Judith Jasmin

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Judith Jasmin (née le 10 juillet 1916 à Terrebonne, morte le 20 octobre 1972 à Montréal à l'âge de 56 ans) est une journaliste et actrice québécoise. Elle est la première femme au Québec à s'imposer comme grand reporter[1].

Avant de faire carrière comme journaliste, elle fait partie de la distribution du feuilleton radiophonique La Pension Velder. Elle a entamé sa carrière de journaliste chez Radio-Canada vers la fin des années 1940 en tant que correspondante internationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Le père de Judith Jasmin était notaire de profession. Il fut un libre-penseur. Sa mère était moins instruite, mais elle partageait une même curiosité intellectuelle et un même goût pour la culture.

Ils eurent trois enfants : Judith, Claude et Jean-Jacques. Très jeunes, les enfants furent exposés au pluralisme d'idées et de croyances. Leur enfance s'est passée dans un milieu libéral où la curiosité intellectuelle fut toujours encouragée.

Études[modifier | modifier le code]

Son père vend son étude de notaire, au début des années 1920, et décide d'aller s'établir en France. C'est là que Judith Jasmin débuta son école primaire. En 1929, la famille doit rentrer au Québec, faute de ressources. Mais Judith continuera, pendant encore deux ans, ses études au Lycée des jeunes filles de Versailles.

En 1931, retour au Québec, où elle poursuivra son cours classique. Mais par manque d'argent son rêve d'études universitaires s'éloigne petit à petit.

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Trois réalisatrices de la radio de Radio-Canada (CBF) en 1945. De gauche à droite : Marcelle Barthe, Berthe Lavoie et Judith Jasmin.

Au tout début, pour gagner sa vie, elle jouera de petits rôles dans certaines pièces de théâtre. Par la suite, un rôle important lui sera offert dans un radio-roman, La pension Velder. Plus tard, elle réalise des émissions de radio, fait des entrevues, des critiques de théâtre.

En 1947, à l'âge de trente ans, elle devient speakerine et réalisatrice à l'emploi de Service international de Radio-Canada. Vers 1952, elle anime une émission radiophonique avec René Lévesque, Carrefour. En 1953, elle se spécialise dans les nouvelles télé : Reportage et Conférence de presse.

Elle descend dans la rue pour écouter les gens, dans le but de dénoncer les injustices. Elle s'intéressera à la cause des Noirs aux États-Unis, à la condition de vie des Inuit et des Amérindiens, à la cause des femmes.

Elle est une des membres fondatrices du mouvement laïque de langue française.

Elle passe plusieurs années à l'étranger, afin de partager avec le public québécois ses rencontres avec les grands noms de l'époque. Malgré des conditions parfois difficiles pour réaliser ses reportages, et les embûches semées sur sa route, son talent et sa détermination en font la première femme au Québec à s'imposer comme grand reporter. En 1966, elle est nommée correspondante de Radio-Canada, à l'ONU, puis à Washington, D.C.

Atteinte d'un cancer, elle rentre à Montréal en 1970 où elle poursuit malgré tout son travail de reporter aux nouvelles puis aux affaires publiques.

Le fonds d'archives de Judith Jasmin est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[2].

Hommages[modifier | modifier le code]

Peu de temps avant de mourir, elle reçoit le prix Olivar-Asselin, créé en 1955 et décerné par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal à un journaliste québécois qui s'est démarqué relativement à la défense du français au Québec.

En 1975 fut créé le prix Judith Jasmin. Ce prix récompense annuellement les meilleurs reportages écrits et électroniques de la presse québécoise.

Le pavillon Judith-Jasmin de l'UQAM est nommé en son honneur.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jasmin, Judith
  2. Fonds Judith Jasmin (P143) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colette Beauchamp, Judith Jasmin, de feu et de flamme, Montréal, Éditions du Boréal, 1992
  • Colette Beauchamp, Les silences des médias, Montréal, Éditions Remue-Ménage, 1987, p. 11
  • Textes de Judith Jasmin recueillis et présentés par Colette Beauchamp, Défense de la liberté, Montréal, Éditions du Boréal, collection Papiers collés, 1992

Liens externes[modifier | modifier le code]