Mateusz Morawiecki

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Mateusz Morawiecki
Illustration.
Mateusz Morawiecki en 2018.
Fonctions
Président du Conseil des ministres de Pologne
En fonction depuis le
(1 an et 3 jours)
Président Andrzej Duda
Gouvernement Morawiecki
Législature VIIIe
Coalition PiS-Alliance-SP
Prédécesseur Beata Szydło
Ministre des Finances

(1 an, 3 mois et 12 jours)
Président du Conseil Beata Szydło
Lui-même
Gouvernement Szydło
Morawiecki
Prédécesseur Paweł Szałamacha
Successeur Teresa Czerwińska
Ministre du Développement

(2 ans, 1 mois et 24 jours)
Président du Conseil Beata Szydło
Lui-même
Gouvernement Szydło
Morawiecki
Prédécesseur Maria Wasiak
Successeur Jerzy Kwieciński
Vice-président du Conseil des ministres

(2 ans et 25 jours)
Président du Conseil Beata Szydło
Gouvernement Szydło
Prédécesseur Janusz Piechociński
Successeur Beata Szydło
Biographie
Nom de naissance Mateusz Jakub
Morawiecki
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Wrocław (Pologne)
Nationalité Polonaise
Parti politique PiS (depuis 2016)
Diplômé de Université de Wrocław
École polytechnique de Wrocław
Université d'économie de Wrocław
Université de Hambourg
Université de Bâle
Profession Banquier
Religion Catholique
Résidence Willa Parkowa, Varsovie

Mateusz Morawiecki
Chefs du gouvernement de la Pologne

Mateusz Jakub Morawiecki (API : /'matɛwʂ 'jakup mɔra'vʲɛt​͡skʲi/), né le à Wrocław, est un banquier et homme d'État polonais, président du Conseil des ministres depuis le .

Fils d'un dirigeant d'une organisation de Solidarność et lui-même engagé très jeune dans la lutte contre le communisme, il étudie à l'université de Wrocław et à l’étranger. Il travaille ensuite dans le secteur bancaire, étant notamment président de Bank Zachodni WBK. À ce titre, il conseille le libéral Donald Tusk, alors président du Conseil des ministres.

Après les élections parlementaires de , il est nommé vice-président du Conseil des ministres et ministre du Développement dans le gouvernement Szydło. L’année suivante, il ajoute à ses attributions le ministère des Finances, et adhère au parti conservateur au pouvoir, Droit et justice (PiS). En , il devient président du Conseil des ministres en remplacement de Beata Szydło.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Mateusz Morawiecki dans son enfance.

Né le à Wrocław[1], il est le fils de Kornel Morawiecki, qui a fondé en , à Wrocław, Solidarność Walcząca (« Solidarité combattante »), une organisation secrète anticommuniste appartenant au syndicat Solidarność.

Ses origines familiales sont polonaises et catholiques, avec un grand-père maternel né aux États-Unis dans une famille tchèque[2]. Il confie avoir « deux tantes juives » ayant échappé à la Shoah, ce qui a pu prêter à confusion sur ses origines personnelles[3] : l'une est une tante par alliance[4] et l'autre une amie de la famille[5].

Il s'engage très tôt contre le communisme[1]. En , à 14 ans, il adhère à Solidarność. Il résiste contre le Służba Bezpieczeństwa, la police politique communiste, qui persécute sa famille[1]. Les miliciens font même creuser à Mateusz Morawiecki sa propre tombe dans une forêt[6].

En , il devient membre de l'équipe éditoriale de la publication clandestine Biuletyn Dolnośląski, dont il était déjà imprimeur à l'âge de 12 ans[1]. Il rejoint Niezależne Zrzeszenie Studentów, une association d'étudiants qui porte assistance aux ouvriers s'opposant au régime communiste en faisant grève[1].

Il participe au lancement, en , du club de pensée politique Wolni i Solidarni[1]. En , il est un des cofondateurs du journal Dni, ainsi que de l'entreprise d'édition Reverentia[1].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Marié à Iwona Morawiecka, il est père de quatre enfants[7]. Il est catholique pratiquant[6].

Formation[modifier | modifier le code]

En , il sort diplômé d’histoire de l'université de Wrocław[1].

L’année suivante, en 1993, il étudie l'administration des affaires à l'École polytechnique de Wrocław et à la Central Connecticut State University de New Britain (États-Unis)[1]. En , il sort diplômé d'un MBA de l'université d'économie de Wrocław[1].

De à , il étudie le droit communautaire et l’intégration économique à l’université de Hambourg (Allemagne) et les études européennes à l’université de Bâle (Suisse), où il obtient un diplôme d'études approfondies. Il fait des recherches dans le domaine de la macroéconomie à l'université de Francfort-sur-le-Main (Allemagne)[1],[8].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière professionnelle en , chez Cogito[Quoi ?][9]. L’année suivante, il participe à la fondation d’Enter Marketing-Publishing, une société basée à Wrocław[9].

De à , il travaille pour la banque polonaise Bank Zachodni WBK. Entre et , il est conseiller du président du comité de direction, membre du comité de direction, puis directeur général de la banque[9],[1]. De à , il est membre du conseil d'administration de la banque, qu'il préside de à sa nomination au gouvernement, en [9],[10],[11].

Il intègre, en , le conseil économique du président du Conseil des ministres, Donald Tusk. Il est un temps pressenti pour devenir ministre des Finances dans le gouvernement de celui-ci[12].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Entre et , il est conseiller de diétine dans la voïvodie de Basse-Silésie[1].

Il est également[Quand ?] directeur adjoint du département des négociations d'adhésion au sein du Comité pour l'intégration européenne et membre du groupe chargé de négocier les conditions d'adhésion de la Pologne à l'Union européenne, entre autres dans le domaine de la finance et de la banque[1],[9].

Membre du gouvernement Szydło[modifier | modifier le code]

Mateusz Morawiecki en 2015.

Le , Mateusz Morawiecki est nommé vice-président du Conseil des ministres et ministre du Développement dans le gouvernement conservateur de Beata Szydło. Le , il est également nommé ministre des Finances, succédant à Paweł Szałamacha[13].

S'il n'appartient initialement à aucun parti politique, il adhère en 2016 au parti au pouvoir, Droit et justice (PiS). D'abord mal perçu au sein du parti conservateur, il devient rapidement un proche de son président, Jarosław Kaczyński[12].

À la tête de son large portefeuille, il affirme vouloir concilier une politique favorable aux entreprises et des mesures de lutte contre la pauvreté et les disparités régionales[12].

Sur le premier volet, il lance en particulier la « Constitution Business », un projet économique censé faciliter l'entrée sur le marché de nouveaux entrepreneurs et simplifier les relations entre les entreprises et l'administration. Le texte dispense notamment les entrepreneurs de cotisations à l'assurance sociale pendant les six premiers mois suivants la création de leur entreprise. Les experts économiques estiment que ce projet rend la législation plus intelligible mais qu'il ne devrait simplifier que trop partiellement l'activité des entrepreneurs polonais[14].

Sur le volet social, il met en place une stratégie de « développement responsable » – appelée « plan Morawiecki » – prônant la « fin du néolibéralisme » et une « plus juste répartition des fruits de la croissance »[12]. Afin de financer plusieurs mesures promises par Droit et justice lors de la campagne de 2015 (revalorisation des allocations familiales, abaissement de l'âge de la retraite, remboursement de médicaments pour les personnes âgées), il renforce la lutte contre la fraude fiscale[15].

Partisan du patriotisme économique, Mateusz Morawiecki estime que les capitaux étrangers sont trop nombreux en Pologne et procède au rachat de secteurs stratégiques[12].

À la fin du gouvernement Szydło, le taux de chômage est historiquement bas (moins de 7 %) et le pays est en situation d'excédent budgétaire[15]. Selon Le Monde, il est « un visage modéré, un technocrate rassurant pour les marchés et les investisseurs étrangers »[12]. Au cours de l'année 2017, il s'affiche en conflit ouvert avec le ministre de la Justice, Zbigniew Ziobro, et soutient le président de la République, Andrzej Duda, lorsque celui-ci oppose son veto à deux lois du gouvernement réformant le système judiciaire[12].

Président du Conseil des ministres[modifier | modifier le code]

Formation du gouvernement[modifier | modifier le code]
Article connexe : gouvernement Morawiecki.
Membres du gouvernement Morawiecki, lors de leur prestation de serment, le 11 décembre 2017.

Le 7 décembre 2017, Droit et justice le désigne à la tête du gouvernement pour remplacer Beata Szydło, démissionnaire après avoir pourtant échappé à une motion de censure[16]. Ce choix est perçu comme une volonté d’apaisement du parti au pouvoir après deux années de réformes lors desquelles les relations de la Pologne avec les institutions européennes se sont dégradées[12]. Le lendemain, le président Andrzej Duda le charge de former un nouveau gouvernement[17].

Assermenté président du Conseil des ministres de Pologne le , il propose le jour même un gouvernement de 22 ministres, dans lequel tous les ministres sont reconduits – il conserve le ministère du Développement et des Finances – tandis que Beata Szydło devient vice-présidente du Conseil des ministres, chargée de la Politique sociale[18]. Le lendemain, les députés à la Diète accordent la confiance au gouvernement par 243 voix[19].

Le , il procède à un remaniement ministériel qui concerne des ministères de premier plan. Mateusz Morawiecki cède son portefeuille des Finances à Teresa Czerwińska et le ministère du Développement à Jerzy Kwieciński. Ces changements, qui conduisent au départ de ministres controversés, sont perçus comme une volonté d'améliorer les relations avec l'Union européenne[20].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]
Salaires des dirigeants[modifier | modifier le code]

En février 2018, les médias se font l'écho du versement de primes aux membres du gouvernement Szydło lors de la démission de celui-ci[21]. Face à la polémique et à la chute de popularité de PiS, Mateusz Morawiecki ordonne le versement des primes perçues à des fins caritatives et annonce la fin de cette pratique. Sous pression de Jarosław Kaczyński, le salaire des parlementaires est également réduit de 20 % tandis que les dirigeants des entreprises publiques voient également leur rémunération diminuer[22].

Mesures économiques et sociales[modifier | modifier le code]

Dans son discours de politique générale, Mateusz Morawiecki annonce que son gouvernement concentrera son travail sur le développement économique et l'aide aux plus défavorisés[19].

Il lance plusieurs mesures économiques et sociales à partir d'avril 2018. Il annonce ainsi une réduction de l'impôt sur les sociétés de 15 à 9 % pour les PME et une diminution des cotisations sociales pour les micro-entreprises. Au niveau social, le gouvernement entend poursuivre la politique nataliste lancée sous le gouvernement Szydło : allocation de rentrée scolaire pour les familles, minimum vieillesse pour les femmes ayant eu au moins quatre enfants et n'ayant jamais cotisé pour leur retraite, primes pour les femmes donnant naissance à un enfant moins de 24 mois après la naissance d'un précédent enfant, etc.[22],[23].

Pour financer ces mesures, le gouvernement compte utiliser les recettes générées par la lutte contre la corruption et les bons résultats économiques obtenus par la Pologne sur l'année 2017 (chômage de 6,6 %, croissance de 4,6 %, dette publique à 48,5 % du PIB)[22].

Justice[modifier | modifier le code]

Il mène une réforme de la Cour suprême abaissant de 70 à 65 ans l'âge de départ à la retraite de ses juges. Ce projet, qui concerne 27 des 72 magistrats de la Cour, s'entend comme un « ménage » du système hérité de la période communiste, beaucoup de juges de cette époque étant restés en place. Mais cette mesure est critiquée par les institutions européennes, ce qui conduit Mateusz Morawiecki à venir s’expliquer au Parlement européen en 2018. Le Figaro note que ce sujet est en réalité un prétexte utilisé par la Commission européenne, qui chercherait par une voie détournée à sanctionner la Pologne, résolument hostile à son projet de quotas migratoires[24].

Action internationale[modifier | modifier le code]
Mateusz Morawiecki recevant la Première ministre britannique, Theresa May.

Le 3 janvier 2018, il effectue sa première visite en bilatéral à l'étranger en Hongrie pour rencontrer Viktor Orbán et réaffirme l'opposition de la Pologne à la volonté des institutions européennes d'instaurer des quotas migratoires au sein de l'UE[25]. Certains médias français comme La Croix, France 24 et France Culture parlent à ce sujet d’un soutien au concept de démocratie illibérale[26],[27],[28]. Cette visite intervient deux semaines après le déclenchement par la Commission européenne de l'article 7 du traité sur l'Union européenne à l'égard de la Pologne en raison d'« un risque clair d'une violation grave de l'État de droit »[29],[30].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m et n (pl) « Mateusz Morawiecki – Encyklopedia Solidarności », sur www.encysol.pl (consulté le 25 juillet 2018)
  2. (en-US) « Mateusz Morawiecki — Ethnicity of Celebs | What Nationality Ancestry Race », sur ethnicelebs.com (consulté le 9 juillet 2018)
  3. (en-US) « Poland appoints ex-banker with Jewish roots as prime minister », timesofisrael.com,‎ (lire en ligne)
  4. (pl) « Izrael: "Premier Morawiecki jest Żydem". W sieci zawrzało! », Pikio.pl,‎ (lire en ligne)
  5. (pl) « Czy Morawiecki ma żydowskie korzenie? Wyjaśnia jego ojciec », Fronda,‎ (lire en ligne)
  6. a et b « Rencontre Macron, Morawiecki : et si la France et la Pologne relançaient ensemble l'UE ? », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  7. (pl) « Oto rodzina Morawieckiego. Uchylamy rąbka tajemnicy! », Fakt,‎ (lire en ligne).
  8. « Mateusz Morawiecki remplace Beata Szydlo comme Premier ministre », Swissinfo,‎ (lire en ligne).
  9. a b c d et e (pl) « Mateusz Morawiecki », sur www.premier.gov.pl (consulté le 25 juillet 2018)
  10. « Pologne : le ministre des Finances Morawiecki désigné Premier ministre », Europe 1,‎ (lire en ligne).
  11. https://courrierdeuropecentrale.fr/pologne-mateusz-morawiecki-remplace-beata-szydlo-a-tete-gouvernement/
  12. a b c d e f g et h « Pologne : le modéré Morawiecki désigné premier ministre », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. « Mateusz Morawiecki, le Macron polonais », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  14. « Pologne : la « Constitution Business », beaucoup de bruit pour pas grand-chose », Le Courrier d'Europe centrale,‎ (lire en ligne).
  15. a et b « Pologne: Morawiecki nommé Premier ministre à la place de Szydło », Radio France internationale,‎ (lire en ligne).
  16. « Pologne: le ministre des Finances Morawiecki désigné Premier ministre », RTBF,‎ (lire en ligne).
  17. (en) « Morawiecki tasked with forming new Polish government », Radio Poland,‎ (lire en ligne).
  18. (en) « Ministers keep jobs as new Polish gov’t sworn in », Radio Poland,‎ (lire en ligne).
  19. a et b (en) « New Polish government gains vote of confidence », Radio Poland,‎ (lire en ligne).
  20. « Pologne: deux ministres controversés limogés, un "signal fort envoyé à l'Europe" », sur LExpress.fr (consulté le 9 janvier 2018)
  21. https://www.rtbf.be/info/monde/detail_importante-chute-de-popularite-pour-le-parti-conservateur-en-pologne-que-s-est-il-passe?id=9896506
  22. a b et c https://visegradpost.com/fr/2018/04/19/en-pologne-la-coalition-droite-unie-menee-par-le-pis-se-cherche-un-second-souffle/
  23. https://www.reuters.com/article/us-poland-budget/polish-pm-signals-budget-can-cope-with-cut-in-corporate-tax-idUSKBN1HN2RK
  24. Jean-Louis Tremblais, « Mateusz Morawiecki, la nouvelle bête noire de Bruxelles », Le Figaro Magazine, semaine du 28 septembre 2018, p. 22-23.
  25. « Pologne et Hongrie affichent leur unité à Budapest », Le Courrier d'Europe centrale,‎ (lire en ligne).
  26. « Orban et Kaczynski. Comment la démocratie devient illibérale. », France Culture,‎ (lire en ligne)
  27. « Pologne-Hongrie : deux pouvoirs entre ressemblance et dissemblance », La Croix,‎ (lire en ligne).
  28. « Viktor Orban, maître de la "démocratie illibérale" en Hongrie - France 24 », France 24,‎ (lire en ligne)
  29. « La Pologne ignore les avertissements de l'Union européenne », France 24,‎ (lire en ligne).
  30. « L’Europe déclenche une procédure sans précédent contre le gouvernement polonais », Le Monde,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]