James Wyatt

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James Wyatt
Fonthill West and North Fronts edited.jpg

Dessin de l'abbaye de Fonthill dans le Wiltshire, Royaume-Uni

Biographie
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James Wyatt, (Weeford dans le Staffordshire, Marlborough dans le Wiltshire, ), était un architecte anglais, rival de Robert Adam dans le style néoclassique, qu'il surpassa de loin dans le style néogothique.

Il a été élu membre de la Royal Academy (RA) le et en a été président de 1805 à 1806[1].

À l'école du classicisme[modifier | modifier le code]

Wyatt passa six ans en Italie, de 1762 à 1768, en compagnie de Richard Bagot du Staffordshire, secrétaire d’ambassade du comte de Northampton, émissaire britannique auprès de la République de Venise. À Venise, Wyatt étudia dans l'atelier d'Antonio Visentini (1688–1782) comme projeteur et peintre. À Rome, il effectua des métrés précis du dôme de la Basilique Saint-Pierre, « contraint de franchir sur le dos un vide vertigineux de 300 pieds, par une échelle posée horizontalement, et dépourvue de garde-corps ou de rail latéral. »

De retour en Angleterre, sa nomination comme architecte du Panthéon ou des "jardins d'hiver du Ranelagh" dans Oxford Street, lui assurèrent d'emblée la notoriété. Son frère Samuel, qui fit accepter à la commission les projets d'un jeune architecte alors quasi-inconnu, avait été le principal artisan de cette promotion. Lorsque le Panthéon ouvrit ses portes en 1772, le public huppé ratifia par son enthousiasme le choix des commissaires : Horace Walpole proclama l’œuvre comme « le plus bel édifice d’Angleterre. »

Le Panthéon de Wyatt dans Oxford Street, à Londres

Extérieurement, le bâtiment paraissait quelconque, mais son hall surplombé d'un dôme et entouré de galeries rayonnantes et d'absides constituait une révolution dans les immeubles de bureaux, et valut à l’architecte une célébrité immédiate. La maquette fut exposée à la Royal Academy, qui réunit plusieurs commissions privées : à peine âgé de 26 ans, Wyatt était considéré comme un architecte de réputation nationale et le 27 août 1770, il fut élu membre associé de la Royal Academy[2]. Ses manières distinguées lui attirèrent bientôt un nombre croissant d'amis ainsi que les plus riches mécènes, et lorsque la rumeur courut qu'il était sur le point de quitter le pays pour se mettre au service de la tsarine Catherine II de Russie, un groupe d'aristocrates lui aurait promis une prime de 1 200 sterlings pour rester à leur service. Parmi ses principales réalisations dans le style neoclassique en province, il y a lieu de citer Heaton Hall près de Manchester (1772), Heveningham Hall dans le Suffolk (vers 1788-99), et le Château de Coole en Irlande, ainsi que Packington Hall dans le Staffordshire, demeure ancestrale de la famille Levett, ou Dodington Park dans le Gloucestershire pour les Codrington.

Le 15 février 1785, sur la base de son projet pour le Mausolée Darnley[2], Wyatt était élu membre titulaire de la Royal Academy. Il prit une part active dans la vie de cette société savante : en 1803, il milita pour que le Conseil se détermine indépendamment des débats de l'Assemblée générale, ce qui poussa son rival West à démissionner de la présidence l'année suivante, et Wyatt fut élu à sa place ; mais le roi ne ratifia jamais formellement son élection.

Wyatt fut l'un des fondateurs de l’Architects’ Club en 1791, et il en présida plus d'une fois les réunions, à la Thatched House Tavern.

Réalisations dans le style classique[modifier | modifier le code]

En 1776 (l’année même où il fut choisi comme architecte de la comtesse Elizabeth Home, laquelle le congédia l’année suivante au bénéfice de Robert Adam), Wyatt succédait à Henry Keene en tant que Conservateur en chef de l’Abbaye de Westminster. En 1782, il était promu architecte en chef du Board of Ordnance[3]. La mort de William Chambers lui valut le poste d’architecte en chef des Bâtiments du Roi en 1796.

Broadway Tower, dans le Worcestershire, a été dessinée par James Wyatt dans les années 1790.

Wyatt était désormais le premier architecte de Grande-Bretagne, mais il présidait bien trop de commissions pour son emploi du temps. Ses chantiers très dispersés et les devoirs de ses charges lui laissaient peu de loisirs pour satisfaire les demandes particulières de ses commanditaires. Dès 1790, alors qu’il devait remettre ses plans pour l’église Saint Chad de Shrewsbury, il manqua si souvent à ses réunions que la commission s'en estima offensée, et confia les travaux à George Stewart. En 1804, Jeffry Wyatt confia à Farington que son oncle avait déjà perdu plusieurs commandes par sa négligence. Lorsqu’il recevait un nouveau client, Wyatt manifestait d'abord lz plus grande attention pour la commande, mais lorsqu’approchait la phase des travaux, il perdait tout intérêt pour l'affaire, estimant qu'il « n'avait pas à s'occuper de vétilles que d'autres pouvaient traiter à sa place. » Toutefois, son comportement dans les affaires de l’État n'était pas plus responsable qu'avec sa clientèle privée, et il ne fait aucun doute que c’est l’état délabré des dossiers du Bureau des Bâtiment du Roi qui décida de la réorganisation de ce service royal : la direction fut désormais confiée à un responsable politique assisté de trois architectes placés sous ses ordres.

Les appartements communs et la bibliothèque des professeurs d’Oriel College (Oxford) ont été conçus par James Wyatt dans les années 1780.

Il remania le château de Frogmore pour la reine Charlotte, et fut promu Administrateur Général des Bâtiments. Vers 1800, la Couronne le chargea de moderniser le château de Windsor : les embellissements auraient sans doute été plus considérables, n’eût été la maladie du Roi, mais en 1802 il aménagea pour le souverain le « palais étrangement crénelé » de Kew, remarquable par l’emploi fréquent de charpente en fonte.

En 1802 Wyatt construisit un nouvel hôtel particulier pour le VIIe comte de Bridgewater, sur le domaine d'Ashridge (Hertfordshire), qui est désormais inscrit aux monuments historiques. En 1803 Thomas Johnes chargea Wyatt de faire les plans de l'église Saint-Michel d’Hafod, Eglwys Newydd, à Ceredigion, dans le Pays de Galles.

De 1805 à 1808, Wyatt remodela l’hôtel particulier de West Dean (Sussex de l'Ouest). Les travaux de Wyatt se distinguent par une construction entièrement en silex, jusqu'aux linteaux des baies, qu'on réalisait jusque-là exclusivement par un chaînage en pierre.

Wyatt était un dessinateur brillant mais superficiel : on ne décèle dans ses réalisations aucune originalité. Lorsqu'il entra en scène, les architectes en vue étaient les frères Adam, dont il imita le style avec tant d’habileté pour les décors intérieurs qu’ils l’accusèrent de plagiat dans la préface de leur Works in Architecture (1773). Pourtant, bien des années plus tard, Wyatt n’hésita pas à confier lui-même au roi George III qu’« il n’y avait plus de véritable architecture depuis Sir William Chambers – que lorsqu’il était revenu d’Italie, il avait trouvé le bon-goût corrompu par les frères Adams, et qu’il se sentit en devoir de redresser la situation. » La plupart des constructions néoclassiques de Wyatt ne sont, en fait, qu'un démarquage du style des frères Adam, masqué par une profusion d'ornements en pierre de Coade et de médaillons toscans, fréquemment abandonnés au pinceau de Biagio Rebecca, lui-même au service des Adam. Ce n'est guère que vers la fin de sa vie qu'en collaboration avec son frère Samuel (et son neveu Lewis), il mit au point la sévère ordonnance de la « manière Wyatt[4]. »

Plusieurs des premières réalisations architecturales de Wyatt révèlent sa familiarité avec le Treatise on the Decorative Part of Civil Architecture de Chambers (par ex., le portail de l'église de Christ Church ou le mausolée de Cobham), si bien qu'il est permis de croire que le style de Wyatt aurait été plus original s'il avait poursuivi dans la tradition initiée par Chambers au lieu de sombrer dans les facilités à la mode des frères Adam[5] ; mais sa carrière en tant qu'architecte d’État a coïncidé avec les guerres napoléoniennes, marquées par les pénuries du blocus continental, et sa mort prématurée ne lui a pas permis de prendre part au renouveau urbain qui caractérisera le règne de George IV.

Réalisations néogothiques[modifier | modifier le code]

Abbaye de Fonthill, construite de 1795 à 1807 par James Wyatt pour William Beckford, l'auteur du roman gothique Vathek.

Cela dit, Wyatt doit avant tout sa célébrité à ses talents d'architecte néogothique. À l'époque géorgienne, tout architecte se devait d'avoir réalisé un édifice dans le genre médiéval, et Wyatt n'y fit pas exception ; toutefois, là où ses devanciers se bornaient à orner leurs réalisations d'éléments gothiques convenus (créneaux et baies en arc brisé), Wyatt s'efforça de magnifier l'architecture médiévale par une distribution irrégulière, la construction de tours et de clochers. Jamais, jusque-là, on n'avait exploité le potentiel romantique du gothique autant qu'à l’Abbaye de Fonthill ou au domaine d'Ashridge; malgré des défauts de proportion et des anachronismes dans le détail, ces édifices comptent au nombre des prototypes du revival gothique en Angleterre. Et si, de son vivant, Wyatt fut acclamé comme celui qui « avait revivifié dans son pays les beautés depuis longtemps évanouies de l'architecture gothique », le véritable mérite de son interprétation néogothique est d'avoir comblé le gouffre entre le gothique rocaille du XVIIIe siècle et la passion sincère pour le moyen âge du début du XIXe siècle.

Fonthill, le belvédère : épreuve en couleur de l'album de souvenirs compilé par Beckford.
L'église Saint-Michel d’Hafod (Eglwys Newydd).

Quant aux travaux de restauration qu'il effectua sur plusieurs cathédrales, inspirées par l'idée préconçue qu'une église médiévale est dépouillée et possède une unité de style, il faut simplement préciser que les chapitres religieux qui l'ont employé n'étaient guère davantage éclairés que lui, et il est en tous cas certain qu'à l’Abbaye de Westminster, il a effectué des réparations des plus nécessaires. Ses réalisations à Salisbury, Durham, Hereford et Lichfield ont été durement critiquées par John Carter dans ses Pursuits of Architectural Innovation : Carter ne cessait de rappeler qu'en 1796, la candidature de Wyatt à la Société des Antiquaires avait été repoussée ; toutefois, dès 1797, une majorité de 123 voix l'avait autorisé à jouir du titre de F.S.A.

En 1802 Wyatt construisit un nouvel hôtel particulier pour le VIIe comte de Bridgewater, sur le domaine d'Ashridge (Hertfordshire), qui est désormais inscrit aux monuments historiques. En 1803 Thomas Johnes chargea Wyatt de faire les plans de l'église Saint-Michel d’Hafod, Eglwys Newydd, à Ceredigion, dans le Pays de Galles.

Sa mort[modifier | modifier le code]

Il mourut le 4 septembre 1813 des sutes d'un accident de fiacre alors qu'il traversait les Marlborough Downs en compagnie de son ami et commanditaire, Christopher Codrington de Dodington Park. On l'inhuma dans l'Abbaye de Westminster[6] ; il laissait une veuve et quatre fils, dont l'aîné, Benjamin Dean, et le plus jeune, Philip, furent des architectes réputés. Matthew Cotes (1777–1862), son fils cadet, s'imposa comme sculpteur, dont le chef-d’œuvre est la statue en bronze de George III dans Cockspur Street, au bout de Trafalgar Square. Charles, le benjamin, travailla quelques années pour l’East India Company à Calcutta, mais il était de retour en Angleterre en 1801. On ne sait rien de la fin de sa carrière.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Portraits et manuscrits[modifier | modifier le code]

On connaît deux portraits peints de Wyatt : l'un est aujourd'hui propriété du fonds W. & A. Gilbey, Ltd. et l'autre est exposé à la bibliothèque de la Royal Institution of British Architects ; la bibliothèque de la Royal Academy possède un portrait au crayon exécuté par Dance. La National Portrait Gallery possède un buste en bronze de Wyatt, œuvre de John Charles Felix Rossi. Curieusement, on n'a conservé que quelques dessins originaux de Wyatt ; mais la bibliothèque de la Royal Institution of British Architects possède les croquis qu'il a dressés pour Badger Hall, l’abbaye de Fonthill, Downing College et Ashridge Park. Un album d'esquisses, qui appartint au vicomte de Noailles, comporte des dessins de chandeliers, de torchères, de vases, etc., ainsi qu'un plan pour Lord Courtown (C. Life, 5 décembre 1947 et 2 juillet 1948). Enfin, les plans du Château de Slane font partie du fonds Murray de la Bibliothèque nationale d'Irlande.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) A-Z&person=5996 Fiche sur le site de la Royal Academy of Arts
  2. a et b Cf. Neil Bingham, Masterworks: Architecture at the Royal Academy of Arts, Royal Academy of Arts, (ISBN 978-1-905711-83-3), p. 46
  3. Saint & Guillery (2012), p. 148.
  4. Pour une analyse du style Wyatt, cf. l'article d'Arthur Oswald consacré à "Rudding Hall, Yorkshire", publié dans Country Life, n° du 4 février 1949. On ignore le nom de l'architecte de Rudding.
  5. L’influence de Somerset House transparaît dans le projet que Wyatt avait soumis pour Downing College, à Cambridge, vers 1800, et qui fut repoussé (cf. Gavin Walkley, "A Recently Found James Wyatt Design", R.I.B.A. Jnl., 12 septembre et 17 octobre 1938).
  6. (en) Westminster Abbey - James Wyatt
  7. « Former Officers' Mess, Fenham Barracks, Newcastle upon Tyne », sur British listed buildings (consulté le 17 novembre 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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