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Ted Hughes (poète)

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Ted Hughes
Ted Hughes en 1977.
Fonction
Poète lauréat du Royaume-Uni (en)
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
SouthwarkVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
TedVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Court Green (en) (-), MexboroughVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Période d'activité
À partir de Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Sylvia Plath (de à )
Carol Hughes (en) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Frieda Hughes
Nicholas Hughes (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Influencé par
Distinctions
Plaque commémorative.

Edward James Hughes, dit Ted Hughes, né le à Mytholmroyd et mort le à Londres, est un poète et écrivain anglais, unanimement reconnu comme l'un des plus grands poètes de sa génération[1]. Au Royaume-Uni, Ted Hughes a été Poet Laureate (c'est-à-dire poète officiel de la Reine) de 1984 jusqu'à sa mort en 1998[2].

Il est aussi connu du fait de son mariage (1956–1963) avec la poétesse américaine Sylvia Plath, notamment parce qu'il a souvent été accusé, par les critiques, d'être à l'origine du suicide de son épouse en 1963 (ainsi que du suicide de sa maîtresse Assia Wevill en 1969)[3]. Il a exploré sa relation complexe avec Sylvia Plath dans son dernier recueil de poèmes, Birthday Letters, paru en 1998, quelques mois avant sa mort[4]. L'ouvrage est couronné la même année par le Whitbread Book[5] — prix qu'il avait également reçu en 1997 pour Tales from Ovid.

La maison de naissance de Hughes, à Mytholmroyd (Yorkshire de l'Ouest).

Ted Hughes est né en 1930 dans un village du comté anglais du West Yorkshire, Mytholmroyd. Fils de William et Edith Hughes, il est le cadet d'une fratrie de trois enfants (son frère Gerald est de dix ans son aîné, et sa sœur Olwyn a deux ans de plus que lui). Il passe donc les premières années de sa vie en milieu rural, au milieu des fermes et, comme il l'a déclaré lui-même vers la fin de sa vie dans un entretien au quotidien britannique The Daily Telegraph, cela aura une influence capitale sur la tournure de son œuvre (« Les six premières années de ma vie m'ont totalement façonné », déclare-t-il)[6]. En 1937, sa famille déménage dans un petit bourg du Yorkshire, Mexborough, où ses parents s'établissent comme buralistes et marchands de journaux[7]. Cet ancrage dans le prolétariat britannique des années 1930 s'avérera également déterminant.

À la fin de son adolescence, Ted Hughes part étudier la littérature anglaise, l'anthropologie et l'archéologie à l'Université de Cambridge. Il a un job d'été en 1955 chez Harkness Roses[8]. C'est à Cambridge qu'il rencontre la poétesse Sylvia Plath[4],[9]. Ils se marient le . Entre 1957 et 1959, le couple part en Nouvelle-Angleterre, où Hughes enseigne des cours à l'université du Massachusetts à Amherst. À partir de 1961, ils emménagent dans le cottage de Court Green (en), à North Tawton (Devon). Ils ont ensemble deux enfants : Frieda, née en 1960, et Nicholas (en), né en 1962. Ils se séparent à l'automne 1962, après que Plath a découvert la relation extra-conjugale que Hughes entretenait avec la poétesse Assia Wevill.

La responsabilité de Ted Hughes quant au suicide de son épouse au cours de l'hiver a longtemps été l'objet de spéculations de la part des critiques. À la mort de Sylvia Plath, Ted Hughes devient l'exécuteur testamentaire de l'héritage personnel et littéraire de son épouse. Il supervise avec sa sœur, Olywn, la publication de ses manuscrits, notamment celui d'Ariel en 1965. Bien que ce fait n'ait jamais été prouvé, il est suspecté d'avoir détruit le dernier cahier du journal intime de son épouse, qui contenait des détails sur leur vie commune[10],[11].

Six ans après la mort de Sylvia, le , Assia Wevill, la maîtresse de Ted Hughes, se suicide elle aussi, emportant dans la mort leur fille commune, Alexandra Tatiana Eloise Wevill, surnommée Shura, née le [12].

Lumb Bank (en), achetée par Hughes en 1969 et devenue par la suite une résidence d'écriture.

En 1969, Hughes achète la maison de Lumb Bank (en) à Heptonstall, qui deviendra plus tard une résidence d'ateliers d'écriture, propriété de Arvon Foundation (en)[13]. Il reste cependant vivre à Court Green, où il passera le restant de ses jours. En , il épouse Carol Orchard, une infirmière, avec laquelle il restera jusqu'à sa mort le [1]. Peu de temps avant son décès, il reçoit des mains de la reine Élisabeth II l'Ordre du Mérite (rare honneur, l'ordre comptant seulement 24 membres)[14]. Ted Hughes meurt à l'hôpital de Southwark à Londres, au terme d'un combat de 18 mois contre un cancer secondaire du foie[15]. Ses funérailles sont organisées à North Tawton, et son corps est incinéré à Exeter.

Les premières œuvres poétiques de Ted Hughes sont très nettement inspirées par les paysages du Yorkshire, par la nature et, en particulier, l'innocente sauvagerie des animaux[16]. Plus tard, sa poésie devient profondément ancrée dans le maniement des mythes et dans la tradition des bardes gaéliques[17]. Le premier recueil de Ted Hughes, Hawk in the Rain, publié en 1957, reçoit un accueil critique enthousiaste. Dès 1959, il obtient le prestigieux Prix Galbraith. Son œuvre la plus remarquable est sans doute Crow (1970). Le recueil Tales from Ovid (1997) contient une sélection de traductions libres de vers tirés des Métamorphoses d'Ovide.

Dans Birthday Letters, son dernier ouvrage publié avant sa mort, Ted Hughes rompt le silence à propos de son épouse Sylvia Plath, revenant sous la forme de lettres-poèmes sur des aspects de leur vie commune et sur son comportement de l'époque. L'illustration de la couverture de l'édition originale a été réalisée par la fille du couple, Frieda Hughes. Ces deux derniers recueils sont lauréats du Whitbread Book[5].

Outre de la poésie, Ted Hughes a écrit des livrets d'opéra (entre autres The Story of Vasco de Gordon Crosse d'après la pièce Histoire de Vasco de Georges Schehadé) et des livres pour enfants, notamment The Iron Man, qui a servi de base à l'opéra-rock du même nom réalisé par Pete Townshend, le guitariste leader des Who, ainsi qu'au film d'animation Le Géant de fer (The Iron Giant). Ted Hughes fut nommé au titre de Poet Laureate (c'est-à-dire poète officiel de la reine Élisabeth II) de 1984, à la suite du décès de John Betjeman, jusqu'à sa mort en 1998[2]. L'anthologie définitive de tous ses poèmes, riche de 1 333 pages, est parue chez Faber and Faber sous le titre de Collected Poems en 2003[16].

En français

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  • Corbeau, Ed. La Différence, 1980
  • Cave birds : an alchemical cave drama, édition bilingue, Ed. La Différence, Orphée no 97, 1991
  • New selected poems 1957-1994 : lire Ted Hughes, édition bilingue, avec contributions de spécialistes de la critique hughésienne, Ed. du Temps, 1999
  • Ted Hughes, Contes d'Ovide, Editions Phébus, , 284 p. (ISBN 9782859408268)
  • Ted Hughes (trad. Sylvie Doizelet), Birthday Letters, Gallimard, coll. « Poésie/Gallimard », , 288 p. (ISBN 9782070464562)
  • Ted Hughes (trad. Jacques Darras, Valérie Rouzeau), Poèmes (1957-1994), Gallimard, coll. « Du monde entier », , 432 p. (ISBN 9782070758654)
  • A Dancer to God
  • Shakespeare and the Goddess of Complete Being
  • Winter Pollen: Occasional Prose
  • Difficulties of a Bridegroom
  • Poetry in the Making

Littérature jeunesse

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  • Meet my Folks! (illustré par George Adamson, voir Wikipédia en anglais), 1961
  • How the Whale Became (illustré par George Adamson), 1963
  • The Earth-Owl and Other Moon-People (illustré par R.A. Brandt), 1963
  • Nessie the Mannerless Monster (illustré par Gerald Rose (en), voir Wikipédia en anglais), 1964
  • The Coming of the Kings
  • The Iron Man, illustré par George Adamson, 1968 ; illustré par Laura Carlin, 2010
  • Moon Whales
  • Season Songs
  • Under the North Star
  • Ffangs the Vampire Bat and the Kiss of Truth
  • Tales of the Early World
  • The Iron Woman
  • The Dreamfighter and Other Creation Tales
  • Collected Animal Poems: Vols. 1-4
  • Shaggy and Spotty

En français

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  • Le géant de fer, Ed. Gallimard-Jeunesse, 1999

Fictions et biographies inspirées de la vie du couple Ted Hughes et Sylvia Plath

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  • Le film Sylvia, sorti en 2003, raconte l'histoire de la relation passionnée du couple de poètes Ted Hughes et Sylvia Plath.
  • La ballade de Ted et Sylvia, Emma Tenant, roman, Ed. du Rocher, 2001.
  • Froidure, Kate Moses, roman, Ed. Quai Voltaire, 2004.
  • Son mari, Diane Middlebrook, biographie du couple d'écrivains Sylvia Plath et Ted Hughes, traduit de l'anglais et préfacé par Valérie Rouzeau, Ed. Phébus, 2006.
  • Les femmes du braconnier, Claude Pujade-Renaud, roman, Actes Sud, 2010.
  • Ton histoire. Mon histoire, Connie Palmen, roman traduit du néerlandais par Arlette Ounanian, Ed. Actes Sud, 2018.
  • Euphorie, Elin Cullhed, roman traduit du suédois par Anna Gibson, les éditions de l'Observatoire, 2021.

Notes et références

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  1. a et b « Ted Hughes », sur The Poetry Foundation (consulté le )
  2. a et b (en) « List of Poets Laureate of Britain | Names, Years, & Facts | Britannica », sur www.britannica.com (consulté le )
  3. « La légende de Sylvia et Ted », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. a et b « Le mari de Sylvia Plath », sur RFI, (consulté le )
  5. a b c et d Lauréats des Prix Costa et Whitbread, site officiel.
  6. « Ted Hughes Timeline - publications, life-events etc. », sur ann.skea.com (consulté le )
  7. « About Ted Hughes, Poet Laureate », sur rotherhamweb.co.uk (consulté le )
  8. (en) Letters of Ted Hughes, éd. Christopher Reid, 2007, p. 29
  9. Sylvia Plath (trad. Christine Savinel), Journaux : 1950-1962, Gallimard, coll. « Du monde entier », , 492 p. (ISBN 9782070749201)
  10. « La légende de Sylvia et Ted », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. Janet Malcolm (trad. Jakuta Alikavazovic), La Femme silencieuse : Sylvia Plath et Ted Hughes, éditions du Sous-sol, , 240 p. (ISBN 9782364685390)
  12. (en-GB) « Haunted by the ghosts of love », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  13. « Lumb Bank, Yorkshire - Arvon Centres », sur Arvon (consulté le )
  14. (en) Cathy Comerford, « Order of Merit for Ted Hughes, poet to the Queen », The Independent,‎ (lire en ligne Accès libre)
  15. « BBC News | UK | Emotional farewell to Ted Hughes », sur news.bbc.co.uk (consulté le )
  16. a et b « Ted Hughes », sur The Poetry Foundation (consulté le )
  17. « Ted Hughes and the British Bardic Tradition », sur ann.skea.com (consulté le )

Bibliographie

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  • Janet Malcolm (trad. Jakuta Alikavazovic), La Femme silencieuse : Sylvia Plath et Ted Hughes, éditions du Sous-sol, , 240 p. (ISBN 9782364685390)

Ouvrages de référence

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  • The Achievement of Ted Hughes, Keith Sagar, Ed. MUP, Manchester, 1983
  • Critical Essays on Ted Hughes, Leonard M. Scigaj, Ed. G.K. Hall, New York, 1992
  • Ted Hughes: The Poetic Quest, Ann Skea, Ed. Armindale, 1994
  • The Challenge of Ted Hughes, Keith Sagar, Ed. MacMillan, Londres, 1994
  • The Poetry of Ted Hughes: Language, Illusion & Beyond, Paul Bentley, Ed. Longman, Londres, 1998
  • The Poetry of Ted Hughes, Sandie Byrne, Ed. Icon Books, Londres, 2000
  • Ariel's Gift, Erica Wagner, Ed. Faber & Faber, Londres, 2001
  • Ted Hughes: Alternative Horizons. The proceedings of the Ted Hughes Conference 2000, Joanny Moulin, Ed. Routledge, 2004
En français
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  • New selected poems 1957-1994 : lire Ted Hughes, dirigé par Joanny Moulin, Ed. du Temps, 1999
  • Ted Hughes : la langue rémunérée, Joanny Moulin, Ed. L'Harmattan, 1999
  • Poésie et mythe, Volume 1, Réenchantement et deuil du monde et de soi : Edwin Muir, Robert Graves, Ted Hughes, Sylvia Plath, Ruth Fainlight, Anne Mounic, Ed. L'Harmattan, 2000
  • Poésie et mythe, Volume 2, Je, tu, il, elle aux horizons du merveilleux : Edwin Muir, Robert Graves, Ted Hughes, Sylvia Plath, Ruth Fainlight, Anne Mounic, Ed. L'Harmattan, 2001
  • Ted Hughes, La Terre hantée, Joanny Moulin, Ed. Aden

Articles connexes

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Liens externes

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En français

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