Lycée Charlemagne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Charlemagne (homonymie).

Lycée Charlemagne
Image illustrative de l’article Lycée Charlemagne
Généralités
Création 1804
Pays Drapeau de la France France
Académie Paris
Coordonnées 48° 51′ 15″ nord, 2° 21′ 37″ est
Adresse 14 rue Charlemagne
75004 Paris
Site internet www.lycee-charlemagne.frVoir et modifier les données sur Wikidata
Cadre éducatif
Type Établissement public local d'enseignement (EPLE)
Proviseur Jean-Luc Guéret
Matricule Collège : 0752525 M
Lycée : 0750652 B
Population scolaire ~ 550 au collège
~ 1 000 au lycée
Formation Collège
Lycée général (S, ES et L)
CPGE scientifiques
Langues étudiées anglais, allemand, espagnol, russe, hébreu, chinois, grec moderne , portugais
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Point carte.svg

Le lycée Charlemagne se trouve 14 rue Charlemagne, en plein centre du quartier du Marais, dans le 4e arrondissement de Paris.

La rénovation du lycée Charlemagne effectuée par le conseil régional d’Île-de-France et la ville de Paris a été achevée en 1993.

Le porche d'entrée actuel a été créé à partir d'un plan du XVIIe siècle en démolissant un bâtiment qui empêchait l'accès du lycée par la rue Charlemagne, l'entrée se faisait alors par le 101 de la rue Saint-Antoine[1].

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de métro Saint-Paul sur la ligne 1 et la station de métro Pont Marie sur la ligne 7 .

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Il porte le nom de Charlemagne, roi des Francs et empereur qui a créé la dynastie des Carolingiens.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le lycée va de pair avec le collège Charlemagne (ancien « petit lycée ») qui se trouve juste en face, dans la rue Charlemagne, et qui côtoie l'enceinte de Philippe Auguste dont seul le parement extérieur subsiste encore.

En 1580, le cardinal de Bourbon achète à la duchesse de Montmorency l'hôtel de la Rochepot et Damville. Il le donne aux Jésuites, qui démolissent le corps de logis situé en bordure de la rue Saint-Antoine et le remplacent par une chapelle dédiée à Saint Louis, en 1582.

Les Jésuites édifient entre 1627 et 1647, sur l'enceinte de Philippe-Auguste, un bâtiment destiné à devenir leur résidence[2]. Cette maison devient l'une des plus célèbres de l'ordre. Elle est la demeure des confesseurs des rois, dont le père de La Chaise confesseurs de Louis XIV avec le Père Michel Le Tellier et de prédicateurs renommés tels Bourdaloue, ou Ménestrier, et le Père Pierre Coton qui fut celui d'Henri IV et de Louis XIII.

De 1762 à 1767, les bâtiments sont désertés à la suite de l'expulsion de la Société de Jésus sous le ministère du duc de Choiseul.

Le 23 mai 1767, les Génovéfains du Val-des-Écoliers achètent la Maison des jésuites pour 400 000 livres ; ces chanoines réguliers de la réforme de Sainte-Geneviève quittent leur prieuré de Sainte-Catherine de la Couture (qui tombe en ruines) et occupent l'ancien noviciat des Jésuites, qu'ils nomment Prieuré Royal de Saint-Louis de la Couture (ou de la culture)[3].

Ils en louent la grande galerie bibliothèque à la ville de Paris. On y établit, de 1773 jusqu'en l'année 1790, la bibliothèque publique de la ville de Paris[4].

À la Révolution française, la Constituante ayant supprimé les ordres monastiques, les bâtiments servent de dépôt. Le 17 mars 1795, (27 ventôse an III) un arrêté du Directoire met la bibliothèque de la Commune à la disposition de l'Institut national des sciences et des arts, qui en pille le fond (20 à 30 000 ouvrages).

En 1797, l'ancienne maison professe des jésuites devient l'École Centrale de la rue Saint-Antoine. Sous l'Empire, Joseph Lakanal accepta la chaire de langues anciennes à l'École centrale de la rue Saint-Antoine.

La loi du 11 floréal an XI (ler mai 1802), débaptise l'école centrale de la rue Saint-Antoine, qui devient le Lycée Charlemagne[5].

Le décret impérial du 24 brumaire an XIII manifeste la volonté d'installer le lycée près de la place des Vosges, dans la maison des Minimes ; mais le décret du 21 mars 1812 confirme son implantation et autorise l'agrandissement du lycée qui reçoit alors quatre cents pensionnaires (externes)[5].

En 1815, il est débaptisé, et devient le Collège Royal de Charlemagne.

La chapelle[modifier | modifier le code]

La chapelle Saint-Louis de 1582 fut remplacée par l'église actuelle en 1627, dont le roi Louis XIII posa la première pierre et qui fut connue sous le nom de Saint-Louis-des-Jésuites. Son plan fut réalisé par deux jésuites, le frère Étienne Martellange (1568-1641) et François Derand. La première messe y fut célébrée le par le cardinal de Richelieu, bienfaiteur de l'église en 1634, à qui il offrit les belles portes de chêne sculpté aux initiales de la Compagnie de Jésus. Bourdaloue y fit ses débuts en 1669 et y prononça l'oraison funèbre du Grand Condé en 1687. Bossuet et Fléchier y prêchèrent également. Dans la chapelle primitive avait été baptisée en 1626 Marie de Rabutin-Chantal, future Mme de Sévigné.

Dans la cour d'entrée, on voit une statue en bronze du Silène portant Dionysos enfant copie d'un original grec perdu de l'école de Lysippe dont des copies antiques en marbre se trouvent au musée du Louvre et au musée du Vatican.

Enseignements[modifier | modifier le code]

Le lycée accueille sept classes de seconde, une 1re L, une terminale mixte ES-L, une 1re ES , une première mixte ES-S , une terminale ES, quatres 1ères et cinq terminales S. Le proviseur actuel est Jean-Luc Guéret. Il accueille également des classes préparatoires aux grandes écoles, à savoir deux classes de MPSI, une classe de PCSI, pour la première année, ainsi qu'une MP, une MP*, une PC, et une PC* pour la deuxième année.

Classement du lycée[modifier | modifier le code]

En 2015, le lycée se classe 33e sur 109 au niveau départemental en termes de qualité d'enseignement, et 290e au niveau national[6]. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au bac, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement, et la valeur ajoutée (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet)[7].

Classements des CPGE[modifier | modifier le code]

Le classement national des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) se fait en fonction du taux d'admission des élèves dans les grandes écoles. En 2015, L'Étudiant donnait le classement suivant pour les concours de 2014 :

Filière Élèves admis dans
une grande école*
Taux
d'admission*
Taux moyen
sur 5 ans
Classement
national
Évolution
sur un an
MP / MP* [8] 17 / 93 élèves 18 % 23 % 21e
sur 114
en diminution 9
PC / PC* [9] 7 / 75 élèves 9 % 9 % 26e
sur 110
en augmentation 2
Source : Classement 2015 des prépas - L'Étudiant (Concours de 2014).
* le taux d'admission dépend des grandes écoles retenues par l'étude. En filières scientifiques, c'est un panier
de 11 à 17 écoles d'ingénieurs qui a été retenu par L'Étudiant selon la filière (MP, PC, PSI, PT ou BCPST).

Quelques anciens élèves[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Élève du lycée Charlemagne.
Vestiges des remparts de Philippe Auguste, à l’angle du petit lycée


Quelques anciens professeurs[modifier | modifier le code]

Proviseurs[modifier | modifier le code]

  • Hélène Perrin (1988 - 2004)
  • Alberto Muñoz (2004 - 2011)
  • Pierrette Floc'h (2011 - 2015)
  • Christophe Hespel (2015 - 2018), ancien proviseur de l'École Boulle
  • Jean-Luc Guéret (depuis 2018) , ancien proviseur de la Cité Scolaire Alphonse de Lamartine

Mouvements sociaux[modifier | modifier le code]

Les élèves du lycée Charlemagne ont, ces dernières années, participé à des mouvements sociaux d'ampleur nationale :

  • Le 17 mars 2016 est créé un comité d'action qui organisera le mouvement contre la loi travail : le lycée est alors bloqué à six reprises jusqu'à la fin du printemps[12],[13],[14].
  • Le 23 février 2017, un blocage du lycée est organisé pour protester contre les violences policières dans l'affaire Théo. Les cours sont suspendus[15].
  • Le 22 novembre 2017 a lieu un blocage du lycée contre la sélection mise en place par le gouvernement Philippe à l'entrée de l'université.
  • Le 22 mars 2018, le lycée était bloqué pour protester contre la politique générale du gouvernement (disparition du statut de cheminot, politique migratoire, réforme de l'accès à l'université, etc.)[16].
  • Les 12, 13 et 14 avril 2018, a été mise en place une grève reconductible en réponse aux expulsions récentes de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et des violences policières et néofascistes dans les facultés occupées[17]. Le 13 avril, à 17h est organisé devant le lycée un banquet collaboratif pour susciter le débat.
  • Le 1er juin 2018, le lycée a été occupé par une cinquantaine de lycéens, contre Parcoursup et en réaction aux événements survenus au lycée Arago le 22 mai, avant d'être évacué vers 21h[18],[19]. Il n'y eut cependant ni arrestations ni violences .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lycée Charlemagne, « Lycée Charlemagne - Informations pratiques », Lycée Charlemagne (consulté le 27 février 2010)
  2. Histoire du Lycée Charlemagne sur le site des Journées du patrimoine
  3. L'église de Paris pendant la révolution française.
  4. Site de la bbf
  5. a et b Félix Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues et monuments de Paris
  6. Classement Départemental et National des lycées français
  7. Méthodologie du classement national des lycées français
  8. Classement 2015 des prépas MP
  9. Classement 2015 des prépas PC
  10. « Pierre Dezarnaulds », sur Sycomore, base de données des députés de l'Assemblée nationale
  11. Fouge sentimentale article sur le site Libération.fr, Portrait, 10 décembre 2011.
  12. BFMTV, « Loi Travail: les élèves du lycée Charlemagne à Paris veulent se faire entendre », BFMTV (consulté le 2 septembre 2018)
  13. Le JDD, « Plusieurs lycées bloqués à Paris contre la loi Travail », lejdd.fr,‎ (lire en ligne)
  14. « Cauchemars et facéties - spécial 17 mars - A nouveau, retour (en extraits) sur les manifestations et blocages (du jeudi 17 mars) contre la loi Travail/El Khomri. », sur lundimatin (consulté le 2 septembre 2018)
  15. Blocus pour Théo, 16 lycée bloqués à Paris sur le site Nouvelobs.com publié le 23 février 2017.
  16. « #22marsX8 : commémoration ou réitération ? [C&F] - Retour en récits et tweets sur les manifestations du 22 mars 2018. », sur lundimatin (consulté le 2 septembre 2018)
  17. « Éloge de l’imprévu - Sur la grève du lycée Charlemagne - « Le printemps repose sur ces gestes, et leur extension là où on ne les attend pas, là où rien n’est prévisible. » », sur lundimatin (consulté le 4 juin 2018)
  18. « Éloge de l’imprévu II - Sur l’occupation du lycée Charlemagne - En quelques images : ce qu'il s’est passé et ne s’est pas passé le vendredi 1er juin au lycée Charlemagne. », sur lundimatin (consulté le 4 juin 2018)
  19. « Brève occupation d’un prestigieux lycée parisien contre Parcoursup », sur ouest-france.fr,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]