Nadia Comăneci

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Nadia Comăneci

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Nadia Comăneci en 1977.

Contexte général
Sport exercé Gymnastique artistique
Période active 1975-1981
Biographie
Nationalité Roumanie Roumaine
Naissance 12 novembre 1961 (53 ans)
à Onești, Roumanie
Taille 1,62 m
Poids moyen 48 kg
Prédilection Poutre
Entraineur Béla Károlyi
Palmarès senior
Or Arg. Bro.
Jeux olympiques 5 3 1
Championnats du monde 2 2 -
Championnats d'Europe 9 2 1

Nadia Elena Comăneci (née à Onești - 12 novembre 1961) est une gymnaste roumaine et la première gymnaste de tous les temps à obtenir la note parfaite de 10 aux Jeux olympiques (Montréal, 1976 à l'âge de 14 ans). Elle est une des gymnastes les plus renommées au monde et a donné une dimension populaire et médiatique inégalée à ce sport[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Nadia Comăneci (souvent orthographié Comanesci) est née à Onești, en Roumanie le 12 novembre 1961. Ses parents sont Gheorghe et Stefania-Alexandrina Comăneci[3],[4]. Son prénom, choisi par sa mère enceinte, lui a été donné d'après un film russe dont l'héroïne se prénomme Nadia (diminutif de Nadiejda qui se traduit par espoir). Nadia a un frère qui s'appelle Adrian[5].

Ses débuts en gymnastique[modifier | modifier le code]

Comaneci débute en gymnastique à l'école maternelle avec une équipe locale appelée Flame dont les entraîneurs sont Duncan et Munteanu[6],[7].

Comaneci est alors entraînée par Béla Karolyi et sa femme à partir de 7 ans, en 1969. Elle est l'une des premières élèves de cette école de gymnastique basée à Onesti, dirigée donc par les Karolyi, ces derniers quittant plus tard le pays pour rejoindre les États-Unis et entraîner plusieurs champions américains. Au contraire de plusieurs élèves de l'école, habitant hors de la ville, Comaneci est capable de faire des trajets entre l'école et sa maison[8].

Après une 13e place lors de ses premiers championnats de Roumanie junior en 1969, elle devient un membre à part entière de son école et remporte l'année suivante ce championnat national, devenant à cette occasion la plus jeune championne de cet événement. En 1971, elle participe à sa première compétition internationale, dans un tournoi où s'affrontent la Roumanie et la Yougoslavie ; elle y remporte tous les titres et contribue à la victoire de son équipe. Les quatre années suivantes, elle poursuit ses performances, remportant plusieurs championnats nationaux ainsi que des tournois internationaux en Hongrie, en Pologne et en Italie, sur le modèle d'un duel comme celui contre la Yougoslavie[9]. Également, en 1973, à 11 ans, elle s'impose dans l'une des compétitions phares de gym pour les juniors : le Junior Friendship Tournament[10],[9].

À l'âge de 13 ans, Comaneci passe senior et remporte son premier titre majeur avec un succès lors des championnats d'Europe de gymnastique 1975 disputés à Skien, en Norvège, où elle s'impose au général et sur tous les agrès à une exception, le sol, pour lequel elle termine seconde. Elle continue sur la même lancée cette même année, en gagnant d'autres tournois. À l'épreuve pré-olympique, elle remporte le concours général mais est devancée au saut de cheval, au sol et aux barres asymétriques par la Soviétique Nellie Kim, qui sera l'une de ses plus sérieuses rivales pour les années suivantes[9].

En mars 1976, Comaneci prend part à la première édition de l'American Cup au Madison Square Garden à New York. Elle y reçoit la note maximale de 10 à son enchaînement au saut de cheval, de même qu'aux exercices au sol, et gagne le concours au général[11],[12]. Cette année-là, elle reçoit à d'autres occasions cette note maximale, comme à la Chunichi Cup au Japon où elle obtient deux notes maximales 10 au saut de cheval et aux barres asymétriques[13].

Ses performances de l'année 1975 lui valent une reconnaissance internationale comme le montre son titre de Meilleure athlète de l'année 1975 par l'United Press International[14].

Jeux olympiques de Montréal[modifier | modifier le code]

Timbre représentant Nadia aux JO de Montréal

À 14 ans, Comaneci devient l'une des stars des Jeux olympiques d'été de 1976 à Montréal, au Canada. Elle parvient en effet, grâce à son enchaînement aux barres asymétriques, à obtenir la note maximale de 10, devenant ainsi la première gymnaste à réaliser cette performance aux Jeux olympiques. Cette performance est alors imprévue ; les scores des juges sont par conséquent notés 1.00 au lieu de 10.0 sur les tableaux des scores, non paramétrés pour indiquer cette note[15]. Au cours de ces Jeux olympiques, elle obtient à sept reprises cette note maximale, lui permettant de remporter la médaille d'or en gymnastique au concours général, aux barres asymétriques et à la poutre, la médaille d'argent au classement par équipes, et enfin la médaille de bronze aux exercices au sol[16], montant ainsi sur 5 podiums sur 6 possibles.

Comaneci devient la première gymnaste de Roumanie à remporter le titre aux classement général aux JO, ainsi que la plus jeune gymnaste à remporter ce titre, record qui est impossible à battre car il était possible de se présenter aux JO à partir de ses 14 ans à l'époque, alors qu'il est aujourd'hui obligatoire d'avoir 16 ans dans l'année[17].

Carol Anne Letheren, juge des épreuves de gymnastique aux JO de 1976, déclare, en 2012, que Nadia Comăneci a obligé les juges à revoir leur système de notation. Enchaînant deux ou trois figures sans temps mort, alors que les autres n'en produisaient qu'une, si une gymnaste obtenait 9.60, Nadia aurait dû obtenir 11 ou 12 ! Lors de ces Jeux, son arrivée déclenchait l'enthousiasme des gymnastes, des entraîneurs, des officiels et même des juges[18].

Elle attire de nombreux médias vers sa discipline après cet exploit. La chaîne ABC associe sa performance avec la chanson d'une série de télévision, Les Feux de l'amour, dont le single atteint la top 10 des ventes et est renommé La musique de Nadia[19]. Pourtant, jamais Comaneci ne fit de performance sur cette musique ; la musique de sa performance aux exercices au sol est alors un mix de Yes Sir, That's My Baby et Jump in the Line, arrangés au piano.

Elle reçoit cette année-là diverses récompenses : Meilleure athlète de l'année pour l'Associated Press[20] et United Press International, et, de retour en Roumanie, le titre de Héros du travail socialiste, devenant la plus jeune Roumaine à posséder cette reconnaissance durant le règne de Nicolae Ceaușescu[6].

Les années après les JO de Montréal[modifier | modifier le code]

Elle conserve son titre de championne d'Europe au concours général en 1977 mais une décision de Ceausescu ordonne aux gymnastes de revenir au pays avant la fin de la compétition en raison des controverses sur les notes[21],[6].

Après ces championnats d'Europe, la Fédération roumaine de gymnastique décide que Nadia Comaneci doit quitter ses entraîneurs, les Karolyi, pour s'installer à Bucarest au complexe sportif le 23 août. Ce changement de lieu d'entraînement et le divorce de ses parents ne mettent pas Comaneci dans de bonnes conditions pour réitérer ses performances en raison du stress occasionné et de son mal-être à cette période[22],[6]. Cela se vérifie lors des championnats du monde 1978 à Strasbourg, où elle apparaît avec un sur-poids et hors de forme. En raison d'une chute aux barres asymétriques, elle ne termine que quatrième du concours général, derrière Elena Mukhina, Nellie Kim, et Natalia Shaposhnikova, mais remporte l'unique titre individuel de sa carrière aux championnats du monde à la poutre[23].

Après ces championnats du monde, Comaneci est finalement autorisée à retourner s'entraîner avec les Karolyi[24]. En 1979, elle remporte son troisième titre consécutif au concours général aux championnats d'Europe, devenant la première gymnaste à réaliser cette performance, hommes et femmes confondus. Aux championnats du monde 1979, elle subit avec son équipe une intoxication alimentaire et est hospitalisée. Contre l'avis médical, elle prend part à la compétition et remporte le titre à la poutre avec une note de 9.95, permettant à l'équipe de Roumanie de remporter la médaille d'or. Après cet événement, elle retourne plusieurs jours à l'hôpital se faire soigner et subit une intervention chirurgicale en raison d'une infection à la main où un abcès s'était développé[25],[26],[27].

En 1980, Comaneci participe à ses deuxièmes Jeux olympiques qui se déroulent à Moscou. Elle prend la médaille d'argent au concours général derrière Yelena Davydova, cependant elle conserve son titre olympique à la poutre et partage la médaille d'or avec Nellie Kim aux exercices au sol.

En 1981, Comaneci décide de prendre sa retraite sportive. La cérémonie officielle de sa retraite se déroule à Bucarest en 1984, et elle devient membre du Comité international olympique[15].

Période post-retraite[modifier | modifier le code]

À partir de 1981, Comaneci prend part à des exhibitions de gymnastique aux États-Unis[28]. Ses entraîneurs, les Karolyi, en profitent pour s'y installer et ne plus revenir en Roumanie[29]. À son retour au pays, toutes les actions de Comaneci sont surveillées, d'autant plus que Nicu Ceaușescu (1951 - 1996), le fils benjamin du dictateur et héritier présomptif du régime, entretient une « idylle » forcée avec elle[30]. Elle essaie également de fuir au cours des Jeux olympiques d'été de 1984 à Los Angeles, mais elle est surveillée attentivement tout au long du voyage. Par la suite, après quelques visites à Cuba et à Moscou, elle est interdite de sortie du territoire[15].

Entre 1984 et 1989, Comaneci travaille à la fédération roumaine de gymnastique et elle entraîne les gymnastes juniors. En novembre 1989, quelques semaines avant la révolution, elle fuit le pays avec d'autres Roumaines. Elle passe la frontière hongroise à pied clandestinement, arrive en Autriche puis rejoint les États-Unis[6],[31],[16].

Ensuite, elle s'installe à Montréal, mais Bart Conner (gymnaste américain champion olympique)[23], qu'elle avait rencontré au cours des Jeux de 1976, l'invite à s'installer avec lui dans l'Oklahoma. Ils se fiancent en 1994 et, lors de son premier voyage en Roumanie depuis son exil, se marient le 27 avril 1996 à Bucarest où la réception a lieu dans l'actuel palais présidentiel[16],[32].

Le 29 juin 2001, Comaneci obtient la double nationalité après avoir été naturalisée américaine[6].

En décembre 2003, elle publie une autobiographie Letters to a Young Gymnast où elle répond aux différentes questions que ses supporters lui ont posées. Elle est également le sujet de nombreux biographes, documentaires télévisés et d'un film Nadia[33].

Activités récentes[modifier | modifier le code]

Nadia Comăneci en 2010

Comaneci est active dans différentes organisations de charité. En 1999, elle devient la première athlète invitée à s'exprimer aux Nations unies. Elle a mis en place une clinique à Bucarest pour aider les enfants à se faire soigner gratuitement[15]. La Roumanie en 2003 lui a attribué le rôle de consul général honoraire aux États-Unis chargé des relations bilatérales[34].

Dans le monde de la gymnastique, elle occupe le titre de présidente honoraire de la fédération roumaine de gymnastique, présidente honoraire du comité olympique roumain, ambassadrice des sports de Roumanie et membre de la fédération internationale de gymnastique. Elle est également invitée en tant que consultante sportive à la télévision[16].

À 45 ans le 3 juin 2006, elle donne naissance à son unique enfant, Dylan-Paul, par césarienne, fruit de son union avec Conner[35].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques[modifier | modifier le code]

Épreuve/Année Montréal
1976
Moscou
1980
Par équipes 2e 2e
Concours général 1er 2e
Exercices au sol 3e 1er
Saut de cheval 4e 5e
Barres asymétriques 1er -
Poutre 1er 1er

Championnats du monde[modifier | modifier le code]

Épreuve/Année Strasbourg
1978
Fort Worth
1979
Par équipes 2e 1er
Concours général - -
Exercices au sol - -
Saut de cheval 2e -
Barres asymétriques - -
Poutre 1er -

Championnats d'Europe[modifier | modifier le code]

Épreuve/Année Skien
1975
Prague
1977
Copenhague
1979
Concours général 1er 1er 1er
Exercices au sol 2e - 1er
Saut de cheval 1er 2e 1er
Barres asymétriques 1er 1er -
Poutre 1er - 3e

Prix divers[modifier | modifier le code]

  • En 1976, l'Académie des sports lui attribue son Grand Prix.
  • Elle a été élue Gymnaste du siècle à Vienne en 1999[36].
  • Selon le magazine français L'Équipe magazine, elle est la huitième sportive mondiale du XXe siècle et la première femme de ce classement ; elle est aussi meilleure gymnaste du siècle, hommes et femmes confondus[37].
  • Un jury composé de quinze membres et présidé par Juan Antonio Samaranch la classe Meilleure athlète féminine du siècle[37].
  • Elle a été décorée de l'Ordre olympique, plus haute récompense décernée par le Comité international olympique, en 1984 et 2004. Elle est la seule personne à avoir reçu deux fois cet honneur, et en fut aussi le plus jeune lauréat.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie et vidéographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

à l'occasion des JO de Sidney en 2000

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Encyclopedia : gymnastics sur infoplease.com
  2. (en) Artistic gymnastics sur olympics.org.uk
  3. (en) "Olympic Champion Nadia Comaneci Young Athlete, August 1978
  4. (en) Nadia Comăneci, Letters to a young gymnast, New York, Basic Books,‎ 2004 (ISBN 978-0-4650-1276-3 et 0-465-01276-0, OCLC 52814203) pg. 4
  5. (en) Nadia Comăneci, Letters to a young gymnast, New York, Basic Books,‎ 2004 (ISBN 978-0-4650-1276-3 et 0-465-01276-0, OCLC 52814203) pg. 5
  6. a, b, c, d, e et f Whateven Nadia Comaneci Young Athlete, August 1978
  7. (en) Nadia Comăneci, Letters to a young gymnast, New York, Basic Books,‎ 2004 (ISBN 978-0-4650-1276-3 et 0-465-01276-0, OCLC 52814203) pg. 17-19
  8. (en) Nadia Comăneci, Letters to a young gymnast, New York, Basic Books,‎ 2004 (ISBN 978-0-4650-1276-3 et 0-465-01276-0, OCLC 52814203) pg. 19
  9. a, b et c (en) List of competitive results Gymn-Forum
  10. (en) Nadia Comăneci, Letters to a young gymnast, New York, Basic Books,‎ 2004 (ISBN 978-0-4650-1276-3 et 0-465-01276-0, OCLC 52814203) pg. 27-28
  11. (en) "Gymnast Posts Perfect Mark" Robin Herman, New York Times, March 28, 1976
  12. (en) "A Great Leap Backward" Anita Verschoth, Sports illustrated, April 12, 1976
  13. (en) Scores for 1976 Chunichi Cup Gymn-Forum
  14. (en) UPI Athletes of the Year
  15. a, b, c et d (en) "Still A Perfect 10" Olympic Review, Paul Ziert, 2005
  16. a, b, c et d (en) Legends: Nadia Comaneci International Gymnast magazine
  17. (en) "Within the International Federations" (PDF). Olympic Review, 1980
  18. « Nadia à jamais », chronique publiée dans le quotidien L'Équipe du dimanche 29 juillet 2012.
  19. (en) "Nadia Comaneci: The Perfect 10" International Olympic Committee (IOC) website
  20. (en) Associated Press Athletes of the Year MSN Encarta
  21. (en) Nadia Comăneci, Letters to a young gymnast, New York, Basic Books,‎ 2004 (ISBN 978-0-4650-1276-3 et 0-465-01276-0, OCLC 52814203) , p. 61-62.
  22. (en) Nadia Comăneci, Letters to a young gymnast, New York, Basic Books,‎ 2004 (ISBN 978-0-4650-1276-3 et 0-465-01276-0, OCLC 52814203) p. 64-68.
  23. a et b (fr) Nadia Comaneci - Le 10 parfait, olympic.org/fr.
  24. (en) Nadia Comăneci, Letters to a young gymnast, New York, Basic Books,‎ 2004 (ISBN 978-0-4650-1276-3 et 0-465-01276-0, OCLC 52814203) pg. 68 - 72
  25. (en) "Nadia." The Epistle, (All Saints Episcopal Hospital), January 1980
  26. (en) Nadia Comăneci, Letters to a young gymnast, New York, Basic Books,‎ 2004 (ISBN 978-0-4650-1276-3 et 0-465-01276-0, OCLC 52814203) pg. 87 - 91
  27. (en) Joan Ryan, Little girls in pretty boxes the making and breaking of elite gymnasts and figure skaters, New York, Doubleday,‎ 1995, 1e éd. (ISBN 978-0-3078-2855-2 et 0-385-47790-2, OCLC 843126645)
  28. (en) "Miss Comaneci, 19, Makes Fresh Start". Ira Berkow, New York Times, March 6, 1981
  29. (en) Joan Ryan, Little girls in pretty boxes the making and breaking of elite gymnasts and figure skaters, New York, Doubleday,‎ 1995, 1e éd. (ISBN 978-0-3078-2855-2 et 0-385-47790-2, OCLC 843126645) pg. 201
  30. Nadia Comăneci sur jo.sport24.com
  31. (en) Nadia Comăneci, Letters to a young gymnast, New York, Basic Books,‎ 2004 (ISBN 978-0-4650-1276-3 et 0-465-01276-0, OCLC 52814203) pg. 137 - 148
  32. "Nadia Tumbles over Wedding" Cincinnati Post, April 6, 1996
  33. (en) Nadia sur l’Internet Movie Database
  34. (en) Diplomatic List, Office of the Chief of Protocol, U.S. Department of State. Summer 2006. Accessed January 28, 2007.
  35. (fr) Nadia Comaneci devient maman, archquo.nouvelobs.com.
  36. (fr) Quelques roumains célèbres, coe.int.
  37. a et b (fr) Les sportifs du siècle, sport.fr, 22 décembre 1999.