Gérard Filoche

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Gérard Filoche
Description de cette image, également commentée ci-après
Gérard Filoche à Paris en septembre 2010.
Naissance (72 ans)
Rouen, Seine-Inférieure, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession
Autres activités

Gérard Filoche, né le à Rouen, est un syndicaliste et homme politique français.

Inspecteur du travail de profession, il a publié de nombreux ouvrages sur mai 68 et sur le droit du travail et contribue à différents médias (L'Humanité, Mediapart, etc).

Militant communiste dans sa jeunesse, il est ensuite trotskiste (LC, puis LCR), jusqu'à son adhésion au Parti socialiste en septembre 1994. Il est également cofondateur de SOS Racisme.

Faisant partie des animateurs de l'aile gauche du PS, il est également membre pendant un temps de son bureau national, sans jamais obtenir cependant de mandat électif. En novembre 2017, il est exclu du PS en raison d'un tweet jugé antisémite.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Gérard Filoche est le fils unique de René Filoche (1911-1978), cheminot menuisier-chaudronnier au dépôt Rouen-Orléans, membre de la CGT, qui fut prisonnier déporté quatre ans en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale et d'Antoinette Filoche (1913-2000), aide-soignante dans une clinique privée de Rouen[1],[2]. Son grand-père maternel fut tué à Verdun pendant la Première Guerre mondiale.

Il s'est marié le 4 mai 1971 avec Françoise Le Toullec (née en 1942), conseillère de Paris (PS) du 1er arrondissement, fille de Marcel Le Toullec, cheminot, militant au PCF, ancien combattant de 1914-1918 et résistant[2]. De ce mariage naîtront trois enfants[3] :

  • Léa Filoche (née en 1978), conseillère de Paris (PS) et adjointe au maire du 19e arrondissement[4].
  • Emma Filoche (née en 1979).
  • Germain Filoche (né en 1983), professeur[5].

Il est, avec Sybille Fasso, le père de Louise Fasso-Monaldi (née en 1985)[3],[6],[7],[8].

Il sera ensuite, avec Françoise Rambaud, le père de Louis, Marie et Luc.

Études[modifier | modifier le code]

Gérard Filoche fait ses études secondaires au lycée Fontenelle à Rouen puis au lycée des Bruyères à Sotteville-lès-Rouen de 1962 à 1963 où il obtient un baccalauréat en philosophie[2],[9]. Il est ensuite étudiant à l'université de Rouen où il obtient une licence et un certificat de maîtrise de philosophie en 1968.

Activités professionnelles[modifier | modifier le code]

Il fut successivement à partir de 1962, moniteur de colonie, facteur, conducteur de train, manutentionnaire, chauffeur-livreur, maître-auxiliaire, enseignant de philosophie (de 1964 à 1965 au lycée des Bruyères à Rouen), journaliste, un des dirigeants du quotidien Rouge (du 15 mars 1975 au 29 janvier 1979), ouvrier du livre (de 1975 au 29 janvier 1979), puis contrôleur du travail à la formation professionnelle (de 1982 à 1985). Nommé inspecteur du travail pour ses 40 ans en 1985, il exerce ses fonctions d'abord dans l'agriculture en Champagne-Ardenne (de 1987 à 1989), ensuite dans le 3e arrondissement de Paris (de mars 1989 à avril 2003) et enfin dans le 2e arrondissement de Paris (d'avril 2003 jusqu'à sa retraite le 23 décembre 2010).

Inspecteur du travail[modifier | modifier le code]

Il est également connu de par sa profession d'inspecteur du travail. Cette activité lui a valu d'être nommé personnalité qualifiée de 1999 à 2001 au Conseil économique et social par Lionel Jospin, où il fit adopter un avis sur les 20 ans de CHSCT.

Il a collaboré à un documentaire de 70 minutes de Richard Bois, La dernière digue, l'inspection du travail, diffusé sur France 2 le 2 avril 2000. Il est à l'origine de l'idée et a collaboré au téléfilm Simon le juste, avec Dan Franck et Gérard Mordillat, diffusé sur France 2 le 29 janvier 2003.

En 2007, il est menacé d’être mis en examen par le juge Yves Madre pour avoir menacé dans son activité professionnelle régulière un employeur de lui dresser un procès-verbal : le patron porte plainte pour « chantage ». Le juge interroge Gérard Filoche (en présence de son avocat) pendant cinq heures au Palais de justice de Paris, le 9 mars 2007, et renonce, finalement, à le mettre en examen.

De 2006 à 2008, il est l'un des principaux opposants à la recodification du Code du travail, dont il critique des changements défavorables aux salariés[10].

À la fin de l'année 2009, Gérard Filoche est mis en examen puis renvoyé en correctionnelle pour chantage puis entrave au fonctionnement du comité d'entreprise de Guinot - Mary Cohr[11] à l'été 2004[12]. Lors de la séance du comité d'entreprise statuant sur le licenciement d'une déléguée syndicale CGT, Gérard Filoche aurait imposé sa présence et exercé des pressions sur les membres du comité d'entreprise. En fait le CE était « bidon », composé d'un seul membre au service de l'employeur. Une pétition de soutien à Gérard Filoche recueillit plus de 42 000 signatures en quelques semaines[13]. Dans cette même affaire, le comité d'entreprise donna un avis indicatif favorable au licenciement de la déléguée syndicale, Gérard Filoche refusa de donner l'autorisation de licenciement, le ministère du Travail cassa cette décision, puis le tribunal administratif confirma la légitimité de la décision de Gérard Filoche contre l'avis du directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle[14]. Le 12 octobre 2011, il est relaxé en première instance par le tribunal correctionnel de Paris[15]. L'institut de beauté ayant fait appel du jugement[16], le 3 juillet 2012 la Cour d’appel du TGI de Paris, après huit ans de procédures, juge irrecevable la plainte attribuée au CE Guinot[17],[18]. L'administration, qui la lui avait refusée, finit par lui accorder la « protection fonctionnelle » dans cette affaire le 26 juillet 2012.

Au premier semestre 2013, il s'oppose à l'ANI (Accord National Interprofessionnel du 11 janvier 2013) avant que celui-ci ne devienne la loi du 14 juin 2013. Puis il refait campagne en défense du droit à la retraite à 60 ans sans décote sous le slogan « pas un trimestre de plus, pas un euro de moins ».

Militant communiste, trotskiste et syndical[modifier | modifier le code]

D'origine ouvrière (père cheminot menuisier-chaudronnier à la SNCF et mère aide-soignante), il fait des études de philosophie à l'université de Rouen et adhère à l'Union nationale des étudiants de France (UNEF). Il adhère à la Confédération générale du travail (CGT) en 1963. Il devient membre de l'Union des étudiants communistes (UEC) et du Parti communiste français (PCF) ; il en est exclu en 1966. Il anime le Comité Vietnam de Rouen, cofonde la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR, trotskiste) et participe à mai 68 en tant que dirigeant du comité de grève des étudiants de Rouen. Il devient président de l'Association générale des étudiants rouennais-UNEF. Il anime une puissante section de la Ligue communiste à Rouen après 1968.

Il participe à la fondation de la Ligue communiste en 1969, puis de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) en 1974, et siège 25 ans au bureau politique de ces deux mouvements successifs. Sa compagne, Françoise Filoche, rencontrée en 1961, qui est à l'origine de son engagement politique, est l'une des premières féministes de la Ligue communiste, organisant un courant révolutionnaire au début des années 1970 au sein du Mouvement de libération des femmes (MLF)[19].

Après la dissolution de la Ligue communiste en 1973 et la constitution de la LCR un an plus tard, Gérard Filoche obtient que soit accepté le droit à une tendance au sein de la LCR et participe à la création de la tendance T1 (20 % des voix au congrès de 1975) ; elle se renouvellera au congrès de 1976. Elle se différenciera sur l'analyse de la révolution portugaise de 1975-1976. Elle se distinguera en défendant un « travail de masse », un « front unique » et un « gouvernement PS-PC » (syndicat étudiant, syndicat lycéen, syndicat de soldats, unité des syndicats de salariés). Elle représente l'opposition à la T2, majoritaire, d'Alain Krivine, Daniel Bensaïd et Henri Weber[20]. Il ne s'alliera avec Alain Krivine qu'en 1978, alors que la LCR ferme le quotidien Rouge et effectue un plan social de licenciement, dont Gérard Filoche est chargé[20]. Devenu majoritaire en 1979, il ne pourra empêcher la scission d'une aile de son ancienne tendance avec Daniel Gluckstein, qui se rallie au lambertisme au congrès de L'Haÿ-les-Roses en novembre 1979.

Il est membre du Secrétariat unifié de la Quatrième internationale de 1979 à 1994. Il participe ou anime à plusieurs reprises des tendances internationales lors des congrès mondiaux.

En 1984, il confonde SOS Racisme avec Julien Dray et Harlem Désir[21].

Il anime la minorité « unitaire » de la LCR tout au long des années 1980, avant de créer « Vent d'Est » puis « Démocratie & Socialisme » (D&S) lorsque survient la chute du mur de Berlin et le refus de la LCR de voter à gauche au scrutin de 1993. Sa tendance, après un stage collectif de réflexion à Revel en juillet 1994, rejoint le Parti socialiste[22].

Militant de la gauche du Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Début 1994, il lance avec D&S (et les syndicalistes de renom Raymond Vacheron, Eric Thouzeau, René Defroment, Jean Yves Lalanne, Jean-Claude Branchereau, etc) une campagne pour « les 35 heures sans perte de salaires ». Il rejoint en septembre 1994 le Parti socialiste avec 150 autres militants, et intègre immédiatement son Conseil national. Il est un fervent défenseur de l'union de toute la gauche[23].

En 1999, le Medef de Seine-et-Marne lui fait procès au motif qu'il a dit sur France Bleu Melun que « les patrons trichaient avec les 35 heures » et parce qu'il « démoralise les chefs d'entreprise » ; il gagne ce procès, et le Medef de Seine-et-Marne est condamné à lui verser 10 000 francs pour abus du droit d'ester en justice. En 2001, Denis Kessler, vice-président du Medef, lui fait procès, parce que la revue Démocratie et Socialisme en « une » lui a attribué le titre d'« ennemi public n°1 » ; Gérard Filoche gagne le procès, et le Medef est condamné à lui verser 40 000 francs pour abus du droit d'ester en justice.

De 2000 à 2005, il est membre du Bureau national du Parti socialiste. D&S fusionne en 1995 avec la Gauche socialiste (GS) ; il essaie d'empêcher son éclatement à l'été 2002, faisant adopter à l'unanimité les « thèses de Nantes », mais l'antagonisme de Jean-Luc Mélenchon et de Julien Dray impose la scission malgré cela. Puis il cofonde en 2002, le courant Nouveau Parti socialiste (NPS), alors que le courant D&S se partage entre Nouveau Parti socialiste (de Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon) et Nouveau Monde (NM, d'Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon)[24].

Il est rédacteur en chef de la revue Démocratie et Socialisme depuis 1992. Cette revue, animée par ses proches, se veut passerelle entre les différentes sensibilités de la gauche du Parti socialiste. Candidat en 45e position (non éligible) sur la liste PS des européennes en 1999, il est évincé des élections municipales de Combs-la-Ville en 2001, alors qu'il est secrétaire de section depuis cinq ans, après quatre votes et à une voix près, et n'a donc jamais eu de mandat électif.

Il mène campagne pour le « Non » au Traité constitutionnel européen, contre la position officielle du Parti socialiste, alors que le courant NPS, qui s'est aussi prononcé pour le « Non », ne mène pas campagne. Il milite pour le rapprochement des courants de gauche du Parti socialiste, notamment lors d'un grand meeting à la halle Georges-Carpentier à Paris le 10 avril 2004, qui rassemble 40 % du PS (NPS, NM, FM et D&S). Il fait le tour de France, 20 régions, en « trio socialiste » avec Marc Dolez et Jacques Généreux, 86 meetings devant 36 000 personnes du 29 mars 2005 au 29 2005, aidant le « Non socialiste » à gagner. Poussé vers la sortie du courant NPS par Vincent Peillon à cause de cette campagne publique, il cofonde en 2005 le courant Alternative socialiste (AS) avec Henri Emmanuelli, Marc Dolez et Jean-Pierre Masseret. Il milite pour une alliance négociée entre AS et NPS pour le congrès du Mans, mais il refuse la synthèse, de même que Marc Dolez. Les deux fusionnent leurs sensibilités dans le courant Forces militantes pour la démocratie et le socialisme (FMD&S). Gérard Filoche refait un tour de France de meetings à l'occasion de la mobilisation victorieuse contre le CPE au printemps 2006, puis contre la « recodification du Code du travail » de 2007 au 1er mai 2008.

Néanmoins, Marc Dolez décide de rompre unilatéralement l'alliance FMD&S après la désignation de Ségolène Royal comme candidate à l'élection présidentielle de 2007. Alors que Gérard Filoche, qui avait milité pour la désignation de Laurent Fabius, choisit de mener la campagne de Ségolène Royal pour battre Nicolas Sarkozy, Marc Dolez refuse de faire campagne pour la candidate désignée.

En juin 2008, il est le premier signataire d'une des vingt et une contributions déposées dans le cadre de la préparation du congrès de Reims du PS[25]. En septembre 2008, il cofonde la motion de gauche Un monde d'avance (UMA) avec Henri Emmanuelli, Marie-Noëlle Lienemann et Benoît Hamon[26] : « Un monde d'avance : reconstruire l'espoir à gauche ». Il anime la campagne nationale autour de l'appel d'ATTAC, de la fondation Copernic, de la FSU, de Solidaires et de la CGT pour le droit à la retraite à 60 ans sans décote et pour tous au cours de l'année 2010. Parmi les premiers, il soutient l'idée de la candidature de Martine Aubry à l'élection présidentielle de 2012[27].

Au congrès de Toulouse, il présente sa contribution « Redistribuer les richesses d'abord » avec le courant D&S (Jean-Jacques Chavigné (Somme), Gérard Berthiot (vice-président du conseil régional de Champagne-Ardenne), Eric Thouzeau (conseiller régional de Loire-Atlantique), Catherine Touchefeu (adjointe au maire de Nantes), Claude Touchefeu (adjointe au maire de Toulouse), Jean-Yves Lalanne (maire de Billère), Pierre Ruscassie, etc.), puis, actant des divergences stratégiques avec le courant Un monde d'avance de Benoît Hamon, lequel refuse de présenter une motion, il est le numéro 2 de la motion 3 « Maintenant la gauche : le social au cœur » avec Emmanuel Maurel[28]. Il est réélu au Bureau national le .

Il mène campagne pour que le gouvernement de gauche refuse l'« ANI-Medef » du 11 janvier 2013, pour qu'il amnistie les syndicalistes, pour qu'il conduise une politique plus à gauche. Il est placé sous les feux des médias pour un coup de gueule télévisé (le 2 avril 2013 sur LCI) contre la corruption du ministre du budget Jérôme Cahuzac et publie le 13 juin un livre Le choc, après Cahuzac (Jean-Claude Gawsewitch éditeur).

En 2014, il émet des doutes sur la politique sociale des gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls et se demande s'il s'agit vraiment d'une politique d'un gouvernement de gauche[29]. Il s'oppose aux lois sur les retraites, les lois Macron et Rebsamen[29]. Il défend le contrôle des licenciements, la semaine de 32 heures, la hausse du SMIC, la retraite à 60 ans, un salaire maxima à 20 fois le SMIC, une réforme fiscale et bancaire d'envergure. Ces thèmes sont repris en septembre 2014 dans Comment résister à la démolition du code du travail et en mars 2015 dans son 31e livre Vive l'entreprise ?.

Au congrès de Poitiers des 6 et 7 juin 2015, il se prononce « pour une seule grande tendance de tous ceux qui défendent le meilleur de la tradition socialiste en opposition à un gouvernement qui conduit la gauche dans le mur ». Il soutient la Modèle:NOBR, qui obtient 30 % des voix. Gérard Filoche est alors réélu au Bureau national.

En 2016, il s'oppose à la loi El Khomri[30],[31], considérant que le projet institue une nouvelle hiérarchie des normes dans le droit du travail en inversant le principe de faveur car le résultat moins favorable d'une négociation collective pourra prévaloir sur la loi[32].

Journalisme[modifier | modifier le code]

Il contribue régulièrement au journaux satiriques Siné Hebdo puis Siné Mensuel, créés par le dessinateur Siné, intervenant principalement sur les questions relatives au Code du travail et aux droits des salariés. Il est également chroniqueur à partir de 2010 à L'Humanité Dimanche et blogueur associé des sites Marianne et Mediapart.

Tentative de candidature présidentielle[modifier | modifier le code]

Le 14 juin 2016, lors d'un passage dans l'émission Là-bas si j'y suis, il se déclare candidat à la primaire à gauche pour l'élection présidentielle de 2017[33] sur un projet qu'il résume par la suite de chiffres « 1800-32-60-20-5 », à savoir : le SMIC à 1 800 par mois, la semaine de 32 heures, la retraite à 60 ans, aucun salaire supérieur à 20 fois le SMIC et pas plus de 5 % de travailleurs précaires dans l'entreprise.

Le 17 décembre, il est écarté de la primaire, faute d'un nombre de parrainages suffisant. Dès l'annonce de la décision de la Haute autorité du PS, il indique son intention de déposer deux recours, qui seront rejetés.

Le mois suivant, il apporte son soutien à Arnaud Montebourg[34]. Après la défaite de ce dernier au premier tour, il décide de soutenir Benoît Hamon, arrivé en tête devant Manuel Valls et qui remporte finalement la primaire.

Polémiques[modifier | modifier le code]

Le 21 octobre 2014, à la suite de la mort accidentelle du PDG de Total Christophe de Margerie, Gérard Filoche tweete : « De Margerie est mort. Famille Taittinger en deuil. Les grands féodaux sont touchés. Ils sont fragiles. Le successeur nous volera-t-il moins ? ». Dans un tweet suivant, il qualifie l'homme d'affaires de « suceur de sang ». Ses messages déclenchent la colère d'une partie de la classe politique de droite mais aussi de gauche : certains, comme Patrick Mennucci ou Manuel Valls, demandent même son exclusion du PS[35]. Saisie, la Haute autorité du PS finit par abandonner toute suite en décembre 2016[36].

Gérard Filoche se signale par son opposition à Emmanuel Macron lors du passage de ce dernier au ministère de l'Économie. En septembre 2015, il lance un site internet pour réclamer la démission du ministre[37]. Le mois suivant, suite à un accident de car ayant coûté la vie à 43 personnes, Gérard Filoche reprend les propos de Noël Mamère qui attribue ce drame aux risques pour les passagers qu'induirait la loi Macron. Il en profite pour faire au passage la promotion de son site. Le député PS Jean-Louis Gagnaire réclame alors l'exclusion du parti de Gérard Filoche, qu'il qualifie d'« individu abject »[38].

Exclusion du Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Le 17 novembre 2017, Gérard Filoche relaie sur Twitter un photomontage représentant Patrick Drahi, Jacob Rothschild et Jacques Attali entourant Emmanuel Macron, qui porte un brassard nazi où le symbole du dollar remplace la croix gammée, avec le slogan « En Marche vers le chaos mondial », le tout sur fond de drapeaux américain et israélien. L'image, tirée du site d'extrême-droite Égalité et Réconciliation, est accompagnée du message : « Un sale type, les Français vont le savoir tous ensemble bientôt ». Cette publication suscite des réactions indignées d'une partie de la classe politique, notamment de La République en Marche, mais aussi venant de son propre camp, comme Juliette Méadel, qui dénoncent un tweet à caractère antisémite et complotiste[39].

Gérard Filoche retire son tweet quelques heures après sa publication, mais dénonce sur son blog une « diversion », un « complot » et une « cabale » de la part du parti majoritaire[40], avant de présenter ses excuses le lendemain matin sur Twitter, toujours en dénonçant une « cabale en meute » pour une « image totalement banale[41] ». Le représentant légal du PS, Rachid Temal, annonce saisir la direction du PS pour procéder à son exclusion[42].

Le 21 novembre 2017, le bureau national du PS décide à l'unanimité d'exclure Gérard Filoche[43].

Le 29 novembre, L'Humanité publie une pétition signée par plusieurs personnalités qui prend la défense de Gérard Filoche et critique l'« atteinte portée à l’honneur d’un militant qui a consacré sa vie entière à défendre les libertés syndicales et le Code du travail, à lutter contre le racisme et l’antisémitisme »[44].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Printemps portugais, éditions Actéon, 1984.
  • Le socialisme est une idée neuve, (collectif) éditions D&R, 1991.
  • Les clairons de Maastricht, coécrit avec Julien Dray, éditions Ramsay, 1992.
  • Édouard Balladur et les 5 millions de chômeurs, éditions L’Harmattan, 1993.
  • Pour en finir avec le chômage de masse, éditions La Découverte, 1995.
  • Le travail jetable, éditions Ramsay, 1997.
  • 68-98, une histoire sans fin, mémoires, éditions Flammarion, 1998.
  • Le travail jetable, non, les 35 h, oui, éditions Ramsay, 1999
  • La République sociale, textes de référence de la Gauche socialiste, collectif, éditions l’Harmattan, 1999.
  • Sept jours dans la vie d'Attika, coécrit avec Harlem Désir, Julien Dray, Marie-Noëlle Lienemann et Jean-Luc Mélenchon, éditions Ramsay, septembre 2000.
  • Bien négocier les 35 heures, guide pratique (et critique) à l’usage exclusif des salariés, coécrit avec Sylvian Chicote, éditions La Découverte, 2001.
  • Retraites : réponse au Medef, coécrit avec Jean-Jacques Chavigné, éditions Ramsay, 2001.
  • Ces années-là… quand Lionel…, éditions Ramsay, 2001.
  • 20 ans de CHSCT, étude pour le Conseil économique et social, éditions Journal officiel, 2001.
  • Postface aux textes de Marx-Engels sur l’Afghanistan, éditions Mille et Une Nuits, 2001.
  • Carnets d’un inspecteur du travail, éditions Ramsay, 2004.
  • SOS sécu !, coécrit avec Gérard Berthiot et Jean-Jacques Chavigné, éditions Au bord de l’eau, 2004.
  • À celle ou celui qui portera les couleurs de la gauche en 2007, éditions Ramsay, juin 2004.
  • On achève bien les inspecteurs du travail…, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2004.
  • « La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? », Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2006.
  • Mai 68 Histoire sans fin, Liquider mai 68 ? même pas en rêve !, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2007 (ISBN 978-2-35013-107-8).
  • Salariés, si vous saviez..., éditions La Découverte, février 2008 (ISBN 978-2-7071-5273-2).
  • Les caisses noires du patronat, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, avril 2008 (ISBN 978-2-35013-133-7).
  • Le Droit à la paresse, Paul Lafargue (1880), texte présenté par Gérard Filoche, éditions Le Passager clandestin, 2009.
  • Les nouveaux carnets d'un inspecteur du travail, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, avril 2010 (ISBN 978-2-35013-201-3).
  • Une vraie retraite à 60 ans, c'est possible, coécrit avec Jean-Jacques Chavigné, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, avril 2010 (ISBN 978-2-35013-224-2).
  • 68-98, histoire sans fin, tome 2 : La gauche socialiste, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2011 (ISBN 978-2-3501-3254-9).
  • Dette indigne !, coécrit avec Jean-Jacques Chavigné, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2011 (ISBN 978-2-3501-3313-3).
  • Le choc, après Cahuzac, coécrit avec Cyril Gispert, Jean-François Claudon et Jean-Jacques Chavigné, Jean-Claude Gawsewitch éditeur, juin 2013.
  • Une vraie retraite à 60 ans c'est possible, coécrit avec Jean-Jacques Chavigné, 3e version actualisée, Jean-Claude Gawsewitch éditeur, octobre 2013.
  • Comment résister à la démolition du code du travail ?, éditions Le vent se lève, 120 p, septembre 2014.
  • Vive l'entreprise ? en défense du code du travail, éditions Hugo & Cie, mars 2015.
  • Comment résister aux lois Macron, El Khomri et cie ?, éditions Le vent se lève, 15 mars 2016, 180 p.
  • Cérium (roman), coécrit avec Patrick Raynal, éditions Le Cherche midi, avril 2017, 272 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ma bio – Le blog de Gérard Filoche », sur www.filoche.net (consulté le 1er mai 2017)
  2. a, b et c « Questions sur le parcours militant de Gérard Filoche – Le blog de Gérard Filoche » (consulté le 1er mai 2017)
  3. a et b « Repères », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  4. Marc de Boni, « Législatives : la fille de Gérard Filoche contraint Cambadélis à une primaire », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  5. Damien Flament, « La cause, toujours », Libération,‎ (lire en ligne)
  6. « La famille extraordinaire du cadre du PS », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  7. « Gérard Filoche évoque les deux mères de sa fille dans «On n’est pas couché» » (consulté le 2 mai 2017)
  8. « Louise a deux mères, un père, et une belle-mère », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  9. http://solidarite-les-bruyeres.asso-web.com/uploaded/livre-dor.pdf
  10. Politis, numéro 980, 13-19 décembre.
  11. Institut de beauté Guinot-Mary Cohr.
  12. « Le parquet requiert le renvoi en correctionnelle de Gérard Filoche », Nouvel observateur temps réel, (consulté le 12 juillet 2010)
  13. « Signataires de la pétition en faveur de Gérard Filoche », Solidarité avec Gérard Filoche
  14. « Gérard Filoche fut malgré tout renvoyé au tribunal correctionnel de Paris en 2011... 2e paragraphe »
  15. « Accusé d'avoir entravé un CE, Gérard Filoche relaxé », Mediapart, 12 octobre 2011.
  16. Gérard Filoche relaxé, l’inspection du travail sauvée ?
  17. Victoire par KO ! La cour d’appel, le 3 juillet 2012, a déclaré irrecevable la plainte du CE Guinot contre Gérard Filoche
  18. La cour d’appel, le 3 juillet 2012, a déclaré irrecevable la plainte du CE Guinot contre Gérard Filoche sur democratie-socialisme.org
  19. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 97.
  20. a et b Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 495.
  21. « Gérard Filoche, le Zorro de l'inspection du travail », L'Express,‎ (lire en ligne)
  22. Gérard Filoche, 68-98 : une histoire sans fin, Paris, éd. Flammarion, 1998.
  23. « Encore une tentative pour convaincre, à partir des faits, sur la nature réelle du PS », Blog de Gérard Filoche, (consulté le 10 avril 2010)
  24. « Gérard Filoche », Démocratie et Socialisme, (consulté le 10 avril 2010)
  25. « D'abord resdistribuer les richesses », démocratie & Socialisme, (consulté le 10 avril 2010)
  26. « Congrès PS: Hamon, Emmanuelli, Lienemann et Filoche présentent une motion », AFP
  27. « Je soutiens la candidature de Martine Aubry », Blog de Gérard Filoche, (consulté le 30 juin 2011)
  28. « Maintenant la gauche: le social au cœur », Parti socialiste (consulté le 15 septembre 2012)
  29. a et b Un nouveau bouquet de lois sur le travail en janvier 2014 .
  30. « Filoche: la loi Travail est "une trahison", Valls "une erreur de casting" » [vidéo], sur BFM (consulté le 24 novembre 2017)
  31. www.magcentre.fr/97968-loi-travail-gerard-filoche-enflamme-les-manifestants/
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  34. « Primaire de la gauche : Entre Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, Gérard Filoche a fait son choix », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne)
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  37. Gérard Filoche lance un site pour demander la démission d’Emmanuel Macron, Europe 1, 24 septembre 2015
  38. Déclaration de Jean-Louis Gagnaire député de la Loire
  39. Justine Faure, « Gérard Filoche tweete un photomontage antisémite sur Emmanuel Macron, le PS demande son exclusion », LCI,‎ (lire en ligne)
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  42. « Une procédure d'exclusion de Gérard Filoche du PS engagée après ce "tweet inacceptable et inqualifiable" », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  43. « Tweet jugé «antisémite» sur Macron: Gérard Filoche exclu du Parti socialiste », sur www.20minutes.fr (consulté le 21 novembre 2017)
  44. « L’honneur d’un militant, Gérard Filoche », L'Humanité, 29 novembre 2017.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]