Bronisław Komorowski

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Bronisław Komorowski
Bronisław Komorowski en 2013.
Bronisław Komorowski en 2013.
Fonctions
9e président de la République de Pologne
(15e chef de l'État polonais)

(5 ans)
Élection 4 juillet 2010
Président du Conseil Donald Tusk
Ewa Kopacz
Prédécesseur Grzegorz Schetyna
(intérim)
Lech Kaczyński
Successeur Andrzej Duda
Président de la République de Pologne
(intérim)
10 avril
(2 mois et 28 jours)
Président du Conseil Donald Tusk
Prédécesseur Lech Kaczyński
Successeur Bogdan Borusewicz
(intérim)
Lui-même
11e président de la Diète polonaise

(2 ans 8 mois et 3 jours)
Législature VIe
Prédécesseur Ludwik Dorn
Successeur Grzegorz Schetyna
Ministre de la Défense nationale

(1 an 4 mois et 3 jours)
Président du Conseil Jerzy Buzek
Gouvernement Buzek
Prédécesseur Janusz Onyszkiewicz
Successeur Jerzy Szmajdziński
Biographie
Date de naissance (63 ans)
Lieu de naissance Oborniki Śląskie
(Pologne)
Nationalité polonaise
Parti politique SKL (jusqu'en 2001)
PO (2001–2010)
Indépendant (depuis 2010)
Conjoint Anna Dembowska
Diplômé de Université de Varsovie
Profession Éditeur
Historien

Signature

Bronisław Komorowski
Présidents de la République de Pologne

Bronisław Komorowski (prononcer /brɔˈɲiswaf kɔmɔˈrɔfskʲi/ écouter), né le à Oborniki Śląskie en Basse-Silésie, est un éditeur, historien et homme d'État polonais, président de la République de 2010 à 2015.

Issu d'une famille de la noblesse polonaise, il s'oppose au régime communiste après ses études à l'université de Varsovie, ce qui lui vaut un internement provisoire en 1981. Dix ans plus tard, il est élu député à la Diète, la chambre basse du Parlement polonais.

Ministre de la Défense de 2000 à 2001 dans le gouvernement Buzek, il est élu président de la Diète pour la VIe législature après la victoire des libéraux aux élections législatives de 2007. C'est à ce titre qu'il devient président de la République de Pologne par intérim, après la mort de Lech Kaczyński dans un accident d'avion, le .

Candidat de la Plate-forme civique, parti libéral de centre droit, à l'élection présidentielle anticipée, il est élu face au candidat conservateur Jarosław Kaczyński, le frère jumeau du défunt chef de l'État, auquel il succède le .

Briguant un second mandat en 2015, il est longtemps donné favori du scrutin, mais est finalement battu au second tour par le conservateur Andrzej Duda à l'issue de l'élection présidentielle la plus serrée de l'histoire polonaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, famille et études[modifier | modifier le code]

Les armes de la famille Komorowski

Fils du comte Zygmunt Leon Komorowski et de Jadwiga Szalkowska, Bronisław Komorowski est issu d'une famille noble originaire de la Haute Lituanie. Parmi ses lointaines cousines se trouve la reine Mathilde[1], épouse de Philippe de Belgique, dont la mère est issue de la famille Komorowski[2],[3].

Jusqu'à ses études supérieures, Bronisław Komorowski fait partie du mouvement scout polonais. En 1977, il termine ses études d'histoire et sort diplômé de l'université de Varsovie. La même année, il épouse Anna Dembowska, avec laquelle il a cinq enfants : Zofia Aleksandra (1979), Tadeusz Jan (1981), Maria Anna (1983), Piotr Zygmunt (1986) et Elżbieta Jadwiga (1989).

Jusqu'en 1980, il est l'un des éditeurs du journal Słowo Powszechne.

Engagement anticommuniste[modifier | modifier le code]

Militant convaincu contre la République populaire de Pologne, Bronisław Komorowski est interné au mois de , comme d'autres militants de l'opposition démocratique, à la suite de l'instauration de l'état de siège.

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Candidat de l'Union démocratique, Komorowski est élu député en 1991 et 1993. En 1997, il est une nouvelle fois réélu sous l'étiquette Action électorale de solidarité (AWS) et préside jusqu'en 2000 la commission parlementaire de la Défense nationale.

De 2000 à 2001, il est ministre de la Défense nationale dans le gouvernement de centre droit de Jerzy Buzek, en tant que membre du Parti conservateur-populaire (SKL).

Après son départ du gouvernement, il adhère à la Plate-forme civique (PO), nouveau parti politique libéral, et retrouve son siège de député, élu cette fois dans la circonscription de Varsovie. Élu pour la cinquième fois en 2005, il devient vice-président de la Diète (Sejm) le , après le refus du parti Droit et justice (PiS) de le voir en devenir président.

Président de la Diète[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives d'octobre 2007, qui voient la victoire de la Plate-forme civique, Bronisław Komorowski est réélu député PO dans la circonscription de Varsovie. Il est élu à la présidence de la Diète le , par 292 voix contre 160 à son adversaire du PiS.

Le , après le retrait du président du Conseil des ministres Donald Tusk, il est désigné candidat de la Plate-forme civique à l'élection présidentielle prévue à l'autonome, à l'issue d'une élection primaire interne, avec 68,5 % des voix, contre le ministre des Affaires étrangères, Radosław Sikorski[4].

Intérim et candidature présidentielle[modifier | modifier le code]

Bronisław Komorowski, en juin 2010.

Le , à la suite du décès du président Lech Kaczyński dans un accident d'avion à l'approche de l'aéroport de Smolensk, Bronisław Komorowski est appelé, par la Constitution, à assumer, ad interim, la charge de président de la République de Pologne[5].

Il décrète huit jours de deuil national et fixe, après concertations avec les partis politiques, le premier tour de l'élection présidentielle anticipée au 20 juin[6]. Désigné avant la catastrophe candidat de la Plate-forme civique à ce scrutin, il est opposé au frère jumeau du président défunt, Jarosław Kaczyński.

Donné vainqueur tout au long de la campagne malgré une remontée de ses adversaires dans les derniers jours, Bronisław Komorowski se dit favorable à la poursuite des réformes économiques lancées par le gouvernement Tusk (privatisations d'entreprises publiques, hausse de l'âge légal de départ à la retraite, etc.). Il se prononce également en faveur de l'adoption de l'euro et du retrait des 2 600 soldats polonais engagés en Afghanistan[7].

Décrit comme peu charismatique par les médias[8], il arrive en tête du premier tour avec 41,54 % des suffrages exprimés, alors que Jarosław Kaczyński recueille 36,46 %[9]. Dans l'entre-deux tours, Bronisław Komorowski sort renforcé du premier débat télévisé[10] et tente d'obtenir le soutien de Grzegorz Napieralski, candidat social-démocrate qui a obtenu 13,68 % des voix.

Le , il remporte l'élection présidentielle avec 53,01 % des suffrages exprimés contre 46,99 % pour Jarosław Kaczyński[11]. Après sa victoire, Bronisław Komorowski déclare souhaiter que sa présidence soit celle de l'« entente nationale », afin de mettre fin aux « divisions héritées de l'histoire difficile et douloureuse de la Pologne »[12].

Il quitte la présidence de la Diète le 8 juillet, et donc la présidence de la République par intérim. Le président du Sénat, Bogdan Borusewicz, lui succède durant quelques heures, avant que Grzegorz Schetyna ne soit élu président de la Diète et ne devienne, à son tour, président par intérim[13].

Président de la République de Pologne[modifier | modifier le code]

Bronisław Komorowski prête serment le , devant les deux chambres réunies du Parlement. Boycottée par Jarosław Kaczyński, la cérémonie d'investiture se tient en présence du président du Conseil des ministres, Donald Tusk, du président par intérim et président de la Diète, Grzegorz Schetyna, du président du Sénat, Bogdan Borusewicz, des anciens présidents de la République Lech Wałęsa et Aleksander Kwaśniewski, de l'ancien chef de gouvernement Tadeusz Mazowiecki, ainsi que de la plupart des députés et sénateurs[14]. Il demande que la cérémonie d'investiture commence par une minute de silence en hommage à son prédécesseur. Dans son discours d'investiture, il appelle à la coopération entre tous les partis et institutions politiques du pays. Il déclare vouloir « renforcer les relations entre la Russie et la Pologne », et effectuer ses premières visites à Bruxelles, Paris et Berlin, « afin de souligner l'engagement européen de la Pologne »[15].

Il dépose, le , un projet d'amendement constitutionnel pour favoriser l'intégration de la Pologne dans la zone euro d'ici à 2015. Le cabinet Tusk avait prévu, dès son arrivée au pouvoir, après les élections législatives de 2007, sous la présidence de Lech Kaczyński, de faire de l'euro la monnaie du pays ; après la crise économique qui toucha le pays en 2008, ce projet a été repoussé à 2015[16].

Bronisław Komorowski entouré de Joachim Gauck et Norbert Lammert, en septembre 2014.

Au cours d'une visite aux États-Unis, le , il révèle que sa famille a caché des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale[17].

Le , alors que la Pologne préside l'Union européenne dans le cadre de la présidence tournante, le président Komorowski, après une rencontre à Varsovie avec le président ukrainien Viktor Ianoukovytch, estime que le procès de l'ex-Premier ministre ukrainien Ioulia Tymochenko, jugée pour « abus de pouvoir » dans le cadre de ses fonctions, pourrait représenter « un obstacle » au rapprochement avec l'Ukraine ; Komorowski avance que « ce procès est avant tout perçu dans plusieurs pays comme politique et non pas criminel », ajoutant que « cela nuit à l'image de l'Ukraine »[18].

Bronisław Komorowski critique sévèrement, en 2012, la collaboration de la Pologne avec les États-Unis sur le projet commun d'un bouclier antimissile, évoquant « une erreur politique » approuvée, en 2008, par son prédécesseur, Lech Kaczyński. Le chef de l'État polonais indiqua que la Pologne était disposée à développer son propre bouclier[19].

Le , après la désignation du chef du gouvernement Donald Tusk à la présidence du Conseil européen, le président Komorowski charge la présidente de la Diète, Ewa Kopacz, soutenue par les partis membres de la coalition au pouvoir, de la constitution d'un nouveau gouvernement[20].

Bronisław Komorowski se porte candidat à sa propre réélection le , comme la constitution l'y autorise. Sa présidence est alors jugée positivement par les Polonais et plusieurs études le donnent gagnant dès le premier tour[21]. Mais les intentions de vote en sa faveur s'effritent au fil des mois et il est battu au second tour, obtenant 48,5 % des voix face au candidat du parti conservateur Droit et justice, Andrzej Duda[22] ; il est, après Lech Wałęsa, le second président sortant polonais ayant été battu alors qu'il sollicitait un nouveau quinquennat. Cette élection présidentielle est à ce jour la plus serrée de l'histoire polonaise.

Après la présidence[modifier | modifier le code]

Le , son mandat terminé, Komorowski transmet ses pouvoirs au président élu Andrzej Duda[23].

Décorations[modifier | modifier le code]

Bronisław Komorowski est, en tant que président de la République, grand-croix des ordres polonais de l’Aigle blanc et Polonia Restituta.

Parmi d'autres :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon la base généalogique Roglo, Mathilde d'Udekem d'Acoz a deux liens de parenté avec Bronisław Komorowski : un au 7e degré et un autre au 13e degré. Voir aussi schéma de la parenté la plus proche et schéma de la parenté plus éloignée.
  2. « La princesse Mathilde, cousine éloignée de Bronislaw Komorowski »
  3. « Prinses Mathilde verre nicht van Poolse interimpresident »
  4. « Présidence/Candidat », site de la Fondation Robert-Schuman, 29 mars 2010.
  5. « Le président polonais meurt dans le crash de son avion », L'Express, 10 avril 2010.
  6. « La présidentielle fixée au 20 juin en Pologne », Le Nouvel Observateur, 21 avril 2010.
  7. « Pologne: une élection présidentielle sous le signe de la tragédie », Le Nouvel Observateur, 17 juin 2010.
  8. « Komorowski en tête de la présidentielle polonaise », Le Figaro, 21 juin 2010.
  9. « Jaroslaw Kaczynski revient dans la course à la présidence polonaise », La Croix, 21 juin 2010.
  10. « Bronislaw Komorowski gagne le premier débat présidentiel en Pologne », romandie.com, 28 juin 2010.
  11. « Présidentielle en Pologne : Komorowski élu avec 53,01 % des voix selon les résultats définitifs », Le Point, 5 juillet 2010.
  12. « Pologne: le président élu Bronislaw Komorowski appelle à “l'entente nationale” », dépêche AFP, 6 juillet 2010.
  13. « Trois présidents en un jour pour la Pologne », Le Nouvel Observateur, 8 juillet 2010.
  14. (pl) « Relacja z zaprzysiężenia Bronisława Komorowskiego [NA ŻYWO »], wybory.gazeta.pl, 6 août 2010.
  15. « Le nouveau président polonais Bronislaw Komorowski prend ses fonctions », dépêche AFP, 6 août 2010.
  16. « Le Président polonais pour l'euro », Le Figaro, 12 novembre 2010.
  17. Le président polonais révèle que sa famille a caché des Juifs en 1939., Le Point, 8 décembre 2010.
  18. « AFP : le procès de Ioulia Timochenko, un obstacle pour le rapprochement Ukraine-UE », AFP,
  19. « L’“erreur politique” de la Pologne sur le bouclier antimissile américain », Euronews,
  20. « Ewa Kopacz désignée première ministre en Pologne », Le Monde,
  21. http://cbos.pl/SPISKOM.POL/2015/K_035_15.PDF
  22. http://prezydent2015.pkw.gov.pl/325_Wyniki_Polska
  23. http://www.liberation.fr/monde/2015/08/06/pologne-le-conservateur-andrzej-duda-investi-president_1359647
  24. Ordonnance Souveraine no 3.989 du 17 octobre 2012 portant nominations dans l’Ordre de Saint-Charles, sur legimonaco.mc, 19 octobre 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]