Gilles Martinet

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Gilles Martinet
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Gilles Martinet (né le à Paris et mort le ), est un journaliste, un homme politique et un intellectuel de gauche français. Il a cofondé le PSU avant de rejoindre le Parti socialiste.

Communiste, résistant puis journaliste[modifier | modifier le code]

Bachelier à l'âge de 16 ans, Gilles Martinet est contraint d'interrompre ses études en 1936 à la mort de son père, ruiné par la crise de 1929. Il devient alors rédacteur à l'agence Havas, et reprend ensuite des études qu'il mène parallèlement à son travail. Celles -ci le mènent jusqu'à une licence de lettre et un diplôme d'études supérieures d'histoire.

Politiquement, il est d'abord séduit par le communisme au début des années 1930, et devient secrétaire des Étudiants communistes de Paris au moment du Front populaire. Il adhère au parti communiste en 1935, participe au congrès de 1937, mais le quitte en 1939, après les procès de Moscou.

Il s’engage dans la Résistance en 1941, passe dans la clandestinité en 1943, et forge sa vocation de journaliste en participant à la publication de journaux clandestins comme l’Insurgé, animé par des anciens du Parti socialiste ouvrier et paysan, et notamment Pierre Stibbe.

En 1944, il prend la direction de l’Office français d'information, la future AFP avec l’aide d’une section de FFI, fonction qu'il conserve jusqu'en 1947, lorsqu'il refuse de censurer des informations sur la Guerre d'Indochine. Le gouvernement impose alors son départ de la direction.. En 1950, avec Claude Bourdet et Roger Stéphane, il crée L’Observateur. Le journal prend le nom de L’Observateur d'Aujourd’hui en 1953 puis de France Observateur en 1954. Gilles Martinet en est le rédacteur en chef de 1950 à 1964, date à laquelle Claude Perdriel rachète le journal, qui devient Le Nouvel Observateur. Gilles Martinet gardera le poste d’administrateur jusqu’en 1985.

Du PSU au PS[modifier | modifier le code]

Parallèlement à sa carrière journalistique, Gilles Martinet poursuit son parcours politique. En 1945, il rejoint un groupe qui, autour de trotskistes comme Maurice Nadeau, Pierre Naville ou David Rousset, va publier une revue marxiste, La Revue Internationale.

Il adhère ensuite au Parti socialiste unitaire et fait partie du bureau permanent de cette organisation. Refusant la condamnation du titisme plus ou moins imposée au PSU par son allié communiste, il quitte ce parti et est ensuite membre de l'Union progressiste. Après une pause militante après les élections législatives de 1951, il participe, aux côtés de Claude Bourdet, aux différentes tentatives de regroupement de la "nouvelle gauche", qui conduisent à la création de l’Union de la gauche socialiste, dont il devient secrétaire général (1958-1960).

L'essentiel de son action militante passe cependant par France Observateur, notamment dans la lutte anti-coloniale.

Il siège ensuite au bureau national du cartel de l'Union des forces démocratiques (UFD), mis sur pieds pour les législatives de novembre 1958. Il est un des fondateurs du Parti socialiste unifié (PSU), dont il est secrétaire national adjoint avec Henri Longeot, de 1960 à 1967.

Son engagement contre la guerre d'Algérie fait de lui une des cibles des ultras, et son appartement est plastiqué en 1962.

Au sein du PSU, il est proche de la ligne majoritaire défendue par Edouard Depreux, ce qui conduit à une rupture politique, en 1961, avec Claude Bourdet, qui lui soutient Jean Poperen.

Secrétaire général adjoint du PSU en 1965, il est soutenu par Depreux pour accéder à la direction du parti et mène, en 1967, une motion qui propose l'adhésion du PSU à la FGDS. Battu par la motion de Michel Rocard qui prône le maintien de "l'autonomie" du PSU, il est renvoyé dans la minorité interne, et ne siège même plus dans les instances nationales du parti.

Il crée alors avec d'autres "minoritaires" du parti, et notamment Henri Longeot et Harris Puisais, la revue Pouvoir socialiste, qui leur permet de défendre leurs positions.

Il s'éloigne de plus en plus de la direction du PSU, condamnant ainsi sans nuance les positions de Jacques Sauvageot au moment de Mai 68.

Il finit par quitter le PSU en février 1972, et rejoint le Parti socialiste. Il milite alors au sein du courant mené par Jean-Pierre Chevènement, le CERES.

C'est à ce titre qu'il devient membre du bureau exécutif du PS en 1973. Il rompt cependant avec Chevènement l'année suivante, alors que Michel Rocard rejoint le PS. Il devient alors un des animateurs du courant "rocardien" : en 1975, lors du congrès de Pau, les rocardiens se comptent au travers de "l'amendement Martinet", tout en participant de la motion majoritaire.

Il devient alors secrétaire national du PS, en charge des études, jusqu'au passage des rocardiens dans la minorité, après le congrès de Metz (1979)

En 1979, il est élu député européen sur la liste du Parti socialiste.

Après la victoire de la gauche, en 1981, il devient ambassadeur de France en Italie, poste qu’il occupe jusqu’en 1984. En 1984, il est élevé à la dignité d'ambassadeur de France[1].

Après 1984, il n'apparaît plus au premier plan de l'action politique.

En 1988, il est membre du cabinet de Michel Rocard, alors Premier ministre.

La fin de sa vie est marquée par une santé déclinante jusqu'à l'invalidité.

Points divers[modifier | modifier le code]

Marié avec la fille du socialiste et syndicaliste italien Bruno Buozzi, résistant assassiné en 1944 par les nazis, il a eu deux filles, dont l'une a épousé Alain Krivine, dirigeant de la LCR.

En 1998, il est nommé Commandeur de la Légion d'honneur.

Président, puis président d'honneur du Comité de Paris de la Società Dante Alighieri, première association culturelle italienne à vocation internationale, avec plus de 500 comités dans environ 80 pays.

Des obsèques qui rassemblent de nombreuses personnalités de gauche[modifier | modifier le code]

À l'exception du Parti communiste qui n'a délégué aucun représentant, nombreuses sont les personnalités (syndicalistes, hommes politiques de gauche et journalistes) présentes à ses obsèques au crématorium du Père-Lachaise, le lundi 3 avril 2006. Le Parisien a relevé la présence des socialistes Lionel Jospin, Michel Rocard, François Hollande, Dominique Strauss-Kahn, et Henri Weber ; d'Alain Krivine (LCR et gendre de Gilles Martinet), d'Edmond Maire et François Chérèque (l'ancien et l'actuel dirigeant de la CFDT) ; Jean Daniel (directeur du Nouvel Observateur), l'historienne Mona Ozouf, le trotskiste Daniel Bensaïd, et Henry Hermand, ami de Martinet et millionnaire, qui avait investi dans Le Matin de Paris[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'observateur engage, Paris, JC Lattès, , 269 p. (ISBN 9782709625333 et 2709625334)
  • Les clés de la Ve république : de Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand, Chirac : essai suivi de Mendès France, le contre-exemple, Paris, Seuil, coll. « Histoire », , 155 p. (ISBN 9782020517584 et 2020517582)
  • Une certaine idée de la gauche, 1936-1997, Paris, O. Jacob, (ISBN 9782738105295)
  • Gilles Martinet, Le réveil des nationalismes français, Paris, Editions du Seuil, coll. « Essai politique », (ISBN 9782020215527 et 2020215527)
  • Prague - avenir d'une ville historique capitale - L'aube Eds De - 01/1992
  • Les Italiens, Paris, B. Grasset, , 323 p. (ISBN 9782246397410)
  • Cassandre et les tueurs : cinquante ans d'une histoire française, Paris, B. Grasset, , 269 p. (ISBN 9782246357513 et 2246357519)
  • Le Système Pompidou - coll : "Hist.Immed", Seuil 1973 (ISBN 978-2020023160)
  • Revue Faire Le Reflux américain - décadence ou renouveau des États-Unis ? – Seuil
  • Sept Syndicalismes - Grande-Bretagne, RFA, Suède, Italie, France, États-Unis, Japon. – Seuil
  • Les cinq communismes : russe, yougoslave, chinois, tchèque, cubain – Seuil - 1971
  • La Conquête des pouvoirs - Seuil - 1968
  • Le Marxisme de notre temps - Seuil - 1962
  • Un'amicizia difficile. Conversazioni su due secoli di relazioni italo-francesi - con Sergio Romano e Michele Canonica - Ponte alle Grazie - Milano - 2001

Il a également préfacé, en 2005, «Génération Battisti : ils ne voulaient pas savoir», écrit par le journaliste politique Guillaume Perrault.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un "ambassadeur de France" garde ce titre toute sa vie
  2. L’adieu à Gilles Martinet, Nathalie Segaunes, Le Parisien, 4 avril 2006