Royaume de Pologne (1916-1918)

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Royaume de Pologne
Królestwo Regencyjne pl

19161918

Drapeau Blason
Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Varsovie
Monnaie Mark polonais
Histoire et événements
Déclaration de Guillaume II et de François-Joseph
Création de la Deuxième République de Pologne
Conseil de régence
Cardinal Kakowski
Prince Lubomirski
Józef Ostrowski
Président des ministres
Jan Kucharzewski
Antoni Ponikowski
Jan Kanty Steczkowski
Ladislaw Wróblewski

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Le Royaume de Pologne (1916–1918), également appelé officieusement, Régence du Royaume de Pologne (en polonais : Królestwo Polskie), est un État créé à partir des territoires occupés par l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie de l'ancien Royaume du Congrès (russe), sans avoir toutefois de frontières définies, d'après la déclaration du 5 novembre 1916 des empereurs d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie Guillaume II et de François-Joseph et conçu comme un État fantoche placé sous une copropriété des puissances centrales.

La Pologne russe[modifier | modifier le code]

Domination économique du Reich[modifier | modifier le code]

Avant le déclenchement du conflit, les puissances centrales mènent en Pologne russe une politique de pénétration économiques, aboutissant au contrôle de l'économie polonaise, principalement, par le Reich.

Ainsi, dans les investissements austro-allemands, le Reich se taille la part du lion, contrôlant 90% des investissements cumulés du Reich et de la double monarchie dans le royaume du Congrès[1].

De plus, avant le conflit, la Pologne sert de région de transit pour les échanges germano-russes : avant le conflit, près de 90% des échanges entre le Reich et la Russie empruntent le réseau ferré polonais, conférant au contrôle des voies ferrées polonaises une importance crucial pour toute politique de mise en tutelle des territoires de la Pologne russe[2].

Conquête à l'été 1915[modifier | modifier le code]

En 1915, les succès austro-allemands face à l'armée de la Russie permettent aux empires centraux de chasser les troupes russes de Galicie[3], et d'occuper la Pologne russe, lors d'une bataille de rupture commencée le 2 mai 1915 sur toute la longueur du front[4]. Le 13 juillet 1915, une nouvelle offensive est lancée, et remplissant une partie des objectifs assignés, aboutit à la conquête de Varsovie le 5 août et de Vilna, alors la deuxième ville polonaise en septembre[5].

La Pologne russe, butin de guerre austro-allemand[modifier | modifier le code]

Buts de guerre allemands et austro-hongrois en Pologne[modifier | modifier le code]

Dès le déclenchement du conflit, les puissances centrales précisent leurs buts de guerre en Pologne russe. Au mois de mai 1916, les puissances centrales précisent les objectifs poursuivis en Pologne : les territoires polonais doivent leur revenir[6], dans le cadre d'une politique orientale plus large de création d'États vassaux[7].

Stephan Burian (ici à son bureau) est un ardent défenseur des intérêts austro-hongrois dans le royaume de Pologne.

Cependant, dès l'été 1914, les responsables politiques et économiques de la double monarchie manifestent un intérêt soutenu pour une tutelle austro-hongroise sur la Pologne: dès le 12 août 1914, Stephan Burian fait savoir aux Allemands que la Pologne constitue l'un des buts de guerre de la double monarchie, dans le cadre de ce qu'il appelle la « solution austro-polonaise », que les diplomates allemands semblent accepter[8]. Ainsi, dès l'été 1914, le chancelier du Reich, Theobald von Bethmann-Hollweg, accepte l'idée d'une dévolution de la Pologne à la doube monarchie, dans le cadre d'une réorganisation trialiste de la monarchie danubienne[9]. Ce n'est qu'en 1916, lors de l'ouverture des négociations entre le Reich et ses alliés sur les buts de guerre de chaque membre de l'alliance, que les objectifs poursuivis par la double monarchie en Pologne sont officiellement portés à la connaissance du gouvernement allemand[10]. Ainsi, les Austro-hongrois aspirent à placer la Pologne dans l'orbite de la double monarchie dans un cadre non encore précisé au printemps 1916, certains se montrant favorable à la mise en place d'un trialisme avec comme troisième pôle un royaume de Pologne, d'autre un seconde pôle au sein de l'Empire d'Autriche[11].

En raison de ces aspirations austro-hongroises,le programme allemand de vassalisation de la Pologne provoque l'hostilité de Burian, ministre austro-hongrois des Affaires étrangères, ce qui repousse sa réalisation à une date ultérieure[12], mais est appuyé par de puissants intérêts économiques dans le Reich[13] : les responsables allemands espèrent ainsi la mise sous tutelle économique de la Pologne par le contrôle des exportations du pays, notamment par le biais de participations majoritaires dans les chemins de fer[14]. Ce contrôle strict du royaume est destiné à compenser l'absence d'un vaste programme d'annexions dans l'ancien royaume du Congrès[15].

De plus, en échange de la dévolution de la Pologne à la double monarchie, Bethmann-Hollweg souhaite renforcer les liens entre le Reich et la double monarchie, sous la forme d'une union douanière et d'une convention militaire calquée sur le modèle de celle qui existe alors entre la Prusse et la Bavière[16].

Le partage des dépouilles[modifier | modifier le code]

Les territoires devant constituer le royaume de Pologne sont ainsi traités comme un butin de guerre que les puissances centrales se partagent et peuvent octroyer à d'autres en fonction de leurs intérêts.

Dès 1915, après la conquête de la Pologne, le Reich dispose d'arguments dans les négociations avec les austro-hongrois portant sur le partage de la Pologne, ne serait-ce que sa participation décisive à la conquête du royaume du Congrès au cours de l'été 1915; Burian acte ainsi, le jour de Noël 1915, que certains responsables allemands se montrent partisans d'une absorption de la Pologne par le Reich[8].

En dépit de cette prépondérance allemande, le Reich n'est pas en position d'imposer tous ses buts de guerre à son allié austro-hongrois parfois récalcitrant, comme l'attestent les négociations compliquées autour de la nature de la future société ferroviaire polonaise et des modalités réelles de contrôle du Reich au sein de cette société[2].

Mise en place du royaume[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Acte du 5 novembre.

Le 5 novembre 1916, Hans Hartwig von Beseler, gouverneur général de Varsovie, annonce, à Varsovie, dans le château royal pavoisé pour la circonstance, la création prochaine d'un royaume constitutionnel et héréditaire[17].

Dévolution de la Couronne de Pologne[modifier | modifier le code]

Charles-Etienne de Teschen en 1911 (portrait réalisé par Wojciech Kossak).

À partir de 1915, d'âpres négociations entre le Reich et son allié autrichien aboutissent à la dévolution de la couronne de Pologne à un prince Habsbourg. En effet, destiné à devenir une monarchie constitutionnelle[18], le royaume restauré doit échoir à Charles-Étienne de Teschen, issu d'une branche cadette de la famille des Habsbourg-Lorraine[19].

Rapidement le problème de la dévolution de la couronne de Pologne passent au second plan, tant il apparaît clair aux négociateurs de la double monarchie que la réalité de la tutelle du Reich sur le nouveau royaume est destinée à être prégnante[N 1],[20].

Le nouvel État polonais[modifier | modifier le code]

Le conseil de régence du royaume de Pologne en 1916.

La proclamation du 5 novembre 1916 garantit non seulement la création d'un royaume, mais aussi l'octroi d'une constitution au futur royaume[21]; la proclamation reste toutefois floue sur la nature du cadre dans lequel est censé évolué la Pologne ressuscitée par les Puissances centrales[22].

Proposé par Wolfgang von Kries, directeur des services administratifs du gouvernement général de Varsovie, le projet constitutionnel est rendu public le 15 novembre 1916, et, calqué sur la constitution du royaume de Prusse (à l'exception notable du droit électoral), donne dans les faits le contrôle du gouvernement aux conservateurs[21]. En attendant la constitution définitive du royaume, les attributions du monarque sont confiées à un conseil de régence, ou conseil d'État, mis en place le 15 janvier 1917[17].

À la suite de la Révolution de février, les occupants mettent en place les structures du royaume. Ainsi, le 12 septembre 1917, un décret élaboré par les responsables allemands et austro-hongrois institue un conseil de régence, composé du maire et de l'archevêque de Varsovie et d'un leader conservateur, favorable aux puissances centrales; ce conseil de régence est assisté d'un conseil des ministres, dans les faits compétents en matière de justice et d'éducation[23].

Trois cabinets se succèdent aux affaires entre septembre 1917 et octobre 1918; les ministres tentent de mettre en place une diplomatie, en nommant des représentants à Berlin et à Vienne dans un premier temps, en Russie bolchevique dans un deuxième temps, puis dans certains pays neutres dans un troisième temps[23].

Les frontières du nouvel État[modifier | modifier le code]

Dès la fin de l'année 1915, lorsque la question d'une renaissance d'un État polonais commence à émerger chez les dirigeants austro-hongrois et allemands, la fixation de la frontière du Reich avec l'État en devenir constitue un problème récurrent entre les négociateurs allemands et austro-hongrois[24].

Les responsables du Reich souhaite en effet annexer une bande de territoires le long de la frontière de 1914, afin, notamment, de créer un glacis défensif pour la Silésie et son bassin minier[25]. Dès la fin de l'année 1914, le chancelier Bethmann-Hollweg rend possible la réalisation de ce but de guerre, en menant une politique de concertation avec les propriétaires terriens allemands installés en Prusse, les ministères prussiens de l'intérieur et de l'agriculture et les responsables de la colonisation à l'Est de l'Oder, les divergences portant sur l'importance des rectifications de frontières en faveur du Reich, certains préconisant une simple amélioration de la frontière, d'autres de larges annexions[26]. À ces divergences s'ajoute la question de l'annexion du bassin charbonnier de Dombrawa au Reich[N 2],[25].

Au cours de l'année 1916, plusieurs tracés de frontières sont ainsi proposés par le chancelier allemand à Guillaume II ; ces différents tracés insistent sur la mise sous tutelle allemande du royaume, et doivent se solder par l'annexion au Reich d'une bande frontalière plus ou moins large selon les projets[13]. Au cours de l'été, Burián, ministre austro-hongrois des affaires étrangères, propose la constitution d'un État polonais composé du royaume du Congrès et de districts lituaniens et Biélorusses peuplés de Polonais[18]. Lors de la proclamation du nouvel État, en novembre 1916, le tracé de ses frontières ne fait pas encore consensus, ni au sein des responsables allemands, prussiens pour la plupart, ni entre Allemands et Austro-hongrois d'autre part[27],[22].

Ainsi, en 1917, lors d'un entretien entre les chefs militaires et politiques du Reich à Kreuznach en août, une nouvelle frontière est arrêtée, le long de la Narew[28].

En février 1918, la conclusion de la paix entre les puissances centrales et la Rada de Kiev modifie les tracés planifiés au cours des années antérieures; en effet, les négociateurs ukrainiens obtiennent pour la République d'Ukraine la région de Chełm, initialement dévolue au royaume[N 3],[29]. Le royaume connaît, à la suite de l'annonce de la paix avec l'Ukraine, une véritable crise politique, les Polonais se détachant massivement des puissances centrales[30].

En 1918, les responsables allemands en poste en Pologne, notamment Hans Hartwick von Beseler, défendent l'idée de ne pas créer un État aux dimensions trop modestes, quitte à limiter les annexions allemandes en Pologne russe[31].

Les négociations sur la question des frontières du nouveau royaume, rendues compliquées par les aspirations contradictoires du Reich et de la double monarchie, ne sont pas closes à la fin du conflit, en dépit de la réduction constante des exigences du Reich sur la question[2].

L'armée du royaume de Pologne[modifier | modifier le code]

Au cours de l'année 1917, plus particulièrement, après l'évacuation par les Allemands sur la ligne Hindenburg en mars 1917, le Reich, devant faire face aux pénuries de soldats, commence à mettre en place un embryon d'armée polonaise, à partir de la légion polonaise de Pilsudski[29]. Cependant, à la suite de l'annonce de la signature du traité de paix avec l'Ukraine en février 1918, cette armée connaît un mouvement massif de désertions, les Polonais ne se résolvant pas à la perte du district de Chełm au profit de l'Ukraine[30].

En dépit des demandes du Conseil Provisoire d'État, le commandement des unités polonaises, alors confié au commandement austro-hongrois, est transmis au gouvernement général de Varsovie, puis en octobre 1918, ce dernier le transmet au Conseil provisoire, entraînant un accroissement du nombre des recrues[29].

L'armée polonaise reconstituée, la polnische Wehrmacht (de), la force armée polonaise (en polonais : Polska Siła Zbrojna), doit prêter serment à l'empereur d'Allemagne et à l'empereur et roi d'Autriche-Hongrie[29].

Une indépendance de façade[modifier | modifier le code]

Par delà les débats au sein des responsables politiques allemands, un consensus se dessine parmi les responsables du Reich, tous souhaitant que le nouveau royaume soit totalement lié au Reich, ce dernier devant contrôler l'armée et les transports polonais[31].

Tout au long du conflit, les milieux économiques, politiques et militaires allemands insistent d'ailleurs sur la nécessité du strict contrôle de la Pologne par le Reich[19]; ainsi, le cadre mis en place en novembre 1916 est-il avant tout destiné à légaliser la mise sous tutelle politique et économique de la Pologne par le Reich[22].

Une économie sous tutelle allemande[modifier | modifier le code]

En dépit des ambitions autrichiennes sur le royaume, le Reich prend de plus en plus le contrôle de l'économie du Royaume, placé de fait sous son contrôle, malgré la « cerise autrichienne sur le gâteau »[19]. En effet, les modalités de création du royaume laissent augurer une tutelle plus ou moins absolue du Reich sur le royaume et son économie[32].

Cependant, la tutelle économique du Reich est contrebalancée par la politique de terre brûlée menée par les Russes dans leur retraite, démontant les usines, déplaçant les populations polonaises à l'intérieur de la Russie[5].

En 1916, les fonctionnaires prussiens en poste auprès des autorités d'occupation mettent en place les moyens institutionnels de lier intimement et à long terme l'économie du futur royaume à l'économie du Reich : les régions industrielles de la Pologne prussienne disposeraient d'un arrière-pays propice à leur développement et fournisseur de matières premières[21].

Ainsi, les négociateurs allemands tentent d'obtenir le contrôle de la totalité du bassin minier de Haute-Silésie, en obtenant la cession des districts autrichiens et des districts dévolus au nouveau royaume, créant les conditions de la sujétion non seulement du royaume en cours de la création, mais aussi de la double monarchie[33]; au cours des négociations de 1916, lors des négociations devant permettre la mise en place du nouveau royaume, les négociateurs allemands, influencé par les agrariens et les industriels du Reich, souhaitent contrôler les voies de communications fluviales et ferroviaires polonaises ainsi que le contrôle des principaux bassins industriels de Pologne russe[14], rendue possible par l'expropriation des mines contrôlées par des entreprises françaises, britanniques ou russes[34].

De plus, le nouveau royaume appartiendrait à l'union douanière germano-austro-hongroise élaborée à partir de 1915, ce qui est destiné à limiter le développement industriel autonome du futur royaume[21], pour une durée minimale de trente années[35]. Au mois de mai 1918, lors de la conférence de Spa[N 4], le principe de l'union douanière du Reich et du futur royaume est définitivement acté par les Austro-hongrois, plaçant le nouveau royaume dans l'hinterland que le Reich met en place en Europe centrale et orientale depuis la fin des hostilités en Europe de l'Est[36].

Enfin, le plan Hindenbourg de 1916, visant à exploiter les territoires occupés pour le compte de l'économie de guerre des Puissances centrales est également appliqué dans le royaume : de sévères réquisitions de denrées alimentaires sont organisées, les forêts sont pillées pour les besoins du Reich, des déportations de main d’œuvre vers le Reich sont mises en place[37].

Une forte tutelle politique[modifier | modifier le code]

Lors des nombreuses conférences entre responsables allemands et austro-hongrois de 1917, il est rapidement convenu de donner au Reich la prépondérance en Pologne en échange d'une tutelle renforcée de la monarchie danubienne sur la Roumanie[38].

Jusque dans les jours précédant la reddition allemande de novembre, le gouvernement du Reich crée les conditions de la mise sous tutelle de la Pologne, le contrôle de la Pologne constituant un préalable indispensable au contrôle de l'Ukraine et de la Russie[39]: le 24 septembre 1918, par exemple, les négociations austro-allemandes sur la question polonaise portent sur la frontière occidentale du nouveau royaume[39].

Des projets coloniaux[modifier | modifier le code]

À la faveur du contrôle étroit sur le nouvel État, les responsables allemands, principalement prussiens, se montrent partisans de la mise en place d'une politique de colonisation et de germanisation de larges parties du royaume[40].

Rivalités austro-allemandes[modifier | modifier le code]

Destiné à être partagé en zones d'influence entre le Reich et la double monarchie, le royaume, but de guerre allemand et austro-hongrois, se trouve au centre des rivalités entre le Reich et son allié austro-hongrois à partir de 1916. Dès les premiers jours de l'occupation des territoires polonais, les deux administrations, allemande et austro-hongroise, multiplient ainsi les intrigues l'une contre l'autre, en dépit d'une bonne entente de façade[41]. Dans le même temps, les négociateurs allemands utilisent le royaume de Pologne comme une monnaie d'échange pour obtenir de la double monarchie des concessions dans des négociations politiques, économiques, commerciales et militaires.

Négociations austro-allemandes[modifier | modifier le code]

Au cours de l'année 1917, en dépit des soubresauts politiques en Pologne occupée[42], le Reich tente de mettre en place sa politique, acceptée par les Autrichiens lors des échanges de Kreuznach de mai 1917[38].

La politique que le Reich met alors en place reçoit également un accueil favorable de la part des grands propriétaires terriens polonais, soucieux de trouver auprès du Reich un rempart contre les idées des révolutionnaires russes[31].

De plus, au fil du conflit (et de l'épuisement humain, militaire et économique de la monarchie danubienne), les responsables du Reich affichent des ambitions politiques et économiques toujours plus grandes à l'égard des territoires polonais. au cours de l'hiver 1918, l'empereur-roi Charles se voit proposer la dévolution du royaume de Pologne à un prince autrichien en échange d'un contrôle total du Reich sur le nouveau royaume[20]. Cependant, cette solution ne satisfait pas les négociateurs de la double monarchie, qui proposent, durant l'hiver 1917-1918, des solutions alternatives à la mise sous tutelle du royaume restauré[32].

De plus, en 1918, lors du traité entre le gouvernement ukrainien et l'Autriche-Hongrie, Ottokar Czernin, ministre austro-hongrois des affaires étrangères, donne à l'Ukraine nouvellement indépendante, un certain nombre de territoires polonais en échange d'un traité commercial favorable à la double monarchie[43]. Cette cession ruine le crédit austro-hongrois en Pologne, cette perte de crédit n'échappant pas aux responsables du Reich; ceux-ci deviennet alors ambigus dans les négociations avec les diplomates austro-hongrois, au moins jusqu'aux négociations du 29 juillet 1918[44].

Résistance autrichienne[modifier | modifier le code]

Face aux propositions allemandes, les responsables de la double monarchie proposent la mise en place d'une union douanière sur le modèle de celle qui régit les relations commerciales entre le Reich et l'Autriche-Hongrie[18]. Au cours des négociations du printemps 1918, l'empereur Charles tente de préserver une part d'influence austro-hongroise dans le futur royaume [20].

Dans les faits, le condominium germano-austro-hongrois cache une forte tutelle allemande et l'éviction progressive de la double monarchie de Pologne, non seulement du royaume mis en place à partir du 5 novembre 1916, mais aussi des territoires polonais de la double monarchie[45]. Face à la politique allemande, les austro-hongrois s'affirment vite comme les défenseurs des positions polonaises, à la grande colère des Allemandes}[37] ; Le gouverneur général de Varsovie, le Général von Beseler mentionne des « {{{1}}} »[37].

En 1918, lorsque l'empereur Charles est obligé d'accepter la sujétion définitive de son empire au Reich, matérialisée par les accords de Spa du 12 mai, le futur royaume de Pologne apparaît alors comme un territoire totalement contrôlé par le Reich, le nouveau royaume devenant de fait un Hinterland allemand, les intérêts de la double monarchie étant totalement évincés de Pologne[36].

Dissolution du Royaume de Pologne[modifier | modifier le code]

Les traités de paix du début de l'année 1918 ayant déjà amputé le futur royaume de larges parties de son futur territoire, les membres du gouvernement de Varsovie démissionnent et adoptent une attitude hostile aux puissances centrales[43].

À partir des échecs allemands de l'été 1918, les représentants du Reich, qui avaient évincé les Autrichiens du contrôle du royaume, envisagent, sous la pression de l'épuisement des troupes allemandes, une autre solution que la constitution d'un royaume de Pologne[46]. Ainsi, au fil des jours, les autorités allemandes d'occupation en Pologne tentent, sous couvert des arguments de libre disposition des peuples et de lutte contre la révolution bolchevique russe pour justifier le maintien du contrôle allemand sur la Pologne[47].

La défaite militaire reconnue par le Reich en novembre 1918, le conseil de régence se démet progressivement de ses pouvoirs au profit de Pilsudski, auto-proclamé dictateur jusqu'à la réunion de la diète de Pologne: le 11 novembre, le conseil renonce, au profit de celui-ci, à ses pouvoirs militaires, le 14 novembre ses pouvoirs civils[48].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le 22 février 1918, lors des négociations austro-allemandes de Bad Homburg, Charles Ier se désintéresse de la question de la dévolution de la couronne de Pologne.
  2. Cette demande suscité en 1917 l'hostilité des Autrso-hongrois, conscients de la faiblesse de l'économie du royaume sans ce bassin minier.
  3. Les Polonais appelèrent cette décision le Quatrième partage de la Pologne.
  4. Lors de cette conférence, s'achève le processus de vassalisation au Reich de la double monarchie, notamment par la conclusion d'un triple traité, politique, militaire et économique

Références[modifier | modifier le code]

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  2. a, b et c Soutou, 1989, p. 615
  3. Renouvin, 1934, p. 310
  4. Renouvin, 1934, p. 309
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  7. Fischer, 1961, p. 248
  8. a et b Fischer, 1961, p. 324
  9. Soutou, 1989, p. 21
  10. Fischer, 1961, p. 325
  11. Bled, 2014, p. 266
  12. Fischer, 1961, p. 251
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  14. a et b Fischer, 1961, p. 253
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  24. Fischer, 1961, p. 247
  25. a et b Soutou, 1989, p. 614
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  44. Soutou, 1989, p. 618
  45. Szymczak, 2015, p. 42
  46. Fischer, 1961, p. 625
  47. Fischer, '1961, p. 630
  48. Szymczak, 2015, p. 51

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Bled, L'agonie d'une monarchie : Autriche-Hongrie 1914-1920, Paris, Taillandier, , 464 p. (ISBN 979-10-210-0440-5). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Fritz Fischer (trad. Geneviève Migeon et Henri Thiès), Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918) [« Griff nach der Weltmacht »], Paris, Éditions de Trévise, , 654 p. (notice BnF no FRBNF35255571). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Annie Lacroix-Riz, Le Vatican, l'Europe et le Reich : De la Première Guerre mondiale à la guerre froide, Paris, Armand Colin, coll. « Références Histoire », , 539 p. (ISBN 2-200-21641-6). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19), (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (notice BnF no FRBNF33152114). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Max Schiavon, L'Autriche-Hongrie dans la Première Guerre mondiale : La fin d'un empire, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre », , 298 p. (ISBN 978-2-9163-8559-4).
  • Tomasz Schramm, « Les Polonais : citoyens des Etats belligérants », Guerres mondiales et conflits contemporains, vol. 4, no 260,‎ , p. 5-18 (DOI 10.3917/gmcc.260.0005, lire en ligne) (inscription nécessaire) – via Cairn.info
  • Georges-Henri Soutou, L'or et le sang : Les Buts de guerre économiques de la Première Guerre mondiale, Paris, Fayard, , 963 p. (ISBN 2213022151). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Damian Szymczak, « Comment les Polonais retrouveront-ils leur indépendance ? », Guerres mondiales et conflits contemporains, vol. 4, no 260,‎ , p. 33-58 (DOI 10.3917/gmcc.260.0033, lire en ligne) (inscription nécessaire) – via Cairn.info

Voir Aussi[modifier | modifier le code]

Article connexes[modifier | modifier le code]

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