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Bolesław Bierut

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Bolesław Bierut
Illustration.
Bolesław Bierut à Varsovie en 1950.
Fonctions
Président du Conseil des ministres de Pologne

(1 an, 3 mois et 25 jours)
Président Aleksander Zawadzki
Prédécesseur Józef Cyrankiewicz
Successeur Józef Cyrankiewicz
Premier secrétaire du Parti ouvrier unifié polonais

(7 ans, 2 mois et 19 jours)
Prédécesseur Aucun
Successeur Edward Ochab
Président de la république de Pologne

(5 ans, 9 mois et 15 jours)
Prédécesseur Władysław Kowalski (intérim)
Lui-même (président du Conseil du peuple)
Successeur Aleksander Zawadzki (président du Conseil d'État)
Président du Conseil du peuple de la république de Pologne[N 1]
(chef de l'État)

(3 ans, 1 mois et 3 jours)
Prédécesseur Création de la fonction
Władysław Raczkiewicz (président de la République, en exil)
Successeur Franciszek Trąbalski (président de la République, intérim)
Lui-même (président de la République)
Władysław Kowalski (président de la Diète législative)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Lublin (Empire russe)
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décès Moscou (URSS)
Nationalité Polonaise
Parti politique Parti socialiste polonais (1912-1918)
PC d'Union soviétique (en 1940)
Parti communiste de Pologne (1918-1942)
Parti ouvrier polonais (1942-1948)
Parti ouvrier unifié polonais (à partir de 1948)

Signature de Bolesław Bierut

Image illustrative de l’article Bolesław Bierut
Présidents de la république de Pologne
Présidents du Conseil des ministres de Pologne

Bolesław Bierut (Écouter), né le à Rury Brigidkowskie près de Lublin, en Pologne, et mort le , à Moscou, est un homme politique, dirigeant de la République populaire de Pologne.

Fils d'instituteur de village, Bolesław Bierut est originaire d'un village proche de Lublin, qui était alors rattaché à la Russie tsariste. Il prit part à une grève d'écoliers dirigée contre les occupants et il est chassé de l'établissement[1].

Il travaille jeune dans une imprimerie, et entre dès l'âge de 20 ans dans la fraction de gauche du Parti socialiste polonais, le « PPS-Lewica » appelé à devenir plus tard le Parti communiste de Pologne[réf. nécessaire]. Il milite par ailleurs dans des associations coopératives, ainsi que dans un cercle révolutionnaire clandestin, l'Avenir[1]

Lorsque éclate en 1914 la Première Guerre mondiale, il est recherché comme déserteur par la police tsariste puis par la gendarmerie autrichienne qui traque les agitateurs. Après le conflit, il subit la répression des autorités polonaises. En 1923, il est condamné à six mois de prison pour une étude jugée subversive qu'il a consacrée au mouvement coopérateur. Devenu communiste, il s'expatrie en 1927 mais rentre en Pologne en 1932[1].

En 1927, il devint membre du comité central du Parti communiste polonais. Dans l'intervalle, il exerça plusieurs fonctions à la coopérative de consommation dirigée par la gauche et séjourna à Moscou entre 1925 et 1926 et entre 1928 et 1930, fréquentant alors la Haute École du Parti. Dans les années 1930 - 1932, il fut fonctionnaire de l'Internationale communiste (Komintern) et du NKVD en Bulgarie, Tchécoslovaquie et Autriche[réf. nécessaire].

En 1933, il fut condamné par les tribunaux polonais du régime mis en place par Piłsudski à 10 années de détention pour propagande communiste qu'il purgea dans la prison de Rawicz, avant d'être gracié en 1938 et libéré. Jusqu'au début de la guerre, en 1939, il travailla comme employé de bureau dans une coopérative de consommation de Varsovie.

Après le début de la Seconde Guerre mondiale, il réussit à partir pour l'U.R.S.S. Il prend la citoyenneté soviétique et devient chef du département polonais du Komintern, la direction historique du Parti communiste polonais ayant été décimée par les « purges » de Staline de 1936-1938. Il garde le contact avec les communistes qui sont restés dans son pays. En 1943, muni de faux papiers, il rentre en Pologne, sous occupation allemande, puis crée le 1er janvier 1944 avec ses camarades le Conseil national de l'intérieur, dont il est nommé président. Le 31 décembre suivant, ce conseil constitue un Comité polonais de libération nationale dont Bierut est élu président[1].

En 1947, il fut élu par le Sejm président de la République et occupa cette fonction jusqu'en 1952. Le , il est élu premier secrétaire du Parti ouvrier unifié polonais par le Comité central, fonction qui devient la plus haute de l'État, à la proclamation de la République populaire de Pologne, en 1952.

Après la transformation de l'État, en , en une « république populaire » qui supprima le poste de président, il devint Premier ministre (1952-1954) et demeura Premier secrétaire du Comité Central jusqu'à sa mort[1].

Suivant le modèle soviétique, il devint l'objet d'un culte de la personnalité, et se comporta en vassal de Staline dont il était un ami. Il est, avec Jakub Berman, le principal responsable et exécutant de la répression stalinienne que connaît le pays jusqu'en 1956, avec les exécutions ou arrestations de milliers de personnes, notamment des membres de la résistance anticommuniste en Pologne, qui mène une guérilla contre le régime. À la suite de la mort de Staline en 1953, une relative libéralisation politique est mise en place : le développement du réseau d'informateurs est interrompu, le personnel des Services de sécurité est réduit et les procès se font plus rares. Le procès de Władysław Gomułka, initialement prévu, n'a finalement pas lieu; il est discrètement libéré en 1955[2].

Les décrets Bierut faisaient suite à la conférence de Potsdam entre les trois grandes puissances victorieuses de 1945. Ils permettaient l'expulsion et l'expropriation de la population allemande en Prusse orientale, en Silésie, en Poméranie et dans l'Est du Brandebourg.

Un vaste plan d'industrialisation est mené à partir du début des années 1950. Le ministre de l’Économie, Hilary Minc, fait adopter en juillet 1950 un accord commercial avec l'Union soviétique et un Plan de six ans visant à développer au maximum l'industrie lourde. Le secteur minier se développe rapidement et le combinat métallurgique de Nowa Huta est édifié à proximité de Cracovie[2]

En , Bierut alla à Moscou pour participer aux consultations du XXe congrès du PCUS. Après qu'il eut entendu le discours secret de Nikita Khrouchtchev sur le culte de la personne et les crimes de Staline, il tomba brusquement malade et mourut à Moscou. Il eut droit à des funérailles officielles et à un mausolée au cimetière militaire de Varsovie.

Son fils, Jan Chyliński, fut ambassadeur de la Pologne à Bonn dans les années 1970.

  • À Minsk en Biélorussie, il y a encore une rue Bierut.
  • Pour imiter Staline il voulait se montrer en compagnie d’enfants (sur une de ses photographies il tient dans ses bras la petite Agnieszka Holland). La poste polonaise a émis un timbre où on le voit entouré d’enfants.
  • Il avait un cerf avec lequel il a été photographié et filmé.
  • Pendant la période communiste on avait donné son nom à l'université de Wrocław.
  • Après la chute du communisme en Pologne en 1989, la plupart des monuments en son honneur ont été transférés au Musée du réalisme socialiste de Kozłówka.

Notes et références

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  1. Président du présidium du Conseil du peuple jusqu'au .

Références

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  1. 1 2 3 4 5 « Biographie de BOŁESŁAW BIERUT (1892-1956) », sur Encyclopædia Universalis
  2. 1 2 Agnieszka Grudzinska, L'Octobre polonais : le XXe congrès et la culture en Pologne, La Revue russe, Année 2006, 28, p. 27-36