Village des bories

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Village des bories
Localisation du village des bories au sein du territoire du Parc naturel régional du Luberon
Localisation du village des bories au sein du territoire du Parc naturel régional du Luberon
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Protection Logo monument historique Classé MH (1977)
Coordonnées 43° 54′ 27″ N 5° 10′ 48″ E / 43.9074413, 5.180056443° 54′ 27″ Nord 5° 10′ 48″ Est / 43.9074413, 5.1800564  

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Sous le nom récent de « Village des bories » existe, à 1,5 km à l'ouest de Gordes (Vaucluse), un ancien groupement d'une vingtaine de cabanes en pierre sèche (montées sans mortier) à vocation agricole et à usage principalement saisonnier, constitué depuis trois décennies en musée de plein air.

Création du site muséologique[modifier | modifier le code]

Aux Savournins Bas, le site muséologique créé sous le nom de « Village des bories » par Pierre Viala en 1976.

À l'initiative d'un particulier, Pierre Viala, la partie sud de ce qui était un quartier éloigné du village proprement dit, connu au cadastre sous le toponyme de « hameau de(s) Savournins » et dans la langue populaire sous l'appellation « Les Cabanes » [1], devait être progressivement rachetée et restaurée entre 1969 et 1976 pour être finalement classée monument historique le 17 octobre 1977 [2],[3].

On y accède par un chemin bordé de chênes et de murs de pierre et ayant son point d'origine sur la route départementale no 2, en venant de Cavaillon / les Imberts, juste avant d'arriver au col de Gordes (petit rond-point avec connexion à la D15).

Histoire et occupation du site[modifier | modifier le code]

Les Savournins Bas sur le cadastre napoléonien. Il est question de « cabane », de « sol de cabane », de « sol de maison » — le terme « sol » indiquant un édifice à l'abandon — et non de « borie ». Si la représentation des bâtiments est schématique, leur tracé témoigne de l'absence de certains éléments par rapport aux groupes muséologiques actuels.

Appelées « cabanes » dans le cadastre napoléonien (voir ci-contre), les bâtiments n'ont pris l'appellation érudite de « borie » que durant la deuxième moitié du XXe siècle. Le terme est la francisation et féminisation du terme provençal bòri (masculin) (cf l'occitan bòria, féminin) employé au XIXe dans le sens péjoratif de « masure », de « cahute » (comme l'indique Frédéric Mistral dans son Tresor dòu Felibrige) et ce après avoir désigné une ferme, une métairie ou un domaine rural dans les Bouches-du-Rhône aux XVIIe et XVIIIe siècles (ainsi que l'attestent la toponymie et les documents d'archives). Le mot borie, pris dans l'acception nouvelle de cabane en pierre sèche, a été popularisé par des érudits provençaux de la 2e moitié du XIXe siècle et du début du XXe pour habiller linguistiquement et archéologiquement un objet d'étude purement ethnologique et par trop contemporain[4].

L'apparition du hameau des Savournins remonterait au défrichement et à la mise en culture de terrains incultes — jusque là livrés à la pâture et au fustage (exploitation des bois) — lors d'un des mouvements de conquête des terres qu'a connus la Provence aux XVIIe et XVIIIe siècles, en particulier celui suscité par l'édit royal du 13 août 1766 donnant permission expresse de défricher. La ruée sur les collines qui s'ensuivit est à l'origine des milliers de tonnes de pierres extraites lors de la fabrication des champs et utilisées à la construction de toute l'infrastructure de pierre sèche encore visible aujourd'hui[5].

La période d'occupation et d'activité du site nous est donnée par les vestiges céramiques trouvés lors de sa restauration dans les années 1960-1970 : ils relèvent de la vaisselle provençale du pays Apt aux XVIIIe et XIXe siècles. Aucune autre céramique n'a été trouvée[6].

Les autres vestiges ramassés en surface (et non lors de fouilles stratigraphiques) — monnaies, objets en bronze, silex — ne sont pas probants [7]:
- jusqu'aux lois de démonétisation votées au milieu du XIXe siècle, les pièces de bronze d'Ancien Régime servaient de billon (petite monnaie) dans les campagnes [8];
- le fragment de hache et les anneaux de bronze trouvés sous un dallage ne sont pas nécessairement de l'âge du bronze [9];
- les fragments de silex ramassés sur le site ne renvoient pas nécessairement à la Préhistoire, les paysans s'en servaient comme pierres à briquet [10]
Plus généralement, ces trouvailles nous renseignent sur l'occupation du site et non sur la date de construction des bâtiments que celui-ci porte.

Architecture des bâtiments[modifier | modifier le code]

Matériau[modifier | modifier le code]

Les cabanes sont construites avec le matériau du lieu, pierres plates provenant du substrat rocheux (calcaire burdigalien), épaisses de 10 à 15 cm et appelées localement « lauses » ou « clapes ». Ces lauses étaient généralement équarries pour faciliter la pose. [11]

Structure et morphologie[modifier | modifier le code]

Sur les 29 bâtiments en pierre sèche recensés sur le site muséologique[12] :

  • 17 répondent à la définition de la « nef gordoise », édifice indépendant, non adossé à un autre, de plan en rectangle ou en trapèze rectangle et en forme de carène renversée, consistant en quatre encorbellements opposés deux à deux;
  • 3 sont de plan rectangulaire ou carré, prenant appui sur un autre bâtiment, et en forme de portion de carène renversée, soit trois encorbellements, dont deux opposés l'un à l'autre et une troisième opposé à la paroi d'appui;
  • 3 ont une base carrée ou en trapèze rectangle couverte d'une voûte encorbellée en coupole ou en cul-de-four (petits édicules);
  • 2 sont de plan circulaire ou en fer à cheval et de forme indéterminée (cabanes ruinées);
  • 2 sont en voûte clavée en plein cintre.

Nef gordoise[modifier | modifier le code]

Le groupe de bâtiments n° IV selon la classification de Pierre Viala, avec de gauche à droite : habitation-magnanerie, étable-bergerie et resserre.
Intérieur de l'étable-bergerie du groupe de bâtiments n° IV.

La présence de 20 bâtiments en carène renversée ou en portion de carène renversée donne au site une certaine homogénéité architecturale (outre l'emploi d'un seul et même matériau, la pierre, et le recours à un seul mode de construction, la maçonnerie à sec) [13].

La nef gordoise est un type de bâtiment dont la plus grande concentration s'observe à l'ouest de Gordes, mais dont quelques exemplaires sont visibles dans d'autres communes du Vaucluse. Une telle concentration doit s'expliquer par la conjugaison du facteur géologique et lithographique et des nécessités agricoles locales aux siècles passés.

On a affaire à une grange polyvalente se prêtant à de multiples utilisations et réutilisations : habitation saisonnière, voire permanente, grange à paille, grenier à grain, étable, bergerie, magnanerie, resserre, etc.

Disposition et fonctions des bâtiments[modifier | modifier le code]

Le « Village des bories » d'après Pierre Viala. Les constructions occupées par des pointillés sont celles qui ne semblent pas figurer sur le cadastre de 1809.

Le site comporte sept groupes de cabanes, dont six répartis au nord d'une voie de cheminement est-ouest le traversant et un seul au sud de celui-ci. Le principe de ces groupes a été échafaudé par Pierre Viala [14].

Par « groupe », il faut entendre une réunion de deux ou plusieurs bâtiments — maisons ou cabanes — soit adossés, soit se jouxtant, soit proches, et liés les uns aux autres aux niveaux de la parcelle d’inclusion, de la disposition des lieux, et surtout de la complémentarité fonctionnelle.

Les critères retenus pour la détermination de la fonction sont principalement la nature des détails d'aménagement rencontrés et les vestiges d'occupation retrouvés.

Cette répartition par « groupes » est plus une intuition qu'une vérité scientifiquement établie, sous-tendue qu'elle est par la vision de groupes familiaux vivant côte à côte au sein d'un « village ». Ainsi, un examen des anciennes matrices cadastrales montre par exemple que le groupe II appartenait à deux propriétaires différents au début du XIXe siècle et que son « habitation » était englobée dans le groupe III pour former le No 210 (« sol-cabane »), avec pour propriétaire Tourbillon Paul, « maître maçon au bourg »[15].

Selon la classification de Pierre Viala, on discerne quatorze fonctions différentes : cinq habitations, quatre étables-bergeries, quatre granges, deux greniers, trois magnaneries, deux fours et fournils, deux cuves et fouloirs, quatre resserres, trois poulaillers, deux soues, une chevrière. Quatre bâtisses restent d'usage indéterminé. Il faut en outre compter avec cinq courettes et deux aires à dépiquer le blé.

On note l'absence de tout aiguier ou dispositif de récupération et de conservation de l'eau. Il y a bien un puits, mais de petites dimensions et à cent mètres du centre du village, et qui plus est tari[16].

Un témoignage de l'histoire agricole provençale[modifier | modifier le code]

Ancienne grange à blé à Viens (Vaucluse). On a ici une maçonnerie de moellons assisés, liés au mortier, sous une toiture à une pente en tuiles canal.

L'énumération des fonctions montre bien le rôle essentiellement agricole de l'ancien hameau. Ce rôle est confirmé par ailleurs tant par les vestiges d'anciennes plantations — souches de mûriers, d'amandiers et d'oliviers — que par la tradition locale à Gordes.

Selon les témoignages des gens du pays, il se pratiquait au XIXe siècle une polyculture typiquement méditerranéenne — céréales associées à l'olivier, l'amandier, le mûrier et la vigne, truffes, plantes aromatiques — à laquelle s'ajoutaient l'élevage d'ovins, la sériciculture et l'apiculture, sans oublier le travail du cuir à façon comme l'attestent les abondants vestiges de semelles trouvés sur place[17].

Par leur fonction principale de grange à blé et à paille, leur emploi en conjonction avec des aires à dépiquer et leur présence au milieu d'anciennes « terres » à céréales, les cabanes du « Village des bories » ne sont pas sans évoquer les « grangeons » de la commune de Viens dans le Vaucluse, quoique ces derniers soient d'un modèle architectural différent et plus ancien (bâtiments rectangulaires en maçonnerie liée au mortier, à toiture à une ou deux pentes couvertes en lauses ou en tuiles canal, et à entrée en pierres de taille) et relèvent d'une agriculture commerciale[18].

Il se pourrait fort bien que certaines des cabanes du plateau de Gordes aient appartenu non pas à des gens de Gordes même mais à des « forains », c'est-à-dire des habitants d'un autre village qui avaient des terres sur le plateau, selon un schéma très répandu dans la France rurale de jadis. L'éloignement du village d'origine rendait indispensable la présence d'un pied-à-terre ou d'un grangeon saisonnier ou temporaire[19].

Quoi qu'il en soit, ces cabanes constituent un précieux témoignage de l'histoire agricole provençale aux XVIIIe et XIXe siècles.

Exploitation commerciale du site[modifier | modifier le code]

Le site est ouvert aux visiteurs. Organisé en musée d'habitat rural, il abrite, disposés au sein des divers bâtiments, une collection d'objets quotidiens et d'outils agricoles anciens de la région. L'un de ces bâtiments propose une documentation sur le passé du village de Gordes et l'architecture de pierre sèche dans le monde [20].

Parmi ces objets et outils des XVIIIe et XIXe siècles, on trouve :

  • Pots, assiettes, plats (terre cuite),
  • Couverts et ustensiles de cuisine (métal, etc.),
  • Bouteilles, verres (verre),
  • Meubles, dont tables et chaises (bois, paille, etc.),
  • Ruches (bois),
  • Pressoir à huile (pierre taillée),
  • Petit outillage,
  • Outillage de travail de la terre dont araires, socs (ou reille d'araire), rouleaux et herses de labour (bois et métal).

L’ouverture du site aux visiteurs a nécessité quelques aménagements, dont la création d'un bâtiment pour l'accueil, réalisé dans le style des maisons du village (murs en pierre et vieilles tuiles canal en toiture). Il a aussi été créé un haut mur en pierre sèche pour protéger le site des resquilleurs et des vandales[21]. Pour protéger les objets, les bâtiments servant à leur exposition ont été équipés de grilles ou de vitrages. Quelques écriteaux invitant les visiteurs à ne pas dégrader les lieux en escaladant ou en démontant les murs, ont été disséminés sur le site. Enfin, un petit jardin de plantes aromatiques a été aménagé.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Pierre Viala, Le village des bories à Gordes dans le Vaucluse, Ed. « Le village des bories », Gordes, 1976, non paginé (16 p.) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian Lassure, Problèmes d'identification et de datation d'un hameau en pierre sèche : le « village des bories » à Gordes (Vaucluse). Premiers résultats d'enquête, dans L'architecture rurale, t. 3, 1979. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian Lassure, « Les Cabanes » à Gordes (Vaucluse) : architecture et édification, dans L'architecture vernaculaire rurale, supplément No 2, 1980. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Guy Barruol, Pierre Viala, Le village des bories à Gordes dans le Vaucluse, Pierre Viala éditeur, Gordes, 1981 (6e édition), non paginé (24 p.) (réédition de la plaquette de 1976, augmentée d'un texte de Guy Barruol). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Coste, Pierre Martel, Pierre sèche en Provence, Les Alpes de Lumière, 1986.
  • Christian Lassure (texte et dessins), Dominique Repérant (photos), Cabanes en pierre sèche de France, Edisud, 2004.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comme d'ailleurs d'autres lieuxdits des communes voisines où se trouvaient ce genre de constructions : les Cabanes de Saumane, Les Cabanes de Cabrières, Les Cabanes de Bonnieux.
  2. Pierre Viala, Histoire d'une restauration : le village des bories de Gordes (Vaucluse), dans L'architecture rurale en pierre sèche, t. 1, 1977, pp. 151-153.
  3. « Notice no PA00082045 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Christian Lassure, La terminologie provençale des édifices en pierre sèche : mythes savants et réalités populaires, dans L'architecture rurale, tome 3, 1979, pp. 33-45.
  5. Sur le mouvement de conquête des terres en Provence aux XVIIe et XVIIIe siècles, cf. Roget Livet, L'habitat rural et les structures agraires en Basse-Provence, thèse de Lettres, Paris, 1962, Aix-en-Provence, éd. Ophrys, 1962. Cet auteur a pris comme exemple la région de Saint-Saturnin-lès-Apt, à l'ouest de Gordes.
  6. Pierre Viala, Le village des bories à Gordes dans le Vaucluse, Ed. Le village des bories, Gordes, 1976, 16 p., en part. p. 4.
  7. Christian Lassure, compte rendu de : Pierre Viala, Le village des bories à Gordes dans le Vaucluse, 1976, dans L'architecture rurale en pierre sèche, t. 1, 1977, pp. 213-214
  8. Christian Lassure, Problèmes d'identification et de datation d'un hameau en pierre sèche : « le village des bories » à Gordes (Vaucluse). Premiers résultats d'enquête, dans L'architecture rurale, t. 3, 1979, en part. p. 48, « Les monnaies »; également : Jules Mazard, Histoire monétaire et numismatique contemporaine, 1790-1963, t. I, 1790-1848, Paris, 1965, p. 188, et t. II, 1848-1967, Paris, 1968, p. 57.
  9. Christian Lassure, Problèmes d'identification et de datation d'un hameau en pierre sèche..., op. cit., en part. p. 49, « Les objets en bronze ».
  10. Christian Lassure, Problèmes d'identification et de datation d'un hameau en pierre sèche..., op. cit., en part. p. 49, « L'outillage lithique ».
  11. Christian Lassure, « Les Cabanes » à Gordes (Vaucluse) : architecture et édification, dans L'architecture vernaculaire rurale, suppl. No 2, 1980, pp. 143-160, en part. « Le matériau: nature, origine et façonnage », p. 146.
  12. Christian Lassure, « Les Cabanes » à Gordes (Vaucluse)..., op. cit., en part. « Classification selon la structure et la morphologie », p. 146-151.
  13. Christian Lassure, « Les Cabanes » à Gordes (Vaucluse)..., op. cit., en part. pp. 146-151.
  14. Pierre Viala, Le village des bories..., op. cit., plan p. 3.
  15. Christian Lassure, « Les Cabanes » à Gordes (Vaucluse)..., op. cit., en part. note 6, pp. 158-159.
  16. Pierre Viala, Le village des bories..., op. cit., en part. p. 4.
  17. Pierre Viala, Le village des bories..., op. cit., en part. p. 10.
  18. Une photo de foulaison devant un grangeon viensois est visible dans le livre de Pierre Martel, L'invention rurale, t. 1er, L'économie de la nature, Les Alpes de Lumière, No 69-70, 1er et 2e trimestre 1980, à la page 1.
  19. Ce lien entre cabanes des champs et propriétaires forains a été bien mis en lumière pour le village de Saint-Vallier-de-Thiey dans les Alpes-Maritimes : certaines zones du terroir étaient occupées en majorité par des gens du village voisin, Magagnosc. Quand on sait qu'au début du XIXe siècle, la moisson et le battage exigeaient 12 jours de travail, on comprend l'utilité d'un cabanon, grangeon, ou bastidon; cf Daniel Thiery, Pierre sèche et milieu rural dans les montagnes de l'arrière-pays de Grasse (Alpes-Maritimes), dans L'architecture vernaculaire, t. 23, 1999, pp. 59-72. Également sur les forains.
  20. Site de Gordes. Ce site affirme, sans que cela soit corroboré par la recherche historique et archéologique, que le « village des Bories » a « près de 3000 années de continuité, puisque l'origine des bories remonte à l'âge du bronze ».
  21. Le quartier dit Les Cabanes, Alias "Le Village des Bories", A Gordes, En Vaucluse - Le Site