Giraud de Barri

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Giraud de Barri, ou Giraud le Cambrien (Giraldus Cambrensis en latin), également appelé Gerallt Gymro en gallois, ou Gerald of Wales en anglais, ou Gérald Barry en français, est un ecclésiastique gallois et lettré latin du XIIe siècle.

C'est une des personnalités cléricales et intellectuelles du Pays de Galles et d'Angleterre de cette époque.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Petit-fils du baron normand Gerald de Windsor et de la princesse galloise Nest, fille du prince Rhys ap Tewdwr, il naquit vers 1145 au château du bourg gallois de Manorbier dans le Pembroke, au Sud du Pays de Galles.

Son père était le chevalier normand Guillaume de Barri (d'après l'île galloise), et sa mère Angharad descendait des princes gallois du Sud.

L'un de ses oncles maternels, David FitzGerald, était monté sur le siège épiscopal de St David's, la ville du nom du prestigieux saint gallois (devenu saint national). Toute son enfance il fut encouragé à étudier et à suivre cet exemple. L'âge venu, il quitta le château familial pour étudier à l'abbaye bénédictine de St Peter de Gloucester, dirigé par l'abbé français Aimelin. S'il en apprécia l'instruction (il y acquit le latin et la connaissance des auteurs classiques), il critiqua vertement les mœurs éloignées de l'idéal religieux de pauvreté.

De Gloucester il alla à Paris où il résida, n'ayant pas 20 ans, d'août 1165 à 1174, à l'approche de la trentaine. Il retourna alors en Angleterre puis en Pays de Galles.

Il rêva longtemps d'occuper le siège épiscopal de Ty-Ddewi (nom gallois de St David's, en Pembroke) sans reconnaître la suprématie de l'archevêque de Canterbury, et d'être nommé ensuite archevêque de Galles. Ce fut le combat de sa vie, et il refusa pour cela bien d'autres évêchés gallois ou irlandais, préférant rester archidiacre de Brecon. Son espoir de succéder à son oncle à la tête de l’évêché fut réduit à néant, peut-être à cause de son sang gallois.

Malgré cet échec, il put devenir l’aumônier du roi Henri II Plantagenêt en 1184, et fut choisi pour accompagner l’un des fils du roi, Jean sans Terre, lors d’une expédition en Irlande. Ce voyage fut le point de départ de sa carrière littéraire : dans la Topographia Hibernica (1188), Gérald rassemble ses découvertes, notamment l’examen d’un manuscrit que l’on suppose être le Livre de Kells. Cette première œuvre fut suivie, peu après, d’un compte-rendu de la conquête de l’Irlande par Henri II, sous le titre Expugnatio Hibernica.

Ayant ainsi démontré son utilité, Gérald fut désigné pour accompagner l’archevêque de Cantorbéry, Baudouin d'Exeter, lors d’un voyage au Pays de Galles en 1188 qui était destiné à recruter des hommes pour la troisième croisade. Le récit de ce circuit, dans l’Itinerarium Cambriae (1191), fut suivi par le Descriptio Cambriae de 1194. Ces ouvrages sur le Pays de Galles gardent une valeur historique considérable, notamment en raison des descriptions qu’ils contiennent, et ce malgré le manque d’objectivité de l’auteur. En 1198, une autre occasion de devenir évêque de St David’s se présenta à Gérald, mais sa candidature fut une nouvelle fois rejetée. Il contesta sans succès et à plusieurs reprises cette décision, avant d’abandonner en 1203 et de finir sa vie dans l’étude, en écrivant des travaux d’instruction religieuse et de politique. Sa mort, mal connue, se produisit vers l’an 1223, probablement à Lincoln.

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de dix-sept ouvrages connus dont :

  • Topographia Hibernica (1188), traduit sous le titre The history and topography of Ireland (1951, 1982)
  • Expugnatio Hibernica
  • Itinerarium Cambriae (1191), le plus connu, traduit en anglais sous le titre The Journey through Wales (1978). Il y raconte son périple en Galles pour prêcher la troisième croisade en compagnie de l'archévêque Baudouin (ou Baldwin).
  • Descriptio Cambriae (1194), connu sous le titre traduit The Description of Wales (1978)
  • De instructione principis
  • De rebus a se gestis, autobiographie, traduit en anglais sous le titre The autobiography of Giraldus Cambrensis (1937)
  • De iure et statu Menevensis ecclesiae
  • Gemma ecclesiastica
  • Speculum ecclesiae, satire contre les mœurs des moines
  • Symbolum electorum
  • Invectiones
  • Retractationes
  • Vita sancti Hugonis Lindensis
  • Vita Galfridi archiepiscopi Eboracensis
  • Vita sancti Ethelberti
  • Vita sancti Remigii, vie de Saint Rémy
  • De vita Sancti Davidis Archiepiscopi Menevensis, vie de Saint David, le saint gallois de la ville dont il rêvait d'occuper le siège épiscopal.

Les ouvrages suivants sont perdus :

  • Duorum speculum
  • Vita sancti Karadoci
  • De fidei fructu fideique defectu
  • Cambriae mappa

Oeuvres complètes en latin : Giraldi Cambrensis Opera, 8 vol., J. S. Brewer ed., London, 1861-1867. Quelques œuvres ont été éditées par William Camden, dans sa Collection d'anciens historiens, Francfort, 1602, in-folio.

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Giraud de Barri » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)