Xylothèque

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Une xylothèque (du grec ancien ξύλον, xylon, « bois » et θήκη, thêkê, « armoire, caisse ») est le lieu où est conservée et consultée une collection organisée de bois. Par métonymie, la xylothèque désigne aussi la collection elle-même. Une xylothèque est utile comme référence pour identifier les espèces dans des études de systématique ou d'anatomie du bois, mais aussi, entre autres, en archéologie, en criminalistique ou pour la restauration d'œuvres d'art[1] et pour déterminer la valeur économique des essences de bois. Les échantillons sont aussi utilisés pour étudier les propriétés physiques et mécaniques du bois, comme sa dureté et sa résistance[2].

Comme une bibliothèque, un dépôt d'archives ou un herbier, une xylothèque demande trois pré-requis : la collecte, l'organisation et la conservation. Avec la déforestation croissante, le rôle des xylothèques est devenu crucial car de nombreuses espèces ligneuses pourraient disparaître avant même que des échantillons n'aient pu en être prélevés et qu'elles n'aient été décrites[3].

Collections historiques[modifier | modifier le code]

Alors que des herbiers sont confectionnés depuis le Moyen Âge, la xylothèque n'est apparue qu'à la fin du XVIIe siècle dans les cabinets de curiosités. À l'origine simple collection d'objets, elle devient, sous l'influence des Lumières et de la taxonomie de Linné, une collection systématique[4]. Au début du XVIIIe siècle des collections de bois sont rassemblées dans le jardin médicinal de Saint-Pétersbourg ; enrichies dès 1823, ces collections sont à l'origine de la xylothèque du musée botanique de Saint-Pétersbourg, l'une des plus anciennes institutions de ce type[1]. À la fin du XVIIIe siècle les premières bibliothèques de bois (traduction littérale de l'allemand « Holzbibliothek ») destinées à présenter le bois et les caractéristiques botaniques de l'arbre dans son ensemble apparaissent en Prusse[4].

Cabinets de curiosités[modifier | modifier le code]

Les premières collections de bois, mentionnées sous le nom de Holz-Cabinet dans la Deutsche Encyclopädie en 1790, sont celles de Heinrich Linck à Leipzig (1670)[5], d'Albertus Seba à Amsterdam (1710), de Hitzell à Coblence, et celle rassemblée par Christian Clodius à Zwickau (1729) pour le cabinet de curiosités d'Auguste II de Pologne à Dresde[4].

Xylothèque de Linck (1670-1807)[modifier | modifier le code]

Le cabinet d'histoire naturelle de Linck a été créé en 1670 par Heinrich Linck, pharmacien à Leipzig et développé par son fils Johann Heinrich Linck l'Ancien, puis par le fils de celui-ci, Johann Heinrich Linck le Jeune. Au décès de ce dernier en 1807, en l'absence d'héritiers (tous ses enfants étant morts avant lui), sa veuve a cherché à vendre la collection dans sa totalité aux enchères. Finalement la cabinet est acquis en 1840 par Otto Victor I. von Schönburg et transféré en 1844 dans le Musée et cabinet d'histoire naturelle de Waldenburg (de), en Saxe, spécialement construit à cette fin.

La xylothèque de Linck, dont Johann Heinrich Linck le Jeune a publié le catalogue[6], se compose de 810 échantillons de bois, la plupart polis, de 11,5×6×0,6/0,9 cm, disposés par séries de 30 dans un meuble rococo à 27 tiroirs, très vraisemblablement de facture plus récente que le meuble d'origine. Chaque échantillon est pourvu d'une étiquette manuscrite avec la dénomination de l'essence en latin[note 1] et le classement est alphabétique. Il s'agit, pour la majeure partie, d'espèces indigènes et, pour une petite partie, d'espèces exotiques, comme le palissandre, le mahonia et l'ébène. Dans le cas des buissons et des racines, plusieurs morceaux sont collés ensemble pour former une planchette du bon format. Les échantillons couverts de cristaux de DDT, suite aux traitements insecticides appliqués sous le régime de l'Allemagne de l'est ont dû être décontaminés[5],[7].

Bibliothèque de bois de Carl Schildbach, Ottoneum (1788)[modifier | modifier le code]

Une douzaine de volumes fermés, alignés comme des livres, et quelques volumes ouverts montrant les échantillons
Bibliothèque de bois de Carl Schildbach, Ottoneum, Cassel
Quatre volumes modernes semblables aux exemplaires de Schildbach
Répliques de volumes de bois présentés par Mark Dion à dOCUMENTA(13)

Le musée d'histoire naturelle Ottoneum à Cassel abrite la bibliothèque de bois de 530 volumes (soit 441 espèces d'arbres et arbustes) confectionnée entre 1771 et 1799 par Carl Schildbach[8],[9], sous la dénomination Sammlung von Holzarten, so Hessenland von Natur hervorbringt (en français « Collection d'essences de bois produits par la nature du land de la Hesse »)[10]. Chaque volume est conçu comme une petite vitrine d'un bois différent, fermée par un couvercle coulissant, montrant un arrangement en trois dimensions de matériel séché et de modèles en cire de rameaux, de feuilles, de fleurs et de fruits, retraçant le cycle de vie de l'espèce, avec ses parasites éventuels[11]. Les plats des boîtes sont faits de bois de cœur et d'aubier, avec des sections de branches de différents diamètres et une section dans le tronc ; l'écorce, couverte de lichens, est présentée sur le dos avec le nom de l'espèce ; les légendes et du matériel annexe sont fixés sur la tranche[12],[13],[14]. Le cabinet hexagonal de présentation de la collection a été reconstruit en 2012 pour l'exposition dOCUMENTA(13)[15]comme une « œuvre d'art - présentation scientifique » par l'artiste américain Mark Dion, qui y a ajouté symboliquement quelques répliques modernes de volumes de bois[16],[17].

Bibliothèque de bois de Candid Huber, Ebersberg (1793)[modifier | modifier le code]

Une vingtaine de volumes de bois, semblables à des livres ; deux volumes ouverts contenant des rameaux feuillus
Bibliothèque de bois de Candid Huber à Lilienfeld

En 1791, Candid Huber, moine bénédictin de l'abbaye de Niederaltaich devenu vicaire d'Ebersberg, annonce la confection d'une bibliothèque de bois de 150 volumes[18]. Huber voulait produire un ouvrage éducatif à la gloire du Créateur : Das Buch der Natur (en français « Le Livre de la nature ») peut ainsi être considéré comme une illustration pour Le Livre des livres, la Bible[19]. De facture beaucoup plus simple que les véritables œuvres d'art réalisées par Carl Schildbach, ces volumes sont constitués de deux planches évidées de manière à ménager un espace central pour y insérer des échantillons de rameaux, feuilles, fleurs et fruits, accompagnés d'insectes utiles et nuisibles ; les deux planches sont reliées au dos, en bois non écorcé, par les étiquettes en cuir qui jouent le rôle de charnières[20]. La collection qui s'adresse aux propriétaires forestiers, aux amateurs de botanique forestière et aux surintendants des cabinets d'histoire naturelle est proposée en souscription ; la noblesse, le clergé ainsi que des hauts fonctionnaires se montrent intéressés[21]. Une douzaine de ces collections, confectionnées vers 1793, sont encore répertoriées après plus de deux siècles, dont la plus complète, qui compte 135 volumes, se trouve au musée de la nature du canton de Thurgovie à Frauenfeld, en Suisse[22] ; 132 volumes sont conservés dans la bibliothèque de l'abbaye cistercienne de Lilienfeld, Autriche[23]. Le Musée de la forêt et de l'environnement d'Ebersberg[24] en possède également plusieurs volumes.

Die Deutsche Holzbibliothek[modifier | modifier le code]

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Série de Carl von Hinterlang (1804-1825)[modifier | modifier le code]

Deux volumes ouverts, contenant feuilles, rameaux, fruits, insectes et échantillons de bois
Deux volumes de la Holz-Bibliothek de Carl von Hinterlang à Kremsmünster

À Prague, dans le cabinet de curiosités de la bibliothèque du Monastère de Strahov se trouve une collection de 68 volumes de bois créée par Carl Aloys von Hinterlang en 1825. Chacun des volumes est en réalité une boîte de bois d'une espèce différente ; le dos, qui porte le nom de l'arbre en latin et en allemand, est orné de son écorce et de lichens ; dans la boîte, qui s'ouvre comme un livre, se trouvent des échantillons de rameaux, feuilles, fleurs, fruits et même des parasites de l'espèce[25].

Série de Friederich Alexander von Schlümbach et Johann Goller (1809-1810)[modifier | modifier le code]

Neuf collections de cette série sont conservés en Allemagne, en Hongrie, aux Pays-Bas et en Suède[26].

Xylothèques japonaises[modifier | modifier le code]

Ère Edo (1826)[modifier | modifier le code]

La collection de l'ère Edo, conservée à l'Herbier national des Pays-Bas à Leiden, se compose de 45 fines planchettes de bois d'espèces indigènes de l'île d'Hokkaido, d'environ 7×14×0,65 cm, sur une face desquelles est peint le feuillage de l'espèce, avec son nom vernaculaire en japonais, et parfois en latin. Offerte en cadeau à Philipp Franz von Siebold, lors de son séjour à Edo en 1826, par le géographe et explorateur japonais Mogami Tokunai, elle a été cédée par Siebold à Carl Ludwig Blume, premier directeur du Rijksherbarium de Leyde, à son retour du Japon en 1830[27],[28].

Ère Meiji (1878)[modifier | modifier le code]

Peinture d'unrameau fleuri, d'un fruit et d'une coupe du fruit, sur un panneau de bois avec un encadrement d'écorce
Poirier (Pyrus communis), xylothèque japonaise de Chikusai Kato (1878)

La xylothèque japonaise du début de l'ère Meiji (1878) se compose de 220 panneaux de bois (34×23×3 cm) appartenant à 150 espèces différentes, la plupart indigènes au Japon, sur lesquels sont peints les détails botaniques de l'espèce ; l'encadrement est constitué d'écorce, avec aux quatre angles des sections transversales de branches[29],[30]. Cinq sets de ces panneaux, tous réalisés au même moment[note 2], par une équipe d'artistes sous la direction de Chikusai Kato, illustrateur au jardins botaniques de Koishikawa, pour l'université impériale de Tokyo, sont conservés au Japon (Tokyo), en Allemagne au Jardin botanique et musée botanique de Berlin-Dahlem (152 panneaux)[31],[32], en Grande-Bretagne aux Jardins botaniques royaux de Kew (25 panneaux) et dans une collection privée, et en Amérique du Nord[33].

Xylothèque de Florence[modifier | modifier le code]

Le catalogue des collections du grand-duc de Toscane établi en 1793 (Museum's Old Collections, « anciennes collections du musée d'histoire naturelle ») mentionne déjà des échantillons de bois (troncs et sections transversales) d'espèces exotiques en provenance d'Égypte, Guyana, Madagascar et Océanie ; entre 1842 et 1877, sous la direction de Parlatore, la xylothèque du musée de botanique de Florence s'enrichit de ses récoltes d'Italie et d'Amérique, ainsi que de bois africains achetés à Londres et d'échantillons de divers récolteurs en provenance d'Amérique du Sud et d'Asie[34]. Ces collections se présentent sous différentes formes : sections longitudinales de troncs, polies et assemblées par des charnières ou blocs de bois de la forme d'un livre.

École forestière de Nancy[modifier | modifier le code]

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, l'École forestière de Nancy rassemble une collection d'échantillons de bois étiquetés « École Impériale Forestière », auxquels s'ajoutent progressivement les spécimens de bois présentés par les services forestiers des pays participants aux expositions universelles organisées à Paris (1867, 1878, 1889 et 1900)[35]. Ces collections sont exposées, avec d'autres collections d'histoire naturelle rassemblées par Lucien Daubrée, Directeur général des forêts, dans un bâtiment spécialement construit à cet effet en 1896, la « Galerie Daubrée »[36]. Vers 1970, la galerie Daubrée est abandonnée et les collections dispersées ; ce n'est qu'en 2009 que la xylothèque de Nancy connaît un regain d'intérêt et est à nouveau rassemblée[35].

Collections contemporaines[modifier | modifier le code]

Une vitrine avec des planchettes, entourée de blocs de bois de différentes dimensions
Collection de bois de l'Albany museum (en) à Grahamstown (Afrique du Sud)

Les collections scientifiques de référence modernes sont constituées d'échantillons (blocs ou planchettes) de bois, accompagnés de matériel annexe (trois coupes fines perpendiculaires, petits cubes permettant d'observer les trois plans de coupe[37], préparations microscopiques, photos...) et d'un échantillon d'herbier (rameau avec feuilles, fleurs et fruits) ; compte tenu de la variabilité du matériel biologique, plusieurs spécimens d'une même espèce sont présents[38].

Xylothèques institutionnelles[modifier | modifier le code]

Le premier guide des xylothèques institutionnelles est publié en 1957 par William Louis Stern[39], à l'époque curateur des collections dendrologiques de l'université Yale. Il liste 66 collections de bois réparties dans le monde. Dix ans plus tard, à l'image de l’Index herbariorum qui répertorie les grands herbiers au niveau mondial, la première édition de l’Index Xylariorum[40] voit le jour : Stern y recense 134 xylothèques conservant au total plus d'un million d'échantillons de bois, auxquels s'ajoutent des préparations microscopiques et/ou des spécimens d'herbier. Chacune d'entre elles s'est vu attribuer une abréviation standardisée ou sigle (semblable, le cas échéant, à celui de l'herbier associé) se terminant par « w » (pour wood, mot anglais qui signifie « bois »)[41]. La quatrième édition, Index xylariorum 4 (2010), est publiée en ligne par les Jardins botaniques royaux de Kew[42].

Les deux collections les plus importantes au monde, avec chacune plus de 100 000 échantillons, sont la xylothèque de l'Herbier national des Pays-Bas à Leiden, où sont rassemblées les collections de l'Institut royal des Tropiques d'Amsterdam, de l'université d'Utrecht, du Rijksherbarium de Leiden[42] et de l'université de Wageningen[43], et celle du Laboratoire des produits forestiers du Service des forêts des États-Unis à Madison (Wisconsin), qui inclut la collection du Chicago Field Museum of Natural History et héberge la collection de Samuel James Record de la Yale School of Forestry (en)[44],[45]. Viennent ensuite les collections de l'Université fédérale du Pernambouc à Recife au Brésil (84 600 échantillons )[42] et du musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren, Belgique (61 474 échantillons)[46].

Principales xylothèques institutionnelles dans le monde (par ordre d'importance décroissante)
Source : Index Xylariorum 4, 2010
Pays, localité Institution Sigle(s) Année de création Nombre d'échantillons Nombre de genres Spécialisation géographique
Pays-Bas, Leiden Herbier national des Pays-Bas Lw
RTIw
Uw
1955 105 000 2 000 monde entier, mais surtout région malaisienne et Amérique du Sud tropicale
États-Unis, Madison Service des forêts, Laboratoire des produits forestiers MADw
SJRw
1970 105 000 3 500 monde entier, surtout Amérique
Brésil, Recife Université fédérale du Pernambouc, collection de bois Sergio Tavares[47] SUDENEw
TIPw
1960 84 600 Brésil
Belgique, Tervuren Musée royal de l'Afrique centrale Tw 1898 61 474 monde entier, surtout Afrique centrale[48]
Australie, Clayton South CSIRO, Dadswell Memorial Wood Collection[49] FPAw 1929 47 720 2 237 Malaisie et zone sud-ouest du Pacifique, en particulier Australie et Nouvelle-Guinée
États-Unis, Washington Smithsonian Institution, National Museum of Natural History, Department of Botany USw 1915 42 500 3 033 monde entier, surtout Amérique tropicale[50]
Indonésie, Bogor Forest Products Technology Research and Development Center BZFw 1914 41 769 785 Indonésie
Grande-Bretagne, Kew Jardins botaniques royaux de Kew, Laboratoire Jodrell K-Jw 1876 40 000 2 250 monde entier, mais surtout région malaisienne et Amérique du Sud tropicale
États-Unis, Syracuse Université d'État de New York, Harry Philip Brown Memorial Wood Collection BWCw 1925 40 000 2 100 principalement néotropique, mais aussi Amérique du Nord et centrale ; Asie et Afrique tropicale et tempérée
France, Montpellier CIRAD, UR Bois tropicaux[37] CTFw 1937 34 000 2 100 Afrique de l'Ouest, Madagascar, Indochine, Nouvelle Calédonie, Guyane
Grande-Bretagne, Kew Jardins botaniques royaux de Kew, economic botany collection Kw 1847 33 500 3 205 monde entier
États-Unis, Raleigh Université de Caroline du Nord, Collection de bois David A. Kribs PACw 1925 32 000 2 500 monde entier, surtout États-Unis
États-Unis, Cambridge Herbier de l'Université Harvard, Laboratoire d'anatomie et morphologie végétale Bailey-Wetmore Aw 1938 31 000 monde, surtout régions tropicales d'Asia, Australasie, et Amérique
Chine, Nankin Université forestière de Nankin, Collège de science et technologie du bois NFUw 1952 30 000 650 Chine, Asie du Sud-Est, Japon, Australie
Grande-Bretagne, Garston, Wadford Centre for Timber Technology and Construction FPRLw 1926 30 000 2 500 monde entier, surtout Afrique tropicale et Asie du Sud-Est
Japon, Tsukuba Forestry and Forest Products Research Institute[51] TWTw 1928 25 000 1 800 Asie orientale et du Sud-Est
Grande-Bretagne, Oxford Oxford Forestry Institute (en) FHOw 1924 24 381 2 719 Commonwealth[52]
Allemagne, Hambourg Université de Hambourg, Centre fédéral de recherches forestières et du bois RBHw 1940 24 000 2 380 régions tropicales[53]
Les échantillons de bois sont présentés sur des panneaux et sur des étagères basses
Intérieur de la xylothèque Manuel Soler à Dénia (Espagne)

Xylothèques privées[modifier | modifier le code]

À côté des xylothèques institutionnelles, il existe aussi des xylothèques privées, non répertoriées dans l’Index xylariorum, comme la xylothèque Manuel Soler à Dénia dans la province d'Alicante en Espagne, dont la collection entamée en 1993, compte quelque 3 700 échantillons[54].

Musées du bois[modifier | modifier le code]

Tronçons de branches montrant l'écorce et la vue en coupe longitudinale
Échantillons de bois le long d'un sentier didactique près de Düsseldorf

Plusieurs musées du bois ou musées de la forêt comportent une xylothèque accessible au public. C'est notamment le cas, en France, du Musée du Bois et de la Marqueterie à Revel (Haute-Garonne), où sont exposées plusieurs centaines d'essences de bois[55], et de la Galerie européenne de la forêt et du bois à Dompierre-les-Ormes (Saône-et-Loire) qui propose de découvrir par le toucher 224 échantillons de 200 essences d'arbres et arbustes communs exposés sous forme de galets[56].

En Espagne, la xylothèque Imanol Artola à Zegama, dans la province du Guipuscoa, présente une collection de 1 300 échantillons de bois et de 177 troncs[57].

En Autriche, à Vienne, à côté d'une collection de quelque 1 500 essences de bois, le musée de la recherche forestière conserve des échantillons originaux sur lesquels Gabriel Janka (1864-1932) a mis au point son test de dureté du bois[58],[59].

En Inde, le musée forestier de l'Institut de la recherche forestière (en) de Dehradun expose 136 espèces des bois commerciaux les plus connus et les plus importants[60].

Aux États-Unis, le Smith College a mis sur pied, depuis 2008, une exposition permanente Woods of the World (« Bois du Monde ») où 178 essences sont montrées[61].

Collections publiées[modifier | modifier le code]

Des collections de bois ont également été publiées sous forme de livres imprimés incluant des échantillons de bois en fines lamelles :
(liste non exhaustive)

  • (de) Hermann Nördlinger, Querschnitte von hundert Holzarten, Stuttgart, Cotta,‎ 1852-1888, 11 volumes, sous forme de boîte contenant chacune un fascicule de texte et 100 sections de bois montées sur des feuillets non reliés[62]
  • Herman von Nördlinger, Collection de 60 sections transversales de bois des essences forestières les plus importantes à lʼusage des élèves de lʼécole impériale forestière de Nancy, destinée à accompagner la description des bois des essences forestières les plus importantes par M. Auguste Mathieu, Grimblot et veuve Raybois, Nancy, 1855[63].
  • (de) Herman von Nördlinger, Fünfzig Querschnitte der in Deutschland wachsenden hauptsächlichsten Bau-, Werk- und Brennhölzer – für Forstleute, Techniker und Holzarbeiter, Cotta, Stuttgart, Augsburg, 1858, 1884.
  • Hermann von Nördlinger, 50 sections de bois, avec un texte de Shapranov en russe, St. Petersburg, 1868.
  • Hermann Nördlinger, Les bois employés dans l'industrie : Descriptions accompagnées de cent sections en lames minces des principales essences forestières de la France et de l'Algérie, Paris, J. Rothschild,‎ 1872
  • Hermann Nördlinger, Collection de 60 sections transversales de bois des essences forestières les plus importantes à l'usage des élèves de l'École forestière de Nancy, Nancy, N. Grosjean,‎ 1880
  • (en) Sections of fifty Indian woods with a descriptive list. For use of students at the Dehra Dun Forest School, Dehra Dun, 1882
  • (de) W.O. Burkart et F.M. Podany, Burkart's Sammlung der wichtigsten europäischen Nutzhölzer in characteristischen Schnitten, Brünn, Burkart,‎ 30 mai 1880, 40 planches, 25 p.
  • (en) Romeyn Beck Hough, The American Woods, exhibited by actual specimens, 14 vols., New York, Lowville,‎ 1893-1904[64]
  • (de) Alfred Schwankl, Welches Holz ist das ? : Ein Bestimmungsbuch wichtiger Holzarten des In- und Auslandes, Stuttgart, Franckh'se Verlagshandlung W. Keller & Co,‎ 1951, 146 p.
  • (en) (ja) Harumichi Kitao, Wood specimens, Tokyo, Meibundo Publishing,‎ 1957, 180 wood specimens, 115 leaf silhouettes, 24 microphotographs, 126 p.
  • (en) E.S. Harrar, Hough's Encyclopaedia of American woods, 15 vols., New York, Robert Speller & Sons,‎ 1957-1971
  • (de) Paul Guggenbühl, Unsere einheimischen Nutzhölzer : die gebräuchlichen Holzarten Mittel- und Nordeuropas, Dietikon-Zürich, Stocker-Schmid,‎ 1962, 406 p.

Restauration et conservation[modifier | modifier le code]

Tout comme les charpentes, planchers, meubles et autres objets en bois, les échantillons conservés dans une xylothèque sont susceptibles d'être attaqués par de petits coléoptères, appelés vrillettes. Des traitements par des insecticides à effet rémanent sont utilisés pour les éliminer. Le chlordécone, préconisé par l'Institut canadien de conservation (en) et encore autorisé dans certaines provinces canadiennes en 1982[65], est interdit aux États-Unis depuis 1976 et en France depuis 1990. Un traitement au froid (congélation) est efficace pour détruire les larves[66]. Une mesure préventive contre le développement des vrillettes est le maintien d'un taux d'humidité entre 40 et 60 %[67].

La collection de Linck, traitée au DDT et au Hylotix 59, un produit à base de lindane, de 1960 à son interdiction en 1989, a été décontaminée et restaurée[7].

La collection von Schlümbach conservée au Musée Martena (nl) en 2006 a été restaurée en 1998 et placée dans une vitrine ronde climatisée[68].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La collection de Linck étant antérieure à la classification binominale de Linné, il ne s'agit pas des noms scientifiques des espèces
  2. tous les panneaux conservés à Berlin et à Kew portent le même cachet « 11 Meiji », c'est-à-dire 1878 (Lack et Ohba 1998, p. 265)

Références[modifier | modifier le code]

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  4. a, b et c Feuchter-Schawelka, Freitag et Grosser 2001
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  9. (de) Carl Schildbach, « Beschreibung einer Holzbibliothek nach selbst gewähltem Plan, ausgearbeitet von Carl Schildbach zu Cassel. », Journal von und für Deutschland, vol. 5,‎ 1788, p. 322-328 (lire en ligne)
  10. (de) « Die Schildbachsche Holzbibliothek », sur Naturkunde Museum im Ottoneum (consulté le 10 décembre 2012)
  11. Feuchter-Schawelka, Freitag et Grosser 2001, p. 46
  12. (de) « Das Holzbuch unter der Lupe », sur Naturkunde Museum im Ottoneum (consulté le 10 décembre 2012)
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  14. (de) Sibylle Benninghoff-Lühl, « Vom Buch als Schaukasten oder : Wunderbares Lesen. Die Holzbibliothek von Carl Schildbach (1788) », Zeitschrift für Germanistik, vol. 22, no 1,‎ 2012, p. 41-56 (ISSN 0323-7982, lien DOI?)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Xylothèques virtuelles en ligne[modifier | modifier le code]

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