Henry Purcell

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Henry Purcell
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Henry Purcell
(portrait de l'atelier de John Closterman (en), après 1695)

Naissance
Londres
Drapeau du Commonwealth d'Angleterre Commonwealth d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande
Décès (36 ans)
Londres
Drapeau de l'Angleterre Royaume d'Angleterre
Activité principale Compositeur
Style Musique baroque
Formation Westminster School
Élèves Sébastien Wilkins
Famille Daniel Purcell (frère)

Œuvres principales

Henry Purcell, né le à Londres et mort le dans cette même ville, est un musicien et compositeur anglais.

Tout en incorporant les avancées novatrices des éléments stylistiques italiens et français dans ses compositions[1], Purcell a développé une forme proprement anglaise de musique baroque. Musicien complet, il fait preuve dans ses compositions d'une qualité reconnue à son époque, dans un ensemble très varié : opéra, musique de scène, cantates profanes et religieuses, œuvres pour clavier ou musique de chambre. Il faudra attendre au XXe siècle Edward Elgar, Ralph Vaughan Williams, William Walton et Benjamin Britten pour qu'un compositeur d'origine anglaise égale la renommée de Purcell.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation musicale[modifier | modifier le code]

Purcell naît le 10 septembre 1659 à Londres dans le quartier de Westminster. Ses parents habitent la ruelle Sainte-Anne dans Old Pye Street. Son père,Thomas Purcell, est gentilhomme de la Chapelle royale. Il est également chanteur et copiste à l'abbaye de Westminster où il dirige le chœur des garçons[2]. Henry a trois fils, Edward, Henry et Daniel. Ce dernier sera aussi un compositeur prolifique[3].

Après la mort de son père en 1664, le jeune Henry Purcell est placé sous la garde de son oncle Thomas Purcell qui lui montre une grande affection. Thomas est aussi un gentilhomme auprès de Pelham Humfrey (mort en 1674), le successeur d'Henry Cooke.

Premières compositions[modifier | modifier le code]

L’œuvre la plus précoce qui peut lui être attribuée est une ode pour l’anniversaire du roi, écrite en 1670, alors qu'il avait 11 ans (les dates de ses compositions restent souvent incertaines malgré de nombreuses recherches). Après la mort d'Humfrey, Purcell poursuit ses études auprès de John Blow[4]. Il fréquente la célèbre école musicale de l'abbaye de Westminster (la Westminster School) puis y est nommé organiste en 1676. La même année, il compose la musique de scène d’Aureng-Zebe, une pièce de John Dryden, et celles d’Epsom Wells et The Libertine[5], pièces de Thomas Shadwell. Elles sont suivies en 1677 par la musique de la tragédie d’Aphra Behn, Abdelazer, où l'on trouve le fameux rondeau en ré mineur. En 1678, il compose l’ouverture et la pantomime pour la nouvelle version du Timon of Athens (Timon d'Athènes) de Shakespeare.

En 1679, Purcell écrit quelques pièces pour le Choice of Ayres, Songs and Dialogues (Choix d'airs, chansons et dialogues) publié par le maître à danser John Playford. Il écrit aussi un anthem (un motet), dont le nom demeure inconnu, pour la Chapelle Royale. Par une lettre de Thomas Purcell (lettre encore conservée aujourd'hui), on apprend que cet anthem a été composé pour la voix de John Gostling, alors chantre à la cathédrale de Canterbury, et qui devient par la suite gentilhomme de la chapelle de Sa Majesté (ce choriste professionnel entre donc au service du roi). Purcell écrit plusieurs anthems à des époques différentes pour cette basse[6].

Les dates de ses compositions sacrées sont très peu connues ; l’exemple le plus notable est peut-être l’anthem sur le texte They that go down to the sea in ships.

Organiste de l’abbaye de Westminster[modifier | modifier le code]

Orgue de l'abbaye de Westminster.

En 1680, Blow, qui avait été nommé organiste de l’abbaye de Westminster en 1669, démissionne de son office en faveur de son élève, qui n’est âgé que de 22 ans. Purcell se consacre alors entièrement à la composition de musique sacrée et pendant six ans, rompt ses liens avec le théâtre.

Cependant, au début de l’année, il produit deux œuvres importantes pour la scène, la musique pour le Theodosius de Nathaniel Lee, et la Virtuous Wife de Thomas d'Urfey.

Aussitôt après son mariage, en 1682, à la mort d’Edward Lowe, Purcell est nommé organiste de la Chapelle royale, un office qu’il lui est possible de tenir simultanément avec celui qu’il occupe déjà à l’abbaye de Westminster. Son premier fils naît la même année. Sa première composition imprimée, Twelve Sonatas (« Douze sonates ») est publiée en 1683. Pendant plusieurs années après cela, il est occupé par la composition de musique sacrée, d’odes adressées au roi et à la famille royale, et d’autres œuvres similaires.

Retour au théâtre[modifier | modifier le code]

Henry Purcell.

En 1687, il renoue avec le théâtre en composant la musique pour la tragédie de John Dryden, Tyrannick Love (en). Cette même année, Purcell compose également une marche qui devint rapidement très populaire à tel point que Lord Wharton adapta la musique au texte de la célèbre marche Lillibulero[7] ; et en , ou peut-être avant, il composa son anthem Blessed are they that fear the Lord (Bénis soient ceux qui craignent le Seigneur) à la demande du roi. Quelques mois plus tard il compose la musique de la pièce d'Urfey, The Fool's Preferment (La Promotion des Imbéciles).

Son opéra Didon et Énée (« Dido and Æneas », sur un livret de Nahum Tate) constitue un repère très important dans l’histoire de la musique dramatique anglaise[8]. Sa composition a été tardivement attribuée à la période précédente, bien que sa première représentation, selon W. Barclay, dû avoir lieu entre 1688 et 1690, probablement en 1689. La mention claire de la représentation de cet opéra apparaît dans un livret, écrit à la demande de Josiah Priest (en), un professeur de danse, maître de ballet à la cour, qui dirigeait aussi un pensionnat pour jeunes filles, d’abord à Leicester Square puis à Chelsea. C'est là qu'on pense qu’il est donné pour la première fois. Il est considéré comme le premier opéra anglais véritable. Il doit beaucoup à des semi-opéras et pantomimes plus anciens, et tout spécialement au Vénus et Adonis de Blow.

L’action progresse en récitatifs, dialogues et airs. Après trois siècles, Didon et Énée, qui semble d'abord avoir été très populaire dans les cercles privés, ne trouve que récemment sa place dans un théâtre public (deuxième moitié du XXe siècle). De fait c'est un opéra de chambre, au caractère par nature plutôt intime, puisqu'il est destiné à une représentation scolaire. On pense qu’il a connu de nombreuses copies manuscrites à l'époque, mais un seul air fut imprimé par la veuve de Purcell dans Orpheus Britannicus, et l’œuvre entière demeure sous forme manuscrite jusqu’en 1840, date à laquelle elle est enfin imprimée par la Musical Antiquarian Society, sous la direction de Sir George Macfarren.

Partition manuscrite autographe du chant When on my sick bed I languish Z.144 (British Library, Add MS 30930 f.6v)

En 1690, il écrit de la musique de scène pour la version de Dryden de La Tempête (The Tempest) de Shakespeare, dans laquelle on trouve les airs Full fathom five et Come unto these yellow sands. Il compose aussi la musique pour l'adaptation par Betterton de la Prophetess (appelée par la suite Dioclesian) de Fletcher et Massinger, et pour l'Amphitryon de Dryden[9].

En 1691, il produit son autre chef-d'œuvre dramatique, l'opéra King Arthur (« Le Roi Arthur »)[10], écrit également sur un texte de Dryden, et publié pour la première fois par la Musical Antiquarian Society en 1843 seulement. En 1692, Purcell compose la musique de scène pour The Fairy Queen (une adaptation de A Midsummer Night's DreamLe Songe d'une nuit d'été — de Shakespeare), dont la partition est redécouverte en 1901 et publiée par la Purcell Society.

Le Te Deum and Jubilate de Purcell est écrit pour la Sainte Cécile, en 1693. C'est le premier Te Deum anglais composé avec adjonction d'un ensemble instrumental conséquent. Cette œuvre est jouée chaque année à la cathédrale Saint-Paul de Londres jusqu'en 1712, après quoi elle est jouée alternativement avec le Utrecht Te Deum and Jubilate de Georg Friedrich Haendel jusqu'en 1743 quand les deux œuvres sont remplacées par le Dettingen Te Deum (« Te Deum de Dettingen »).

En 1694, Purcell compose un célèbre anthem et deux élégies pour les funérailles de la reine Marie II. Outre les opéras déjà mentionnés, il écrit Don Quixote, Boudicca, The Indian Queen et d'autres encore, ainsi que beaucoup de musique sacrée, de nombreuses odes (dont Come ye sons of art, pour l'anniversaire de la reine Mary, sur un poème de Nahum Tate, en 1694), des cantates et des morceaux divers.

Mort[modifier | modifier le code]

Henry Purcell.

Purcell meurt dans sa demeure de Dean's Yard à Londres en 1695, au sommet de son art ; il a seulement 36 ans. Il laisse une femme et trois enfants. Sa veuve décéde en 1706, après avoir publié nombre de ses œuvres, dont la désormais célèbre collection Orpheus Britannicus, en deux volumes, publiée en 1698 et 1702.

La cause de la mort de Purcell n'est pas très bien connue : une théorie affirme qu'il aurait attrapé froid en revenant tard du théâtre un soir. Mais celle qui semble la plus vraisemblable est qu'il meurt de la tuberculose. Voici les premiers mots de son testament :

« Au nom de Dieu, Amen. Moi, Henry Purcell, de la Cité de Westminster, gentilhomme, dangereusement malade dans mon corps, mais disposant d'un esprit et d'une mémoire bons et parfaits (Grâce à Dieu) fais devant témoins publie et déclare ceci être mes dernières volontés et mon testament. Et par la présente je donne et je lègue à mon épouse bien-aimée, Frances Purcell, tous mes biens réels et personnels de quelque nature et genre qu'ils soient… »

Purcell est enterré près de l'orgue de l'abbaye de Westminster. Sur son épitaphe, on peut lire :

« Ici repose Henry Purcell Esq., qui a quitté cette vie et est parti pour ce lieu béni qui est le seul où son talent puisse être surpassé. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Un Purcell Club est fondé à Londres en 1836 pour promouvoir sa musique, mais est dissous en 1863. En 1876 une Purcell Society est fondée, qui publie des nouvelles éditions de ses œuvres.

Après sa mort, Purcell est célébré par beaucoup de ses contemporains, dont son vieil ami John Blow, qui écrit une Ode sur la mort de M. Henry Purcell : An Ode, on the Death of Mr Henry Purcell (Mark how the lark and linnet sing) avec un texte de son collaborateur John Dryden.

Le poète anglais Gerard Manley Hopkins écrit un célèbre sonnet intitulé simplement Henry Purcell, avec ces mots en exergue :

« Le poète regrette fort le divin génie de Purcell et le loue parce que, tandis que d'autres musiciens ont exprimé les humeurs de l'esprit humain, il a, au-delà, exprimé en notes la marque même et le genre de l'homme comme créé individuellement et universellement. »

Énée décrit à Didon la chute de Troie, par Pierre-Narcisse Guérin (1815).

Son œuvre la plus connue est le premier opéra de l'histoire de la musique anglaise, Dido and Aeneas (Didon et Énée), qui compte parmi les grandes pièces lyriques de la musique baroque.

Purcell a aussi une influence sur les compositeurs de ce qu'on appelle la renaissance de la musique anglaise du début du XXe siècle. Cela est manifeste chez Benjamin Britten, qui crée et dirige une mise en scène de Didon et Énée. Une célèbre pièce orchestrale du même Britten reprend un des thèmes de l'Abdelazer : il s'agit de The Young Person's Guide to the Orchestra (« Guide de l'orchestre destiné à une jeune personne »), qui est à l'origine une pièce à usage pédagogique.

Le contre-ténor Alfred Deller (Margatte - Angleterre, Bologne - Italie 1979) et son fils Mark enregistrent à Arles (France) avec leur orchestre Deller Consort, de 1972 à 1979, The Fairy Queen, King Arthur, O Solitude, Music for a While, The Indian Queen et Timon of Athens (chez Harmonia mundi)[11].

Le chanteur falsettiste Klaus Nomi reprend dans son album éponyme l'aria du Cold Genius (le Génie du froid) : What Power Art Thou qu'il rebaptise The Cold Song. Cet air tiré de l'opéra King Arthur contribue à le faire connaître du grand public.

Pete Townshend du groupe The Who dit avoir été influencé par Purcell[12], ce qui se ressent dans les premières mesures du morceau Pinball Wizard.

Enfin sa musique se retrouve au cinéma, avec la reprise, par la compositrice Wendy Carlos, de la marche extraite de sa Music for the Funeral of Queen Mary (Musique pour les funérailles de la reine Mary), jouée au synthétiseur dans le générique du film Orange mécanique de Stanley Kubrick (1972).

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

In Nomine à6, Z.746 (1680)

Henry Purcell laisse un catalogue de 515 œuvres.

Opéras[modifier | modifier le code]

Page de garde de l'opéra
The Fairy Queen (1692).

Semi-opéras[modifier | modifier le code]

Œuvres religieuses[modifier | modifier le code]

  • Vers 1679–1682 : "Remember not, Lord, our offences", Z 50 (Full Anthem)
  • Deux psaumes basés sur le De profundis :
    • vers 1680 : Out of the deep have I called, Z 45 (Verse Anthem) ;
    • vers 1680 : Plung'd in the confines of despair, Z142 (Hymne).

Divers[modifier | modifier le code]

Fichiers audio
I was glad
Ode 1 - Sinfonia
Ode 2 - Welcome to all
Ode 3 - Hail to this happy assembly
Ode 4 - Here the deities approve
Ode 5 - While joys celestial
Ode 6 - Then lift up your voices
Ode 7 - Beauty, thou scene of love
Ode 8 - In a consort of voices

Il a également composé de nombreuses pièces vocales et instrumentales, par exemple pour le clavecin et l'orgue, des œuvres pour chœur, ainsi que des œuvres pour consorts de violes, 42 duos et plus d'une centaine d'airs (I was Glad).

Hommages[modifier | modifier le code]

En astronomie, sont nommés en son honneur le cratère mercurien Purcell, depuis 1979[13], et l'astéroïde (4040) Purcell, découvert en 1987[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Henry Purcell : podcasts et actualités », sur Radio France (consulté le )
  2. (en) William Hayman Cummings, Purcell, Londres, Sampson Low, Marston, Searle & Rivington, coll. « The Great Musicians », (lire en ligne), p. 7-12
  3. « Henry Purcell (1659-1695) », sur www.musicologie.org (consulté le )
  4. « John Blow (1648-1708) », sur www.musicologie.org (consulté le )
  5. « In these delightful pleasant groves, extrait de "The Libertine, or the Libertinedestroyed, Z 600" (Acte 4) », sur pad.philharmoniedeparis.fr (consulté le )
  6. Gustav Leonhardt, « Entretien avec Gustav Leonhardt », Cité de la Musique,‎ (lire en ligne)
  7. Voir l'article en anglais.
  8. « Didon et Enée (Œuvre - Henry Purcell/Nahum Tate) | Opera Online - Le site des amateurs d'art lyrique », sur www.opera-online.com (consulté le )
  9. « The Tempest, Z.631 (Purcell, Henry) - IMSLP », sur imslp.org (consulté le )
  10. « King Arthur », sur Opéra Baroque (consulté le )
  11. « Sortie CD : The Voice of Purcell - Alfred Deller », sur France Musique, (consulté le )
  12. (en) « Purcell and... The Who? », sur Classic FM (consulté le )
  13. « Planetary Names: Purcell on Mercury », sur planetarynames.wr.usgs.gov (consulté le )
  14. (en) « (4040) Purcell », dans Dictionary of Minor Planet Names, Springer, (ISBN 978-3-540-29925-7, DOI 10.1007/978-3-540-29925-7_4020, lire en ligne), p. 344–344

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bases de données et dictionnaires[modifier | modifier le code]