Lutherie

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La lutherie est le métier du luthier. C'est la fabrication d'instruments de musique à cordes frottées et pincées. Par extension, certains désignent toute personne fabriquant des instruments de musique par le terme "luthier", y compris ceux qui fabriquent des instruments à vent ou de percussion; quoique le terme correct soit "facteur d'instrument".

Le luthier utilise de nombreux outils, tous n'étant pas particuliers à son métier, provenant pour certains de la menuiserie. On peut classer ces outils selon leur fonction [1]:

  • taille grossière ou moyenne : scies, ciseaux à bois...
  • taille fine : bédanes (petites lames de 5 et 1 mm de large, pointues et emmanchées), gouges, rabots, canifs, racloirs (ou ratissoirs), limes...
  • mesure : compas d'épaisseur, traçoir pour les filets (afin de conserver une distance fixe entre ceux-ci)
  • serrage, lors du collage de pièces : happes, pinces-barre, béquettes...
  • divers : fer à plier et matériel de chauffage, pointe à âme, pinceau, papier abrasif (type papier de verre), crayon, équerre...

La lutherie est bien sûr aussi ancienne que les instruments à cordes ; en rechercher l'origine invite à considérer l'histoire des instruments eux-mêmes.

La lyre est fort ancienne, et l’on sait comment elle s'oppose chez les Grecs anciens, en tant qu'instrument d'Apollon et support du lyrisme, à l'aulos de Dionysos et des tragédies. Le luth dérive, lui, de l'oud arabe, lui-même issu du barbat persan. "Al Oud" signifie "le bâton", en référence peut-être à ce qui le distingue des autres instruments à cordes tels que le rabab : sa table est en bois (et non en peau). Ce luth gagne l'Espagne; il y devient vihuela, puis viole de gambe. Le barbat voyage aussi le long de la route de la soie et gagne l'Extrême-Orient où il prend la forme du Pipa et du Biwa. Le violon de son côté (et ses déclinaisons) dérive lui du rabâb par le rebec, mais aussi de la vièle et de la Lira da braccio.

On le voit, les influences sont nombreuses et enchevêtrées ; les instruments se déplacent et les luthiers gagnent en inspiration, innovent et perfectionnent.

Un important centre de lutherie se trouve en Italie dans la ville de Cremone qui a vu naître dès le XVIe siècle des luthiers aujourd'hui prestigieux, tels Stradivari, les Amati, les Guarneri.

En France, c'est Mirecourt qui est le centre traditionnel de la lutherie et qui le reste aujourd'hui ; de Mirecourt sont issus beaucoup des plus grands luthiers français, tels Jean-Baptiste Vuillaume ou les Gand au XIXe siècle.

Formation[modifier | modifier le code]

Il existe trois centres de formations en France, dont le lycée Jean-Baptiste Vuillaume de Mirecourt.

Il existe aussi un centre de formation au Québec qui accepte des étudiants internationaux, l'École nationale de lutherie.

Philatélie[modifier | modifier le code]

En 1979, la poste rend hommage à la lutherie par l'émission d'un timbre postal d'1,30 franc brun-rouge et sépia. Tiré à 10 millions d'exemplaires, il figure un violon symbolisé. Il est mis en vente en 1er jour à Paris et à Mirecourt le 8 décembre. Il porte le n° YT 2072[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La liste plus détaillée des outils utilisées, leurs tailles et formes, leurs applications précises sont consultables dans Tolbecque, chap. Les outils, soit p. 33 à 48, et dans Millant, chap. II, soit p. 29 à 38.
  2. Catalogue Yvert et Tellier, tome 1,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]