Skellig Michael

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Skellig Michael
Skellig Michael en provenance de Portmagee
Skellig Michael en provenance de Portmagee
Géographie
Pays Drapeau de l'Irlande Irlande
Archipel Îles Skellig
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 51° 46′ 00″ N 10° 32′ 00″ O / 51.766667, -10.53333351° 46′ 00″ N 10° 32′ 00″ O / 51.766667, -10.533333  
Point culminant 714
Administration
Statut Patrimoine mondial
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Fuseau horaire UTC+0

Géolocalisation sur la carte : Irlande

(Voir situation sur carte : Irlande)
Skellig Michael
Skellig Michael
Îles d'Irlande

Skellig Michael est, avec Little Skellig, l'une des deux îles qui composent l'archipel des Skelligs, à une quinzaine de kilomètres au large de la côte sud de l'Irlande. S'élevant abruptement à 210 mètres au-dessus de l'Océan, elle est classée patrimoine mondial par l'UNESCO en décembre 1996.

Présentation[modifier | modifier le code]

Situées à l'extême sud-ouest de l'Irlande, les Skellig sont quasiment le lieu le plus occidental du continent européen. Ces deux pitons rocheux inhospitaliers forment un ensemble unique, bien visible pour qui fait le tour du Kerry, dont l'aspect sauvage a toujours exacerbé l'imagination.

Il n'existe pas de port sur les îles Skelligs, juste une jetée sur Michael Skellig, où la grande houle de l'Atlantique ne permet pas de s'amarrer, même par beau temps. De ce fait, le site, qui ne peut être visité que par un petit nombre de touristes et seulement quelques jours par an, est resté quasiment intact depuis des siècles.

Culminant à 210 mètres au-dessus des plus hautes eaux, les pentes sont tellement abruptes que tout y est organisé autour d'escaliers de pierres.

Présence humaine[modifier | modifier le code]

Si Little Skellig n'a jamais abrité que des colonies d'oiseaux de mer, Skellig Michael fut habitée dès le VIIe siècle. Une petite communauté de moines catholiques s'y est installée, vivant chichement de pêche et d’un peu de culture, sur un site acrobatique, sans arbres et battu par les vents. Relevés régulièrement par des bateaux venus de la grande île (l'Irlande), les moines ont entretenu ce sanctuaire pendant plus de cinq siècles.

Devenue un but de pèlerinage vers l'an 1200, la communauté de Skellig a disparu au profit de moines catholiques de l'abbaye continentale de Ballinskelligs, qui organisait, quand le temps le permettait, des passages depuis la terre (île de Valentia ou Portmagee).

Au XVIe siècle, lorsque l'Angleterre des Tudor impose la Réforme en Irlande, l'abbaye continentale de Ballinaskellig et sa dépendance maritime sont vendues à un propriétaire privé en 1578. Dans le bail, Skellig Michael n'apparaît que comme « une petite île du nom de Skellig michell, alias de la sainte Croix, portant une chapelle »[1].

Vers 1750, on rencontre, dans une Histoire du royaume de Kerry du frère O'Sullivan, une allusion à l'existence, sur l'ancien lieu de pèlerinage, de « deux ou trois chapelles en pierre ne pouvant apparemment contenir plus de 30 personnes chacune »[1].

Ce n'est qu'en 1756 qu'apparaît la première description détaillée du rocher, où de rares pèlerins mâtinés d'alpinistes s'aventurent encore : dans sa description du comté de Kerry, Charles Smith évoque les eaux poissonneuses autour du rocher, signale les traces d'anciennes cultures de blé visibles dans la partie centrale plate de l'île et décrit les toits des « cellules », bien qu'il ne semble pas être allé sur place[1].

Vers 1800, l'idée d'un phare germe et l’île est rachetée par les Phares et Balises qui entreprennent la construction de deux lanternes en 1826. Malgré une clause dans le contrat stipulant que les bâtiments existants doivent être conservés, ceux-ci subissent un premier avatar. Selon un visiteur de l'époque, Crofton Croker, « le directeur des travaux avait élu temporairement domicile (...) au sommet du pic le moins élevé, entouré de huit ou neuf petites cellules de pierre ressemblant à des ruches » et « converties en casemates pour entreposer la poudre devant servir à faire sauter le rocher ». La construction du phare se traduit également par l'établissement d'un débarcadère et l'amélioration des chemins d'accès[1]. Un seul phare reste au XXe siècle. D'une portée de 27 milles nautiques, il est automatisé en 1987 et, depuis cette date, plus personne n'habite Skellig Michael.

En 2014 l'île est utilisée pendant quelques jours pour le tournage de Star Wars, épisode VII, interdisant l'accès aux touristes pendant toute la durée des prises de vues[2].

Photographies[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Françoise Henry, « Early Monasteries, Beehive Huts, and Dry-stone Houses in the Neighbourhood of Caherciveen and Waterville (Co. Kerry) », in Proceedings of the Royal Irish Academy, vol. LVIII, No 3, février 1957, p. 45-166, en part. p. 121-126.
  2. « Un lieu de tournage exceptionnel pour Star Wars 7 », sur Première.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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