Élection présidentielle polonaise de 2020

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Élection présidentielle polonaise de 2020
Président de la République de Pologne
Sortant
Andrzej Duda
(PiS)

L’élection présidentielle polonaise de 2020, septième élection présidentielle de la IIIe République du pays, est un scrutin visant à élire le président de la République de Pologne pour un mandat de cinq ans. Le chef de l’État sortant, Andrzej Duda, est éligible à un second mandat.

Modalités[modifier | modifier le code]

Article connexe : Politique en Pologne.

D'après la Constitution, le président de la République de Pologne est élu pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par les citoyens polonais. Il ne dispose pas de pouvoirs étendus, contrairement au président du Conseil des ministres. Le chef de l'État peut néanmoins s'opposer à une loi en imposant son droit de veto législatif qui ne peut être levé par la Chambre basse qu'à la majorité qualifiée des trois cinquièmes.

Conformément à l'article 128 de la Constitution polonaise, l'élection présidentielle est organisée au cours d'un jour non travaillé placé entre le soixante-quinzième et le centième jour précédent la fin du mandat du président de la République, un second tour éventuel pouvant être organisé deux semaines plus tard. Le choix de la date revient au président de la Diète.

Les candidats à l'élection présidentielle doivent se faire connaître auprès de la Commission électorale nationale cinquante-cinq jours avant le scrutin, en ayant réuni 1 000 signatures d'électeurs en leur faveur. Représentés par un comité électoral d'au moins 15 membres, ils ont ensuite dix jours pour collecter cette fois 100 000 signatures de soutien. Les candidats doivent avoir au minimum 35 ans au jour de l'élection. Les candidats nés avant le doivent par ailleurs s'être soumis aux obligations liées à la lustration[1].

Le président de la République de Pologne, élu pour un mandat de cinq ans dont il peut solliciter l'unique renouvellement, tient ses prérogatives de la Constitution polonaise. Chef des forces armées polonaises, il doit représenter la Pologne en son sein comme à l'étranger, ratifie les accords internationaux, nomme les membres du gouvernement et ratifie les lois. Il jouit d'un droit de veto lorsqu'il se permet de contester une loi approuvée par le Parlement, qu'il a le droit de dissoudre si le gouvernement devait lui en faire la demande.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le président sortant, Andrzej Duda.

Le président sortant est Andrzej Duda. Élu lors de l’élection présidentielle de 2015, il est issu du parti conservateur Droit et justice (PiS).

Le président de PiS, Jarosław Kaczyński, est considéré comme l'homme fort du pays, même si Duda a fait preuve d'indépendance à quelques reprises, notamment lors de la réforme judiciaire. Depuis les élections parlementaires de 2015, qui se déroulent cinq mois après le scrutin présidentiel, PiS est majoritaire au Parlement. De 2015 à 2017, Beata Szydło est présidente du Conseil des ministres. Elle cède ensuite sa place à Mateusz Morawiecki.

Durant le mandat présidentiel d’Andrzej Duda, l'exécutif a plusieurs différends avec les autorités européennes, qui lui reprochent notamment sa réforme du système judiciaire, à qui le gouvernement reproche de ne pas avoir été réformé depuis la chute du communisme ; la question migratoire est également un point de dissension. La situation économique de la Pologne est la meilleure que le pays ait connu depuis la chute du communiste, avec une croissance d’environ 5 % et un taux de chômage historiquement bas[2]. Le PiS a mis en place un « État-providence à la polonaise » via notamment la mise en place d'aides familiales, la gratuité des médicaments pour les plus de 75 ans, l'abaissement de l'âge légal de la retraite, la taxation des institutions financières, la re-nationalisation de plusieurs banques et une politique générale favorisant le développement des entreprises polonaises[3].

Candidats[modifier | modifier le code]

Droit et justice[modifier | modifier le code]

Le , dans une lettre aux parlementaires nouvellement élus de Droit et justice, Jarosław Kaczyński annonce que le parti apporte son soutien à une candidature d’Andrzej Duda pour un second mandat[4]. Celui-ci n’a cependant pas encore fait part de sa décision.

Plate-forme civique[modifier | modifier le code]

Donald Tusk, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2005, président du Conseil des ministres de 2007 à 2014 puis président du Conseil européen, est longtemps pressenti pour porter les couleurs de la Plate-forme civique à l’élection présidentielle. Mais le , peu avant la fin de son mandat européen et alors qu'il est pressenti pour prendre la présidence du Parti populaire européen, il annonce qu’il renonce à une telle candidature. Il était considéré par les médias comme le mieux placé pour affronter le candidat de Droit et justice, qui en faisait sa cible favorite. Mais la victoire de PiS aux élections parlementaires de 2019 l’aurait dissaudé de se présenter. Pour justifier sa décision, Tusk déclare que les réformes impopulaires qu’il a menées à la tête du gouvernement sont un obstacle à sa candidature[5],[6].

Małgorzata Kidawa-Błońska, vice-présidente de la Diète et candidate de la PO à la tête du gouvernement lors des élections parlementaires de 2019, et Rafał Trzaskowski, maire de Varsovie, sont cités comme autres candidats potentiels du parti.

La Gauche[modifier | modifier le code]

Robert Biedroń, ancien maire de Słupsk, militant LGBT et député européen. Il a déclaré qu'il se présenterait à l'élection présidentielle « si Kaczyński [l]’embête ». Selon Adrian Zandberg, l'un des dirigeants de gauche, la décision de Robert Biedroń de ne pas se présenter aux élections parlementaires de 2019 est due à son souhait de briguer la présidence du pays.

Sondages[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (pl) « Spór o datę wyborów prezydenckich. Opozycja atakuje, koalicja odpiera zarzuty », sur Polskie Radio, .
  2. « La Pologne se rêve en grand », sur la-croix.com, (consulté le 7 octobre 2019).
  3. Max-Erwann Gastineau, « Élections législatives en Pologne: faut-il avoir peur du PiS? », sur Le Figaro.fr (consulté le 12 octobre 2019)
  4. (pl) « Kaczyński: Zwycięstwo w wyborach trzeba przypieczętować reelekcją Andrzeja Dudy », sur tvp.info, (consulté le 7 novembre 2019).
  5. « Donald Tusk ne sera pas candidat à la présidentielle polonaise », sur rfi.fr, (consulté le 7 novembre 2019).
  6. Emmanuel Berretta, « Le sacre annoncé de Donald Tusk à la présidence du PPE », sur lepoint.fr, (consulté le 7 novembre 2019).