Magnétoscope

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Un magnétoscope est un appareil électronique destiné à l'enregistrement et la relecture d'un signal vidéo et audio, sur une bande magnétique ou vidéocassette. À l'instar du magnétophone dévolu à l'enregistrement sonore, il bénéficie des progrès industriels de l'électronique et des supports magnétiques déjà en vigueur pour l'audio.

Invention[modifier | modifier le code]

Magnétoscope VPR 6 Ampex

Le 1er juin 1909, l’ancêtre du magnétoscope est conçu par un notaire français, Constantin Senlecq qui imagine un système d’enregistrement magnétique des images sur un fil d’acier magnétique. Un brevet est déposé mais aucun prototype n'est construit. Le 10 janvier 1927, le britannique d’origine russe Boris Rtcheouloff dépose le brevet d’un enregistreur sur support magnétique, destiné à sauvegarder les émissions de télévision, sur le principe de l'enregistreur audio « télégraphone » de l’inventeur Valdemar Poulsen. 2 mars 1927, les tout premiers enregistrements de télévision au monde sont effectués par l’Anglais John Logie Baird. Il pense à adapter les enregistreurs sonores qui gravent des disques de cire, pour sauvegarder les images vidéo, muettes. Le 25 octobre 1951, le célèbre chanteur américain Bing Crosby présente une démonstration du premier magnétoscope à bande à Los Angeles. La société de l’artiste américain a l’exclusivité de la distribution des tout premiers magnétoscopes professionnels développés par la société Ampex. L’appareil exploite une bobine magnétique qui ne peut enregistrer plus de 16 minutes au total. L’émission de variétés en public du chanteur peut ainsi être rediffusée le même jour, sur les zones Est et Ouest des États-Unis, décalage horaire oblige.

Le premier magnétoscope professionnel est commercialisé à partir de 1954 par la société RCA. Ces premiers magnétoscopes enregistrent les signaux vidéo longitudinalement comme les magnétophones, sur une bande magnétique de 2 pouces et consomment une longueur considérable de bande magnétique en exploitant une vitesse de défilement, de neuf mètres par seconde. Le 14 mars 1956, Ampex dévoile la version finalisée de son magnétoscope à la presse, lors d’une convention à Chicago (NAB). Le 30 novembre 1956, Ampex commercialise le premier magnétoscope à bande fabriqué en série. Cette grosse armoire nécessite un système de ventilation et de refroidissement. Il faut changer la bobine de ruban magnétique chaque heure. Il n’enregistre et ne reproduit qu’en noir et blanc. La chaîne CBS de Los Angeles diffuse ses premières émissions régulières enregistrées en vidéo. L’émission « Douglas Edwards and the News » est le premier programme préenregistré en vidéo. Le problème de la consommation de bande est résolu en enregistrant les signaux vidéo de manière transversale par rapport au défilement de la bande, en utilisant des têtes vidéo tournantes, ramenant le défilement à 38 centimètres par seconde. Parmi les ingénieurs impliqués dans cette invention, on compte Charles Ginsburg, Charles Anderson, Ray Dolby, Shelby Henderson, Alex Maxey et Fred Pfost. Le 1er octobre 1957, le premier enregistreur lecteur d’émissions de télévision en couleurs est lancé par Ampex et RCA. Deux séries américaines seront « ampexées » en couleurs.

En 1959, la société japonaise Toshiba innove en enregistrant les signaux vidéo de manière dite « hélicoïdale », avec un seul bloc vidéo rotatif. En 1964, cette technologie est améliorée par le hollandais Philips qui ajoute une deuxième tête vidéo au bloc rotatif. En 1968, le procédé est intégré aux magnétoscopes grand public en utilisant des bandes magnétiques de ½ pouce. Cette technique d'enregistrement des signaux vidéo est conservée pour tous les magnétoscopes professionnels et grand public fabriqués ultérieurement.

Formats professionnels[modifier | modifier le code]

Magnétoscope Ampex AVR3 (1975)
Magnétoscope Betacam

Technique analogique :

  • 1954 : RCA lance le magnétoscope à enregistrement « longitudinal » des signaux vidéo sur bande magnétique de 2 pouces ;
  • 1956 : Ampex lance le magnétoscope à enregistrement « transversal » des signaux vidéo sur bande magnétique de 2 pouces ;
  • 1959 : Toshiba lance le magnétoscope à enregistrement « hélicoïdal » des signaux vidéo sur bande magnétique de 2 pouces ;
  • 1970 : magnétoscope sur bande de 1 pouce par Sony, Ampex et la marque Fernseh de l'Allemand Robert Bosch GmbH ;
  • 1971 : 1er magnétoscope à cassette, le U-matic de Sony utilisant de la bande magnétique de ¾ de pouce ; il est surtout utilisé par les entreprises et les écoles ;
  • 1982 : magnétoscope à cassette Betacam né de l'alliance de Sony et de Thomson ; il est devenu le standard des studios de télévision à travers le monde ; à ses débuts, le Betacam n'utilisait que des cassettes identiques à celles du Betamax de Sony dont il était un dérivé pour les professionnels ; plus tard, les cassettes dites « grand format » sont apparues ;

Technique numérique

Formats grand public[modifier | modifier le code]

Magnétoscope Sony Betamax
Magnétoscope Metz VH48

Technique analogique[modifier | modifier le code]

Les dates importantes de l'évolution de la vidéo analogique :

  • 1968 : Philips et Sony lancent sur le marché différents modèles de magnétoscope à bobines utilisant de la bande magnétique de ½ pouce ;
  • mars 1972 : Philips commercialise le premier magnétoscope à cassette à usage grand public, le VCR (Video Cassette Recorder) avec une capacité d'enregistrement de 45 minutes (arrivée sur le marché français en 1975 et disparition en 1977) ;
  • novembre 1975 : Sony commercialise le Betamax avec, à ses débuts, une capacité d'enregistrement de 60 minutes ; peu de temps après, il eut une capacité d'enregistrement maximale de 3 heures et 35 minutes pour les modèles européens et jusqu'à 5 heures pour les modèles japonais et américains en mode long play (arrivée en France en septembre 1978 et disparition en 1983 mais il continua d'être produit pour les marchés allemand, anglais et autres jusqu'en 1985 et jusqu'en 2002 pour les seuls marchés japonais et américain) ;
  • février 1976 : JVC commercialise la VHS (Video Home System) avec dès son début une capacité d'enregistrement maximale de 3 heures, ensuite poussée à 4 heures puis 5 heures, et finalement 10 heures en mode long play (arrivée en France en mai 1978 et disparition en 2006) ;
  • août 1977 : nouvelle version long play pour le VCR de Philips portant la capacité d'enregistrement à 2 heures et 30 minutes, et était incompatible avec son grand frère, le VCR « standard » pour des raisons techniques, bien qu'utilisant les mêmes cassettes (arrivée en France en octobre 1977 et disparition en 1979) ;
  • juin 1978 : Grundig commercialise le SVR (Super Video Recorder) qui était un dérivé direct du VCR dont il utilisait la même cassette mais avec lequel il était incompatible ; il révolutionna la durée d'enregistrement en atteignant dès sa sortie une durée d'enregistrement de 5 heures, contre 3 heures et 35 minutes pour le Betamax, 3 heures pour la VHS, 2 heures et 30 minutes pour le VCR LP (arrivée en France en novembre 1978 et disparition en 1979).
  • 1979 : Philips et Grundig commercialisent le V2000 ou Vidéo 2000 présentant l'énorme avantage par rapport à ses concurrents d'utiliser des cassettes vidéo enregistrables sur les deux faces (comme la cassette audio) et portant ainsi l'autonomie d'enregistrement à 8h par cassette (2 x4 heures) (arrivée en France en 1979, disparu en 1983) mais continua d'être développé essentiellement pour les marchés allemand, anglais, etc. jusqu'en 1988 apportant des améliorations telles que la stéréo, le long play portant la capacité d'enregistrement à 16 heures par cassette (2 x 8 heures).
  • Un dernier standard aurait dû voir le jour pour le grand public en 1979 : le LVR (Longitudinal Video Recorder) mis au point par BASF, ce standard faisait exception à l'enregistrement des signaux vidéo dit hélicoïdale en les enregistrant de manière longitudinale avec une tête vidéo fixe. La bande de ½ pouce contenue dans une cassette « débitrice » (la réception de la bande se faisait par un plateau contenu dans le magnétoscope, d'où l'impossibilité d'éjecter la cassette sans l'avoir au préalable rembobinée) défilait à une vitesse de 4 m/s et contenait 72 pistes, chacune explorée en 2 min 30 s. Le changement d'une piste à l'autre se faisait par un micro moteur « pas-à-pas » fixé sur la tête vidéo en 20 ms et une mémoire stockant 80 ms de vidéo pour éviter une coupure au changement de piste. Il offrait une autonomie d'enregistrement de 30 minutes. Bien sûr l'autonomie aurait été étendue si son développement avait continué.

Toshiba réalisa aussi un magnétoscope du type LVR avec cependant quelques différences, le nombre de pistes passait de 72 à 220, l'autonomie d'enregistrement poussée à trois heures et un procédé de cassette sans fin.

Vue de la partie mécanique de lecture d’un VHS coté entrainement.
Vue de la partie mécanique de lecture d’un VHS coté têtes magnétiques.(PANASONIC 4 têtes)
Animation de la mise en place d'une cassette VHS dans un magnétoscope.

Technique numérique[modifier | modifier le code]

L'enregistrement numérique peut se faire sur trois supports :

  • sur bande : utilisé seulement par les vidéastes amateurs (DV, puis miniDV) ;
  • sur disque optique DVD, et parfois DVD-RAM ;
  • sur disque magnétique : voir numériscope.
  • via Internet : voir Wizzgo.

Un avantage important de la technologie numérique est de permettre la compression de la vidéo.

Le parc des cassettes VHS (analogiques) et le parc des DVD (numériques) sont égaux en 2006, mais la quasi-totalité des nouveaux achats privilégient le DVD pur ou les combinés DVD + VHS.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers magnétoscopes sont liés au développement de la télévision et n'ont servi longtemps qu'à des professionnels.

Dans les années 1980, les industriels mirent sur le marché des modèles à prix abordables et d'un maniement facile pour les néophytes de la vidéo.

Plusieurs technologies étaient alors en compétition : VCR de Philips, Betamax de Sony, V2000 de Philips et VHS de JVC.

La qualité des images du Bétamax était très légèrement supérieure, mais sa durée d'enregistrement était insuffisante pour les besoins du grand public qui souhaitait enregistrer des films entiers sur un seul support. À cause de cette faiblesse, le Bétamax ne fut populaire qu'auprès des amateurs avertis. Le V2000, malgré sa qualité bien supérieure, ne parvint pas à s'imposer et cessa d'être produit.

Pour beaucoup le choix de la technologie a été dicté par l'offre vidéo VHS en vidéoClub plus que par les qualités du produit.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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