homogène laminé[Web 2]

AMX-30 Brenus : ajout de 112 briques réactives BS G2

Armement
Armement principal un canon CN-105 de 105 mm Modèle F1 (47 obus)
Armement secondaire Une mitrailleuse AANF1 de 7,62 mm commandée depuis l'intérieur sur la coupole du chef de char (2 070 coups).

Un canon-mitrailleur M693 de 20 mm (480 obus) monté à gauche de l'armement principal.

Mobilité
Moteur AMX-30B : Hispano-Suiza HS-110 (polycarburant)

AMX-30B2 : Hispano-Suiza HS-110-2
AMX-30 Brenus : MACK E9-750

Puissance AMX-30B : 680 ch (510 kW) à 2 400 tr/min

AMX-30B2 : 720 ch (529 kW) à 2 600 tr/min
AMX-30 Brenus : 750 ch (559 kW) à 2 400 tr/min

Transmission AMX-30B : AMX 5-SD-200D (manuelle)

AMX-30B2 : Minerva ENC 200 (semi-automatique)

Suspension à barres de torsion
Vitesse sur route 65 km/h sur route (40 km/h en tout terrain)
Puissance massique De 18 à 19 ch/t
Réservoir 962 ℓ
Autonomie 550 km

L'AMX-30 est la deuxième génération de char de combat principal qui a équipé l'armée française pendant plus de trente ans. Ce char de deuxième génération a été construit à environ 3 500 exemplaires dont plus de 1 100 versions dérivées à partir de 1966 (dont la moitié exportée). Son châssis a été utilisé pour développer d'autres systèmes blindés tels le char de dépannage AMX-30D ou le véhicule d'emport du missile Pluton.

Conçu par les Ateliers de construction d'Issy-les-Moulineaux (AMX), l'AMX-30 est un assemblage d'acier coulé et corroyé. Sa tourelle est coulée d'une seule pièce. L'équipage se compose de quatre hommes. Le pilote est assis à l'avant gauche du châssis et les trois autres membres de l'équipage (le chef de char et le tireur à droite, le chargeur à gauche) sont installés dans la tourelle.

L'AMX-30B est mis en service à partir de 1967. Le premier régiment à en être équipé est le 503e régiment de chars de combat à Mourmelon, suivi du 501e à Rambouillet. Les régiments blindés des forces françaises en Allemagne sont équipés par les séries suivantes sorties des ateliers de Roanne. L'ordre de bataille décidé en 1967 prévoit un régiment de chars AMX-30 pour chacune des quinze brigades des cinq divisions mécanisées alors en service[Web 3].

Au début des années 1980, environ 1 210 AMX-30 ont été en ligne en compagnie de 1 010 AMX-13[1]. Au , un total de 1 258 chars AMX-30 sont en service dans l'armée de terre française ; 1 217 en France et les Forces françaises en Allemagne soit 843 AMX-30B2 et 415 AMX-30 de première génération ; 1 108 sont dans des formations d'active et 109 dans des unités « écoles » réparties dans les 19 régiments de chars de combat et dans les escadrons blindés des régiments d'infanterie mécanisée des trois corps d'armée de la 1re armée française ; 41 AMX-30B2 sont affectés aux Forces françaises à Berlin. L'AMX-10 RC, le seul autre engin ayant un canon de 105 mm, est lui présent à 268 unités à cette date[Web 4]. Les AMX-30B sont retirés en 1997.

Son armement principal est un canon GIAT CN-105 F1 à âme rayée d'un calibre de 105 mm, opéré par le tireur ou le chef de char (qui a une commande prioritaire), et la télémétrie optique est opérée par le chef de char qui définit la cible, calcule la distance et transmet les informations verbalement au tireur. L'AMX-30B est reconnaissable de l'AMX-30B2 par les optiques de télémétrie de part et d'autre de la tourelle.

L'AMX-30 dispose en armement secondaire d'un canon automatique coaxial de 20 mm, en remplacement de la mitrailleuse de 12,7 mm d'origine, et armant également l'AMX-10 P. Celui-ci a pour particularité de pouvoir être sur-pointé en site, indépendamment du canon principal, pour servir de DCA légère. Une mitrailleuse de 7,62 mm couplée à un projecteur (pouvant recevoir un filtre infrarouge pour la vision de nuit) est fixée sur le tourelleau et commandée depuis l'intérieur par le chef de char. Des lance-pots fumigènes disposés de part et d'autre de l'arrière de la tourelle complètent la défense rapprochée de l'engin blindé.

Comme d'autres blindés, il peut être équipé d'un schnorchel pour franchir les voies d'eau. Il fut modernisé en AMX-30B2 (canon, conduite de tir, télémètre laser, suspension, groupe motopropulseur, caméra thermique). L'AMX-30B2, avec sa conduite de tir automatisée (COTAC) et son télémètre laser, se différencie physiquement de l'AMX-30B par l'absence des optiques de télémétrie de part et d'autre de la tourelle et par la présence d'une protubérance contenant la lunette chef au sommet de la tourelle, au-dessus du tireur.

L'ultime évolution est l'AMX-30 Brennus, qui est un AMX-30B2 recouvert de briques de blindage réactif. À partir de 1998, les différentes déclinaisons de l'AMX-30 commencent à être remotorisées après l'achat de 500 Renault Mack E9 fabriqués aux États-Unis.

Historique[modifier | modifier le code]

Programme et études[modifier | modifier le code]

Contexte d'études[modifier | modifier le code]

Bien que l'occupation de la France pendant la Seconde Guerre mondiale ait interrompu temporairement la recherche française en termes de recherche et développement de véhicules blindés de combat, la recherche clandestine a permis aux Français de récupérer rapidement le terrain perdu après la libération à la mi-1944[2]. Pendant l'occupation, les Français avaient secrètement travaillé sur un programme de blindage qui a été repris en 1944 par l'atelier étatique : Atelier de construction de Rueil (ARL), le projet résultant étant la conception et la production de l'ARL 44, qui a été produit à partir de 1946[3]. Ce modèle était équipé d'un moteur Maybach HL230 de 575 CV (429 kW), et armé d'un canon de 90 mm[4]. Bien que ce véhicule de 48 t ait été comparable aux chars de combat contemporains en termes de puissance de feu et de puissance moteur, il avait certaines faiblesses constitutives principalement en termes de roulement[2]. Un total de 600 unités étaient prévues, mais seules 60 ont finalement été produites en 1950. Elles ont été livrées au 503e régiment de chars de combat de l'armée de terre française. Étant donné que l'ARL 44 a été considéré comme un véhicule provisoire pour les forces blindées de l'armée française depuis le début de sa création, le travail sur un nouveau char a commencé dès mars 1945.

Étude de base[modifier | modifier le code]

Le développement du nouveau char a été proposé à cinq fabricants distincts, l'atelier de construction d'Issy-les-Moulineaux (AMX), les Forges et chantiers de la Méditerranée (FCM), la société Renault, la société Lorraine-Dietrich (SLD-Lorraine) et la Société d'outillage mécanique et d'usinage d'artillerie (SOMUA)[5] . Le nouveau véhicule a été basé sur les nouvelles exigences d'après-guerre pour un seul char de combat. Il a reçu pour nom de baptême AMX-50. Son blindage et sa suspension étaient semblables à celles du char allemand Panther, qui avait été utilisé par l'armée française immédiatement après guerre[6]. Les spécifications du gouvernement français pour le nouveau char ont été fortement influencées à la fois par le Panther et le char lourd Tiger I ; en particulier, l'armée française était à la recherche d'un char avec la protection du Panther et la puissance de feu du Tiger I [7]. Bien que la conception ait été empruntée aux chars allemands, y compris le moteur Maybach 1 000 CV (750 kW), basé sur un modèle antérieur, et les roues avec un système de ressort à barre de torsion, l'AMX-50 a également inclus un certain nombre de caractéristiques uniques. Par exemple, il a inclus une tourelle rotative, montée sur un tourillon, ce qui était une première en son genre. La tourelle oscillante composée de deux parties, dont l'une était montée sur les tourillons de la partie inférieure, l'ensemble attaché à l'anneau de la tourelle. Le canon principal était fixé à la partie supérieure, afin de faciliter l'élévation des armes à feu et la dépression, de plus cela permettait la simplification de la conduite de tir et l'installation du système de chargement automatique [8].

Parmi les trois entreprises contractantes, Renault se retire du programme, au tout début de 1946, le gouvernement français sélectionne AMX et SOMUA afin de poursuivre le développement. Les prototypes ont été désignés, et AMX a terminé son prototype en 1949, tandis que SOMUA ne termine le sien que juste avant 1956. Le premier prototype d'AMX était armé d'un canon de 90 mm, mais un second prototype a été équipé d'un canon de 100 mm en juillet 1950. Bien qu'il vise à mettre l'AMX-50 en production en tant que char moyen standard de la future union de l'Europe occidentale, des raisons financières et l'arrivée de l'aide militaire des États-Unis sous la forme de 856 chars M47 Patton livrés à la France à partir de 1953 qui resteront en service jusqu'en 1970[Web 5] causent l'abandon du programme original. En 1951, il est décidé de transformer le programme en un projet de char lourd avec un canon de 120 mm ; trois prototypes ont été construits[7], mais ce projet est aussi abandonné en 1956, principalement en raison d'une défaillance de conception et de grandes difficultés à produire un moteur suffisamment puissant[8],[9].

Création de l'AMX-13[modifier | modifier le code]

Avec la disparition du programme AMX-50 en version canon de 100 mm en 1951, la France a officiellement abandonné l'idée de produire un char moyen. Il était prévu que l'Allemagne de l'Ouest serait bientôt autorisée à se réarmer, or les Allemands semblaient vouloir équiper leurs forces avec une foule de projets à faible coût, mais avec des chars puissamment armés, leur quantité devant compenser un manque de polyvalence en termes d'armement à l'inverse des derniers chars moyens. La perspective de la présence de milliers de chars allemands a induit les Français à adopter l'idée et ils ont envisagé de créer un char léger « Type 67 » pour ses divisions blindées, pour lesquels l'AMX-13 a été spécialement conçu. Une conception d'une entreprise privée visant à répondre aux mêmes exigences a été le char Batignolles-Châtillon. Un prototype dérivé de char intermédiaire, fait en 1955, a prouvé qu'il était possible de produire un char avec une arme de premier ordre et frontalement protégé par 80 mm de blindage en acier, ceci permettant une contrainte de poids de 30 t. Ceci a ranimé l'intérêt pour le concept de char moyen[10].

Primo projets Europa-Panzer[modifier | modifier le code]

L'UEO a créé le groupe de travail de la défense Finbel (nommé d'après les pays adhérents : la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg)[11] en 1953, composé de représentants des différents états-majors, afin de rédiger un cahier des charges pour un nouveau char moyen pour éventuellement remplacer leurs chars de conception américaine et britannique. En 1956, l'Allemagne de l'Ouest a rejoint le groupe de travail, le transformant en Finabel (l'ajout du « A » pour « Allemagne » en français) et le 27 octobre 1956, à Colomb-Béchar un accord bilatéral a été conclu entre la France et l'Allemagne afin de collaborer à la construction d'un char[12]. Bien que les autres nations Finabel n'aient pas toutes participé officiellement, ce type de char a été appelé Europa-Panzer pour indiquer sa nature européenne commune, et des experts de tous les pays ont été impliqués dans le processus de conception.

La spécification (Finabel 3A5) pour le nouveau char était un char de combat léger et mobile, avec un réglage de la limite de poids à 30 t, afin de permettre un compromis entre la capacité du blindage et la vitesse du char. Les ingénieurs français et allemands, lors d'une conférence à Bonn le 12 février 1957, ont défini les exigences pour l'avenir de ce char[13],[14]. Cela comprenait une largeur maximale de 3,15 m, une hauteur de 2,15 m et un canon de 105 mm. Le nouveau char devait avoir un moteur à essence refroidi par air, une suspension à barre de torsion avec amortisseurs hydrauliques, un rapport puissance-poids d'au moins 30 CV (22 kW) / tonne et une autonomie d'au moins 350 km[15]. L'institut de recherche militaire franco-allemand à Saint Louis a alors commencé les études.

En mai, l'Italie a rejoint le projet, sans aucune contribution matérielle, puisque le pays n'avait plus de bureau de conception de char après la guerre. Cette même année, le 28 novembre à Paris, les ministères français et allemand de la Défense ont convenu d'un contrat qui permettrait aux deux pays de produire deux prototypes séparément. L'année suivante, cependant, le projet subit un premier revers lorsque Charles de Gaulle prend le pouvoir en France, et avec la création de la Cinquième République. Les accords de Paris, conclus en 1955, avaient pour point principal de permettre de valider l'entrée de la République fédérale d’Allemagne « en voie de remilitarisation » dans l'OTAN. Si l'Allemagne ne peut pas produire d'armement nucléaire, elle pouvait posséder ce type d'armes à la condition qu'elles soient produites à l'étranger. Des entretiens entre la France et l’Allemagne de l’Ouest, qui signent le protocole de Colomb-Béchar en 17 janvier 1957, rejoint par l'Italie lors de l'accord du 25 novembre 1957 par l'Italie, ont lieu pour l'étude commune d'une arme nucléaire mais, le , de Gaulle décide de refuser à l'Allemagne de l'Ouest et à l'Italie l'accès à la bombe atomique, pour garantir l'indépendance nucléaire française[16]. De ce fait, l'Allemagne se désintéresse du projet de char commun[12].

Premiers prototypes communs[modifier | modifier le code]

Les prototypes français ont été développés et produits par l'Atelier de construction d'Issy-les-Moulineaux, sous la direction du général Joseph Molinié, de la Direction des études et fabrications d'armements (DEFA, la Direction technique des armements terrestres), et de l'ingénieur en chef AMX Heissler. Le premier prototype a été achevé en septembre 1960 et testé en février 1961[17], le deuxième, avec un télémètre amélioré et un système de roulement de meilleure qualité, en juillet 1961. Ces premiers véhicules avaient une tourelle très arrondie, dans une imitation délibérée du T-54 soviétique, et étaient équipés des moteurs à essence fabriqués par la SOFAM. D'autres prototypes, avec une amélioration de la tourelle en fonte lisse, ont été fabriqués entre 1961 et 1963. Les travaux sur les prototypes allemands ont été réalisés par deux équipes, dont l'équipe A composée de Porsche, Maschinenbau Kiel (en), Luther & Jordan et Arnold Jung Lokomotivfabrik (en) et l'équipe B composée par Ruhrstahl (de), Rheinstahl (de)-Hanomag et Henschel. Des maquettes en bois ont été réalisées en 1959, tandis que les deux premiers prototypes terminés par l'équipe A ont été achevés en 1961[18] .

Fin des accords franco-allemands[modifier | modifier le code]

De Gaulle décide alors que la France, tout en restant membre de l'Alliance Atlantique, ne participerait plus à l'organisation militaire de l'OTAN. Ceci provoque une rupture entre la France et l'Allemagne de l'Ouest, qui commence alors à mettre l'accent sur une normalisation avec l'achat de matériel américain, en particulier dans l'armement, afin de suivre la nouvelle politique de l'OTAN d'utiliser des moteurs diesel polycarburants[19]. Le ministre allemand de la Défense Franz Josef Strauß commence à s'opposer au projet commun de char. En juillet 1963, le comité de défense du Bundestag allemand décide de se procurer un char de production purement nationale. En réponse, le même mois, le gouvernement français prend une décision identique[20].

Des essais comparatifs sont néanmoins maintenus à Mailly-le-Camp, Meppen, Bourges et Satory entre cinq prototypes français et cinq prototypes allemands, entre août et octobre 1963, en présence de délégations néerlandaise, belge et italienne sous supervision américaine[21]. Le char de type français avait reçu une désignation nationale distincte : AMX-30. Les essais indiquent que le modèle de char de type allemand, qui obtient son nom de Leopard le 1er octobre, présente une meilleure mobilité et une meilleure accélération. Le gouvernement français juge qu'il ne pourrait pas se procurer un nouveau char jusqu'en 1965, tandis que les Allemands refusent d'adopter le canon de 105 mm franco-allemand (4,1 in), au lieu du calibre Royal Ordnance L7, dont ils avaient déjà ordonné l'achat de 1 500 pièces à l'automne 1962, leur plan ayant échoué pour faire produire en Allemagne par Rheinmetall un type de munitions communes d'une qualité suffisante[22]. Les suggestions pour arriver à un compromis, en combinant la tourelle française avec le châssis allemand, échouent. En conséquence, le programme est annulé, les Français et les Allemands adoptant définitivement leurs deux chars distincts[23].

Premiers prototypes AMX-30[modifier | modifier le code]

Les prototypes de l'AMX-30 pèsent 32,5 t et sont compacts, avec une largeur de 3,1 m comparable seulement au Panzer 61 (en) suisse, et une hauteur de 2,28 m comparable seulement au modèle soviétique T-55. Contrairement à l'AMX-50, l'AMX-30 dispose d'une tourelle conventionnelle, du fait de la difficulté de sceller des tourelles oscillantes contre les poussières radioactives, et contre l'eau lorsque le char est en submersion. Les tourelles oscillantes ont également une plus grande faiblesse balistique au niveau de l'anneau de la jupe et de la tourelle. À l'origine, les deux premiers prototypes sont propulsés par un moteur à allumage commandé de 720 CV (540 kW), nommé SOFAM 12 GS. Plus tard, un moteur diesel multi-combustible a été adopté, développé par Hispano-Suiza[24]. Les sept prototypes de l'AMX-30 sont reconstruits plus tard avec le nouveau moteur diesel. Deux autres prototypes, censés être des véhicules de préproduction, sont livrés en novembre 1965. Outre les moteurs diesel, le blindage et la tourelle sont modifiés, et des mantelets sont ajoutés pour différents armements ; ces derniers sont de nouveau modifiés dans les véhicules qui seront produits[25].

Caractéristiques de l'AMX-30B[modifier | modifier le code]

Coupe d’un canon de 105 mm armant l’AMX-30.
Coupe d'un canon 105 mm Modèle F1 armant l'AMX-30. Une version plus courte de 44 calibres a équipé le M51 Super Sherman (en) de l'armée de défense d'Israël[Web 6].

Les premières versions produites de l'AMX-30B, nommées ainsi pour les distinguer des prototypes AMX-30A, ont été achevées en juin 1966, fabriquées avec une version soudée de la caisse et une tourelle entièrement coulée. À la production, la caisse avait un poids de 36 tonnes[26]. La capacité de survie de l'AMX-30 était fondée sur sa mobilité. Les ingénieurs français croyaient à l'époque que la mobilité du char aurait été compromise s'ils avaient ajouté suffisamment de tôle d'acier pour protéger contre les menaces antichars modernes, y compris contre les ogives antichars hautement explosives. En conséquence, l'AMX-30 a reçu le plus mince blindage de tous les chars de combat principal produits à l'époque. La tourelle a une épaisseur de blindage d'un maximum de 50 mm, la pente du blindage est de 70 ° sur la plaque avant et de 23 ° sur le côté, offrant ainsi une protection contre les projectiles perforants de calibre 20 mm[27]. Les cotes du blindage sont : 79 mm pour l'avant de la caisse ; 59 mm pour les côtés avant de la caisse ; 30 mm pour les côtés arrière et à l'arrière de la caisse ; 15 mm pour la partie supérieure de la caisse et inférieure ; 80,8 mm pour l'avant de la tourelle ; 41,5 mm pour les côtés de la tourelle ; 50 mm pour l'arrière de la tourelle et de 20 mm pour le haut de la tourelle[28].

Une protection supplémentaire est offerte par un système de protection radiologique, nucléaire, biologique et chimique, y compris un système de ventilation autonome. Il dispose d'un radiamètre DOM 410 et de deux appareils de décontamination de 2,5 ℓ [29].

Photo d’un poste de tir dans l’AMX-30B2
Poste du tireur dans la tourelle d'un AMX-30B2.

Une des caractéristiques uniques de l'AMX-30 est l'obus charge creuse de 105 mm Modèle F1 (OCC 105 F1, Obus-Gessner ou Obus-G). Celui-ci est tiré par un canon en acier monobloc de 105 mm de 56 calibres d'une longueur de 5,9 m. Cet obus souffre de fortes contraintes lorsqu'il est stabilisé par rotation dans les canons rayés, ce qui entraînera le développement de l'obus G. Ce projectile était en deux parties, dont la caisse extérieure et une caisse intérieure en suspension, suspendue par des roulements à billes[30],[31]. Cette conception a permis la stabilisation du projectile par rotation, le rendant plus précis qu'un obus explosif avec un empennage normal. En effet, la caisse intérieure ne bougeant pas, cela permet à l'ogive de travailler avec une efficacité maximale. L'ogive, contenant 780 g d'hexolite, devait pouvoir pénétrer jusqu'à 400 mm de blindage en acier ou 3 mètres de béton, et était efficace contre les chars jusqu'à 3 000 m[32]. Comme il combinait une bonne précision avec une pénétration indépendante de l'angle du blindage, il a été considéré comme un « coup idéal ». L'AMX-30 a également été conçu pour tirer l'obus à charge creuse « OCC Mle.60 », le boulet simili charge creuse « BSCC F1 » pour la formation, et l'obus fumigène « OFUM PH-105 F1 »[33][Web 7]. Le canon principal a été couplé à un frein de bouche sans recul de 380 mm, d'extension maximale de 400 mm, et avec un débattement de -8 ° à 20 °. La hausse de combat standard est de 1 100 m[34].

Caractéristiques des munitions pouvant être utilisées par le char AMX-30
Munition Type Description Poids du projectile Vélocité Charge explosive Poids total de la munition Type percuteur Longueur hors tout
OCC 105 F1 (Obus-G) Obus à charge creuse non tournante . 10,95 kg 1 000 m/s 780 g d'hexolite 17,3 kg BDZ 70 .
BSCC 105 F2 Boulet simili charge creuse Version d'entraînement au tir de l'OCC 105 F1 10,95 kg 1 000 m/s . 17,3 kg non équipé .
OE Modèle 60 Obus explosif . 12,1 kg 700 m/s 2 kg RDX/TNT 21 kg AZ 70 ou PD M51 ou encore FUI-58 991 mm, douille en laiton[35]
OFUM 105 F1 Obus fumigène à effet incendiaire . 12,1 kg 700 m/s 1,77 kg de phosphore blanc 18,5 kg FUI-56 .
OECL 105 F1 Obus éclairant . . . . . . .
OFL 105 F1 Obus-flèche Développé durant les années 1970, prototypes à partir de 1978, production en grande série en 1981 et entrée en dotation l'année suivante. 5,8 kg (barreau saboté) 3,8 kg (barreau seul) 1 525 m/s . 17,1 kg non équipé .
OFL 105 G2 Obus-flèche Munition conçue pour le marché de l'exportation, développée à partir de 1987 et qualifiée en 1993. Temps de vol à 2 000 m : 1,38 seconde. 6,2 kg (barreau saboté) 4 kg (barreau seul) 1 525 m/s . 18 kg non équipé 985 mm
OFL 105 F2 Obus-flèche Barreau en uranium appauvri
développé à partir de 1988 et produit entre 1995 et 1998[36]
. . . . non équipé .

La puissance de feu de la tourelle a été complétée par une mitrailleuse Browning M2 de 12,7 mm coaxiale. Le chef de char pouvait également faire usage d'une mitrailleuse de 7,62 mm antiaérienne sur le toit de la tourelle. Le véhicule transportait 47 coups de 105 mm (19 dans la tourelle et 28 dans la caisse), 748 munitions de 12,7 mm et 2 050 munitions de 7,62 mm. Le chef de char avait son poste de pilotage dans la coupole qui offrait dix épiscopes permettant une vision directe à 360 °, et un télescope binoculaire avec un grossissement de 10x. Le chef de char a également un viseur optique large spectre. Le tireur a pour sa part un viseur pour le canon et deux périscopes d'observation[26].

La version de production de l'AMX-30 a été équipée d'un moteur diesel Hispano-Suiza HS-110, situé à l'arrière du char, d'un poids total de 1 726 kg (moteur nu : 1 426 kg)[37]. Les 962 ℓ de carburant, répartis dans ses six réservoirs[29], pouvaient être remplis sur le terrain en 45 min, et ce moteur produit 720 CV (540 kW), offrant une vitesse maximale de 65 km/h sur les routes. Il donne à l'AMX-30 une autonomie sur route de 600 km ou 16 heures de fonctionnement (sur parcours route 20 %, tout terrain 40 %, fixe 40 %)[38]. Le char nécessite également 138,5 ℓ de lubrifiants (moteur et nourrisses 90 ℓ, boîte de vitesse et nourrisses 45 ℓ, réducteur de barbotin 3,5 ℓ). La boîte de vitesses est un modèle AMX 5-SD-200D, avec cinq vitesses avant et cinq vitesses arrière. Cette transmission a été fortement influencée par celle du char allemand Panther et repose sur un projet commencé en 1938. Elle a été l'un des principaux défauts de l'AMX-30 et a causé une grande variété de problèmes mécaniques, y compris le fait que le pilote devait changer les vitesses manuellement à certains moments précis, même si le char se déplaçait sur un terrain accidenté. Le circuit de refroidissement à deux radiateurs est d'une capacité totale de 100 ℓ[29].

Le poids du char est réparti, de chaque côté, sur un barbotin de 66,8 cm situé à l'arrière, cinq galets de roulement doubles revêtus de caoutchouc (diamètre 70 cm et largeur 33 cm), une poulie de tension à excentrique (diamètre 60 cm), reposant sur une chenille de 570 mm de large de type mixte (acier-semelles caoutchouc) à guidage par denture centrale. Une chenille se compose de 83 patins[29].

Le char peut traverser des obstacles d'1,3 m d'eau sans préparation, jusqu'à 2 m avec une préparation mineure, et jusqu'à 4 m avec une préparation complète. Il peut grimper une pente maximale de 60 % et a un devers maximum de 30 %. La préparation complète pour les opérations amphibies est composée de l'ajout d'un tuba, de l'installation de plaques d'obturation, posées sur l'avant de la caisse, sur les grilles d'entrée d'air du compartiment moteur et l'installation d'équipements de conduite infra-rouge, y compris un projecteur. En 1969, un seul véhicule de formation de plongée spéciale a été adapté, surnommé l'AMX-30 Gloutte (de l'expression faire glouglou), sans moteur ni chenilles, qui sur une rampe pouvant rapidement être abaissée dans un réservoir par un treuil ; il est équipé d'un tube d'évacuation[39].

Son poste de radio est un TR VP 123 très haute fréquence d'une masse de 12 kg avec un amplificateur AN 84 C et d'une portée maximale, selon les antennes, de 20 à 30 km[40].

Production[modifier | modifier le code]

La production de l'AMX-30 a lieu à l'atelier de construction de Roanne, qui dès 1970 se consacre à 45 % à la production de véhicules neufs[41]. Cette usine de fabrication lourde a été construite pendant la Première Guerre mondiale pour produire des obus d'artillerie, mais à partir de 1952 l'usine a commencé à produire des véhicules de combat blindés. Avant de produire l'AMX-30, par exemple, il produisit 1 900 AMX-13 et ses variantes. L'usine de Roanne était responsable de l'assemblage final, la plupart des composants ont été produits ailleurs : le groupe motopropulseur par l'atelier de construction de Limoges, toutes les armes construites par l'Atelier et forges de la Loire, la tourelle par l'atelier de construction de Tarbes, le canon par l'atelier de construction de Bourges, la coupole et la mitrailleuse en superstructure par la Manufacture d'armes de Saint-Étienne et l'optique par les ateliers de construction de Puteaux[32] ; ces nombreux sous-traitants, à nouveau utilisés, aboutirent à une série de fusions de sociétés sous une direction de l'État, la plupart de ces entreprises seront finalement concentrés dans GIAT[42].

À l'origine, 300 AMX-30 ont été commandés par l'armée française, et en 1971 l'ordre fut donné d'augmenter à 900, répartis entre huit lots, y compris toutes les variantes sur la base du châssis. À partir de 1966, 10 AMX-30 ont été assemblés par mois, et les cinq premiers ont été livrés en août 1966 aux 501e RCC. La production mensuelle est passée à 15-20 chars et de nouvelles usines ont commencé à fabriquer des composants du véhicule, de plus les usines existantes ont augmenté leur potentiel de production[43]. Cependant, en avril 1969, la production a de nouveau été réduite à dix par mois[44]. En 1971, environ 180 véhicules étaient en service ; en 1975 a commencé la livraison des 143 dernières unités du huitième lot final de l'ordonnance initiale. En 1985, le nombre d'AMX-30 était passé à 1 173[45]. À la fin de la production, la France avait accepté 1 355 AMX-30 en service[43], y compris 166 AMX-30B2 flambant neufs. Un autre lot de 493 chars ont été réaménagés et modernisés aux normes AMX-30B2[46] ; à l'origine, 271 véhicules neufs et 820 réaménagés avaient été planifiés[47]. L'armée française a également accepté un grand nombre de variantes, y compris 195 obusiers automoteurs (AuF1), 44 AMX-30 Pluton lanceurs tactiques de missiles nucléaires, 183 AMX-30R, 134 AMX-30D et 48 véhicules du génie (AMX-30EBG)[48]. Les derniers 35 chars de combat ont été commandés en 1989 par Chypre et les dernières nouvelles variantes de véhicules, un lot de 20 GCT, en 1994 par la France[49].

À la fin des années 1990, l'armée française a commencé à accepter le nouveau char Leclerc pour remplacer le désuet AMX-30[50]. Les premières unités équipées avec le nouveau char ont été les 501e et 503e régiments de chars de combat, suivis par les 6e et 12e régiments de cuirassiers[51].

Amélioration durant la production[modifier | modifier le code]

Pendant la production, de nombreuses améliorations ont été apportées. La stabilisation des armes à feu est incluse sur les modèles à partir de 1971, et à partir de 1972, la mitrailleuse lourde coaxiale est remplacée par un double autocanon de 20 mm afin d'augmenter la puissance de feu contre les blindés légers et les hélicoptères, avec la possibilité d'avoir un débattement de -8 ° à 40 °. Tous les véhicules de l'armée française ont été amenés à cette nouvelle norme ; la désignation est restée AMX-30B[42].

Dès 1973, sept ans seulement après le début de la production, la France commence un programme de recherche pour une modification du char. Le projet devait aboutir à un AMX-30 Valorisé (« AMX-30B2 »)[52] . En juin 1979, l'armée française décide à la fois la modernisation des AMX-30 existants, en rajoutant un système de conduite de tir amélioré et une nouvelle transmission, nommés AMX-30B2. Les premiers nouveaux véhicules ont été mis en service en janvier 1982. Les améliorations apportées au système de contrôle de tir M-508 COTAC APX incluent l'installation d'un télémètre laser[53] et d'une télévision à bas niveau de lumière Thomson CSF DIVT-13A remplacée par une caméra thermique DIVT-16 Castor (CAméra Standard Thermique d'Observation et de Reconnaissance) réalisée par Thomson-TRT Défense et installée à droite du canon, ce qui permettait la détection des cibles à plus de 5 000 m et leur identification entre 1 000 et 3 000 m[Web 8], système installé à partir de 1988[Web 9].

La létalité du canon principal a été améliorée avec l'introduction en 1981 d'un nouvel obus perforant stabilisé à sabot détachable (Pénétrateur à énergie cinétique), le « 105 OFL F1 » avec un barreau en tungstène. Les équipages participant à l'opération Daguet ne les perçurent qu'à partir de cet événement et les utilisèrent au combat durant l'opération Tempête du désert en 1991[54]. Ce premier type d'obus flèche fut remplacé dans les années 1990 par le « 105 OFL G2 ». Ce dernier a une masse totale de 18 kg, son projectile faisant 6,2 kg, le pénétrateur 4 kg et ayant une vitesse initiale de 1 525 m/s[Web 10]. De plus, un obus à uranium appauvri est conçu pour l'AMX-30 par Nexter à partir de 1988, l'« OFL 105 F2 » ; il s'agit d'un obus flèche avec un barreau en uranium appauvri [Web 11] fabriqué à La Chapelle-Saint-Ursin (Cher)[Web 12] produit entre 1995 et 1998[36].

Le moteur d'origine a été changé contre une variante améliorée, connue sous le nom HS-110.2, produisant 680 CV (510 kW). La mauvaise transmission a été remplacée par une transmission semi-automatique ENC200 de la SESM[Note 1], avec un convertisseur de couple. La suspension a été améliorée par l'adoption de nouvelles barres de torsion et par un système de résistance aux chocs qui ont augmenté la gamme de débattement vertical des roues, ce qui améliore la mobilité hors route du char. Depuis 1998, l'armée française a remplacé les moteurs des autres AMX-30 et de ses variantes avec 500 moteurs Renault Mack E9 de 750 ch construits aux États-Unis et remilitarisés par Renault VI à Limoges[Web 13].

Dans les années 1990, un système de blindage réactif, nommé Brenus ou Brennus[55], a également été développé pour l'AMX-30B2, mais n'a été livré qu'à deux régiments de chars, les 1er et 2e régiments de chasseurs, au sein de la force d'action rapide [9] à partir de 1995 lesquelles ont fusionné en 1998 dans le 1er-2e régiment de chasseurs comptant 80 chars; les deux autres régiments équipés en AMX-30, les 2e et 5e régiments de dragons, n'avaient pour leur part qu'une mise à niveau légère des chars, afin de permettre une éventuelle mise à niveau rapide, en cas d'urgence. Le système Brenus utilise 112 « GIAT BS G2 »[56] (BS pour Brique de Surblindage qui est une boîte réactive à base d'explosifs) avec un poids total de 1,7 t, offrant une protection équivalente à 400 mm d'acier à 60 °[Web 14]. Dans les années 1990, l'AMX-30 a également été utilisé comme un banc d'essai pour plusieurs technologies furtives, y compris le refroidissement par air des surfaces de la caisse et l'utilisation de camouflage visuel. Ce prototype est connu sous le nom de Démonstrateur Furtif à Chenille. Sa caisse et la tourelle sont entièrement couverts par une superstructure construite de plaques inclinées en matériau absorbant radar[57].

Comparaison avec les chars contemporains[modifier | modifier le code]

Comparaison avec les chars contemporains.
M60 Patton[58] Leopard 1[59] AMX-30[60] T-55[61] T-62[62] Chieftain
Poids 46000 kg (101200 lb) 42200 kg (92840 lb) 36000 kg (79200 lb) 36000 kg (79200 lb) 40000 kg (88000 lb) 56000 kg (123200 lb)
Canon 105 mm L7A3 rayé 105 mm L7A3 rayé 105 mm L/56 F1 rayé 100 mm D-10T2S rayé 115 mm U-5T lisse 120 mm L11 rayé
Nombre d'obus 63 55 47 43 40 62
Autonomie (plein fait) 480 km 600 km 600 km 500 km 450 km 500 km
Puissance moteur 560 kW 620 kW 540 kW 430 kW 430 kW 560 kW
Vitesse maximum (sur route) 48 km/h 62 km/h 65 km/h 50 km/h 50 km/h 48 km/h
Blindage (frontal) 254 mm[63] 60 mm bombée[64] 80,8 mm[65] 203 mm[66] 242 mm[67] 195 mm à 62 °.
Blindage (glacis) 266,7 mm à 90 °[68] 70 mm à 60 °[64] 79 mm à 90 °[65] 97 mm à 58 °[66] 102 mm à 60 °[67] 172 mm à 72 °

Dérivés[modifier | modifier le code]

L'AMX-30 a un certain nombre de modèles dérivés, y compris d'autres véhicules blindés basés sur le même châssis. Les véhicules basés sur le châssis comprennent un véhicule blindé de dépannage, un char de déminage, un véhicule antiaérien automoteur, un lanceur de missiles nucléaires tactiques et une pièce d'artillerie automotrice[69]. Toutes les variantes sont basées sur l'AMX-30B hors l'Engin blindé du génie basé sur l'AMX-30B2[70].

Dérivés produits[modifier | modifier le code]

Une version simplifiée du char, sans le projecteur et le périscope infrarouge et une coupole chef moins complexe a été développée pour l'exportation, connue sous le nom « AMX-30 Basic ». Cette version est également dépourvue de système de filtration d'air sous pression, et les mitrailleuses ont été déplacées : la mitrailleuse 7,62 mm a été mise en position coaxiale et la mitrailleuse de 12,7 mm Browning a été mise sur le toit de la tourelle.

Photo d’un engin blindé du génie.
Côté droit d'un AMX-30D de l'Armée de terre française.

Le véhicule blindé de dépannage, connu sous le nom AMX-30D (AMX-30 Dépanneur-niveleur), a été conçu pour récupérer ou aider à l'entretien des chars. Les travaux sur l'AMX-30D ont commencé en 1966, l'armée française cherchant à développer un véhicule de récupération pour aider à soutenir les unités ayant le char AMX-30. Un prototype a été produit et livré à l'expérimentation en 1971, et en février 1973, le premier d'une pré-série de cinq véhicules a été livré. Cette même année, 100 AMX-30DS ont été commandés, et la production a commencé en 1975[71]. Le véhicule de récupération comprend un treuil alimenté par le moteur du véhicule, avec la possibilité de tirer un maximum de 35 t. Le véhicule dispose également d'un câble de remorquage de 80 m, tandis qu'un treuil auxiliaire a un autre câble de remorquage de 120 m, capable de tracter jusqu'à 20 t lorsque l'on travaille sur l'avant du AMX-30D. Dans ce dernier cas, le véhicule doit être soutenu par des étais amovibles, qui sont transportés sur le véhicule, et la lame de bulldozer doit être abaissée sur le sol. La grue peut soulever les 3,29 t métriques du bloc d'alimentation et les 10 t de la tourelle. Au lieu d'une tourelle, l'AMX-30D est équipé d'une superstructure, et pèse 36 t, mais avec le module supplémentaire, il peut tracter jusqu'à 40 t. Le véhicule peut se protéger avec une mitrailleuse de 7,62 mm[72]. La visibilité du conducteur est facilitée par l'inclusion de trois épiscopes M-223. L'AMX-30D a une vitesse maximale sur route de 60 km/h et une autonomie maximale sur route de 500 km. Son prix est de 13 051 040 francs l'exemplaire lors de son achat par le Venezuela[29].

Le développement du char AMX-30 avec canon antiaérien a commencé en 1969 ; ce type de véhicule a été étudié pour l'armée française et pour l'exportation. Bien que finalement aucun n'ait été commandé pour la France, en 1975 l'Arabie saoudite a commandé une version améliorée, libellée AMX-30SA[73]. Développé pour se défendre contre les attaques à basse altitude, le système inclut deux canons automatiques Hispano-Suiza de 30 mm, couplés à un système de contrôle de tir nommé Œil-noir. Ce système avait déjà été installé sur l'AMX-13, en lieu et place d'un châssis lourd, en utilisant une tourelle appelé le S 401 A. Bien que la production de ce véhicule particulier ait commencé en 1962, l'apparition de l'AMX-30 a offert un châssis plus large sur lequel la tourelle S 401 A pouvait être montée afin d'obtenir une mobilité supérieure. Le char AMX-30, étant plus lourd, il a également fourni une plate-forme plus stable pour l'armement et cela permettait aux système d'emporter beaucoup plus de munitions (1 200 coups par rapport aux 600 portés par la version AMX-13). Les armes à feu ont été conçues pour tirer en 5 ou 15 rafales, avec un taux cyclique de feu de 650 cps/min. Elles étaient contrôlées par un calculateur analogique, recevaient des informations à partir d'un radar Doppler, qui pouvait être plié dans un caisson blindé afin de le protéger contre les dommages durant le déplacement. Le radar dépendait d'un suivi visuel, et ainsi ne pouvait travailler que par temps clair[74].

Trois systèmes de missiles ont été développés pour être montés sur le châssis de l'AMX-30[73]. Reconnaissant la nécessité d'avoir un lanceur mobile de missile nucléaire tactique, l'armée française a commencé à développer le missile Pluton en 1963. En 1964, le programme a été suspendu et à la place l'armée française a opté pour un missile d'une portée plus apte à être monté sur le AMX-30. Un contrat pour développer le système a été créé en 1968. Le premier prototype a été livré rapidement et les tests eurent lieu entre juillet et août 1970, suivis par la production d'un second prototype en 1971. Deux autres prototypes ont été fabriqués en 1972. L'année suivante, le véhicule a été mis en production de masse et le 1er mai 1974 quatre de ces véhicules avaient été livrés au 3e régiment d'artillerie[75]. Le missile lui-même pèse 2,4 t et est d'une longueur de 7,6 m. Grâce à un système de guidage inertiel simplifié et un moteur fusée à propergol solide, le Pluton a une portée maximale de 120 km[76]. Le deuxième système de missiles est l'AMX-30R (Roland) système de lancement sol-air, dont le développement a commencé en 1974. Cinq véhicules de pré-série ont été livrés en 1977 et ensuite évalués, ce qui déclenche l'achat de 183 véhicules la même année[77]. Le Roland comprend une superstructure rectangulaire, plus grande que celle de l'AMX-30D et du Pluton, qui abrite le système de radar et soutient deux tubes de lancement de chaque côté, avec un système de chargement automatique à partir d'une réserve de huit missiles à l'intérieur de la superstructure. Le radar du Roland dispose d'une gamme de détection de 16 km. Le troisième système de missile, appelé l'AMX-30SA, a été développé en 1975 pour l'Arabie saoudite, afin de tirer le SA-10 Shahine, développé et fabriqué par Thomson-CSF ; le véhicule de lancement a été fortement inspiré de l'AMX-30R[78].

Photo d’un canon automoteur modèle F& de 155 mm.
Un GCT en service en Arabie saoudite.

Le canon automoteur de 155 GCT (pour Grande Cadence de Tir) a été développé sur la base du châssis AMX-30 afin de fournir un soutien d'artillerie tactique aux unités de l'armée française, le nom français est l'AMX AuF1. L'obusier de 155 mm était chargé automatiquement permettant une cadence de tir de 8 cps/min, avec une portée maximale de 30 km à la ronde. La tourelle du canon permet d'avoir une élévation de 66 °, et lui permet de tourner à 360 °. Le véhicule transporte 42 obus de 155 mm, avec des douilles combustibles[60]. Les origines de la décision de concevoir un obusier automoteur remontent à 1969, avec le premier prototype achevé en 1972. En 1979, un total de sept prototypes avait été produit, et de six véhicules de pré-série, suivie par la production de 110 véhicules. Cette commande a été plus tard portée à 190[79].

Le premier prototype d'une amélioration de l'AMX-30 pour le marché d'exportation, connu comme l'AMX-32, a été dévoilé en juin 1979. Initialement conçu comme une alternative pour l'AMX-30B2, et en imitant délibérément le concept de blindage espacé que les Allemands avaient mis en œuvre avec succès sur le Leopard 1A3 et A4[80], l'AMX-32 avait un meilleur blindage ceci permettant une amélioration des chances de survie contre les missiles guidés antichars. Un autocanon de 20 mm a été inclus comme arme coaxiale, et une mitrailleuse de 7,62 mm en superstructure. Cependant, aucune vente n'a jamais eu lieu[81].

Dérivés abandonnés[modifier | modifier le code]

Photo du prototype AMX-30 ACRA
Le prototype AMX-30 ACRA testé entre 1970 et 1974.

Une autre version a été prévue pour l'armée française, celle-ci comportait un canon de 142 mm capable de tirer l'ACRA supersonique (Anti-Char Rapide Autopropulsé)[82], un missile antichar guidé ainsi que des projectiles explosifs. Un prototype a été terminé en 1967 avec une nouvelle tourelle moulée, assez large pour contenir un armement beaucoup plus imposant [83], l'engin a été testé entre 1970 et 1974[84]. Cependant, les coûts élevés des missiles ont forcé l'armée française à l'abandon du programme en 1972, l'Euromissile HOT étant choisi comme missile antichar lourd.

L'AMX-30 poseur de travure, se compose du châssis de l'AMX-30 avec une superstructure en forme de boîte, qui soutient un pont de type ciseaux à base de travure pliante. La masse du char en ordre de marche sans la travure est de 34 t, avec celle-ci, de 42,7 t. Le pont de 22 m peut s'étendre de 20 m sur une lagune. Le pont a une largeur de 3,10 m, mais qui peut être portée à 3,70 m à l'aide de panneaux supplémentaires. Il peut soutenir jusqu'à 46 t. Le développement du poseur de travure a commencé dès avril 1963, bien que la construction du prototype ne débute qu'en juin 1967. Cet AMX-30H, terminé en 1968, n'est évalué qu'en 1971. Cette première période d'essais est interrompue en septembre 1971 « en raison de l’état de vétusté du matériel et de son manque de mise au point ». Après une remise à niveau, une nouvelle période d'évaluation débute à compter du 16 octobre 1972, effectuée par la section technique de l'armée de terre. À l'origine, il est prévu vingt AMX-30H pour l'armée française (dix commandes le 28 octobre 1969 et dix le 22 octobre 1971) et quatre pour l'armée de terre vénézuélienne, commandés le 14 février 1972. La commande française tombe à six unités dont le véhicule de présérie en 1972, tous fabriqués par AMX-APX. Devant les retards du programme, et avec l'arrivée le 22 juillet 1975 du pont automoteur d'accompagnement, quoique non blindé, l'état-major de l'Armée de terre française annonce l’arrêt du développement du programme et déclare qu'il ne verrait que des avantages à ce que les six chars fabriqués à son intention soient exportés. Fin 1975, l'Arabie saoudite précommande quinze AMX-30H ; la commande confirmée est finalement de douze exemplaires pour un montant de 103,8 millions de francs français (soit un char à 11 978 856 francs l'unité, maintenance et documentation) dans le cadre du contrat plus vaste Palmier IV. Le Venezuela accepte de remplacer les quatre AMX-30H de sa précommande par des AMX-30D de dépannage supplémentaires, plus chers. L'Arabie saoudite reçoit donc les cinq véhicules de série français, les quatre vénézuéliens et trois autres spécifiquement construits pour elle. Au total, treize AMX-30H ont finalement été construits. Les livraisons commencent le premier trimestre 1976 pour se terminer trente mois plus tard[29]. Le système de pose rapide de travures récupérera une partie des recherches pour son développement.

L'AMX-30 Javelot est un prototype de lance-roquettes multiple, dont le développement eut lieu de 1970 à 1973 mais qui fut abandonné. Basé sur le châssis de l'AMX-30, le système d’armement antiaérien Javelot se composait d’un lance-roquettes comptant 64 tubes lançant par effet canon des roquettes de 40 mm. Le système tirait huit roquettes en huit salves, permettant un taux de coups au but très important même sur cibles rapides comme un avion ou un chasseur. Le programme bénéficiait des investissements américains. Thomson-CSF fut le maître d'œuvre de ce projet[Web 15].

Liste des noms des modèles[modifier | modifier le code]

Photo d'AMX 30, modèle engin blindé du génie, lors d'un défilé militaire.
AMX-30 Engin blindé du génie.
  • AMX-30A : char prototype ;
  • AMX AuF1 : canon automoteur de 155 mm à 407 exemplaires ;
  • AMX-30B : char de bataille ;
  • AMX-30B2 : remplacement de la télémétrie optique par une télémétrie laser et installation d'une conduite de tir analogique (les AMX-30B2 n'ont plus les optiques de part et d'autre de la tourelle, mais une optique montée devant le tourelleau du chef de char). Amélioration de la puissance de feu, de la mobilité et de la protection [Web 16];
  • AMX-30 Basic ;
  • AMX-30 BRENUS : version améliorée avec un blindage réactif ;
  • AMX-30D : char de dépannage ;
  • AMX-30DT : char de déminage ;
  • AMX-30E : version fabriquée sous licence en Espagne ;
  • AMX-30 EBG (Engin blindé du génie) : version destinée au Génie ;
  • AMX-30 FORAD : version modifiée visuellement pour jouer le rôle de char ennemi lors des entraînements ;
  • AMX-30 Grue : Un exemplaire unique doté d'une grue Pinguely Haulotte utilisé par GIAT Industries comme engin de dépannage, à l'origine, il s'agit d'AMX-30 Roland ;
  • AMX-30H : poseur de travure (construction de pont) ;
  • AMX-30 Javelot : prototype de véhicule lance-roquettes multiple antiaérien ;
  • AMX-30 Pluton : lanceur du missile Pluton à tête nucléaire ;
  • AMX-30 Roland : version anti-aérienne tirant des missiles sol-air Roland ;
  • AMX-30SA : avec canon antiaérien ;
  • AMX-30 SDPMAC : système de déminage pyrotechnique pour mines antichar monté sur châssis d'EBG (mise en service en 2008);
  • AMX-32 : version pour l'exportation comportant un blindage plus évolué (composite) et une capacité de tir en roulant.

Exportation[modifier | modifier le code]

En février 1964, Israël a décidé de produire son propre char de combat ; il s'agit de la première production d'AMX-30 sous licence. Privilégiant un blindage plus lourd au détriment de la mobilité, le major-général Israël Tal abandonne les négociations avec la France lorsque le Royaume-Uni accepte la production sous licence du char Chieftain, en 1966[85].

La France a également échoué à obtenir des achats des deux autres nations Finabel, la Belgique et le Pays-Bas : les Néerlandais n'ont même pas testé le modèle et les Belges ont commandé le Leopard lorsque la France a refusé d'autoriser la production de certains composants de l'AMX-30 en Belgique, craignant une augmentation du coût unitaire.

Moins cher et plus facile à entretenir, l'AMX-30 a été préféré au Leopard 1 par les nations les moins riches[86].

En 1969, la junte militaire grecque signa un contrat pour un total de 190 AMX-30 et 14 AMX-30D, faisant de la Grèce la première nation étrangère à acheter le char français[87]. Ils entrent en service dans la 20e division blindée, la seule des forces armées grecques, avec plus de 100 AMX-10P qui aura comme surnom la « division française »[88].

Tout au long des années 1960, l'Espagne avait examiné à la fois l'AMX-30 et le Leopard 1 pour compléter sa flotte existante de chars M47 et M48 Patton[89]. En fin de compte, l'Espagne opta pour l'AMX-30 pour des raisons variées, y compris le refus britannique de vendre le canon de char L7 à un régime fasciste [90] et surtout grâce à l'offre française de permettre la production de l'AMX-30 en Espagne[91]. L'Espagne commanda 19 chars en 1970, et plus tard convint d'en fabriquer 180 autres à l'usine Empresa Nacional Santa Barbara à Séville[92]. En 1979, l'Espagne commença la production d'un deuxième lot de 100 chars, complétant un total de 299 AMX-30 pour l'armée de terre espagnole ; ceux-ci prirent pour nom AMX-30E. L'Espagne a également acheté 10 AMX-30D et 18 AMX-30R[93]. La production de l'AMX-30E a pris fin en 1979, l'armée espagnole étant déjà à la recherche d'un programme de modernisation pour améliorer la qualité et la mobilité du char[94]. En 1987, l'armée espagnole a lancé un programme de modernisation de six ans qui aboutit à 150 chars aux normes AMX-30EM2 et modifia encore 149 chars aux normes AMX-30EM1[95]. Le premier était une mise à jour beaucoup plus complète, qui a vu l'amélioration de la mobilité du char à travers l'adoption d'un nouveau moteur et d'une nouvelle boîte de vitesses, ainsi que de la puissance de feu du char, avec le développement d'une système permettant de renforcer l'énergie cinétique et l'introduction d'un système de contrôle de tir beaucoup plus complexe et précis pour le tireur du char, entre autres choses[96]. L'AMX-30EM1 a été qualifié de « reconstruction » et a seulement vu des améliorations de la mobilité du char en adoptant une nouvelle transmission et la rénovation des systèmes les plus obsolètes du véhicule, comme les freins, les indicateurs et les contrôles[97]. Ces AMX-30 ont été reconstruits puis rapidement remplacés par des chars M60 Patton achetés aux États-Unis au début des années 1990, tandis que la flotte de AMX-30EM2 a ensuite été remplacée par le véhicule antichar Centauro B1 et retiré en 2002.

En 1972, la France obtint un contrat avec l'Arabie saoudite pour l'achat de 190 AMX-30, conçus pour l'environnement désertique du Moyen-Orient. À la suite de cet accord, nommé « contrat Palmier », les chars de l'Arabie saoudite ont été livrés entre 1973 et 1979, tandis que 59 AMX-30D ont été exportés entre 1975 et 1979, 12 AMX-30H entre 1977 et 1979, et enfin 51 obusiers automoteurs ont été livrés entre 1979 et 1980. Entre 1979 et 1981, l'Arabie saoudite a également reçu 52 AMX-30SA et plus tard 50 AMX-30C1 Shanine-2 livrés en deux lots, entre 1980 et 1989[98]. Pour assurer la formation sur ces matériels, une école de blindés a été ouverte et tenue par une partie des quelques 2 000 militaires français déployés comme conseillers et formateurs dans ce royaume dans les années 1980[99]. Dès le tout début du 21e siècle, 50 % des AMX-30 de la flotte de l'Arabie saoudite prirent place dans un stockage longue durée[100], étant donné que l'AMX-30 n'avait pas les capacités pour faire face à des menaces plus modernes, comme contre les T-62 et les T-72 irakiens et les Merkava israéliens[101]. Ils ont été largement dépassés par une commande de 315 M1 AbramsA2 en 1989, et l'acquisition de 450 M60 PattonA3[102]. Bien que l'Arabie saoudite ait prévu de se procurer plus de chars M1, elle était alors incapable de le faire pour des raisons financières, d'où ce stockage avant leur remplacement[103]. En 2002, ce pays dispose d'un parc de 1 055 chars de combat, les 290 AMX-30 étant regroupés dans la région de Khamis Mushait et 160 à 170 étant opérationnels[104]. Une estimation de Global Security fait passer le parc d'AMX-30 à 145 à partir de 2005[Web 17].

Le Venezuela a à l'origine passé une commande pour 142 chars en 1972, mais leur nombre fut réduit à 82 et quatre AMX-30D[87]. Dans le milieu des années 1980, le Venezuela a adopté un plan de modernisation de son obsolète AMX-30, optant pour un remplacement du moteur d'origine par un nouveau moteur diesel Continental AV1790 (en)-5A, produisant 908 CV, et pour l'échange de la transmission existante par une Detroit Diesel (en) Allison CD 850-6A[Web 18]. Le Venezuela a adapté de nouveaux réservoirs de carburant sur l'AMX-30 qui permirent d'augmenter l'autonomie sur route du char jusqu'à 720 km, tandis que la puissance de feu a été améliorée grâce à l'adoption d'un système de contrôle de tir moderne Lansadot MkI et l'ajout d'un calculateur balistique de Elbit Systems[105]. En 1977, la France et le Qatar ont signé un accord qui a abouti à l'achat à la France de 24 AMX-30 supplémentaires, élevant le total à 54 car le Qatar avait commandé déjà 30 AMX-30B2 en 1987. Les Émirats arabes unis ont passé une commande en 1977 pour 64 chars et un seul véhicule blindé de dépannage, pour compléter une brigade blindée. En 1982, Chypre acquit un total de 16 AMX-30B2 et un seul AMX-30D, et a plus tard commandé un autre 36 AMX-30B2. La production totale de l'AMX-30 et de ses variantes s'élève à 3 571 unités[106].

Plus tard, de nombreux véhicules d'occasion ont été revendus à d'autres pays : en 2005, Chypre avait 102 AMX-30 (obtenus à partir de la Grèce) et 52 AMX-30B2 ; l'armée de la République de Bosnie et d'Herzégovine a reçu 36 AMX-30 B[Web 19] livrés par les Émirats arabes unis en 1997[Web 20]. L'armée française avait diminué son stock à environ 250 AMX-30B2[107].

Opérateurs actuels[modifier | modifier le code]

  • Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine : 36 unités données par les Émirats arabes unis. Leur statut en 2015 n'est pas clair.
  • Drapeau de Chypre Chypre : 52 unités.
  • Drapeau du Nigeria Nigeria : 16 unités commandées entre 2001 et 2008[Web 21].
  • Drapeau du Qatar Qatar : 30 unités, qui à terme seront remplacées par des Léopard 2[Web 22].
  • Drapeau de la Tunisie Tunisie : En décembre 2000, l'Arabie saoudite s'engage à livrer 30 AMX-30 à la Tunisie[Web 23], mais en 2015, leur mise en service n'est pas confirmée[Web 24].
  • Drapeau du Venezuela Venezuela : 80 AMX-30V2 issus de la revalorisation de 82 AMX-30B achetés et 4 AMX-30D.

Anciens opérateurs[modifier | modifier le code]

  • Drapeau de la France France : retiré du service. Seuls les modèles D (dépanneur), du génie et l'obusier AMX AuF1 sont toujours utilisés ainsi que les modèles FORAD ; de plus un certain nombre d'AMX-30 Brenus sont stockés dans les dépôts du Matériel.
  • Drapeau de l'Irak Irak : 5 AMX-30 D livrés en 1981 et 85 AMX AuF1 livrés entre 1983 et 1985. Actuellement non opérationnels et hors d'usage dans l'armée irakienne[Web 25].
  • Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite : retiré du service.
  • Drapeau de l'Espagne Espagne : retiré du service.
  • Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis : retiré du service[Note 2],[Web 26].
  • Drapeau du Chili Chili : retiré du service.
  • Drapeau de la Grèce Grèce : retiré du service.

Remplacement en France[modifier | modifier le code]

Resté en service jusqu'en 2011 en France, il a été remplacé dans l'Armée de terre française par le char AMX Leclerc depuis le début des années 2000. Quelques versions dérivées dont l'automoteur AUF-F1, l'Engin blindé du génie (42 exemplaires valorisés entre 2006 et 2014[Web 27]), le char de dépannage (58 exemplaires en 2011)[Web 28], le SDPMAC, un châssis équipé de système de déminage pyrotechnique pour mines antichars (12 en 2013[Web 29]) et 10 AMX-30 B2 DT (char télécommandé, équipé d'outils de déminage pour permettre la création de brèches)[Web 30] demeurent dans l'arsenal de l'Armée de terre.

AMX-30 engagés au combat[modifier | modifier le code]

Les AMX-30 qataris ont servi durant la guerre du Golfe à la bataille de Khafji. Le 30 janvier 1991, le Qatar a contre-attaqué dans une tentative de reprendre la ville de Khafji, aux mains des forces irakiennes depuis la nuit précédente. Pendant l'action, les AMX-30 qataris ont détruit trois T-55 irakiens et capturé quatre de plus[108]. Au moins un AMX-30 a été perdu pendant la bataille[109].

La participation française à la guerre du Golfe, sous le nom de code Opération Daguet, a vu le déploiement de la 6e brigade légère blindée, appelée pour la durée du conflit, la division Daguet[110]. La plupart de son élément blindé a été fourni par des AMX-10RC des régiments de reconnaissance de cavalerie, mais une unité blindée lourde, le 4e régiment de dragons a également été envoyée dans la région avec un effectif de 44 AMX-30B2[111]. Expérimentalement, une nouvelle structure organisationnelle du régiment a été utilisée, avec trois escadrons formés de treize chars, un char de commandement et six véhicules en réserve, au lieu d'une force normale de 52 unités[112]. Ainsi six AMX-30B2 de plus ont été déployés, équipés avec des rouleaux anti-mines soviétiques fournies par les stocks de la République démocratique allemande, et nommé AMX-30 Demin[112]. Les véhicules étaient tous tenus par des équipages professionnels, sans conscrits. La Division Daguet a été positionnée à l'ouest des forces de la coalition, pour protéger le flanc gauche du 18e corps aéroporté. Cette disposition a donné aux commandant français une plus grande autonomie, et également diminué la probabilité de rencontrer des T-72 irakiens, qui étaient de qualité supérieure à la fois à l'AMX-10RC et à l'AMX-30B2[113]. Au début de l'offensive terrestre du 24 février 1991, les forces françaises se sont déplacées pour attaquer leur premier objectif, « Objectif Rochambeau », défendu par une brigade de la 45e division d'infanterie irakienne. Un raid par des hélicoptères Gazelle a ouvert la voie à une attaque par le 4e régiment de dragons. Démoralisés par les lourds bombardements de la coalition, les défenseurs irakiens se sont rendus rapidement[114]. Le lendemain, le 4e Dragons s'est déplacé vers son objectif suivant, « Chambord », où il a détruit dix chars, trois véhicules de combat d'infanterie, quinze camions et cinq mortiers avec l'aide des A-10 de l'United States Air Force, et capturé de nombreux prisonniers. L'objectif final était la base aérienne As-Salman (« Objectif Blanc »), qui a été signalée capturée à 18 h 15, après une attaque sur plusieurs fronts, avec le 4e Dragons attaquant du Sud. En tout, les AMX-30 ont tiré 270 coups de 105 mm[115].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • À vous de jouer Milord, série télévisée d'espionnage ayant pour élément central l’AMX-30.
  • World of Tanks, jeu vidéo. L'AMX-30, dans deux de ses versions est un char jouable de rang IX et X depuis 2015.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

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Références Web[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. La SESM a été renommée RENK-France en 2011.
  2. 45 unités en stockage

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie française[modifier | modifier le code]

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  • Xavier Palson, La Guerre de demain : Est/Ouest Les forces en présence, Tallandier,‎ , 258 p. (ISBN 978-2-235-01600-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Erwan Bergot, Opération Daguet : Les Français dans la guerre du Golfe, Presse de la Cité,‎ , 273 p. (ISBN 978-2258034433) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • TTA 150 Titre XVI connaissance et entretien des matériels de transmission,‎ , 46 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel Barras, Histoire de l'arsenal de Roanne: 1916-1990, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire,‎ (ISBN 9782841470730) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Quiri, Les poseurs de ponts terrestres français, Génie Édition,‎ , 200 p. (ISBN 978-2-9551743-0-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Bibliographie allemande[modifier | modifier le code]

  • (de) Walter Spielberger, Von der Zugmachine zum Leopard 2 — Geschichte der Wehrtechnik bei Krauss-Maffei, Munich, Bernard & Graefe Verlag,‎ (ISBN 3-7637-5203-X) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Bibliographie espagnole[modifier | modifier le code]

  • (es) Javier de Mazarrasa, Blindados en España 2ª Parte: La Dificil Postguerra 1939–1960, Valladolid, Espagne, Quiron Ediciones,‎ (ISBN 84-87314-10-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (es) Javier de Mazarrasa, Carro de Combate AMX-30E, Aldaba Ediciones,‎ (ISBN 84-86629-29-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Bibliographie anglaise[modifier | modifier le code]

  • (en) Chris Bishop, The Encyclopedia of Tanks and Armored Fighting Vehicles: From World War I to the Present Day, San Diego, CA, Thunder Bay,‎ (ISBN 978-1-59223-626-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Pierangelo Caiti, Modern Armour — The world's battle tanks today, Londres, Arms and Armour Press,‎ (ISBN 0-85368-412-X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Cristopher Chant, World encyclopaedia of the Tank — An international history of the armoured fighting machine, Somerset, Patrick Stephens Limited,‎ (ISBN 1-85260-114-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Charles Cogan, The Third Option, The Emancipation of European Defense, 1989–2000, Westport, USA, Praeger,‎ (ISBN 0-275-96948-7) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Anthony H. Cordesman et Burke, Arleigh A., Saudi Arabia Enters the 21st Century: The Military and International Security Dimension, IV. The Saudi Army, Center for Strategic and International Studies,‎ (ISBN 978-0-275-97997-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Anthony H. Cordesman, Saudi Arabia Enters the Twenty-First Century : The Military and International Security Dimensions, Anthony H. Cordesman,‎ , 440 p. (ISBN 0275979970) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Thomas L. McNaugher, Arms and Oil: U.S. Military Strategy and the Persian Gulf, The Brookings Institution,‎ , 290 p. (ISBN 978-0815756231) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Simon Dunstan, Chieftain Main Battle Tank 1965–2003, Osprey Publishing,‎ (ISBN 978-1-84176-719-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • (en) Gordon Rottman, Armies of the Gulf War, Oxford, Royaume-Uni, Osprey,‎ (ISBN 1-85532-277-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • (en) Jaime Perez-Guerra, « Spanish AMX-30 MBT upgrade program », Janes International Defense Review, Janes,‎

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