Élection présidentielle polonaise de 2020

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Élection présidentielle polonaise de 2020
(1er tour)
(2d tour)
Président de la République
Sortant
Andrzej Duda
(PiS)

L’élection présidentielle polonaise de 2020 (en polonais : Wybory prezydenckie w Polsce w 2020 roku), septième élection présidentielle de la IIIe République, se tient les 10 et 24 mai 2020 afin d'élire le président de la République de Pologne pour un mandat de cinq ans.

Le président sortant, Andrzej Duda, élu en 2015, est éligible pour un dernier mandat.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le président sortant, Andrzej Duda.

Le président sortant est Andrzej Duda. Élu lors de l’élection présidentielle de 2015, il est issu du parti conservateur Droit et justice (PiS).

Le président de PiS, Jarosław Kaczyński, est considéré comme l'homme fort du pays, même si Duda a fait preuve d'indépendance à quelques reprises, notamment lors de la réforme judiciaire. Depuis les élections parlementaires de 2015, qui se déroulent cinq mois après le scrutin présidentiel, PiS est majoritaire au Parlement. De 2015 à 2017, Beata Szydło est présidente du Conseil des ministres. Elle cède ensuite sa place à Mateusz Morawiecki.

Durant le mandat présidentiel d’Andrzej Duda, l'exécutif a plusieurs différends avec les autorités européennes, qui lui reprochent notamment sa réforme du système judiciaire, à qui le gouvernement reproche de ne pas avoir été réformé depuis la chute du communisme ; la question migratoire est également un point de dissension. La situation économique de la Pologne est la meilleure que le pays ait connu depuis la chute du communiste, avec une croissance d’environ 5 % et un taux de chômage historiquement bas[1]. Le PiS a mis en place un « État-providence à la polonaise » via notamment la mise en place d'aides familiales, la gratuité des médicaments pour les plus de 75 ans, l'abaissement de l'âge légal de la retraite, la taxation des institutions financières, la re-nationalisation de plusieurs banques et une politique générale favorisant le développement des entreprises polonaises[2].

Les élections parlementaires qui se tiennent six mois avant l'élection présidentielle voient la reconduction de Droit et justice au pouvoir avec le meilleur résultat pour une force politique depuis 1989.

Modalités[modifier | modifier le code]

D'après la Constitution, le président de la république de Pologne est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par les citoyens polonais pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Il ne dispose pas de pouvoirs étendus, contrairement au président du Conseil des ministres. Le chef de l'État peut néanmoins s'opposer à une loi en imposant son droit de veto législatif qui ne peut être levé par la Chambre basse qu'à la majorité qualifiée des trois cinquièmes.

Conformément à l'article 128 de la Constitution polonaise, l'élection présidentielle est organisée au cours d'un jour non travaillé placé entre le soixante-quinzième et le centième jour précédent la fin du mandat du président de la République, un second tour éventuel pouvant être organisé deux semaines plus tard. Le choix de la date revient au président de la Diète.

Les candidats à l'élection présidentielle doivent se faire connaître auprès de la Commission électorale nationale cinquante-cinq jours avant le scrutin, en ayant réuni 1 000 signatures d'électeurs en leur faveur. Représentés par un comité électoral d'au moins 15 membres, ils ont ensuite dix jours pour collecter cette fois 100 000 signatures de soutien. Les candidats doivent avoir au minimum 35 ans au jour de l'élection. Les candidats nés avant le doivent par ailleurs s'être soumis aux obligations liées à la lustration[3].

Le président de la république de Pologne, élu pour un mandat de cinq ans dont il peut solliciter l'unique renouvellement, tient ses prérogatives de la Constitution polonaise. Chef des forces armées polonaises, il doit représenter la Pologne en son sein comme à l'étranger, ratifie les accords internationaux, nomme les membres du gouvernement et ratifie les lois. Il jouit d'un droit de veto lorsqu'il se permet de contester une loi approuvée par le Parlement, qu'il a le droit de dissoudre si le gouvernement devait lui en faire la demande.

Candidats[modifier | modifier le code]

Droit et justice[modifier | modifier le code]

Le , dans une lettre aux parlementaires nouvellement élus de Droit et justice, Jarosław Kaczyński annonce que le parti apporte son soutien à une candidature d’Andrzej Duda pour un second mandat[4]. Celui-ci n’a cependant pas encore fait part de sa décision.

Plate-forme civique[modifier | modifier le code]

Donald Tusk, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2005, président du Conseil des ministres de 2007 à 2014 puis président du Conseil européen, est longtemps pressenti pour porter les couleurs de la Plate-forme civique à l’élection présidentielle. Cependant, il annonce le — peu avant la fin de son mandat européen et alors qu'il est pressenti pour prendre la présidence du Parti populaire européen — qu’il renonce à une telle candidature. Il était considéré par les médias comme le mieux placé pour affronter le candidat de Droit et justice, qui en faisait sa cible favorite. Mais la victoire de PiS aux élections parlementaires de 2019 l’aurait dissuadé de se présenter. Pour justifier sa décision, Tusk déclare que les réformes impopulaires qu’il a menées à la tête du gouvernement sont un obstacle à sa candidature[5],[6].

Pour choisir le candidat de la PO, le président du parti, Grzegorz Schetyna, décide de l'organisation d'une primaire. La vice-présidente de la Diète et cheffe de file de la Coalition civique (KO) aux élections parlementaires de 2019, Małgorzata Kidawa-Błońska, annonce le 18 novembre qu'elle a l'intention de s'y présenter[7]. Deux jours avant elle, le maire de Varsovie et candidat putatif, Rafał Trzaskowski, avait indiqué avoir pris la décision inverse, expliquant concevoir difficilement de diriger la capitale polonaise tout en faisant campagne, et qu'en cas de victoire son successeur serait nommé par le gouvernement et serait donc issu de PiS[8]. Le 20 novembre, date limite pour se présenter, le maire de Poznań, Jacek Jaśkowiak (pl), dépose à son tour sa candidature, tandis que la maire de Łódź, Hanna Zdanowska (pl), le député européen Radosław Sikorski et le président du Sénat, Tomasz Grodzki (pl), ont également renoncé[9].

Lors de la convention nationale du 14 décembre, à laquelle participent les parlementaires et dirigeants des autres partis de la KO, Małgorzata Kidawa-Błońska est investie candidate de la Plate-forme civique à l'élection présidentielle[10].

La Gauche[modifier | modifier le code]

Robert Biedroń, ancien maire de Słupsk, militant LGBT, fondateur de Printemps (Wiosna) et député européen, annonce qu'il se présentera « si Kaczyński [l]’embête ». Selon Adrian Zandberg, dirigeant du parti de gauche Ensemble (Razem), la décision de Robert Biedroń de ne pas se présenter aux élections parlementaires de 2019 est due à son souhait de briguer la présidence du pays.

Parti paysan[modifier | modifier le code]

Le président du Parti paysan polonais (PSL) et ancien ministre du Travail Władysław Kosiniak-Kamysz, bénéficiant d'un bon résultat aux élections parlementaires de 2019 avec une progression de l'ordre de quatre points[a], indique au début du mois de novembre 2019 être prêt à se présenter comme candidat unique du centre droit pro-européen. Il appelle ainsi la Plate-forme civique à mettre en place un processus de sélection d'un représentant commun[11]. Il lance sa campagne le 14 décembre suivant à Zakopane, confirmant sa volonté de concourir à l'élection présidentielle[12].

Autre[modifier | modifier le code]

Szymon Hołownia, écrivain et journaliste, célèbre animateur d'émissions de télévision officialise le 9 décembre 2019 sa candidature en tant que candidat indépendant[13].

Sondages[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Si l'on compare le résultat du PSL en 2015 aux résultats de l'informelle Coalition polonaise en 2019.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « La Pologne se rêve en grand », sur la-croix.com, (consulté le 7 octobre 2019).
  2. Max-Erwann Gastineau, « Élections législatives en Pologne: faut-il avoir peur du PiS? », sur Le Figaro.fr (consulté le 12 octobre 2019)
  3. (pl) « Spór o datę wyborów prezydenckich. Opozycja atakuje, koalicja odpiera zarzuty », sur Polskie Radio, .
  4. (pl) « Kaczyński: Zwycięstwo w wyborach trzeba przypieczętować reelekcją Andrzeja Dudy », sur tvp.info, (consulté le 7 novembre 2019).
  5. « Donald Tusk ne sera pas candidat à la présidentielle polonaise », sur rfi.fr, (consulté le 7 novembre 2019).
  6. Emmanuel Berretta, « Le sacre annoncé de Donald Tusk à la présidence du PPE », sur lepoint.fr, (consulté le 7 novembre 2019).
  7. (en) « Kidawa-Błońska announces candidature for presidential primaries », sur polandin.com, (consulté le 22 novembre 2019).
  8. (en) « Warsaw mayor not to run for presidency », sur polandin.com, (consulté le 22 novembre 2019).
  9. (en) « Civic Platform’s mystery candidate found in Poznań », sur polandin.com, (consulté le 22 novembre 2019).
  10. (en) « Civic Platform’s presidential candidate is Małgorzata Kidawa-Błońska », sur polandin.com, (consulté le 16 décembre 2019).
  11. (en) « Key opposition politician ready to stand for President », sur polandin.com, (consulté le 22 novembre 2019).
  12. (en) « PSL leader will stand in presidential elections », sur polandin.com, (consulté le 16 décembre 2019).
  13. « Une célébrité de la télévision polonaise annonce sa candidature à la présidence », sur myblox.fr,