Quartier des Épinettes

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Quartier des Épinettes
Rue Guy-Môquet
Rue Guy-Môquet
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Ville Paris
Arrondissement municipal 17e
Démographie
Population 44 352 hab. (2005)
Densité 32 186 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 53′ 38″ N 2° 19′ 21″ E / 48.893926, 2.32249348° 53′ 38″ Nord 2° 19′ 21″ Est / 48.893926, 2.322493  
Superficie 137,8 ha = 1,378 km2
Transport
Gare (RER)(C) Porte de Clichy
Métro (M)(13)Porte de Clichy, Brochant, Porte de Saint-Ouen, Guy Môquet, La Fourche
Bus 31,66,54,74,81
Localisation

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Quartier des Épinettes
Statue dans le Square des Épinettes

Le quartier des Épinettes est le 68e quartier administratif de Paris situé dans le 17e arrondissement.

Il est délimité par l’avenue de Clichy à l'ouest, l’avenue de Saint-Ouen à l'est et les communes de Clichy-la-Garenne et Saint-Ouen au nord[1] et peut être subdivisé en deux zones, d'une part Brochant/La Fourche/Guy Môquet au sud, et d'autre part Bessières au nord.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine du nom Épinettes pourrait venir des ronces présentes sur les terres à l'origine, ou d'un cépage de pinot blanc, l’épinette blanche[2]. Selon cette dernière hypothèse, le quartier abritait des vignes de ce cépage. La première mention du nom est notée en 1693 dans un contrat d'échange de terres[3].

Les Épinettes ont longtemps été un hameau, partie intégrante du village des Batignolles (alors encore dans la commune de Clichy créée à la Révolution), tout en conservant une forte dimension agricole. Quand le village des Batignolles et celui voisin de Monceau, très proches de Paris et qui commencent à se développer plus fortement, sont séparés de Clichy pour former transitoirement aux portes de Paris la nouvelle commune des Batignolles-Monceau ; le hameau des Épinettes est naturellement intégré dans cette nouvelle commune, avant de s'y développer lentement comme village lui aussi encore à dominante agricole.

Plus tard en 1840, quand les fortifications de Thiers autour de Paris enserreront tout ou partie des villages limitrophes de Paris, une bonne partie de la zone cultivée devient inconstructible et les fortifications qui s'y implantent isolent la totalité du village de Monceaux et la majeure partie du village des Batignolles (dont le hameau des Épinettes) du reste des Batignolles. La jeune commune est alors dissoute, son territoire étant presque totalement annexé dans Paris (y compris les fortifications et une partie de la zone inconstructible au-delà), le reste encore très agricole et peu construit étant réintégré à la commune de Clichy (cette partie résiduelle, déjà coupée en deux par la ligne ferroviaire de Paris Saint-Lazare sera elle-même scindée lorsque Levallois-Perret se séparera de Clichy le long de cette ligne en 1868). Il en est de même d'une petite partie alors non construite au sud de la commune de Saint-Ouen, intégrée elle aussi dans les fortifications au nord des Épinettes, et qui viendra étendre ce quartier.

Le quartier devient à dominante industrielle au XIXe siècle, avec l'implantation des usines Goüin (ancêtres de Spie Batignolles), aujourd'hui disparues, entre les actuelles rue Boulay et rue Émile-Level, les Verreries pharmaceutiques Léon Warin (rue Ballagny/impasse Compoint), jouxtant la fabrique du malletier Moynat rue Balagny (actuelle rue Guy-Môquet).

Les deux villages des Batignolles intra-muros et de Monceaux deviendront des quartiers de Paris, à l'instar aussi du hameau des Épinettes qui dès lors commence aussi à se peupler par une population plus ouvrière, les trois quartiers étant groupés dans 17e arrondissement de Paris avec le quartier plus ancien des Ternes. Toutefois, le quartier des Épinettes ne se construit fortement qu’à partir des années 1850. La Cité des Fleurs voit alors le jour. Le lotissement de la majorité du quartier a lieu dans les années 1860, avec la construction de nombreux immeubles haussmanniens lors du rattachement à la commune de Paris.

Les industries quittent les Épinettes dans la première moitié du XXe siècle pendant que des logements les remplacent. Quartier alors populaire, il voit passer des personnages de gauche ou d'extrême gauche[4], comme le futur dirigeant du Vietnam communiste Hô Chi Minh, le député communiste Prosper Môquet ou son fils Guy Môquet. Le POUM en exil s'installa également impasse Compoint. Le quartier est habité par des employés ou des ouvriers qualifiés jusque dans les années 1960-1970, comme l'illustre par exemple le film Antoine et Antoinette de Jacques Becker en 1947.

Progressivement les classes populaires sont remplacées par des classes moyennes dans les années 1970 et 1980. Pascale Bessy-Pietri (INSEE) classe ainsi le quartier en 1988 comme « quartier des classes moyennes tertiaires »[5]. Les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot notent ensuite dans Sociologie de Paris que le quartier s'est « embourgeoisé » et que le pourcentage de cadres et de professions intermédiaires est passé de 29,3 à 54,3 % entre 1954 et 1999[6].

Avec le renchérissement du prix des logements dans la capitale, le quartier accueille davantage de cadres et professions libérales, notamment dans le sud, près des stations de métro La Fourche, Brochant et Guy Môquet, le phénomène restant plus limité dans le nord (Bessières)[7]. Le quartier connait ainsi une hausse marquée de ses prix immobiliers depuis une dizaine d'années : les prix au mètre carré ont cru de +80 % entre début 2006 et le troisième trimestre 2011, contre +44 % pour Paris en moyenne[8].

Le Figaro ou Le Nouvel Observateur soulignent que le quartier « tend à s'embourgeoiser avec le réaménagement des Batignolles »[9],[10] tandis que d’autres parlent de « gentrification »[11], d'« embourgeoisement »[12] ou de « boboïsation »[13] avec « de plus en plus de jeunes cadres »[14].

Lieux et monuments remarquables[modifier | modifier le code]

On y trouve l’église Saint-Joseph-des-Épinettes, le square des Épinettes, la Cité des Fleurs, sans oublier le cimetière des Batignolles (qui abrite les tombes d'André Breton, Paul Verlaine, Blaise Cendrars, Ray Ventura ou Benjamin Peret et un important carré russe-orthodoxe) ou l'église Saint-Michel des Batignolles et le Square Boulay-Level.

On trouve également dans le quartier les Ateliers Berthier ou le théâtre de la Jonquière.

Voisin du nouveau Parc Martin Luther King, le quartier comprend plusieurs espaces verts, comme le square des Épinettes, le square Boulay-Level, le square du passage Moncey, le square Jean-Leclaire ou le square Villa Sainte-Croix. On y trouve également des voies piétonnes fleuries comme la Cité des Fleurs ou l'impasse Deligny.

La rue Pierre-Rebière, située entre le boulevard des Maréchaux et le boulevard périphérique et entre la porte de Pouchet et la porte de Clichy, présente également un intérêt architectural après avoir été entièrement rénovée[15].

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Station de métro Brochant (ligne 13)

Le quartier des Épinettes est desservi par les lignes 2 (Place de Clichy) et 13 du Métro de Paris (Place de Clichy, La Fourche, Brochant, Guy Môquet, Porte de Clichy, Porte de Saint-Ouen), ainsi que par le RER C (Porte de Clichy)

Par ailleurs, plusieurs projets en cours doivent augmenter la desserte du quartier :

  • prolongement de la ligne 14 à Mairie de Saint-Ouen via Pont-Cardinet et Porte de Clichy. Ce prolongement est prévu pour 2017[16].
  • extension de la ligne 3b du tramway dans le nord du quartier (Porte d'Asnières, Porte de Clichy, Porte Pouchet), prévue elle aussi pour 2017. La concertation publique pour ce prolongement a en outre mis en lumière la demande pour un prolongement ultérieur jusqu'à Porte Maillot.

Lignes de bus : 31,54,66,74,81 et la Traverse Batignolles-Bichat[17].

Personnages célèbres associés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La limite officielle du quartier, telle que définie sous le Second Empire, inclut également les immeubles entre l'avenue de Clichy et les rues Lemercier, Cardinet et La Condamine. Cette délimitation est peu utilisée, les conseils de quartier arrêtent ainsi le quartier à l'avenue de Clichy.
  2. Site de la mairie du 17e
  3. En bordure des quartiers populaires, Lycée Honoré de Balzac
  4. Paris Révolutionnaire
  5. « Le renouvellement de la population parisienne entre 1975 et 1990 », Patrick Simon, Population, 1995, [lire en ligne]
  6. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Sociologie de Paris, Éditions La Découverte, 2004
  7. En bordure de quartiers populaires
  8. Épinettes sur lavieimmo.com et Paris
  9. « Sur la piste des bonnes affaires », Le Figaro, 20 octobre 2010.
  10. Guide immobilier du Nouvel Observateur
  11. Les Épinettes, conservatoire d’architecture
  12. Calendrier des visites, Lanvin Visites
  13. Katia et Jean-Philippe ont vendu leur appartement pour se lancer, Le Parisien, 11/4/2012
  14. Immobilier Paris, 17e arrondissement : Immobilier, le nord du 17e (encore) abordable
  15. Présentation vidéo sur le site du Pavillon de l'Arsenal
  16. La ligne 14 n'ira pas à Roissy
  17. http://www.ratp.fr/informer/pdf/orienter/f_plan.php?nompdf=518&loc=bus_banlieue/500
  18. Les chemins buissonniers des temps modernes
  19. Note parvenue aux archives centrales de la préfecture de police de Paris, le 16 octobre 1940, publiée par Patrick Thiébaut dans Guy Môquet, un symbole, Centre national de la documentation pédagogique, octobre 2007.
  20. L'Impressionnisme de France et d'Amérique. Monet, Renoir, Sisley, Degas ...

Liens externes[modifier | modifier le code]