Peinture anglaise

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La peinture anglaise, plus précisemment appelée l'« école anglaise de peinture » désigne un style pictural propre à l'Angleterre (et aux artistes britanniques), durant les XVIIIe et XIXe siècles.

Une « manière » anglaise ?[modifier | modifier le code]

William Hogarth : The Shrimp Girl (La Marchande de crevettes, huile, 1740), National Gallery.

Les historiens d'art anglo-saxons, à partir de 1936, vont progressivement reconfigurer cette approche de l'« English School of Painting », l'inscrivant dans une perspective plus large, au sein de l'évolution de l'art occidental[1] tandis que la critique allemande et française identifie précisemment ce courant à une période allant de 1720 à 1850, de William Hogarth à William Turner, qu'ils raccordent au pré-romantisme européen, et qu'elle considère comme le témoignagne d'un réveil, d'une affirmation et d'une singularité de l'art pictural dans un pays longtemps prisonnier de carcans — puritanisme, réalisme, académisme[2]. Au sein de son vaste panorama de l'histoire de l'art, Nikolaus Pevsner, avec son essai The Englishness of English Art (1957) revisite ce mouvement propre à la Grande-Bretagne, dont l'influence fut déterminante sur les peintres de l'Europe continentale et les peintres américains du XIXe siècle, voire au-delà.

XVIIIe - XIXe siècles[modifier | modifier le code]

Mrs. Davies Davenport (1782-1784), par George Romney.
Georgiana, comtesse Spencer, et sa fille (avant 1790) par Joshua Reynolds, Althorp.
Thomas Lawrence : Master Charles William Lambton, 1825

L'âge d'or de la peinture anglaise qui s'étend de 1720 jusqu'au milieu du XIXe siècle verra plusieurs générations de peintres s'illustrer dans le genre du portrait, des scènes de genre et du paysage, renonçant en cela, et pour des raisons historiques et politiques qui remontent au XVIe et XVIIe siècles, au genre historique, allégorique ou religieux.

On ne peut comprendre l'évolution de la peinture anglaise durant cette période sans compter sur l'influence des maîtres de la période précédente dite de l'« âge d'or de la peinture néerlandaise », pays avec lequel l'Angleterre entretient de fortes relations culturelles et économiques. D'autre part, c'est au XVIe et au XVIIe que se dessinent, puis s'affirment les traits essentiels de la civilisation anglaise[3]. Le célèbre Jeune Homme appuyé à un arbre parmi les roses de Nicholas Hilliard constitue le sommet de la période élisabéthaine : exposé au Victoria and Albert Museum, il symbolise aussi la fin d'un premier sursaut, et le début d'une période politiquement trouble.

Au moment de la Glorieuse Révolution, les choses se mettent en marche, les esprits se déverrouillent : les créations de gentlemen's clubs et de périodiques permettent le renouvellement des idées et des formes[3] — et l'éclosion à partir de 1750 de caricaturistes talentueux comme Thomas Rowlandson et James Gillray —, en même temps que le portrait anglais s'affranchit de l'influence d'Antoine van Dyck, du Tintoret et du Titien. De cette fin de siècle, il convient de citer John Michael Wright — et son lumineux Portrait of Mary Wilbraham (vers 1680) — et surtout Godfrey Kneller qui, par son école de peinture, va former toute une génération d'artistes[3].

Les écrits théoriques du peintre Jonathan Richardson, notamment son Theory of Painting (1715), ont une grande influence sur toute une nouvelle génération de peintres. Le peintre irlandais Charles Jervas conçoit des portraits radicalement nouveaux qui vont également influencer les portraitistes anglais : son Henrietta Howard, Countess of Suffolk, portrait d'une lady allanguie en robe parme, date de 1724 et annonce un renouveau pictural[3].

Durant les années 1720-1740, l'influence du « goût français », assimilé au rococo, se fait sentir : de nombreux artistes français vivent à Londres et y enseignent : le portraitiste Allan Ramsay en est le meilleur exemple. Durant cette même période, une formule esthétique connaît un grand succès, la conversation piece, le portrait en conversation, signe d'une société pacifiée qui s'adonne dans les cercles au libre échange des idées et des opinions. L'un des plus illustres représentants de ce genre est Philippe Mercier.

De 1750 à 1780 le portrait anglais atteint son apogée avec Thomas Gainsborough, Joshua Reynolds — premier président de la Royal Academy en 1768 —, George Romney, tandis que le paysage par le biais de l'aquarelle et de l'étude peinte directement sur le motif est mis en valeur par Alexander Cozens et son fils Robert.

Mais c'est au début du XIXe siècle que l'art du paysage anglais est porté à son sommet esthétique par deux célèbres peintres John Constable et Joseph Mallord William Turner, tandis qu'en 1803, l'école de Norwich devient le premier regroupement provincial de peintres anglais paysagistes.

Deux peintres singuliers font ici figure d'exception de par leur style et leur univers proche du fantastique : Johann Heinrich Füssli et William Blake.

Peintres réputés (1720-1850)[modifier | modifier le code]

Weymouth Bay (1816) par John Constable, National Gallery.

Paysage[modifier | modifier le code]

Portrait[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • « L'art du paysage anglais est né de cette indifférence de presque tous les anglais à ce qui n'est pas la nature vierge, la souplesse des muscles et la rectitude des mœurs. »Élie Faure Histoire de l'art, 4. L'art moderne I (1926)[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Par exemple, l'essai de William Johnstone, Creative Art In England from the earliest time to the present, S. Nott, 1936, réédité en 1950.
  2. Henri Lemaître (1959), La Manière anglaise en peinture, p. 7-14.
  3. a, b, c et d A. Digeon (1959), p. 21-29.
  4. Pages 365 de l'édition parue au Livre de poche en 1976.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armand Dayot, La Peinture anglaise, de ses origines à nos jours, Paris, Lucien Laveur, 1908.
  • Gabriel Mourey, La Peinture anglaise du XVIIIe siècle, collection « Bibliothèque de l'art du XVIIIe » siècle, Paris-Bruxelles, G. Van Oest, 1928.
  • Aurélien Digeon, L'École anglaise de peinture, précédé de La Manière anglaise en peinture par Henri Lemaître, Paris, Éditions Pierre Tisné, 1959.