Mouvement lycéen en France

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Les mouvements lycéens en France trouvent leur origine dans le mouvement étudiant de Mai 68, mais aussi plus récemment[Quand ?] dans la réaction d'une partie des lycéens à certains événements politiques nationaux ou internationaux. Ces mouvements sont étroitement liés à l'existence d'une multitude d'organisations lycéennes diverses, allant des syndicats lycéens aux comités d'action lycéens (CAL), en passant par un ensemble de petits groupes indépendants.

Organisations[modifier | modifier le code]

Les principales organisations lycéennes participant et/ou impulsant les mouvements lycéens sont tout d'abord les « syndicats », qui sont en réalité des associations loi 1901 à but syndical. Ceux-ci bénéficient d'un budget, d'une visibilité et d'une envergure plus importante que les autres structures. Le premier syndicat lycéen est le SGL qui est la première organisation au CSE et au CNVL, le deuxième est l'UNL-SD suivie par l'UNL, la FIDL et l'UNI-Lycée.

Il existe également d'autres organisations comme SUD Lycéen et des organisations plus locales. Cependant le Ministère de l'Éducation nationale ne considère représentatives que l'UNL, le SGL et l'UNI-Lycée. En 2008 s'est créé l'UMP Lycées (branche lycéenne de l'UMP) mais c'est directement une émanation d'un parti et non réellement une organisation lycéenne.

D'autre part, les coordinations (lycéenne ou étudiante) sont des systèmes mis en place lors des grandes mobilisations contre des projets phares (par exemple, la loi Fillon en 2004-2005) pour permettre aux lycéens de s'organiser eux-mêmes, ce type d'organisation permettant d'accroitre l'efficacité des actions, des manifestations et des revendications.

Mobilisations[modifier | modifier le code]

Les mouvements lycéens puisent leur source dans les comités Vietnam. Ceux-ci serviront de base lors des événements de mai-juin 68 pour lancer les Comités d'action lycéens. Ces mouvements vont permettre aux lycées d'accéder à l'autonomie de parole, indépendamment des étudiants et des salariés, afin de faire entendre leurs propres revendications. Les comités d'actions lycéens (CAL) se sont développés à Paris et en Province (Nantes, Rennes, etc).

« L'affaire Guiot » et la « circulaire Guichard » (1971)[modifier | modifier le code]

En février 1971, un élève de prépa du lycée Chaptal, Gilles Guiot, est arrêté alors qu'il sortait du lycée au moment d'une manifestation. Sa condamnation en flagrant délit déclenche un mouvement de protestation. C'est la première mobilisation lycéenne d'envergure après les événements de mai 1968. Le principe de "coordination" est inventé à cette occasion : chaque lycée en grève se réunit en AG, chaque AG élit des délégués, qui se réunissent avec ceux des autres lycées. Après deux manifestations et un sit-in boulevard Saint-Michel au moment du procès en appel, Guiot est libéré (19 février 1971). En province, des mobilisations ont lieu également. À l'automne 1971, une circulaire confidentielle du ministre Guichard demandant la fermeté aux proviseurs est rendue publique. Des grèves et des manifestations n'obtiennent pas le retrait de la circulaire, mais elle ne sera que très peu appliquée.

Contre la loi Debré (1973)[modifier | modifier le code]

Alors que la loi de réforme des sursis militaires entre en vigueur en 1973, les premières feuilles de route arrivent chez des élèves de plus de 18 ans. La mobilisation lycéenne prend une ampleur inégalée, avec une coordination nationale et une grève générale. Elle touche également les étudiants et les élèves du technique. Les trois coordinations — lycéenne, étudiante, technique — animent ce mouvement fédérant toute la jeunesse. On compte 500 000 manifestants dans 250 villes à deux reprises, les 22 mars et 2 avril. 70 % des lycées sont en grève. La loi n'est pas abrogée, mais elle est modifiée.

Contre les réformes Fontanet (1974) et Haby (1975 et 1976)[modifier | modifier le code]

Ce sont des mouvements dirigés contre des réformes, mobilisations touchant les lycées chaque printemps.

Contre les Stages Beullac 1979[modifier | modifier le code]

Après les mouvements ponctuels des grèves contre l'austérité de l'automne 1978, un mouvement prend de l'ampleur contre l'introduction de stages obligatoire dans le cursus des lycéens et pour maintenir publics les conseils de classe. Il s'agit aussi de s'opposer à la caporalisation grandissante dans les lycées qui fait suite au reflux de la pression sociale post-1968.[non neutre]

Cette mobilisation est structurée par la sortie de numéros d'un journal lycéen, « les Hordes Sauvages », puis par un premier Congrès National Lycéen qui se transformera en Coordination permanente lycéenne.

Ce sera la dernière mobilisation d'ampleur de l'après-mai 1968. La génération suivante sera qualifiée de « Bof génération » selon un article du Nouvel Observateur[1],[2].

Contre le projet Devaquet (1986)[modifier | modifier le code]

Ce projet de loi Devaquet réformant les universités prévoyait notamment de sélectionner les étudiants à l’entrée des universités, d'accroitre de façon importante les droits d'inscription, et de mettre celles-ci en concurrence. On dit alors de cette génération d'étudiants et de lycéens qu'elle se caractérise par leur dépolitisation. En effet pour un grand nombre, notamment les lycéens, ils rejettent toute forme d'organisation syndicale ou politiques pré-existantes. Très contesté dès la rentrée 1986, ce projet de loi mobilisera contre lui des centaines de milliers d'étudiants et lycéens fin novembre et début décembre organisés en coordinations lycéennes et étudiantes indépendantes des organisations existantes (ou se réclamant de l'être). Cette mobilisation et ses nombreux participants, ainsi que l'ensemble de la société française furent vivement marqués par la mort de Malik Oussekine le 6 décembre à la suite d'une forte répression policière. Le projet a été retiré le 8 décembre 1986.

Contre le CIP (1994)[modifier | modifier le code]

Le mouvement contre le Contrat d'Insertion professionnelle (CIP) est un moment charnière dans le mouvement lycéen. Le mouvement contre le projet Devaquet de 1986 avait été suivis de la tentative de création d'un Mouvement des états généraux lycéens (MEGL) puis de la structuration de la Fédération indépendante et démocratique Lycéenne (FIDL) comme une des organisations proche de SOS Racisme dont certains de leurs cadres vont ensuite passer à l'UNEF-ID tout d'abord dans la minorité proche de la Gauche socialiste puis dans la majorité. Le CIP fut un des éléments qui permit l'émergence de l'Union nationale lycéenne (UNL), nouvelle organisation lycéenne créée par la rencontre entre les premiers élus lycéens au CSE élus en 1993 et des lycéens engagés pour la défense du service public à travers toute la France notamment à Montpellier. Aussi, lors du mouvement lycéen contre le CIP, des représentants de l'UNL en province purent soutenir le président provisoire Samuel Gion dans ses rencontres avec le Premier ministre Édouard Balladur. Parmi les régions les plus actives, on a pu remarquer la ville de Montpellier avec Michaël Delafosse et l'agglomération Lilloise avec N. Fouque.[non neutre][réf. nécessaire]

Contre les réformes Allègre (1998)[modifier | modifier le code]

Mouvement lycéen et universitaire contre les réformes de Claude Allègre, ministre de l’Éducation du gouvernement Jospin (« Il faut dégraisser le mammouth »).

Contre la loi Fillon (janvier-mai 2005)[modifier | modifier le code]

En 2005, la mobilisation lycéenne contre la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école, dite « loi Fillon », qui instaurait, d'après ses détracteurs, une éducation au rabais au service de l'économie, a été l'une des plus importantes de l'histoire des mouvements lycéens en France. D'abord massif, on a pu voir des dizaines de milliers de lycéens défiler à Paris et dans les grandes villes françaises pour réclamer le retrait total de cette loi[réf. nécessaire], puis près de 300 lycées furent occupés et/ou bloqués pendant parfois des semaines entières. Ce mouvement surprend aussi par la radicalité de ses modes d'action et par les vagues d'agressions envers des manifestants et des passants au mobiles racistes et/ou crapuleuses par des bandes qualifiées de "casseurs", de "jeunes" ou encore de "racailles" sous le regard de compagnies de CRS. Les lycéens sont organisés en coordinations et en CAL, sur un modèle fédéraliste. Ce mouvement verra la naissance des premiers syndicats Sud Lycéen.

Contre le Contrat première embauche (CPE, février-avril 2006)[modifier | modifier le code]

L'article 8 de projet de loi du gouvernement Dominique de Villepin sur l'égalité des chances, mettant en place le Contrat première embauche, déposé en janvier, a entraîné un mouvement de protestation.

Contre la réforme des lycées (décembre 2008)[modifier | modifier le code]


Contre la Loi Travail (2016)[modifier | modifier le code]

Dés le début de la mobilisation, les lycéens se sont joints aux étudiants et aux salariés lors manifestations de mars et avril 2016 contre la Loi El-Khomri portant sur la modification du Code du Travail.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robi Morder, « Le lycéen, nouvel acteur collectif de la fin du XXe siècle », dans Lycées, Lycéens, deux siècles d'histoire, INRP publications 2005
  • Didier Leschi et Robi Morder, Quand les lycéens prenaient la parole : les années 68, Paris, Syllepse, 2018.