André Laurendeau

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André Laurendeau
Image illustrative de l'article André Laurendeau
Fonctions
Député de Montréal-Laurier
8 août 194428 juillet 1948
Prédécesseur Paul Gauthier
Successeur Paul Provençal
Biographie
Date de naissance 21 mars 1912
Lieu de naissance Montréal
Date de décès 1er juin 1968 (à 56 ans)
Lieu de décès Ottawa
Parti politique Bloc populaire canadien
Profession Avocat

André Laurendeau (21 mars 1912 à Montréal - 1er juin 1968 à Ottawa) est un romancier, dramaturge, essayiste, journaliste et homme politique canadien.

Parcours[modifier | modifier le code]

Maxime Raymond, André Laurendeau et Henri Bourassa, lors d'une assemblée du Bloc populaire canadien, tenue au stade Delorimier de Montréal, le 3 août 1944.

Dès 1933, il fonde avec quelques amis le mouvement des « Jeune-Canada » et collabore à la revue L'Action nationale dirigée par son père. En 1935, il va étudier la philosophie et les sciences sociales à Paris. Revenu au Québec, il dirige L'Action nationale de 1937 à 1943 et de 1949 à 1953.

Député du Bloc populaire[modifier | modifier le code]

En 1942, il se lance en politique pour s'opposer à la conscription, au sein de la Ligue pour la défense du Canada, puis il participe à la fondation du Bloc populaire canadien, un parti de centre-gauche dont il devient bientôt le chef provincial au Québec, Maxime Raymond en étant le chef fédéral. André Laurendeau est député à Québec de 1944 à 1948.

Rédacteur en chef du Devoir[modifier | modifier le code]

Rédacteur en chef adjoint en 1947, rédacteur en chef en 1957 du quotidien Le Devoir, il s'associe étroitement à la lutte contre Maurice Duplessis, puis à l'affirmation nationale du Québec pendant la « Révolution tranquille ». Son beau-frère, l’avocat Jacques Perrault, président du conseil du Devoir, « est généralement considéré comme une victime du duplessisme ». Il est décédé tragiquement le 7 mai 1957[1].

André Laurendeau est connu pour avoir répandu le mot joual. Il est aussi animateur à la radio et à la télévision de Radio-Canada, de 1952 à 1961. Le 4 juillet 1958, il publie un éditorial classique qui servira de base idéologique aux libéraux et souverainistes des années suivantes[2].

Commission Laurendeau-Dunton[modifier | modifier le code]

De 1963 jusqu'à sa mort, il préside conjointement avec Davidson Dunton la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, aussi appelé Commission Laurendeau-Dunton, dont il avait lui-même suggéré la création dans un éditorial inspiré par son jeune ami Léon Dion.

Solange Chalvin, journaliste au Devoir de 1951 à 1955 puis de 1963 à 1975, pour qui André Laurendeau a été un « maître à penser » écrit ceci à propos de sa nomination à la Commission :

« Son départ du Devoir fut pour les journalistes de l'époque une première perte, mais nous conservions l'espoir de le voir revenir. Le dialogue que nous avions amorcé avec lui se poursuivait au jour le jour dans l'exercice de notre profession; au hasard d'une rencontre avec lui, nous le reprenions comme si l'absence n'avait rien coupé des liens intellectuels qui s'étaient établis entre lui et ses journalistes.

Le 15 mai 1968, André Laurendeau était victime d'une rupture d'anévrisme cérébral qui le terrassa à Ottawa, au sortir d'une conférence de presse. Il mourut le 1er juin suivant, à l'âge de 56 ans. Le Québec venait de perdre l'un de ses plus grands intellectuels. C'est seulement alors que nous avons abandonné l'espoir de son retour[3]. »

André Laurendeau demeure de nos jours une référence pour les questions d'éducation, de politique et de société.

Il accordait une grande importance à l'éducation et à l'avenir des jeunes. Sont nommés en son honneur : Le Cégep André-Laurendeau et l'école Laurendeau-Dunton, à Ville LaSalle (Montréal), une école à Saint-Hubert et une autre à Ottawa (aujourd'hui fermée).

Plusieurs ouvrages lui ont été consacrés, dont Donald J. Horton, André Laurendeau : la vie d’un nationaliste, 1912-1968,‎ 1995, 375 p. (ISBN 2-89007-790-X) ; et Robert Comeau (dir.) et Lucille Beaudry (dir.), André Laurendeau. Un intellectuel d'ici, Les Presses de l’Université du Québec, coll. « Les leaders politiques du Québec contemporain »,‎ 1990, 306 p. (lire en ligne [PDF])

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Fonds d'archives[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Nadeau, « 50 ans après la mort de Duplessis. L’homme de l’arbitraire », Le Devoir,‎ 5 septembre 2009 (lire en ligne)
  2. Maurice Duplessis à l'Assemblée nationale: la théorie du roi nègre
  3. Solange Chalvin, « Souvenir de la rédaction - Par la grâce de mon mentor, André Laurendeau », Le Devoir,‎ juillet 2010, A1
  4. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Bibliothèque et Archives nationales du Québec - Fonds Familles Laurendeau et Perrault (CLG2) » (consulté le 11 février 2013)
  5. Bibliothèque et Archives nationales du Québec, « Bibliothèque et Archives nationales du Québec - Fonds Ligue pour la défense du Canada - 1939-1943 (CLG6) » (consulté le 13 septembre 2014)