Robert Hue

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Robert Hue
Robert Hue, en 2012.
Robert Hue, en 2012.
Fonctions
Sénateur du Val-d'Oise
En fonction depuis le
(11 ans 9 mois et 30 jours)
Élection
Réélection
Groupe politique CRC (2004-2012)
RDSE (depuis 2012)
Président du Parti communiste français

(1 an 5 mois et 11 jours)
Prédécesseur Maurice Thorez (indirectement)
Poste (re)créé
Successeur Poste supprimé
Député européen

(1 an et 12 jours)
Député de la 5e circonscription du Val-d'Oise

(5 ans et 6 jours)
Successeur Georges Mothron
Secrétaire général du Parti communiste français

(7 ans 8 mois et 29 jours)
Prédécesseur Georges Marchais
Successeur Marie-George Buffet
Biographie
Nom de naissance Robert Georges Auguste Hue
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise)
Nationalité Française
Parti politique mdP

Robert Hue[1], né le à Cormeilles-en-Parisis, est un homme politique français. secrétaire général (1994-2001), puis président (2001-2003) du Parti communiste français, il est actuellement sénateur du Val-d'Oise et président du Mouvement des progressistes (mdP), proche de la majorité socialiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils de parents ouvriers et communistes, il va souvent vendre L'Humanité avec son père René, ouvrier maçon[2]. Sa mère, ouvrière textile, a pour nom de jeune fille Raymonde Grégorius. Il étudie au collège d'enseignement technique de Cormeilles-en-Parisis et joue dans le groupe de rock « Les Rapaces » sous le nom de Willy Balton[2]. Il est aussi judoka, champion de France académique 1963, ceinture noire deuxième dan[réf. nécessaire].

Dès ses seize ans, en 1962, il adhère à la Jeunesse communiste puis un an plus tard au Parti communiste[2]. Après des études d'infirmier à Paris, il exerce ce métier en psychiatrie au centre de santé d'Argenteuil.

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Au PCF, fidèle de Georges Marchais, il gravit un à un les échelons et est élu en 1977 maire de Montigny-lès-Cormeilles. Populaire en son fief, il sera constamment réélu par la suite et obtiendra d'autres mandats tels que celui de conseiller régional d'Ile-de-France et conseiller général du Val-d'Oise.

En février 1981, il fera brièvement parler de lui à l'échelle nationale en menant un coup d'éclat contre une famille d'immigrés marocains qu'il dénonce à la vindicte populaire comme trafiquants de drogue, sans autre preuve que la lettre de dénonciation d'une voisine -également immigrée- de la famille en question[3], comme le rappelle Philippe Subra (BAGF, Géographies, 2011-2). Cette affaire intervient quelques jours avant un meeting de Georges Marchais à Montigny-lès-Cormeilles. Un roman policier écrit par l'écrivain trotskyste Thierry Jonquet, Du passé faisons table rase, paru d'abord en 1982 sous le pseudonyme de Ramon Mercader, le fait intervenir dans cette controverse sous le nom de Robert Dia.

Direction du PCF[modifier | modifier le code]

En 1987, il entre au comité central du Parti communiste, puis en 1990 au bureau politique. En 1994, alors qu'il est quasiment inconnu, Georges Marchais fait de lui son successeur : il devient alors secrétaire national du parti. Quelques heures plus tard, il commet à l'occasion un lapsus fameux en annonçant : « Je ne suis pas l'homme de personne ». Poussé par la chute du mur de Berlin et l'érosion idéologique et politique du Parti communiste, Robert Hue entame une politique de mutation du parti dont il vient de prendre la tête : ouverture vers d'autres mouvements, abandon d'un certain nombre de doctrines, création d'un exécutif à deux têtes (il devient président du parti alors que Marie-George Buffet devient secrétaire nationale)… En 1995, il publie un livre afin d'expliquer les réformes internes, Communisme : la mutation.

Robert Hue, en 1995.

En avril 1995, Robert Hue est le candidat du PCF à l'élection présidentielle. Il recueille 8,64 % face à la concurrence d'Arlette Laguiller, faisant mieux que le précédent candidat communiste, André Lajoinie lors de l'élection présidentielle de 1988. En 1997, il soutient l'idée de la gauche plurielle qui voit l'arrivée de la gauche au pouvoir lors de la troisième cohabitation. Il devient député de la 5e circonscription du Val-d'Oise, et quelques élus communistes entrent au gouvernement.

Pendant ce temps le PCF continue de perdre du terrain : le nombre d’adhérents passe de 200 000 en 1998 à 138 000 en 2001. En 2001, le parti perd une grande partie de ses bastions lors des élections municipales (par exemple, perte des villes d'Argenteuil, de Colombes, Dieppe, Drancy). Sur le plan judiciaire, un jugement est rendu pour l'affaire CGE, qui concerne le financement occulte du PCF ; Robert Hue fait partie des prévenus relaxés[4]. En 2002, Robert Hue se présente de nouveau à l'élection présidentielle et obtient seulement 3,37 % des suffrages[5]. Jean-Marie Le Pen, qui à la surprise générale est présent au second tour, clame que le « Parti communiste a disparu ». Le score est si mauvais que sa campagne n'est pas remboursée totalement : le parti connaît donc une grave crise financière. Une souscription est lancée alors qu'il quitte la présidence du parti, la laissant aux mains de la secrétaire nationale, Marie-George Buffet. Le poste de président du PCF, créé par lui, cesse d'exister avec son départ. Lors des élections législatives de 2002, il perd son mandat de député face au candidat UMP, Georges Mothron, et il ne le récupère pas lors d'une élection partielle en 2003.

Sénateur du Val-d’Oise[modifier | modifier le code]

En 2004, Robert Hue fait son retour en politique en étant élu sénateur du Val-d'Oise.

En septembre 2011, Robert Hue est réélu au Sénat pour un second mandat. Il est aujourd'hui membre du groupe du Rassemblement démocratique et social européen et vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées.

Robert Hue est président du groupe interparlementaire d’amitié France Afrique du Sud au Sénat. Il a à ce titre rencontré Nelson Mandela à plusieurs occasions (1994, 1996)[6]. Robert Hue accompagne Jean-Marc Ayrault en Chine en décembre 2013 et il accompagne François Hollande pour se rendre à Pretoria aux obsèques de Nelson Mandela en décembre 2013.

En février 2015, il est nommé par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius « représentant spécial pour les relations avec l’Afrique du Sud »[7].

Président du Mouvement des progressistes[modifier | modifier le code]

Le , il quitte le conseil national du PCF, déclarant qu'il ne quitte pas le parti mais effectue néanmoins une « rupture » avec lui, ne le jugeant « plus réformable »[8]. Il annonce le la création d’une association politique, le Nouvel espace progressiste (NEP)[9].

Moins d'un an plus tard, il annonce la création d'une nouvelle formation politique : le Mouvement unitaire progressiste, distinct du PCF mais autorisant la double adhésion[10]. L'idée est de ramener la politique au plus près de la vie des gens et de s'écarter de l'organisation traditionnelle des partis politiques, tous sclérosés.

Des candidats du MUP figureront sur les listes du Parti socialiste lors des élections régionales de mars 2010. Robert Hue, s'estimant « à mille lieues du Parti communiste » et lui-même candidat en Île-de-France, justifie sa démarche par un souci de rassembler l'ensemble de la gauche au delà des clivages, alors que le PCF a choisi dans 17 régions de présenter des candidats sans alliance avec le PS, mais avec d'autres organisations situées à la gauche du PS[11].

Le , Robert Hue apporte son soutien à François Hollande dès les primaires qui précèdent le premier tour de l'élection présidentielle. Après l'élection de celui-ci à la présidence de la République, Robert Hue est un temps pressenti pour entrer au gouvernement. En septembre 2012, il annonce son départ du groupe communiste au Sénat pour le RDSE[12].

Le 28 mars 2013, jour d'une intervention télévisée de François Hollande, Robert Hue indique dans une interview[13] continuer de soutenir le président de la République et la majorité gouvernementale en affirmant n'être ni social-démocrate, ni communiste mais progressiste[14]. Fin août 2014, il publie Les partis vont mourir... et ils ne le savent pas qui, outre son analyse de la décomposition des partis traditionnels, se présente comme un « manuel de combat pour une gauche en panne »[15].

Lors des élections régionales de décembre 2015, le Mouvement des progressistes dispose de quelques candidats sur les listes du PS mais aucun n'est élu.

Robert Hue se prononce contre le projet de déchéance de nationalité pour les bi-nationaux, prenant ses distances de François Hollande à cette occasion.

En mai 2016, Robert Hue publie un livre dans lequel il demande à la classe politique en place de « laisser la place ». Le mouvement des Progressistes annonce dans le même temps le nom de son candidat à l'élection présidentielle de 2017, Sébastien Nadot.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Robert Hue est marié à Marie-Édith, et a deux enfants (Charles et Cécilia) et a dirigé jusqu'à début 2012 la Fondation Gabriel-Péri.

Synthèse de son parcours[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Histoire de Montigny-lès-Cormeilles. [1], Histoire d'un village du Parisis, Montigny-lès-Cormeilles, des origines à la Révolution, chez l'auteur, 1981
  • Histoire de Montigny-lès-Cormeilles. [2], Du village à la ville : 1800-1980, chez l'auteur, 1986
  • Montigny pendant la Révolution, 1989
  • Communisme : la mutation, Stock, 1995
  • Il faut qu'on se parle, Stock, 1997
  • Communisme : un nouveau projet, Stock, 1999
  • Qui êtes-vous ? Que proposez vous ?, Éd. de l'Archipel, 2001
  • Les partis vont mourir... et ils ne le savent pas !, Éditions de l'Archipel, 2014
  • Laissez la place ! Pour une révolution progressiste, éd. L'Alma, postface de Sébastien Nadot, 2016

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son nom complet est Robert Georges Auguste Hue.
  2. a, b et c Biographie de Robert Hue, sur evene.fr
  3. « Extrait vidéo » [vidéo], sur ina.fr Journal du 20 heures d'Antenne 2, 8 février 1981.
  4. Laurent Valdiguié, « Robert Hue relaxé », Le Parisien, 15 novembre 2001.
  5. Élection présidentielle de 2002 - Résultats au niveau de la France entière, sur le site du ministère de l'Intérieur.
  6. Hommage à Mandela : un moment «inoubliable» pour Robert Hue, Le Parisien
  7. Sébastien Tronche, « Laurent Fabius recase l'ancien patron du PCF Robert Hue pour une mission sur l'Afrique du Sud », lelab.europe1.fr, 26 février 2015.
  8. PCF - Robert Hue quitte le Conseil national du parti, LCI.fr
  9. « Robert Hue fait un premier pas vers la création d'un nouveau parti », Le Monde, 9 décembre 2008.
  10. Jean-Michel Normand, « Robert Hue s'émancipe pour de bon du Parti communiste », Le Monde.fr, 23 octobre 2009.
  11. «Robert Hue : Je suis à mille lieues du Parti communiste », Europe 1, 08/01/2010
  12. « Robert Hue quitte le groupe communiste du Sénat », Libération,‎ (consulté le 13 septembre 2012)
  13. « Robert Hue : Mélenchon mise délibérément sur l'échec de François Hollande » dans La Dépêche du Midi, 28/03/2013
  14. France Culture, Robert Hue est le Grand témoin du 12h30 du 19/01/2014.
  15. http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1233140-les-partis-vont-mourir-de-robert-hue-un-manuel-de-combat-pour-une-gauche-en-panne.html
  16. Élections municipales de 2008 - Résultat à Montigny-lès-Cormeilles, sur le site du ministère de l'Intérieur.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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