Cécile de Rome

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Cécile de Rome
Image illustrative de l’article Cécile de Rome
Sainte Cécile par Guido Reni (1606),
musée Norton Simon, Pasadena, États-Unis.
vierge, sainte, martyre
Naissance début du IIIe siècle
Rome, Empire romain
Décès 230 
Rome, Empire romain
Vénérée à église Sainte-Cécile-du-Trastevere, Rome
Vénérée par Église catholique, Église orthodoxe
Fête 22 novembre
Attributs lys, roses, flûte, orgue, luth, harpe, clavecin, partition, chant d’un oiseau
Sainte patronne musique sacrée, musiciens, poètes, chanteurs lyriques, hymnographes


Cécile de Rome, une des saintes Cécile, est une sainte chrétienne. Elle aurait vécu à Rome, aux premiers temps du christianisme. Sa légende en fait une vierge qui, mariée de force, participa à la conversion de son mari et l'amena à respecter son vœu de virginité. Sa fête a été fixée au 22 novembre. Sainte Cécile est la patronne de la musique sacrée et des musiciens. À la fin du XIXe siècle, une entreprise de réforme de la musique sacrée fut appelée mouvement cécilien en son honneur.

Histoire et tradition[modifier | modifier le code]

Il est traditionnellement admis que Cécile était une noble dame de Rome qui, avec son mari Valérien et le frère de celui-ci Tiburce (Tiburtius), subit le martyre en 230 sous l'empereur Alexandre Sévère. L’archéologue chrétien Giovanni Battista de Rossi soutient une autre version en la faisant périr en Sicile sous l'empereur Marc Aurèle entre 176 et 180, se basant sur le rapport de Venance Fortunat, évêque de Poitiers au début du VIIe siècle. Le martyre de son mari Valérien et de son frère aux mains du préfet Turcius Almachius précéda le sien qui la fit être frappée trois fois au cou par une épée sans toutefois y succomber tout de suite et elle vécut encore durant trois jours.

Un passage de sa légende affirme que durant son mariage, alors que les musiciens jouaient de leur instrument, elle chanta une hymne à la gloire de Dieu dans son cœur. Un autre dit qu'allant au martyre, elle entendit une musique céleste. Ces circonstances en feront la patronne du chant sacré et des musiciens, des luthiers et des autres fabricants d'instruments de musique. On la représente avec une couronne de fleurs, symbole de virginité, un plant de lys, un instrument de musique et une épée. Elle est souvent enturbannée et richement habillée, signes d'une origine patricienne. C'est l'un des martyrs des débuts de l'Église les plus vénérés, mentionné dans le canon de la messe depuis 496[1].

Sa dépouille fut retrouvée en 821 dans les catacombes de Saint Calixte puis transférée au quartier de Trastevere, où une basilique fut construite pour l'accueillir. Lors des fouilles de 1599, le corps fut exhumé et l'on s'émerveilla de le trouver intact et dans sa position d'origine. Cet évènement contribua à renforcer l'intérêt pour l’Église primitive, qui imprégnait certains milieux ecclésiastiques et intellectuels de l'époque. Bien que les actes de son martyre produits par la suite n'aient pas été authentifiés[2], le sculpteur Stefano Maderno (1576-1636), frère de l'architecte Carlo Maderno, était présent lors de l'identification de la dépouille. L’œuvre qu'il réalisa aussitôt rend compte de cette fascination devant les témoignages de l’Église originelle.

La légende de sainte Cécile[modifier | modifier le code]

Cécile et Valérien couronnés par un ange, attribué à Bagnacavallo et Biagio Pupini (1506), oratoire de Sainte Cécile, Bologne.

Cette légende fut notamment transmise dans La Légende dorée de Jacques de Voragine[3].

Issue d'une noble famille romaine, elle voua sa vie très jeune à Dieu et fit vœu de virginité. Arrivée en âge de se marier, ses parents lui choisissent pour époux, Valérien, un païen. Après plusieurs jours de prière et de jeûne, arrive la nuit de noces : elle révèle son secret à Valérien, et lui demande de respecter sa virginité, ainsi que de se convertir.

La Légende dorée de Jacques de Voragine rapporte ainsi les paroles de sainte Cécile :

« J'ai pour amant un ange qui veille sur mon corps avec une extrême sollicitude. S'il s'aperçoit le moins du monde que tu me touches, étant poussé par un amour qui me souille, aussitôt il te frappera, et tu perdrais la fleur de ta charmante jeunesse ; mais s'il voit que tu m’aimes d'un amour sincère, il t'aimera comme il m’aime, et il te montrera sa gloire. »

Sainte Cécile jouant de l'orgue par Claude Vignon (années 1630).

Valérien, maîtrisé par la grâce de Dieu, lui répondit : « Si tu veux que je te croie, fais-moi voir cet ange, et si je m’assure que c'est vraiment un ange de Dieu, je ferai ce à quoi tu m’exhortes ; mais si tu aimes un autre homme, je vous frapperai l’un et l’autre de mon glaive. »

Après lui avoir fait lire l'Évangile selon Luc et après avoir renoncé aux idoles, il se convertit. Elle le conduit alors au pape Urbain qui le prépare au baptême et le baptise à Pâques.

Le frère de Valérien, Tiburce, se convertit à son tour, et un ange lui annonce qu'ils arriveront tous deux auprès du Seigneur avec la palme du martyre. Cécile répond à Tiburce qui exprime ses craintes de mourir : « Si cette vie était la seule, ce serait avec raison que nous craindrions de la perdre : mais il y en a une autre qui n'est jamais perdue, et que le Fils de Dieu nous a fait connaître. Toutes les choses qui ont été faites, c'est le Fils engendré du Père qui les a produites. Tout ce qui est créé, c'est l’Esprit qui procède du Père qui l’a animé. Or, c'est ce Fils de Dieu qui, en venant dans le monde, nous a démontré par ses paroles et par ses miracles qu'il y a une autre vie. »

Valérien et Tiburce s'emploient à donner des sépultures aux corps des martyrs que le préfet Amalchius faisait tuer comme criminels, et brûler. Jusqu'au jour où ils sont dénoncés. (En effet, à l'époque les chrétiens n'étaient pas recherchés, mais s'ils étaient dénoncés on les forçait à renier leur foi et à adorer les dieux des Romains.)

Ils proclament au préfet : « Nous supportons maintenant l’ignominie et le labeur ; mais plus, tard, nous recevrons la gloire et la récompense éternelle. Quant à vous, vous jouissez maintenant d'une joie qui ne dure pas, mais plus tard, aussi, vous ne trouverez qu'un deuil éternel. » Le préfet répond : « Ainsi nous, et nos invincibles princes, nous aurons en partage un deuil éternel, tandis que vous qui êtes les personnes les plus viles, vous posséderez une joie qui n'aura pas de fin ?

— Vous n'êtes que de pauvres hommes et non des princes, nés à notre époque, qui mourrez bientôt et qui rendrez à Dieu un compte plus rigoureux que tous. — Pourquoi perdre le temps, en des discours oiseux ? Offrez des libations aux dieux, et allez-vous-en sans qu'on vous ait fait subir aucune peine. »

Les deux frères répliquèrent : « Tous les jours nous offrons un sacrifice au vrai Dieu. » Ainsi, reprit le préfet : « Jupiter, ce n'est pas le nom d'un dieu ? »

— C'est le nom d'un homicide et d'un corrupteur. — Donc, tout l’univers est dans l’erreur, et il n'y a que ton frère et toi qui connaissiez le vrai Dieu ? — Nous ne sommes pas les seuls, car il est devenu impossible de compter le nombre de ceux qui ont embrassé cette doctrine sainte. »

Au terme de ce procès, les deux frères furent livrés à la garde de Maxime. Celui-ci tente de les sauver une dernière fois de la mort : « Ô noble et brillante fleur de la jeunesse romaine ! Ô frères unis par un amour si tendre ! Comment courez-vous à la mort ainsi qu'à un festin ? ».

Valérien lui dit que s'il promettait de croire, il verrait lui-même leur gloire après leur mort. « Que je sois consumé par la foudre, dit Maxime, si je ne confesse pas ce Dieu unique que vous adorez quand ce que vous dites arrivera ! ». Alors Maxime, toute sa famille et tous les bourreaux crurent et reçurent le baptême d'Urbain qui vint les trouver en secret. Valérien et Tiburce furent décapités, et Maxime fouetté à mort. Cécile obtient l'autorisation de les enterrer (au lieu de les brûler) dans un tombeau de la voie Appienne et non dans les catacombes (cimetières souterrains).

Enterrement de sainte Cécile aux catacombes de Rome, Luis de Madrazo (1852), musée du Prado, Madrid.

Cécile se sent menacée, mais sa foi est plus forte que sa peur et elle continue d'évangéliser chez elle et dans les jardins du mont Palatin. Le pape Urbain vient célébrer l'eucharistie chez Cécile pour ce groupe de chrétiens.

Un jour, elle est arrêtée et le juge la condamne à être décapitée en public, chez elle. Comme elle est belle et noble, les bourreaux lui demandent de changer d'avis. Elle répond : « Ceci n'est point perdre sa jeunesse, mais la changer ; c'est donner de la boue pour recevoir de l’or ; échanger une vile habitation et en prendre une précieuse : donner un petit coin pour recevoir une place brillamment ornée. Si quelqu'un voulait donner de l’or pour du cuivre, n'y courriez-vous pas en toute hâte ? Or, Dieu rend cent pour un qu'on lui a donné. Croyez-vous ce que je viens de vous dire ? — Nous croyons, répondirent-ils, que le Christ qui possède une telle servante, est le vrai Dieu. » On appela l’évêque Urbain et beaucoup de personnes furent baptisées.

Voici les paroles que sainte Cécile a pu adresser au préfet Almachius lors de sa condamnation :

- Amalchius : D'où te vient tant de présomption en me répondant?

- Cécile : D'une conscience pure et d'une conviction sincère. Sainte

- Ignores-tu quel est mon pouvoir ?

- Ta puissance est semblable à une outre remplie de vent, qu'une aiguille la perce, tout ce qu'elle avait de rigidité a disparu.

- Tu as commencé par des injures et tu poursuis sur le même ton !

- On ne dit pas d'injure à moins qu’on n'allègue des paroles fausses. Démontre que j'ai dit une injure, alors j'aurai avancé une fausseté : ou bien, avoue que tu te trompes, en me calomniant; nous connaissons la sainteté du nom de Dieu, et nous ne pouvons pas le renier. Mieux vaut mourir pour être heureux que de vivre pour être misérables.

- Pourquoi parles-tu avec tant d'orgueil ?

- Ce n'est pas de l'orgueil, mais de la fermeté.

Le reliquaire et la statue de sainte Cécile, à l'intérieur de la cathédrale d'Albi.

- Malheureuse, ignores-tu que le pouvoir de vie et de mort m’a été confié?

- Je prouve, et c'est un fait authentique, que tu viens de mentir : tu peux ôter la vie aux vivants; mais tu ne saurais la donner aux morts. Tu es un ministre de mort, mais non un ministre de vie.

- Laisse là ton audace, et sacrifie aux dieux.

- Je ne sais où tu as perdu l’usage de tes yeux : car les dieux dont tu parles, nous ne voyons en eux que des pierres. Palpe-les plutôt, et au toucher apprends ce que tu ne peux voir avec ta vue.

Sainte Cécile se met à chanter en attendant le coup de hache du bourreau, mais ce dernier, après trois tentatives infructueuses, la laisse agoniser durant trois jours (la loi romaine interdisait le quatrième coup). Elle confie tous ses biens au pape Urbain et lui recommande ceux qu'elle a convertis, ainsi que sa maison pour en faire une église : elle subsiste aujourd'hui, c'est l'église Sainte-Cécile-du-Trastevere, à Rome.

Églises consacrées à sainte Cécile[modifier | modifier le code]

En France, la cathédrale d'Albi est la seule cathédrale à porter le vocable de sainte Cécile. Cette cathédrale est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, et possède le plus grand orgue classique de France. Cécile y est honorée chaque année lors de sa solennité avec vénération des reliques lors de la messe solennelle de la Sainte-Cécile.

À Salaberry-de-Valleyfield au Québec, on trouve la basilique-cathédrale Sainte-Cécile, reconnue comme une des plus belles églises au Canada.

Sainte Cécile dans les arts et la littérature[modifier | modifier le code]

Œuvres plastiques[modifier | modifier le code]

Comme vierge martyre et comme patronne des musiciens, sainte Cécile a beaucoup inspiré les peintres, les dessinateurs et les graveurs, dès le XVe siècle et jusqu'au XIXe siècle. Raphaël, Le Dominiquin ou encore Carlo Dolci lui ont consacré des tableaux. On trouve dans Mirimonde (1974) une riche anthologie de dessins, peintures et gravures, qui peut être enrichie avec l'étude de Nico Staiti de 2002. Certaines de ces œuvres (tel le célèbre tableau de Raphaël) ont même fait l'objet d'études approfondies sur les plans historique, esthétique ou symbolique[4].

Parmi ces œuvres :

Œuvres musicales[modifier | modifier le code]

Sainte Cécile à l'orgue, peinture à l'huile de Johann Pfunner au dos du buffet d'orgue de l'église Adelhauser à Fribourg-en-Brisgau, 1749.

Les premières traces écrites de pièces musicales en l'honneur de sainte Cécile se retrouvent dans les antiennes issues de l'usage des mélodies grégoriennes. Elle est ainsi fêtée lors des vêpres du dans le cadre de l'année liturgique, le texte de la première antienne rappelant les attributs essentielles de la sainte : « Cantántibus órganis, Caecília Dómino decantábat dícens : Fíat cor méum immaculátum, ut non confúndar. »

En tant que patronne des musiciens, c'est naturellement sous ses auspices que se placent beaucoup de confréries musicales, de puys, de société de musique ou d'académies, de l'Ancien Régime[6] à nos jours. Du XVIe au XVIIIe siècle, de nombreux musiciens composent des motets pour l'office de sa fête ou des œuvres plus développées (la liste ci-dessous est très sommaire, tant Cécile a inspiré les compositeurs...).

  • Luca Marenzio a inclus un motet à sainte Cécile Cantantibus organis dans son recueil Motectorum pro festis totius anni, publié à Rome en 1585; (2e éd. Venise, 1588).
  • Palestrina, Motet solennel de Sainte Cécile.
  • Abraham Blondet maitrere de musique de Notre-Dame de Paris), Officii Divæ Ceciliæ virg. et mart. musicorum patronæ musici... [à 10 v.]. Paris : Pierre I Ballard, 1611-1612 (œuvre perdue).
  • Giovanni Paolo Cima, concerts spirituels pour Sainte Cécile
  • Paul Damance, Messe de Sainte Cécile
  • Henry Dumont, Caecilia famula, alto, basse, viole ou violon, ad libitum, basse de viole ad libitum, basse continue (1657).
  • Marc-Antoine Charpentier lui consacre quatre Histoires Sacrées :
    • In honorem Caeciliae, Valeriani et Tiburtii canticum H.394 pour 3 voix, 2 dessus instrumentaux et basse continue (1675 ?).
    • Caecilia virgo et martyr octo vocibus H.397 pour solistes, double chœur, double orchestre et basse continue (1677-78).
    • Caecilia virgo et martyr, H.413 pour solistes, chœur et 2 dessus instrumentaux (1683-85).
    • Caecilia virgo et martyr H.415 - H.415 a pour solistes, chœur et 2 dessus instrumentaux (1686).
Vitrail de l'atelier Charles Champigneulle (1895) représentant Cécile de Rome, en l'église Notre-Dame de Sablé-sur-Sarthe.

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Geoffrey Chaucer reprend l'histoire de Cécile dans Les Contes de Canterbury (Le Conte de la Deuxième Nonne).

L'hagiographie de Cécile est reprise et illustrée dans les Chroniques de Nuremberg[10] (1493).

Le Rémois Nicolas Soret a publié une tragédie : La Céciliade, ou martyre sanglant de Saincte Cécile, patrone des Musiciens : où sont entre-mélés plusieurs beaux exemples moraux, graves sentences, naïves allegories, & comparaisons familieres, convenables tant aux personnages qu'au sujet : Avec les chœurs mis en musique par Abraham Blondet (...) par N. Soret Rhemois. Paris : Pierre Rezé, 1606).

Pour le jour de Sainte-Cécile 1687, le poète Dryden écrit une ode restée célèbre (From harmony, from heavenly harmony... : à lire ici.

Mallarmé lui a consacré un délicat poème intitulé Sainte où il l'appelle Musicienne du silence.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Christian Musicians
  2. Bénédictins de Ramsgate, Dix mille saints, Brepols, 1996, (ISBN 9782503500584).
  3. Consulter par exemple Wyzewa 1910.
  4. Voir par exemple Connolly (1994) ou Guillo (2011).
  5. Musée de Catalogne
  6. Voir Gantes 1985.
  7. Liste des messes de Joseph Haydn, Messe nº 05
  8. Liste des œuvres d'Ernest Chausson, opus 22
  9. www.brittenpears.org
  10. cf. le Folium CXVI dans l'édition des Chroniques de Nuremberg(consulté le 6 janvier 2018) disponible sur le site de la Bibliothèque Numérique Mondiale

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Pomme de Mirimonde. Sainte-Cécile: métamorphoses d’un thème musical. Genève : Minkoff, 1974 (Iconographie musicale, 3).
  • Nico Staiti. Le metamorfosi di santa Cecilia : l’immagine e la musica. Innsbruck etc.: Studien Verlag; Lucca: Libreria Musicale Italiana, 2002 (Bibliotheca musicologica, 7).
  • Laurent Guillo. « La figure de Cécile : enquête sur l’affiche du puy d’Évreux de 1667 », Imago musicæ 24 (2011), p. 113-126.
  • Thomas Connolly. Mourning into joy : music, Raphael, and Saint Cecilia. New Haven (CN) et Londres : Yale University Press, 1994.
  • Geneviève Gantes. Les confréries Sainte-Cécile et les puys de musique à Rouen, Caen, Évreux. Mémoire de musicologie, Université Paris IV – Sorbonne, 1985.
  • La Légende dorée du bienheureux Jacques de Voragine ; traduite du latin d'après les plus anciens manuscrits [...] par Teodor de Wyzewa. Paris : Perrin et Cie, 1910.
  • Theo : l'Encyclopédie catholique pour tous. Paris : Fayard, 1993.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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