The Kinks

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The Kinks
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Les Kinks en 1965, dans leur formation originale : Pete Quaife, Dave Davies, Ray Davies et Mick Avory

Informations générales
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Hard rock, rock 'n' roll, protopunk, garage rock, rhythm and blues (à leurs débuts), pop
Années actives 19641996
Labels Pye, Reprise, RCA, Arista, London, MCA, Sony, Konk/Guardian
Composition du groupe
Anciens membres Dave Davies
Ray Davies
Pete Quaife
Mick Avory
John Dalton
John Gosling
Andy Pyle
Gordon Edwards
Mark Haley
Jim Rodford
Ian Gibbons
Bob Henrit

The Kinks est un groupe de rock anglais formé en 1964 à Muswell Hill, dans le nord de Londres, par les frères Ray et Dave Davies. Il est considéré comme l'un des groupes les plus importants et influents de son époque[1],[2].

La musique des Kinks puise ses influences dans divers genres, parmi lesquels le rhythm and blues, le music hall britannique, la musique folk et la country. Ray Davies (chant et guitare rythmique) et son frère Dave (guitare lead, chant) sont les seuls membres constants du groupe au cours de ses trois décennies d'existence. Les deux autres fondateurs du groupe, Pete Quaife (basse, chant) et Mick Avory (batterie, percussions) ont été respectivement remplacés par John Dalton en 1969 et Bob Henrit en 1984 ; Dalton a été à son tour remplacé par Jim Rodford en 1978. Le pianiste Nicky Hopkins a participé aux sessions d'enregistrement du groupe dans les années 1960 ; par la suite, des claviéristes comme John Gosling et Ian Gibbons sont devenus membres à part entière du groupe[1].

Les Kinks connaissent leur premier succès d'envergure en 1964 avec leur troisième single, You Really Got Me, chanson écrite par Ray Davies[2],[3] qui devient un tube international, no 1 au Royaume-Uni et dans le Top 10 aux États-Unis[3],[4]. Entre 1965 et 1971, le groupe publie de nombreux singles et albums à succès, dont les chansons, alimentées par le style d'écriture contemplatif de Ray Davies, reflètent la culture et le style de vie anglais[2]. Les albums Face to Face, Something Else, Arthur, Lola Versus Powerman and the Moneygoround et Muswell Hillbillies sont parmi les plus influents de l'époque[1],[3],[5]. La qualité de l'album The Village Green Preservation Society, que Ray Davies a dans plusieurs interviews indiqué comme son préféré, ne sera reconnue que bien plus tard : il fut en effet un échec au moment de sa sortie.

Les albums suivants des Kinks, plus théâtraux, rencontrent un succès moindre, mais le groupe trouve un second souffle à l'époque de la new wave, lorsque des artistes comme The Jam, The Knack et The Pretenders enregistrent des reprises des Kinks, donnant ainsi un coup de fouet à leurs ventes. Dans les années 1990, des groupes Britpop comme Blur et Oasis mentionnent les Kinks comme une influence majeure sur eux[1]. Le groupe se sépare en 1996 à la suite de l'insuccès commercial de ses derniers albums et aux tensions créatives séparant les frères Davies[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Formation (1962-1963)[modifier | modifier le code]

Les frères Davies ont grandi au 6, Denmark Terrace

Raymond Douglas Davies (né le 21 juin 1944) et David Russell Gordon Davies (né le 3 février 1947) ont vu le jour dans la banlieue du nord de Londres, sur Huntingdon Road (East Finchley). Ils sont les derniers des huit enfants de Frederick et Annie Davies, et les seuls garçons[7]. La famille Davies déménage bientôt au 6 Denmark Terrace, sur Fortis Green, dans la banlieue voisine de Muswell Hill[8]. Chez eux, Ray et Dave sont plongés dans un univers musical varié, qui mêle le music hall de la génération de leurs parents et le jazz et le rock and roll qu'écoutent leurs sœurs aînées[8]. Leurs découvertes musicales se déroulent notamment lors de fêtes qui se déroulent toute la nuit dans le salon, fêtes qui leur font forte impression. Selon Thomas Kitts, « l'influence de ces fêtes sur les Kinks […] est remarquable. Consciemment ou pas, c'est comme si Ray tentait de recréer [sur scène] les fêtes du samedi soir de son enfance, avec le désordre, la bière et les chansons à reprendre en chœur[9] ». Les deux frères apprennent la guitare pour jouer du skiffle et du rock and roll ensemble[7].

Les frères sont scolarisés à la William Grimshaw Secondary Modern School (plus tard fusionnée dans Fortismere School) et y forment un groupe nommé The Ray Davies Quartet, avec un camarade de classe de Ray, Pete Quaife, et un ami de ce dernier, John Start. Leur première représentation, lors d'un bal de l'école, est bien accueillie, ce qui les incite à se produire dans les bars et les pubs du coin. Le groupe voit se succéder plusieurs chanteurs, parmi lesquels Rod Stewart, élève dans la même école, qui se produit avec eux au moins à une reprise début 1962. Il ne tarde pas à former son propre groupe, Rod Stewart and the Moonrakers, qui deviennent les principaux rivaux du Ray Davies Quartet[10]. Fin 1962, Ray Davies quitte la maison familiale pour étudier au Hornsey College of Art. Il s'intéresse au cinéma, au dessin, au théâtre et à la musique, en particulier le jazz et le blues. Il parfait son éducation de guitariste au sein du Dave Hunt Band, un groupe professionnel de Soho qui joue du jazz et du R&B[11],[12]. Ray ne tarde pas à quitter l'école pour revenir à Muswell Hill, où il reforme son ancien groupe avec Dave et Pete Quaife[11]. Ils jouent sous divers noms, parmi lesquels The Pete Quaife Band, The Bo-Weevils et The Ramrods, avant d'opter pour The Ravens[3],[13].

Le groupe naissant engage deux managers, Grenville Collins et Robert Wace, rejoints fin 1963 par l'ancien chanteur pop Larry Page. Le producteur américain Shel Talmy commence à travailler avec eux, et Arthur Howes, promoteur des Beatles, est choisi pour organiser les concerts des Ravens[14]. Le groupe passe plusieurs auditions infructueuses jusqu'à ce que Talmy obtienne un contrat avec Pye Records début 1964. Ils ont entre-temps trouvé un nouveau batteur, Mickey Willet, qui les quitte peu avant qu'ils signent chez Pye[13]. Pour le remplacer, les Ravens engagent Mick Avory après avoir lu une annonce passée par ce dernier dans Melody Maker. Avory a une expérience de batteur de jazz ; il a également joué à une reprise avec les futurs Rolling Stones[15]. Vers cette période, les Ravens adoptent un nouveau nom, définitif cette fois : The Kinks. Plusieurs versions de l'origine de ce nom existent. Selon Jon Savage, « il leur fallait un truc, un moyen d'attirer l'attention. Et c'était ça, la Kinkiness [« kinkicité »], quelque chose de neuf, polisson mais à la limite de l'acceptable. En adoptant ce nom à ce moment-là, ils suivaient un rituel pop éprouvé par le temps : la célébrité à travers l'outrage[16] ». Le manager Robert Wace rapporte sa version de l'histoire : « J'avais un ami […] qui trouvait le groupe assez drôle. Si je me souviens bien, il a suggéré ce nom comme ça, comme un bon moyen de se faire de la publicité. […] Quand nous avons proposé le nom [aux membres du groupe], ils furent […] absolument horrifiés. Ils s'écriaient : "On ne va pas se faire appeler les pervers !" ». Selon Ray Davies, le nom est en réalité une idée de Larry Page, en référence à leur habillement « farfelu ». Davies le cite disant : « Vu ce à quoi vous ressemblez, et les habits que vous portez, vous devriez vous appeler les Kinks ! » « Je n'ai jamais vraiment aimé ce nom », a déclaré Ray Davies[16].

Premiers succès (1964-1966)[modifier | modifier le code]

Le premier single des Kinks, une reprise de la chanson de Little Richard Long Tall Sally, sort en février 1964. Malgré les efforts des managers du groupe, il passe totalement inaperçu, de même que le suivant, You Still Want Me, une chanson de Ray Davies sortie au mois d'avril. Après ces deux échecs, Pye Records menace d'annuler le contrat du groupe[17].

Cette mauvaise série est interrompue de manière éclatante au mois d'août avec You Really Got Me[18]. Le passage des Kinks dans l'émission Ready Steady Go! et sa diffusion abondante sur les ondes des radios pirates permettent au single de se classer très vite en tête des ventes au Royaume-Uni[19]. Importé en hâte par le label américain Reprise Records, il entre également dans le Top 10 aux États-Unis[4]. La chanson est caractérisée par un riff de guitare au son incisif, obtenu par Dave Davies en pratiquant un trou dans le haut-parleur de son amplificateur[20]. Elle devient l'une des influences majeures de la scène garage américaine contemporaine et annonce également les genres hard rock et heavy metal[20].

Dans la foulée, les Kinks enregistrent leur premier album, simplement intitulé Kinks. Essentiellement constitué de reprises et de chansons traditionnelles remises au goût du jour, il paraît le 2 octobre et se classe 4e au Royaume-Uni[21]. Le quatrième single du groupe, All Day and All of the Night, un autre titre de hard rock écrit par Ray, sort trois semaines plus tard et se classe deuxième au Royaume-Uni[19] et septième aux États-Unis[4],[20]. Le même succès attend les singles suivants, Set Me Free et Tired of Waiting for You, ce dernier atteignant à son tour le sommet du hit-parade britannique[22],[19].

Les Kinks en tournée en Suède en 1965

En janvier 1965, les Kinks font leur première tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande aux côtés de groupes comme Manfred Mann et The Honeycombs[23]. Durant l'année, un programme soutenu les voit jouer les têtes d'affiches sur d'autres tournées avec les Yardbirds ou Mickey Finn[24]. Des tensions naissent au sein du groupe, donnant lieu à des incidents comme le pugilat qui oppose Mick Avory et Dave Davies à Cardiff, le 19 mai : après la fin de la première chanson, Davies insulte le batteur et donne un coup de pied dans son instrument. Avory réplique en frappant le guitariste avec son charleston. Davies s'évanouit et Avory quitte la scène précipitamment, craignant d'avoir tué son camarade. Davies s'en tire avec 16 points de suture ; pour se dédouaner, Avory affirme à la police qu'il s'agissait d'une nouvelle idée de jeu scénique selon laquelle les musiciens devaient se jeter leurs instruments à la figure[24],[25]. À la suite d'une tournée aux États-Unis au milieu de l'année, l'American Federation of Musicians interdit au groupe de se produire sur le sol américain jusqu'à nouvel ordre, ce qui les coupe du principal marché de la musique rock à l'apogée de la British Invasion. Ni les Kinks, ni le syndicat ne donnent d'explication à cette interdiction, mais le comportement tapageur des musiciens sur scène semble la raison la plus plausible. Ce n'est qu'en 1969 que les Kinks sont autorisés à revenir jouer aux États-Unis[1],[26].

Une escale à Bombay durant la tournée australienne et asiatique du groupe inspire à Ray Davies la chanson See My Friends, parue en single en juillet 1965. Il s'agit d'un des premiers exemples de crossover, et d'une des premières chansons pop à témoigner d'une influence directe de la musique traditionnelle indienne[27]. Dans son autobiographie X-Ray, Davies explique avoir été inspiré par les chansons des pêcheurs locaux au petit jour. Selon l'historien de la musique Jonathan Bellman, cette chanson a eu une influence extrême sur les pairs de Ray Davies : « on a beaucoup parlé de la chanson des Beatles Norwegian Wood parce qu'elle était le premier titre pop à inclure un sitar, mais elle a été enregistrée bien après la sortie de See My Friends des Kinks, un titre clairement indien[27] ». Pete Townshend, le guitariste des Who, est particulièrement marqué par la chanson : « En entendant See My Friends, j'ai tendu l'oreille et je me suis dit : "Bon Dieu, il l'a encore fait. Il a inventé quelque chose de nouveau." C'était le premier emploi raisonnable du bourdon, largement meilleur que tout ce qu'ont fait les Beatles et bien auparavant. C'était un son plus européen qu'oriental, mais avec une influence orientale forte et valable, qui puisait ses racines dans la musique folk européenne[28] ». Une citation souvent rapportée[28],[29] de Barry Fantoni, célébrité proche des Kinks, des Beatles et des Who, le voit se souvenir qu'elle a également influencé les Beatles : « Je m'en souviens fort bien, et je pense toujours que c'est une chanson pop remarquable. J'étais avec les Beatles le soir même où ils l'ont écoutée sur un gramophone en se disant "Tiens, cette guitare sonne comme un sitar. On doit se trouver un de ces trucs[28]. » La rupture constituée par cette chanson vis-à-vis des conventions de la musique populaire ne remporte pas l'adhésion des fans américains du groupe : elle se classe 11e au Royaume-Uni, mais ne dépasse pas la 111e place outre-Atlantique[30].

Dès le lendemain de leur retour d'Asie, les Kinks entament l'enregistrement de leur second album, Kinda Kinks. Composé de 12 titres, dont 10 inédits, il sort moins de deux semaines après le début des sessions[31],[32],[33]. Selon Ray Davies, le groupe n'était pas totalement satisfait des prises finales[32],[33], mais dut céder à l'insistance de la maison de disques, pressée de voir un nouvel album sur le marché. Par la suite, Davies a exprimé ses réserves vis-à-vis de la production : « elle aurait dû être faite avec un peu plus de soin. Je crois que Shel Talmy en a trop fait en voulant conserver l'aspect brut. Le doubletracking est affreux par moments. Il y avait de meilleures chansons que sur le premier album, mais il n'a pas été fait comme il fallait, il a été fait beaucoup trop vite, c'est tout[33]. »

Fin 1965, une évolution stylistique majeure devient apparente dans les singles A Well Respected Man et Dedicated Follower of Fashion, ainsi que sur le troisième album du groupe, The Kink Kontroversy[2], sur lequel le groupe s'adjoint les services du musicien de session Nicky Hopkins aux claviers[34]. Ces disques témoignent du développement du style d'écriture de Ray Davies, qui abandonne le rock brutal de ses débuts pour des chansons au parfum anglais unique, riches en observations sociales et études de personnages particuliers[2],[5]. La satirique Sunny Afternoon est le tube de l'été 1966 au Royaume-Uni, détrônant Paperback Writer des Beatles[35]. Avant la parution de l'album, Ray Davies est victime d'une dépression nerveuse, épuisé par les concerts, l'écriture et les querelles juridiques en cours. Pendant sa convalescence, il écrit plusieurs nouvelles chansons et réfléchit à l'avenir du groupe[36]. Pete Quaife est quant à lui victime d'un accident de voiture et choisit de prendre une pause. Le bassiste John Dalton le remplace jusqu'à son retour, à la fin de l'année[1].

Sunny Afternoon est un galop d'essai pour l'album Face to Face, qui montre la capacité croissante de Davies à produire des vignettes aussi tendres qu'acerbes sur la vie quotidienne de monsieur Tout-le-monde[1]. Hopkins joue à nouveau des claviers sur cet album, notamment du piano et du clavecin[36]. Le single Dead End Street, analyse sociale mordante parue en même temps que Face to Face, entre dans le Top 10 au Royaume-Uni[37], mais se classe seulement 73e aux États-Unis[4]. L'un des premiers clips du groupe est produit pour cette chanson ; il est tourné dans Little Green Street, une petite allée du XVIIIe siècle dans le nord de Londres[38].

L'âge d'or (1967-1972)[modifier | modifier le code]

Les Kinks en 1967.

Le single suivant des Kinks, Waterloo Sunset, paraît en mai 1967. Les paroles décrivent un couple d'amoureux franchissant un pont, tandis qu'un observateur mélancolique les contemple, eux, la Tamise et la gare de Waterloo[39],[40]. La rumeur veut que cette chanson s'inspire de l'histoire d'amour entre les acteurs Terence Stamp et Julie Christie[41],[42],[43], mais Ray Davies affirme le contraire dans son autobiographie ; en 2008, il explique qu'il s'agit « d'une fantaisie sur ma sœur et son petit ami partant pour un nouveau monde, et ils étaient sur le point d'émigrer dans un autre pays »[40],[44]. Malgré la complexité des arrangements, les sessions de Waterloo Sunset ne durent qu'une dizaine d'heures[45]. Le groupe utilise notamment une chambre d'écho pour donner une tonalité particulière à la guitare[46]. Waterloo Sunset est l'un des plus gros succès britanniques des Kinks, atteignant la deuxième position du classement de Melody Maker[41], et devient une de leurs chansons les plus connues et appréciées. Le journaliste Robert Christgau voit en elle « la plus belle chanson de la langue anglaise[47] », et le chroniqueur d'Allmusic Stephen Thomas Erlewine la considère comme « peut-être la plus belle chanson de l'ère du rock and roll[48] ».

Les chansons de l'album Something Else by the Kinks (1967) poursuivent l'évolution musicale abordée sur Face to Face et voient apparaître l'influence du music hall anglais[49]. Dave Davies rencontre un grand succès avec sa chanson Death of a Clown, parue sous la forme d'un single solo bien qu'ayant été coécrite par Ray et enregistrée avec les Kinks[4],[49]. Cependant, les ventes de l'album sont décevantes, ce qui pousse le groupe à sortir un nouveau single, Autumn Almanac, début octobre. Bien qu'il se classe dans le Top 5, il marque un tournant dans la carrière des Kinks : ce sera leur dernière entrée dans le Top 10 britannique jusqu'en 1970. La critique le juge trop similaire aux précédentes compositions de Ray et commence à se lasser de ce qu'elle pense devenir une « formule[50] ». Le 24 novembre paraît le second single « solo » de Dave Davies, Susannah's Still Alive. Il se vent à 59 000 exemplaires et ne rentre pas dans le Top 10. « À la fin de l'année, les Kinks sont de moins en moins à la mode[50] ».

Début 1968, les Kinks abandonnent en grande partie les concerts pour se concentrer sur le travail en studio. Ce retrait de la scène handicape encore davantage la promotion de leurs disques[51]. Ainsi, le single Wonderboy, sorti au printemps, stagne à la 36e position et devient le premier 45 tours du groupe à ne pas entrer dans le Top 20 britannique depuis leurs tous débutés[52]. Malgré cela, elle tape dans l'œil de John Lennon : d'après Ray Davies, « quelqu'un avait vu John Lennon dans un club où il n'arrêtait pas de demander au disc-jockey de passer Wonder Boy, encore et encore[53] ». L'opinion du groupe sur ce titre est moins enthousiaste : Pete Quaife affirmera par la suite qu'il la détestait[53]. Ray Davies se désintéresse de la popularité déclinante du groupe et persiste dans son style très personnel d'écriture, qui se concrétise dans un projet intitulé Village Green. Il se révolte contre l'obligation d'écrire de nouveaux hits qui pèse sur lui[1]. Les managers des Kinks tentent de ranimer le potentiel commercial du groupe avec une tournée en avril dans des cabarets et des boîtes de nuit, avec le groupe de Peter Frampton, The Herd, en première partie. Cette tournée s'avère épuisante et stressante, comme s'en souvient Pete Quaife : « C'était une purge, très monotone, ennuyeux et sans surprises. […] On ne faisait que vingt minutes, mais ça me rendait totalement dingue de me tenir sur scène et de rejouer les trois mêmes notes encore et encore[54] ». Fin juin, le single Days marque un retour en forme mineur (et temporaire) : il se classe 12e au Royaume-Uni et entre dans le Top 20 dans de nombreux pays, mais passe inaperçu aux États-Unis[52].

Le projet Village Green aboutit à l'album The Kinks Are the Village Green Preservation Society, sorti fin 1968 au Royaume-Uni[55]. C'est un recueil de vignettes pastorales écrites et enregistrées au cours des deux années précédentes, ayant pour thématique d'ensemble l'Angleterre rurale[55]. Il reçoit des critiques presque unanimement positives des deux côtés de l'Atlantique, mais les ventes ne suivent pas : seulement 100 000 exemplaires environ dans le monde entier. Cet échec commercial peut s'expliquer par la simplicité de l'album, sorti à une époque où l'extravagance est de mode, ainsi que par le manque d'un single à succès : Starstruck sort aux États-Unis et en Europe continentale, mais ne se classe qu'aux Pays-Bas[55],[56], et Days n'est pas incluse dans l'album. En dépit de cet échec, Village Green est salué par la jeune presse rock underground à sa sortie, notamment aux États-Unis où les Kinks commencent à acquérir une réputation de groupe culte[57]. La popularité de l'album ne s'est pas démentie : au fil du temps, il est devenu le plus vendu des albums studio des Kinks[55],[58] et il a connu une réédition deluxe 3 CD en 2004.

Les Kinks en 1969 : Dave Davies, Ray Davies, John Dalton et Mick Avory

Début 1969, Pete Quaife annonce son départ des Kinks. Les autres membres du groupe ne le prennent pas au sérieux jusqu'à la lecture d'un article du New Musical Express du 4 avril sur le nouveau groupe de Quaife, Maple Oak, qu'il a formé sans mettre au courant ses anciens camarades[59]. Ray Davies lui demande de rester pour les sessions du prochain album, mais il refuse et les Kinks font alors appel à John Dalton, qui a brièvement remplacé Quaife en 1966[60].

Ray Davies se rend à Los Angeles en avril 1969 pour participer aux négociations avec l'American Federation of Musicians sur la levée de l'interdiction faite au groupe de jouer sur le sol américain. Une fois cet obstacle disparu, le management du groupe prépare rapidement une tournée en Amérique du Nord, afin d'y redorer l'image des Kinks[61]. Entre-temps, les Kinks enregistrent un nouvel album, Arthur (Or the Decline and Fall of the British Empire), prévu pour servir de bande originale à un téléfilm qui ne voit finalement pas le jour[62]. Comme ses deux prédécesseurs, Arthur est profondément ancré dans un contexte anglais, et reprend des thèmes de l'enfance des frères Davies : le départ de leur sœur Rosie pour l'Australie avec son mari Arthur Anning (qui donne son nom à l'album) au début des années 1960, et leur enfance dans un pays ravagé par la Seconde Guerre mondiale[62],[63]. Il rencontre un succès commercial modeste, et les critiques américains lui réservent un bon accueil[4],[62]. Les Kinks entament leur tournée nord-américaine en octobre, mais elle se passe plus mal que prévu : le groupe peine à trouver des promoteurs coopératifs et un public intéressé, si bien que bon nombre des dates sont annulées. Ils jouent tout de même dans plusieurs clubs underground réputés comme le Fillmore East ou le Whisky a Go Go[64].

Début 1970, le claviériste John Gosling devient membre des Kinks ; jusqu'alors, l'essentiel des claviers avait été assuré par Nicky Hopkins ou Ray Davies lui-même. Il fait ses débuts sur Lola, une chanson relatant une rencontre confuse avec un travesti qui entre dans le Top 10 des deux côtés de l'Atlantique, ramenant les Kinks au premier plan[65],[66]. L'album qui s'ensuit, Lola versus Powerman and the Moneygoround, Part One, paraît en novembre 1970. C'est un succès critique et commercial tel que les Kinks n'en ont plus connu depuis le milieu des années 1960[67],[68]. Il est suivi l'année suivante par Percy, bande originale d'un film relatant les aventures d'un homme qui subit une transplantation du pénis[69]. Composée en majeure partie d'instrumentaux, cette bande originale s'attire des critiques médiocres[69]. Le label américain des Kinks, Reprise, refuse de le sortir aux États-Unis, et la querelle qui s'ensuit contribue au départ du groupe de ce label. Les contrats du groupe avec Pye et Reprise expirent après sa sortie[1],[69].

Les Kinks vers 1971 : Gosling, Dave Davies, Avory, Dalton et Ray Davies. Cette formation durera jusqu'en 1976.

En 1971, les Kinks signent un contrat pour cinq albums avec RCA Records. Ils reçoivent un million de dollars d'avance, qui aident à financer la construction de Konk, leur propre studio d'enregistrement[1],[70]. Leur premier album chez RCA, Muswell Hillbillies, plein d'influences country, bluegrass et music hall, est souvent considéré comme leur dernier grand disque[70]. Ses chansons évoquent la vie des classes populaires et l'enfance des frères Davies : son titre fait référence au quartier de Muswell Hill où ils ont grandi[70]. Malgré de bonnes critiques et des attentes élevées, les ventes sont médiocres : 48e dans le classement de Record World, 100e dans celui de Billboard[4],[70]. Un double album, Everybody's in Show-Biz, suit en août 1972. Le premier disque comprend de nouvelles chansons, tandis que le second provient de deux concerts donnés au Carnegie Hall au mois de mars[71]. Parmi les nouvelles chansons, deux sont éditées en 45 tours : la ballade douce-amère Celluloid Heroes, hommage aux grands noms disparus d'Hollywood, et Supersonic Rocket Ship, pétrie d'influences antillaises, qui constitue leur dernière apparition dans le Top 20 pour les dix ans à venir[71]. L'album rencontre un succès comparable à son prédécesseur aux États-Unis, se classant 47e pour Record World et 70e pour Billboard[4],[71]. Il marque une transition dans l'évolution musicale des Kinks, entre le rock du début des années 1970 et la théâtralité qui occupera les quatre années suivantes[71].

Incarnation théâtrale (1973-1976)[modifier | modifier le code]

Ray Davies dans le rôle de Mr. Flash, l'antihéros de Preservation. Son rival, Mr. Black, est joué par Dave sur scène[72].

À partir de 1973, Ray Davies donne une orientation résolument théâtrale à sa musique, en commençant par l'opéra-rock Preservation, vaste et ambitieuse chronique d'une révolution sociale basée sur l'ethos de Village Green Preservation Society[73]. Les Kinks se développent avec l'arrivée d'une section de cuivres et de choristes féminines, ressemblant dès lors davantage à une compagnie théâtrale qu'à un groupe de rock[1],[73].

Les problèmes de couple de Ray Davies commencent à avoir des effets néfastes sur les Kinks. En juin 1973, sa femme Rasa le quitte en emmenant leurs enfants, plongeant Davies dans une profonde dépression qui éclate sur scène lors d'un concert au White City Stadium en juillet[74]. Victime d'une overdose, il est transporté en urgence à l'hôpital[75]. Son état mental semble tel que les managers des Kinks envisagent de placer Dave à la tête du groupe pour continuer sans lui[76]. Il finit par se remettre, mais sa dépression aura un effet néfaste sur les albums suivants des Kinks, ainsi que sur la popularité du groupe. John Dalton affirme par la suite qu'il n'est « jamais redevenu le même qu'avant[76] ».

La première partie de l'opéra-rock Preservation, Preservation Act 1, est froidement accueillie par la critique à sa sortie, fin 1973[73],[77], tout comme sa suite, Preservation Act 2, parue en mai 1974[78]. Preservation Act 1 est le premier album enregistré au studio Konk, où sont par la suite enregistrés et produits la quasi-totalité des albums des Kinks[79]. Fin 1974, les Kinks se lancent dans une ambitieuse tournée américaine en adaptant sur scène l'histoire de Preservation, qui devient « plus efficace que sur disque, et plus amusante également » selon le musicologue Eric Weisbard[80].

Ray Davies se lance bientôt dans un nouveau projet pour Granada Television : une comédie musicale appelée Starmaker[81]. Après une diffusion télévisée avec Ray dans le rôle principal et les Kinks comme groupe d'accompagnement et seconds rôles, le projet donne finalement naissance à l'album The Kinks Present a Soap Opera, sorti en mai 1975. L'intrigue voit une vedette du rock échanger sa vie avec celle d'un « Norman normal » et faire les trois huit[81],[82]. En août de la même années, les Kinks enregistrent leur dernier album « théâtral », Schoolboys in Disgrace, qui revient sur l'enfance de Mr. Flash, le magnat capitaliste de Preservation[83]. Ce disque rencontre un succès modéré et se classe 45e au Billboard[4],[83].

Le contrat des Kinks avec RCA expire avec la sortie de Schoolboys in Disgrace. Le groupe signe chez Arista Records en 1976. Leur nouveau label les encourage à redevenir un simple groupe de rock, et leur musique se réoriente vers l'arena rock[1]. Au même moment, le groupe de heavy metal Van Halen entre dans le Top 40 avec une reprise de You Really Got Me, ce qui contribue à ramener le groupe sur le devant de la scène[84].

Renouveau commercial (1977-1985)[modifier | modifier le code]

Ray Davies et ses choristes en concert aux Maple Leaf Gardens de Toronto (29 avril 1977)

Le bassiste John Dalton quitte les Kinks avant la fin des sessions du premier album pour Arista. C'est Andy Pyle (ex-Blodwyn Pig et Savoy Brown) qui le remplace pour terminer le disque et assurer la tournée qui s'ensuit[1]. Sorti en 1977, Sleepwalker marque la fin des albums-concepts et un retour en forme du groupe : il se classe 21e aux États-Unis[4],[85]. Peu après sa sortie et l'enregistrement de son successeur, Misfits, Andy Pyle et John Gosling quittent le groupe pour travailler ensemble sur un projet à eux. Dalton revient pour boucler la tournée, et le claviériste Gordon John Edwards (ex-Pretty Things) rejoint le groupe[84]. Misfits sort en mai 1978 et devient un nouveau succès pour les Kinks, notamment grâce au titre A Rock 'n' Roll Fantasy qui se classe dans le Top 40 américain. Dalton quitte pour de bon les Kinks à la fin de la tournée britannique, suivi peu après par Edwards. Jim Rodford (ex-Argent) prend la basse pour l'enregistrement de l'album Low Budget, sur lequel Davies assure lui-même les claviers. Ian Gibbons (ex-Life) est engagé pour la tournée qui suit et ne tarde pas à devenir membre à part entière des Kinks. Malgré cette instabilité, le groupe ne cesse de gagner en popularité, en partie grâce aux groupes new wave qui reprennent ses anciennes chansons : David Watts par The Jam, Stop Your Sobbing par The Pretenders ou The Hard Way par The Knack[1],[2].

Les Kinks (Ray Davies et Jim Rodford) sur scène en 1979.

Sorti en 1979, Low Budget, aux sonorités très hard rock, devient le deuxième disque d'or du groupe aux États-Unis, où il se classe no 11 des ventes[1],[2],[4]. L'année suivante paraît le troisième album live du groupe, One for the Road, accompagné d'une vidéo du même nom[1],[2]. Dave Davies profite de ce regain pour lancer sa carrière solo avec les albums Dave Davies en 1980 et Glamour l'année suivante[86],[87].

L'album suivant des Kinks, Give the People What They Want, sort fin 1981 et se classe 15e aux États-Unis, devenant disque d'or[88]. Le disque inclut les hits Better Things (46e au Royaume-Uni) et Destroyer (3e du Hot Mainstream Rock Tracks)[4],[88]. Pour promouvoir l'album, les Kinks passent la fin de l'année 1981 et l'essentiel de 1982 à tourner sans relâche[2], donnant de nombreux concerts à guichet fermé en Australie, au Japon, en Angleterre et en Amérique[89] avec en guise d'apogée l'US Festival de San Bernardino, où ils se produisent devant 205 000 spectateurs[90]. Au printemps 1983, le single nostalgique Come Dancing se classe 6e aux États-Unis, la meilleure performance des Kinks dans ce pays depuis Tired of Waiting for You[4] ; il marque également le retour du groupe dans le Top 20 britannique (12e) pour la première fois depuis 1972[91]. L'album qui s'ensuit, State of Confusion, est un nouveau succès commercial, qui se classe 12e aux États-Unis mais pas au Royaume-Uni, comme tous les albums du groupe depuis 1967[92]. Un autre single tiré de l'album, Don't Forget to Dance, entre dans le Top 30 aux États-Unis et dans le bas du classement britannique[4].

La deuxième vague de popularité des Kinks se maintient avec State of Confusion, mais tout comme celle de leurs contemporains Rolling Stones et Who, elle ne tarde pas à décliner[91]. Dans la seconde moitié de l'année 1983, Ray Davies commence à travailler sur un ambitieux projet de film, Return to Waterloo, sur un banlieusard londonien qui rêve qu'il est un tueur en série[93],[94]. Tim Roth y interprète l'un de ses premiers grands rôles[94]. L'engagement de Davies dans son projet (il écrit le scénario, réalise le film et interprète la bande originale) est source de tensions avec son frère[95], et la fin de sa relation avec Chrissie Hynde n'arrange pas les choses[96]. L'ancienne querelle entre Dave Davies et Mick Avory refait surface et s'envenime au point que le guitariste refuse catégoriquement de continuer à travailler avec le batteur, exigeant son remplacement par Bob Henrit (un autre ex-Argent[96]). Dave obtient gain de cause lorsque Avory quitte les Kinks de son propre chef. Il reste en bon termes avec Ray, qui l'invite à devenir manager des studios Konk. Avory accepte et continue à participer aux albums suivants des Kinks comme producteur et contributeur ponctuel[96].

Ray Davies à Bruxelles en 1985.

Entre l'achèvement de Return to Waterloo et le départ d'Avory, le groupe avait commencé à travailler sur Word of Mouth, leur dernier album chez Arista, qui sort en novembre 1984. L'ancien batteur du groupe apparaît sur trois titres, les autres étant bouclés avec l'utilisation d'une boîte à rythmes[96],[97]. Plusieurs chansons de Word of Mouth sont reprises de la Return to Waterloo[93]. Do It Again, premier single tiré de l'album, sort en avril 1985 et se classe 41e aux États-Unis, la dernière entrée du groupe dans le Billboard Hot 100[97]. Parallèlement à la sortie de l'album paraissent les trois premiers livres consacrés aux Kinks[98]. The Kinks: The Official Biography de Jon Savage s'appuie sur de longues interviews des membres du groupe. Après avoir aidé Savage à obtenir un contrat pour le livre, Ray Davies tente à plusieurs reprises de repousser sa parution, sans succès[98]. Peu après paraissent The Kinks Kronicles, du critique rock John Mendelsohn, déjà auteur du livret d'une compilation du même nom parue en 1972, et The Kinks — The Sound and the Fury de Johnny Rogan[99].

Déclin et séparation (1986-1996)[modifier | modifier le code]

Début 1986, les Kinks signent chez MCA Records aux États-Unis et London Records au Royaume-Uni[22],[97]. Leur premier album pour leur nouveau label, Think Visual sort plus tard la même année ; il rencontre un succès modéré, se classant 81e aux États-Unis[4],[22],[100]. Working at the Factory est une nouvelle dénonciation de l'industrie musicale, tandis que la chanson-titre s'en prend à la culture MTV dont le groupe avait pourtant profité au début de la décennie[101]. Suit un nouvel album live en 1987, Live: The Road, aussi pauvrement accueilli par la critique que par le public[4]. En 1989, UK Jive est un échec commercial, qui ne passe que brièvement dans le bas des charts américains[4]. MCA met un terme au contrat des Kinks, qui peinent à trouver un label susceptible de les accepter pour la première fois depuis leurs débuts. Le claviériste Ian Gibbons quitte le groupe pour être remplacé par Mark Haley[102].

Les Kinks sont élus membres du Rock and Roll Hall of Fame dès leur première année d'éligibilité, en 1990[2]. Mick Avory et Pete Quaife sont présents à la cérémonie[2],[102], mais cela ne relance en rien la carrière du groupe. Lost & Found (1986-1989), une compilation des années MCA, sort en 1991, essentiellement pour des raisons contractuelles, et met un terme définitif aux relations du groupe avec ce label[22]. Les Kinks signent alors chez Columbia Records et sortent la même année l'EP Did Ya. Malgré la présence d'une nouvelle version de Days, il passe inaperçu[4],[22].

Pour l'enregistrement de leur premier album chez Columbia, Phobia, les Kinks retrouvent une formation en quatuor, car Mark Haley les a quittés après un concert à guichet fermé au Royal Albert Hall. Gibbons rejoint le groupe après la sortie de l'album pour une tournée américaine[103]. Phobia ne reste qu'une semaine dans le bas des charts américains (166e) et, comme ses prédécesseurs, échoue à produire une quelconque impression au Royaume-Uni[4], bien que le single Only a Dream manque de peu d'entrer dans le hit-parade britannique. La sortie du single Scattered est annoncée à la télévision et à la radio, mais le disque est introuvable en magasin ; des exemplaires apparaissent sur le marché des collectionneurs plusieurs mois après[103]. L'année suivante, Columbia lâche le groupe et les Kinks font paraître l'album To the Bone sur leur propre label (Konk) au Royaume-Uni. Cet album live acoustique est en partie enregistré lors des tournées britanniques de 1993-1994 (qui rencontrent un franc succès) et en partie aux studios Konk, devant un petit groupe d'invités. Deux ans plus tard, une version améliorée de l'album sort aux États-Unis avec deux titres studio inédits, Animal et To the Bone[104]. Malgré de bonnes critiques, l'album ne se classe ni au Royaume-Uni, ni aux États-Unis[4].

The Clissold Arms.

La réputation du groupe grandit notablement au milieu des années 1990, essentiellement du fait de l'explosion de la Britpop[1],[104]. Plusieurs groupes majeurs de la décennie citent les Kinks comme une influence majeure. Damon Albarn, leader de Blur, et Noel Gallagher, principal auteur d'Oasis, mentionnent l'influence du groupe sur leur écriture et leur développement artistique. Gallagher a cité les Kinks comme cinquième meilleur groupe de tous les temps[105]. Malgré cela, la viabilité commerciale du groupe continue de décliner[1]. Les Kinks se font de moins en moins actifs, tandis que les frères Davies se consacrent à leurs propres intérêts. Chacun publie une autobiographie : X-Ray, celle de Ray Davies, paraît début 1995, et celle de Dave, Kink, l'année d'après[106]. Les Kinks jouent pour la dernière fois en public à la mi-1996[107], et le groupe se réunit pour la dernière fois à l'occasion du 50e anniversaire de Dave. Selon Doug Hinman, « il était impossible de rater la symbolique de l'événement. La fête avait lieu là où s'étaient tenus les tout premiers concerts des deux frères, le pub de Clissold Arms, juste en face de leur maison d'enfance de Fortis Green, dans le nord de Londres[108] ».

Rumeurs de réunion (depuis 1996)[modifier | modifier le code]

Dave Davies au Dakota Creek Roadhouse (2002)

Depuis 1996, les anciens membres des Kinks se sont concentrés sur leurs propres carrières[106]. Des rumeurs de réunion circulent régulièrement, avec notamment une réunion avortée de la formation originale du groupe en studio en 1999, mais ni Ray, ni Dave Davies ne semblent particulièrement désireux de jouer à nouveau ensemble[107]. De leur côté, John Gosling, John Dalton et Mick Avory forment dès 1994 le groupe The Kast Off Kinks avec le chanteur et guitariste Dave Clarke[109].

Une réunion semble se dessiner à l'approche du 40e anniversaire du groupe, mais Dave Davies est victime en juin 2004 d'un infarctus qui l'empêche temporairement de parler et de jouer de la guitare[110]. En novembre 2005, les Kinks font leur entrée au UK Music Hall of Fame. Les quatre membres d'origine sont présents à la cérémonie et reçoivent leur trophée des mains de Pete Townshend[111]. L'événement accroît les ventes du groupe ; en août 2007, la compilation The Ultimate Collection (The Kinks) (en) se classe 32e du hit-parade britannique et atteint la première place de l'UK Indie Chart[112].

Ray Davies à Ottawa (2008)

Le 29 septembre 2008, lors d'une interview pour la BBC Radio 4, Ray Davies déclare que le groupe pourrait bientôt se réunir. Affirmant ne pas vouloir participer à une réunion qui ne serait qu'une affaire de nostalgie, il explique : « Il y a l'envie de le faire. Ce qui me ferait répondre "oui" ou "non" serait de savoir si oui ou non, nous pourrions faire de nouvelles chansons ». Il précise également que le principal obstacle est la santé de son frère après son infarctus[110]. En novembre 2008, Ray déclare à la BBC que le groupe a commencé à écrire de nouvelles chansons pour une possible réunion, sans préciser quels membres sont concernés[113]. Cependant, son enthousiasme n'est pas unanimement partagé. Dans une interview, Dave Davies déclare qu'une reformation serait « comme un mauvais remake de La Nuit des morts-vivants », ajoutant que « Ray fait des spectacles Karaoké Kinks depuis 1996 »[114]. En juin 2009, Ray Davies déclare à The Independent que le groupe a répété et même écrit de nouvelles chansons, mais qu'une réunion officielle est peu probable. « Je continuerai à jouer avec d'anciens membres comme Mick Avory de temps en temps. Avec Dave, c'est surtout psychologique. Je l'y conduirai, je le forcerai et je l'encouragerai, et quand le moment sera venu j'imagine que je recommencerai même à lui crier dessus[115]. » En décembre 2009, Ray Davies est revenu sur une possible réunion avec son frère. « Je lui ai suggéré de faire quelques petites scènes pour voir comment il peut jouer. Si l'on doit rejouer ensemble, on ne peut pas reprendre la route sur-le-champ avec une annonce grandiose [...] Mais, si Dave le sent bien et si l'on peut écrire de nouvelles bonnes chansons, alors ça aura lieu »[116].

En février 2011, Ray Davies annonce comme imminente la reformation des Kinks même sans Dave Davies.

Style musical[modifier | modifier le code]

À l'origine, les Kinks restent dans les limites du R&B et du blues, mais ils ne tardent pas à s'essayer à des sonorités plus rock, plus dures ; leur rôle pionnier dans ce domaine leur a souvent valu le surnom de « premiers punks[117],[118] ». Lassé du son de guitare « propre » de l'époque, Dave Davies cherche un son plus fort et plus dur, et pour ce faire, il déchire le haut-parleur de son amplificateur avec une lame de rasoir[119]. Le « petit ampli vert » Elpico, branché sur un plus gros Vox AC30, donne un son caractéristique aux premiers titres des Kinks, notamment You Really Got Me et All Day and All of the Night[1].

Le groupe ne tarde cependant pas à abandonner le côté R&B / hard rock. À partir de 1966, les Kinks deviennent réputés pour leur adoption des traditions musicales et culturelles anglaises, à une époque où de nombreux groupes britanniques s'intéressent davantage au blues, au R&B ou à la pop des États-Unis[1]. Ray Davies se souvient du moment précis, en 1965, où il a décidé de rompre avec la scène américaine pour écrire des titres plus introspectifs et intelligents : « j'ai décidé que j'allais davantage utiliser les mots, et dire des choses. J'ai écrit Well Respected Man. C'est la première chanson vraiment orientée sur les paroles que j'aie écrite. [J'ai aussi] abandonné toute tentative d'américaniser mon accent[120] ». La stylisation anglaise des Kinks est accrue par l'interdiction lancée par l'American Federation of Musicians, qui les coupe du marché américain, le plus important au monde[1], et les force à se concentrer sur le Royaume-Uni et l'Europe continentale. Le son anglais des Kinks continue à se développer au fil des années 1960, mêlant music hall et folk[1].

À partir de l'album Everybody's in Show-Biz (1972), Ray Davies explore des concepts théâtraux sur les albums du groupe, élément manifeste sur Preservation Act 1 (1973) et jusqu'à Schoolboys in Disgrace (1976)[1]. Les Kinks ne rencontrent guère de succès avec ces œuvres conceptuelles, et reviennent à un format rock plus traditionnel à partir de la fin des années 1970. Sleepwalker (1977), qui annonce leur retour commercial, présente une production conventionnelle et léchée qui deviendra leur norme[85]. Le groupe revient au hard rock à partir de Low Budget (1979) et continuera dans ce genre jusqu'à la fin[1].

Certifications et récompenses[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, les Kinks ont placé cinq singles dans le Top 10 du Billboard, et neuf albums dans le Top 40[22]. Dans leur pays d'origine, dix-sept de leurs singles sont entrés dans le Top 20 et cinq de leurs albums dans le Top 10[121]. La RIAA a certifié disque d'or quatre de leurs albums : la compilation Greatest Hits!, sorti en 1965, est certifié disque d'or (1 million de ventes) le 28 novembre 1968 (six jours après la sortie de Village Green, qui n'entre dans aucun hit-parade)[122]. Le groupe doit attendre 1979 pour recevoir un nouveau disque d'or avec Low Budget ; les deux albums suivants, le live One for the Road et le studio Give the People What They Want, reçoivent la même récompense (500 000 exemplaires vendus)[123].

. Entre autres récompenses, ils ont reçu l'Ivor Novello Award pour « Services exceptionnels rendus à la musique britannique »[124]. Le groupe dans sa formation originale est entré au Rock and Roll Hall of Fame en 1990[2],[3], puis au UK Music Hall of Fame en 2005.

Documentation et inédits[modifier | modifier le code]

À la différence d'artistes contemporains, comme les Beatles, dont les enregistrements ont été préservés avec soin, il ne subsiste presque rien des passages des Kinks en studio dans les années 1960[125]. Ray Davies a tenu un journal, mais n'a pas encore permis son étude[126]. Pye Records n'a conservé qu'une petite partie des bandes des Kinks ; la plupart fut détruite, effacée ou réutilisée avant les années 1980[127]. À partir de l'époque RCA, documentation et bandes sont mieux conservées, principalement en raison de la liberté accordée au groupe dans son studio (Konk), mais comme le note Doug Hinman, « jusqu'à ce que les archives des studios Konk soient ouvertes, si elles le sont jamais, ce pan de l'héritage des Kinks sera loin d'être définitif[127] ».

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie des Kinks.

Jusqu'en 1967, la discographie des Kinks est différente au Royaume-Uni (Pye), aux États-Unis (Reprise) et en France (Vogue). L'instrumental Revenge, par exemple, a été écarté de la production française au début. La discographie studio qui suit est la britannique.

Membres[modifier | modifier le code]

Période Chant Guitare Basse Batterie Claviers Albums
février 1964 – juin 1966 Ray Davies Dave Davies Pete Quaife Mick Avory (divers musiciens de studio, notamment Nicky Hopkins entre 1966 et 1968, ou Ray Davies lui-même)
juin – novembre 1966 John Dalton
novembre 1966 – mars 1969 Pete Quaife
avril 1969 – 1970 John Dalton
1970-1976 John Gosling
1976-1977
1977 Andy Pyle
1977-1978
1978 John Dalton Gordon Edwards
1978 Jim Rodford Ray Davies
1979-1984 Ian Gibbons
1984-1989 Bob Henrit
1989-1993 Mark Haley
1993 Ray Davies
1993-1996 Ian Gibbons

Reprises et adaptations[modifier | modifier le code]

Plusieurs chansons des Kinks ont été adaptées en français, surtout dans les années 1960 :

  • You Really Got Me : La seule qui me tient par Dick Rivers (1964)
  • Something Better Beginning : Pour nous tout va commencer par Dick Rivers (1965)
  • All Day and All of the Night : Le jour, la nuit, le jour par Les Lionceaux (1965)
  • A Well Respected Man : Un jeune homme bien par Petula Clark (1965)
  • Dandy par Michèle Torr (1966)
  • Dedicated Follower of Fashion : Mais que fait-il ? par Gilbert Safrani (1966)
  • Apeman : Superman par Serge Lama (1971)
  • Where Have All the Good Times Gone : Où est donc le bon vieux temps ? par Mike Lécuyer (1978)
  • I Go to Sleep : Et c'est comme si par Julie Pietri (1982)"
  • "All Day and All of the Night" reprise magistrale par The STRANGLERS et toujours jouée en concert.

Quelques chansons des Kinks ont été utilisées dans des publicités à l'échelle mondiale :

  • I'm Not Like Everybody Else par IBM dans le cadre de sa campagne institutionnelle What Makes You Special ;
  • People Take Pictures of Each Other par Sony-Ericsson pour le lancement du Cybershot C902 en 2008.
  • Picture Book, par HP, déjà cité, pour ses appareils photo numériques

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

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  • Dave Davies, Kink, New York, NY, (ISBN 0-7868-8269-7)
  • Doug Hinman, The Kinks: All Day and All of the Night, Milwaukee, WI, (ISBN 0-87930-765-X)
  • Thomas Kitts, Ray Davies: Not Like Everybody Else, London, UK, (ISBN 0-415-97769-X)
  • Neville Marten et Jeff Hudson, The Kinks, London, UK, (ISBN 1-86074-387-0)
  • Andy Miller, The Kinks are the Village Green Preservation Society, London, UK, (ISBN 0-8264-1498-2)
  • Johnny Rogan, The Complete Guide to the Music of The Kinks, London, UK, (ISBN 0-7119-6314-2)
  • Jon Savage, The Kinks: The Official Biography, London, UK, (ISBN 0-571-13379-7)
  • Martin Strong, The Essential Rock Discography, New York, NY, (ISBN 1-84195-860-3)
  • Eric Weisbard, This is Pop: In Search of the Elusive at Experience Music Project, Milwaukee, WI, (ISBN 0-674-01321-2)