Culture du Royaume-Uni

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Le Royaume-Uni a un patrimoine culturel d'une richesse remarquable et d'une grande variété qui regroupe les cultures de ses nations constitutives : la culture de l'Angleterre, la culture de l'Écosse, la culture du Pays de Galles et la culture de l'Irlande du Nord. Poésie, théâtre, peinture, cinéma, la qualité des chefs-d'œuvre accumulés au cours des siècles est reconnue aux quatre coins de la planète. L'expression artistique couvre aujourd'hui un éventail de disciplines encore plus vaste - de la satire politique aux musiques du monde - qui rendent bien compte de la créativité, de la liberté d'esprit et de la diversité culturelle du peuple britannique. Habitant des îles, les Britanniques ont été et demeurent un grand peuple de marins ; leur suprématie sur les mers, forgée au cours des siècles, leur a permis de constituer le plus grand empire européen jamais créé. Première puissance mondiale en 1914, sa culture s'est très largement diffusée ; l´anglais est aujourd´hui la langue la plus utilisée dans la communication, la diplomatie, le commerce, et Internet. Les Britanniques possèdent encore aujourd´hui une haute idée de leur pays, ce qui les pousse à chercher à se démarquer des autres Européens (refus de laisser la livre sterling pour adopter l'euro, par exemple).

L'Angleterre a un héritage sportif très fort, et pendant le XIXe siècle le pays a codifié de nombreux sports qui se jouent maintenant dans le monde entier. Dans le champ de la musique pop et rock, de nombreux artistes et groupes anglais sont régulièrement cités comme les musiciens les plus influents et les plus prolifiques de tous les temps en termes de vente. Figure éminente de la culture occidentale, William Shakespeare continue d’influencer les artistes d’aujourd’hui. Il est traduit dans un grand nombre de langues et ses pièces sont régulièrement jouées partout dans le monde. On mesure l’influence de Shakespeare sur la culture anglo-saxonne en observant les nombreuses références qui lui sont faites, que ce soit à travers des citations, des titres d’œuvres ou les innombrables adaptations de ses œuvres. L'anglais est d'ailleurs souvent surnommé la langue de Shakespeare tant cet auteur a marqué la langue de son pays en inventant de nombreux termes et expressions. Certaines citations d'ailleurs sont passées telles quelles dans le langage courant[1],[2].

La culture de l'Écosse forme une synthèse des différentes cultures, celtes, pictes et anglaises principalement, ayant baigné le pays. Les reliefs naturels, délimitant géographiquement les Highlands, montagneux et isolés, au Nord, et les Lowlands, plus ouverts aux échanges culturels et commerciaux avec l'Angleterre, ont joué un rôle important dans l'établissement du panorama culturel écossais.

Le pays de Galles est, selon les paroles de l'hymne officiel un « pays de bardes et de chanteurs ». Une eisteddfod est un festival gallois de littérature, musique et théâtre où des compétitions suivies de remises de prix ont lieu dans diverses disciplines autour de la langue galloise, et principalement la poésie. Le mot eisteddfod désigne un regroupement ou une assemblée [3].

La culture de l'Irlande du Nord est un mélange entre celle d'Irlande et celle de Grande-Bretagne. Dans le domaine de la littérature, l'Irlande du Nord, comme le reste d'Irlande, a une tradition forte. Séamus Heaney a gagné le prix Nobel de littérature. Les autres écrivains nord-irlandais sont C. S. Lewis, Brian Friel et Flann O'Brien. La littérature de l'Irlande gaélique a beaucoup influencé l'écriture des gens d'Irlande du Nord, les écrivains ont ainsi participé au renouveau littéraire gaélique. L'Écosse a, elle aussi, joué une influence notable sur les écrivains « Scots » d'Ulster. Plus tard, la littérature des « Scots » d'Ulster s'est diversifiée. Comme dans les autres domaines artistiques, le conflit a beaucoup influencé les écrivains d'Irlande du Nord. L'Irlande du Nord est connue pour ses musiciens. Van Morrison est un des plus influents chanteurs, il est dans le Rock and Roll Hall of Fame et le Songwriter's Hall of Fame. Snow Patrol a vendu plus de 7 millions disques dans le monde. Dana a gagné le Concours Eurovision de la chanson pour l'Irlande. D'autres chanteurs et groupes célèbres viennent de l'Irlande du Nord : Stiff Little Fingers, Ash et The Divine Comedy.

L’époque georgienne — et tout particulier le milieu du XVIIIe siècle — est marquée par son foisonnement culturel, avec la fondation du British Museum en 1753, et les apports d'hommes aussi illustres que le Dr Samuel Johnson, William Hogarth, Samuel Richardson et Georg Friedrich Haendel, parmi bien d'autres.

Langues[modifier | modifier le code]

Les langues régionales reconnues sont :

Les administrations locales sont aussi libres de se servir de langues d'immigrés ou d'autres langues selon leur choix et la démographie de leur circonscription.

Sciences[modifier | modifier le code]

On rapporte qu'en 2006, le Royaume-Uni fut la base de recherche la plus productive après les États-Unis et forma d'innombrables scientifiques et ingénieurs. On attribue aux britanniques des découvertes scientifiques telles que l'hydrogène, l'oxygène, la gravité, les électrons, la découverte de la structure de l'ADN et des inventions comme la télévision, le vélo moderne, l'ordinateur. Le Royaume-Uni fut aussi le premier pays à introduire la radio publique en continu, le système de transport public par rails et le réseau de radar civil et militaire entièrement opérationnel.

Philosophie[modifier | modifier le code]

Bertrand Russell peint par Roger Fry en 1923.

Certains des plus brillants philosophes étaient originaires du Royaume-Uni. Mentionnons John Locke, David Hume et Bertrand Russell. Le pays comptait aussi de nombreux philosophes nés outre-manche comme Isaiah Berlin, Ludwig Wittgenstein et Karl Marx.

Beaux arts[modifier | modifier le code]

L'œuvre peinte de Thomas Gainsborough, Sir Joshua Reynolds et des jeunes William Turner et John Constable illustre le monde en pleine mutation de la société georgienne. Dans un autre domaine, le renouveau apparait aussi avec Lancelot Brown (connu sous le surnom de Capability Brown), un paysagiste considéré comme « le plus grand jardinier d'Angleterre ».

De beaux exemples d'une architecture georgienne typique sont le New Town d'Édimbourg, ou encore Bath, la partie georgienne de Bristol, et caractérisée par l'architecture de William Kent, Robert Adam, John Nash et James Wyatt, avec l'émergence du style néogothique, qui renvoie à un « âge d'or » supposé de la conception architecturale.

Joseph Turner, The Sun of Venice Going to Sea, Tate Britain

Architecture[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

La société georgienne et ses centres d'intérêt sont remarquablement décrits dans les romans d'écrivains tels que Henry Fielding, Mary Shelley et Jane Austen.

L'épanouissement des arts est illustré de façon éclatante par les poètes romantiques, en particulier avec Coleridge, Wordsworth, Shelley, William Blake, John Keats, Lord Byron et Robert Burns. Leur œuvre ouvre une nouvelle ère pour la poésie, caractérisée par sa langue colorée et pleine de vie, qui évoque des thèmes et des idées visant à l'élévation de l'âme.

Entre 1200 et 1700 l'élite gaélique apprise tant en Écosse qu'en Irlande partagea une forme littéraire de Gaélique. Il est possible qu'une grande partie de la littérature en moyen irlandais ait été écrite en Écosse médiévale, mais n'a pas survécu à la disparition du Gaélique littéraire de l'Écosse de l'est au cours du XIVe siècle. Le premier texte important survivant de la littérature dite « early scots » (scots primitif) est The Brus de John Barbour (1375) composé sous le règne de Robert II, roi d'Écosse. Barbour est considéré comme le père de la poésie écossaise en parallèle avec son contemporain, Geoffrey Chaucer, qui occupe de façon indépendante une position semblable vis-à-vis du canon anglais. Parmi les auteurs écossais les plus connus, deux sont fortement associés à l'ère Romantique, Robert Burns et Walter Scott. L'introduction du mouvement connu comme le mouvement Kailyard, à la fin du XIXe siècle, a ramené les éléments de fantaisie et de folklore à la mode[4]. J. M. Barrie, l'auteur de Peter Pan, est un exemple de ce mélange de modernité et de nostalgie. La Renaissance Écossaise fut un mouvement littéraire de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle en Écosse[5]. Au XXe siècle, le poète Sorley MacLean, par ses travaux dans le champ de la poésie gaélique à une époque où peu d'auteurs de renom utilisaient le gaélique dans leurs œuvres, a créé sa réputation de père de la renaissance du gaélique écossais. Il fut l'un des poètes écossais les plus influents du XXe siècle[6].

La littérature galloise est considérée comme l’une des plus anciennes d’Europe après les littératures grecque et latine. La tradition littéraire galloise, toujours bien vivante, remonte en effet au VIe siècle.

Musique[modifier | modifier le code]

La Musique britannique, très écoutée à l'étranger (à l'époque moderne comme contemporaine), est le produit d'un terrain culturel varié de l'histoire du Royaume-Uni et des divers peuples qui le composent.

Classique[modifier | modifier le code]

Des compositeurs tels que:

Londres reste l'une des principales capitales du monde de musique classique. Mais le Pays de Galles est aussi renommé pour la musique : Opéra national du pays de Galles, BBC National Orchestra of Wales, et les eisteddfodau.

L'Écosse possède deux grands orchestres symphoniques, l'Orchestre national royal d'Écosse, le BBC Scottish Symphony Orchestra.

En Irlande du Nord : Orchestre d'Ulster.

Traditionnelle[modifier | modifier le code]

Les origines de la musique populaire en Angleterre, associée au chant et à la danse, remontent au moins à l'époque médiévale. Une grande partie de cette tradition a été maintenue pour être encore pratiquée de nos jours, souvent par le biais de fusions avec d'autres formes musicales, produisant ainsi des sous-genres comme le folk rock, le punk folk ou encore le folk metal.

Le Pays de Galles est une nation celte, dans laquelle la musique traditionnelle se joue dans les twmpathau (bals communaux) et les gwyl werin (festivals de musique). La musique galloise est aussi connue pour ses chœurs d'hommes et ses chansons accompagnées à la harpe.

Populaire[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Le système éducatif britannique se caractérise par des différences entre les régions du Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles, Écosse, Irlande du Nord) et le fait que le système est semi-privatisé, avec un système d'éducation privée très entendu et développé.

Universités au Royaume-Uni : le pays possède des institutions d'éducation supérieure mondialement reconnus comme l'Université d'Oxford, l'Université de Cambridge mais aussi le University College de Londres (UCL) et l'Imperial College London et les universités écossaises. En 2007 on comptait 112 universités et university colleges.

Audiovisuel[modifier | modifier le code]

Festivals[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David P. Christopher, British Culture: An Introduction, Routledge, 2015 (3e éd. révisée), 376 p. (ISBN 9780415810821)
  • (en) Michael Higgins, Clarissa Smith et John Storey, The Cambridge Companion to Modern British Culture, Cambridge University Press, Cambridge, 2010, 340 p. (ISBN 9780521683463)
  • (en) Mike Storry et Peter Childs, British Cultural Identities, Routledge, 2013 (4e éd. révisée), 312 p. (ISBN 9781136252211)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Worsley School, Northern Alberta, Canada, « Liste d'expressions courantes empruntées à shakespeare » (consulté le 18 décembre 2011)
  2. « Une autre liste en anglais trouvée sur », sur NoSweatShakespeare
  3. (…) le nom "Eisteddfod" est un dérivé du verbe « s'asseoir » (to sit, en anglais) et se traduit littéralement par « s'asseoir ensemble » (sitting together). Edwards, Hywel Teifi; The Eisteddfodd. - (Writers of Wales : ISSN 0141-5050), University of Wales Press, 1990.
  4. (en) Cultural Profile: 19th and early 20th century developments. Accédé le 19 mai 2009.
  5. (en) "Cultural Profile: The Scottish Renaissance and beyond", accédé le 17 mai 2009.
  6. (en) Whyte Christopher - Modern Scotts Poetry, pages 64-89, 2004.