Culture de l'Ukraine

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La culture ukrainienne est une composition de valeurs matérielles et spirituelles des Ukrainiens qui s'est formée tout au long de son histoire. Indépendant par intermittence, le pays et son peuple ont développé une culture propre, de nombreux écrivains ont contribué à l'histoire littéraire du pays, tels qu'Ivan Kotliarevsky, Taras Chevtchenko et Ivan Franko. La culture ukrainienne a connu une résurgence significative depuis l'indépendance en 1991.

La culture ukrainienne moderne est issue de l'ancien État de la Rus' de Kiev et de la Principauté de Galicie-Volhynie, que les Ukrainiens considèrent comme leurs ancêtres historiques. Elle a ainsi une culture et une histoire communes avec les nations voisines, comme les Biélorusses et les Russes.

L'art populaire paysan traditionnel, la broderie et l'architecture vernaculaire sont essentiels à la culture ukrainienne, dont les éléments ont souvent été déterminés par les ressources disponibles à l'époque. La forte tradition d'art populaire et de broderie du pays se poursuit encore aujourd'hui, la broderie ukrainienne étant souvent considérée comme une forme d'art à part entière.

Les coutumes ukrainiennes sont fortement influencées par l'Église orthodoxe et les traditions issues de la mythologie slave. La culture ukrainienne a dû surmonter de nombreux obstacles pour survivre et conserver son originalité, car les puissances et empires étrangers qui ont dominé le pays et son peuple dans le passé ont souvent mis en œuvre des politiques visant à assimiler la population ukrainienne dans leur propre population, ainsi qu'à essayer d'éradiquer et de purger des éléments de la culture. Par exemple, la politique de russification a posé des obstacles importants au développement de la culture.

Langues[modifier | modifier le code]

De nombreux chercheurs étrangers du dix-neuvième siècle, surtout ceux originaires de pays alliés à la Russie, se fient à la position officielle du gouvernement tsariste. C'est ainsi que l’Encyclopædia Britannica 1911 définissait l'ukrainien comme un dialecte « petit russe » de la langue russe[1]. Toutefois, vers la fin du régime tsariste, l'Académie des sciences impériale admet que l'ukrainien est bel et bien une langue indépendante[2]. Le nombre de locuteurs de l'ukrainien était estimé à 41 millions en 2007[3]. En 1917 l'ukrainien est déclaré langue officielle de la République populaire ukrainienne. Après l'échec des efforts indépendantistes, l'ukrainien et le russe deviennent les deux langues officielles de la République socialiste soviétique d'Ukraine.

Le russe domine à l’Est du pays, dans le Sud de l’oblast d'Odessa, et le pays compte 17 % de russophones usuels[4]. En août 2012, le gouvernement de Viktor Ianoukovitch fait adopter une nouvelle loi linguistique, qui permet, pour une région donnée, à une langue parlée couramment par au moins 10 % de ses habitants, d'avoir le statut de langue officielle dans cette région. Dans les faits, cela se traduit par le retour de la reconnaissance du russe dans 13 des 27 unités administratives du pays[5],[6]. La loi est abolie en février 2018[7].

Dans l’Ouest du pays, on trouve des minorités qui parlent le polonais, le hongrois, le biélorusse, le roumain, le romani et des variantes anciennes de l’ukrainien, comme le rusyn. Les Tatars de Crimée rentrés dans la région après la déportation des peuples en URSS, essentiellement après 1961, parlent tatar mais surtout russe ; les deux langues sont officielles en Crimée[8].

Le yiddish disparaît dans les années 1960 en raison de l’émigration des survivants vers Israël et du passage des juifs au russe et à l’hébreu. Les auteurs Cholem Aleikhem et Itsik Manguer sont ukrainiens[9]. L’allemand de la mer Noire disparaît après la Seconde Guerre mondiale en raison de l’expulsion ou de la déportation au Kazakhstan de ses locuteurs[10].

En 2013, les langues étrangères les plus enseignées dans le primaire et le secondaire sont l’anglais (3 534 227 apprenants), suivi de l’allemand (592 086) et du français (193 201)[11]. La langue des signes ukrainienne (ukrainien : Українська жестова мова) n'est pas reconnue et serait employée par environ 54 000 personnes[12].

Populations[modifier | modifier le code]

Les Ukrainiens constituent la majorité de la population (selon le recensement de 2001, ils représentaient 78 % de la population totale). Les Russes constituent le deuxième groupe ethnique le plus important (plus de 17 % de la population). Les groupes ethniques relativement importants en Ukraine sont : les Biélorusses (0,57 %), les Moldaves (0,54 %), les Tatars de Crimée (0,51 %), les Bulgares (0,42 %), les Hongrois (0,32%), les Roumains (0,31 %) et les Polonais (0,30 %).

Toutefois, selon les recherches de l'Institut international de sociologie de Kiev, la structure de la société ukrainienne diffère sensiblement de sa représentation dans les statistiques officielles. Ainsi, la structure ethnique de l'Ukraine au recensement de 2001 était représentée par environ 60-62 % d'Ukrainiens monoethniques, 23-25 % d'Ukrainiens russes bi-ethniques, 9-10 % de Russes monoethniques, et environ 5 % de personnes d'autres groupes ethniques.

Environ 10 000 Ruthènes (selon le recensement de 2001) de la région de Transcarpatie, ainsi que des groupes de la diaspora ruthène (en Slovaquie, Serbie, aux États-Unis et au Canada) sont considérés par la grande majorité de la société ukrainienne, y compris sa partie transcarpatique, comme un groupe ethnographique ou sous-ethnique de l'ethnos ukrainien. Les représentants d'un autre groupe ethnographique — les Houtsoules (principalement dans la région d'Ivano-Frankivsk) — sont deux fois plus nombreux en Ukraine que les Ruthéniens (2001).

La diaspora ukrainienne compte 11 à 15 millions d'Ukrainiens ethniques vivant en dehors de l'Ukraine (dans la Fédération de Russie, aux États-Unis, au Canada, au Kazakhstan, en Moldavie, en Roumanie, en Pologne, au Brésil, en Argentine et en Australie).

Traditions[modifier | modifier le code]

Folklore[modifier | modifier le code]

Femme de Podolie par Vassili Tropinine, vers 1820.

L'emblématique chemise ou chemisier brodé, la vychyvanka, est la partie la plus reconnaissable du costume national ukrainien[13],[14], et a même sa propre célébration publique en mai. Pour les hommes, la tenue traditionnelle comprend également le kojoukh, le kountouch (uk), le żupan (uk) et les charovary. Pour les femmes, la tenue traditionnelle comprend la kojouchanka, l'otchipok pour les femmes mariées, et la couronne florale ukrainienne pour les jeunes filles non mariées. Les vêtements sont fabriqués à l'aide d'une conception structurelle élaborée, de techniques de tissage compliquées, de broderies étendues et de travaux d'aiguille découpés.

Éléments du folklore :

Religion[modifier | modifier le code]

Religions en Ukraine.
Carte des religions en Ukraine.

Les principales confessions du pays sont l'orthodoxie et catholicisme, mais de fortes et complexes rivalités locales existent entre les églises, tant entre ces deux branches du christianisme, qu'au sein même de celles-ci.

L'orthodoxie est majoritaire en Ukraine, mais divisée en trois églises de juridictions différentes :

Le catholicisme en Ukraine (8 % ?) est principalement de rite oriental (Église grecque-catholique ukrainienne et Église grecque-catholique ruthène (<6 %)), avec une minorité de rite latin.

Éducation[modifier | modifier le code]

Le système éducatif ukrainien est dirigé par le Ministère de l'Éducation et de la Science en Ukraine (Міністерство освіти і науки України) ; il accueille environ 10 millions d'élèves et étudiants et produit le quatrième plus grand nombre de diplômés universitaires en Europe.

L'accès à l'éducation est garanti par la constitution et le caractère obligatoire et gratuit est de mise dans l'éducation primaire et secondaire de base. La quasi-totalité de l'enseignement primaire et secondaire est public. L'Ukraine a un taux d'alphabétisation de 99,4 %.

Le système éducatif ukrainien est organisé en cinq niveaux : enseignement préscolaire, primaire, secondaire de base (collège), secondaire supérieur (lycée) et supérieur.

Arts de la table[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, les aliments sont souvent fermentés, marinés ou fumés[15].

En Ukraine centrale, la farine de blé est très utilisée, notamment pour les varenyky et les galuchky. Dans les Carpates et les régions boisées, le fromage de brebis, les champignons et les fruits des bois sont utilisés. Au Sud du pays, les pastèques et tomates sont cultivées et mangées[15].

Littérature[modifier | modifier le code]

La littérature ukrainienne englobe littérature de langue ukrainienne (tous dialectes ukrainiens (en) confondus). Elle comprend tant les œuvres écrites en Ukraine (en toute langue (minoritaire ou non)), que celles créées par la diaspora ukrainienne.

Les œuvres produites par des auteurs ukrainiens en russe ou biélorusse (langues slaves orientales) ou en polonais (langues slaves occidentales) sont généralement considérées comme faisant partie des littératures russe, biélorusse ou polonaise respectivement. Idem des œuvres en yiddish, en tatar, en grec, etc.

Le développement de la littérature ukrainienne a été entravée par l’absence prolongée d’un État ukrainien indépendant. Lors des dominations étrangères (polonaise, russe, autrichienne, etc.) la langue ukrainienne fut reléguée au deuxième plan et souvent interdite (Renaissance fusillée, 1920-1930).

Peinture[modifier | modifier le code]

Arts du spectacle[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Située au carrefour de l'Europe et de l'Asie, la musique en Ukraine participe de ces deux influences, notamment par l'usage de modes mineurs (mixolydien, dorien, ionien, éolien) et de mélismes. Si l'harmonie peut y être complexe, le rythme est le plus souvent libre. La musique vocale y est prédominante sous toutes ses formes (monodie, hétérophonie, homophonie, harmonie et polyphonie). Elle est souvent mêlée à des éléments archaïques paganistes ou animistes. On y distingue :

Musiciens populaires ukrainiens, 1926

Danse(s)[modifier | modifier le code]

La danse ukrainienne fait principalement référence aux danses folkloriques traditionnelles des Ukrainiens et autres groupes ethniques en Ukraine. Les principaux genres de danse de la danse folklorique ukrainienne sont la ronde, l'une des plus anciennes formes d'art de la danse folklorique, dont l'interprétation est associée aux rites du calendrier, et la danse de tous les jours, qui comprend la metelitsa (ru), le hopak, le kozachok, la huzulka (de), la kolomyika (en), la danse carrée, et la polka.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Autres scènes : marionnettes, mime, pantomime, prestidigitation[modifier | modifier le code]

Pour le domaine de la marionnette, la référence est : Arts de la marionnette[16] en Ukraine, sur le site de l'Union internationale de la marionnette UNIMA).

Cinéma[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Anciennes cultures[modifier | modifier le code]

Patrimoine mondial[modifier | modifier le code]

Patrimoine culturel immatériel de l’humanité[modifier | modifier le code]

Liste représentative[modifier | modifier le code]

Sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO:

Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente[modifier | modifier le code]

Registre international Mémoire du monde[modifier | modifier le code]

Le programme Mémoire du monde (UNESCO, 1992) a inscrit dans son registre international Mémoire du monde:

  • 2005 : Collection de musiques populaires juives (1912-1947)[21]
  • 2009 : Archives Radziwiłł et collection de la bibliothèque Niasvij (Nieśwież) (avec la Biélorussie, la Finlande, la Lituanie, la Pologne et la Russie)[22]
  • 2017 : Le document de l’acte de l’Union de Lublin (conjointement avec la Biélorussie, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne)[23]
  • 2017 : Patrimoine documentaire sur l’accident de Tchernobyl[24]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Encyclopædia Britannica 1911, vol. 23, Université de Cambridge, , 11e éd. (lire sur Wikisource), élément: Russian Language, p. 914
  2. (en) Orest Subtelny (en), Ukraine: a history, CUP Archive, 1991, page 255, [lire en ligne (page consultée le 6 novembre 2011)]
  3. Natalya Shevchenko, « L’histoire du bilinguisme en Ukraine et son rôle dans la crise politique d’aujourd’hui », Cahiers Sens public, vol. n° 17-18, no 1,‎ , p. 203 (ISSN 1767-9397 et 1775-4356, DOI 10.3917/csp.017.0203, lire en ligne, consulté le )
  4. Zbigniew Truchlewski, « Langues et langages en Ukraine », sur nouvelle-europe.eu, (consulté le )
  5. (de) Kyryl Savin et Andreas Stein, « Der Sprachenstreit in der Ukraine », sur boell.de, (consulté le )
  6. (de) Mehrheit stimmt für Russisch als zweite Amtssprache. Tagesschau, 6 juin 2012
  7. « En Ukraine, la bataille des langues », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. (en) « Ukraine - Languages | Britannica », sur www.britannica.com (consulté le )
  9. (en) Lance J. Sussman, « The stormy, yet rich history of the Jews in Ukraine », sur forward.com, (consulté le )
  10. (en) giz, « Supporting the German minority in Ukraine (completed) », sur www.giz.de (consulté le )
  11. « La langue française dans le monde, Édition 2014. », p. 277.
  12. Anonyme, « Ukrainian Sign Language », sur Casa de les Llengües (consulté le )
  13. « Costumes traditionnels ukrainiens », sur pimousse124.free.fr (consulté le )
  14. « Costume traditionnel : Les vêtements traditionnels de l'Ukraine », sur galasakhrustova.blogspot.com (consulté le )
  15. a et b « Cuisine ukrainienne », sur ukraine.ua (consulté le )
  16. [1]
  17. « La peinture décorative de Petrykivka, expression de l’art populaire ornemental ukrainien », sur ich.unesco.org (consulté le )
  18. « La tradition des céramiques peintes de Kossiv », sur ich.unesco.org (consulté le )
  19. « L’ornek, un ornement des Tatars de Crimée et les savoirs connexes », sur ich.unesco.org (consulté le )
  20. « Les chants cosaques de la région de Dnipropetrovsk », sur ich.unesco.org (consulté le )
  21. « Collection de musiques populaires juives (1912-1947) », sur unesco.org (consulté le )
  22. « Archives Radziwill et bibliothèque de Nesvizh (Nieśwież) », sur unesco.org (consulté le )
  23. « Le document de l’Acte de l’Union de Lublin », sur unesco.org (consulté le )
  24. « Patrimoine documentaire sur l’accident de Tchernobyl », sur unesco.org (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Chroniques ukrainiennes, film de Richard Binet, Yuri Maldavsky et Marco Tonini, Arte vidéo, ADAV, 2014, 13 min (DVD)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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