Arabe dialectal

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L'arabe dialectal (العربية الدّارجة, al-ʿarbiya ad-dārija) est un terme qui recouvre les dialectes arabes, résultant d'une interférence linguistique entre la langue arabe et les langues locales ou voisines, à l'issue d'un processus d'arabisation ou d'une influence culturelle quelconque due principalement à la colonisation, aux mouvements migratoires, au commerce, et plus récemment aux médias.

Ces « dialectes » sont suffisamment dissemblables pour que des locuteurs du monde arabe provenant de régions éloignées ne puissent pas se comprendre entre eux dans un premier temps. Ils possèdent également une grammaire, une syntaxe, un vocabulaire et une prononciation qui en font des langues différentes de l'arabe littéral, à tel point que la communication entre une personne ne parlant que l'un d'eux et une autre ne parlant que l'arabe littéral est difficile, sans être impossible.

Ils sont en perpétuelle évolution, incluant constamment de nouveaux mots et tournures de phrases, tirés la plupart du temps de langues occidentales comme le français, l'espagnol ou l'anglais. Ce sont les dialectes, aux côtés d'autres langues non-arabes, qui sont utilisées pour la communication de tous les jours dans les pays concernés.

Carte des dialectes de l'arabe.

Classification par familles et par groupes[modifier | modifier le code]

On peut regrouper ces dialectes en plusieurs groupes, que l'on peut à leur tour classer dans deux grandes familles :

Famille occidentale[modifier | modifier le code]

Famille orientale[modifier | modifier le code]

Influences étrangères[modifier | modifier le code]

Outre l'évolution linguistique naturelle indépendante de chaque région, les différents dialectes se distinguent par les influences d'autres langues :

Cas de L'arabe maghrébin (maghribi)[14][modifier | modifier le code]

En tentant de jeter la lumière sur la vie langagière du Maghreb pré-islamique, Abdou Elimam découvre que la langue introduite par les Phéniciens en Afrique du nord, le punique, s'avère langue substrat (à hauteur de 50% en moyenne) dans les parlers contemporains du Maghreb et de Malte (1997). Ce qui conduit Abdou Elimam à oser un regard renouvelé et critique sur la nature supposée « arabe » des parlers du Maghreb. Son étude assoit la conviction que loin d'être une arabisation (spontanée) de toutes ces contrées, les parlers de Malte et du Maghreb sont des évolutions du punique au contact de l'arabe et du berbère. Rejoignant Charles A. Fergusson et bien des linguistes orientaux, Abdou Elimam nomme maghribi cette identité linguistique polynomique et au substrat punique (1997, 2003)[15].

Exemples dialectaux[modifier | modifier le code]

Exemple d'une même phrase en français, arabe littéral, maltais, dialecte tunisien, dialecte algérien, dialecte marocain, dialecte égyptien et dialecte libanais :

  • Fançais : Demain, j'irai voir le joli marché ;
  • Arabe classique : Ghaden, saʾ adh-habu li-ruʾyati s-suqi'l-jamil ;
  • Maltais : Għada sejjer nmarru ra s-suq s-sabiħ (se prononce Ghada seyyer nmarrou ra s-sou s-sabih) ;
  • Arabe tunisien : Ghodwa, bèš nemši nšuf as-suq al-helw ;
  • Arabe algérien : Ghodwa, nroh nšuf as-suq ash-shabab/az-zine;
  • Arabe marocain : Ghadda, ghadi nmši nšuf as-suq az-zwine ;
  • Arabe égyptien : Bokra, haroh ʾašuf as-suʾ al-gamîl ;
  • Arabe syrien : Bukra, ana rayeḥa šuf as-suʾ el-helo.

Écriture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Écriture arabe.

Lorsqu'ils s'écrivent, les dialectes utilisent indifféremment un alphabet arabe modifié ou un alphabet latin avec signes diacritiques.

Grammaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grammaire arabe.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Classement par date d'édition des ouvrages :

  • Joseph Desparmet, Enseignement de l'arabe dialectal d’après la méthode directe, (plusieurs volumes) Typographie A. Jourdan, 1907[16] (réimpression en 2010)
  • T. F. Mitchell, Colloquial Arabic, collection « Teach Yourself Books (en) », Hodder and Stoughton Ltd, Londres 1962, nombreux retirages, (ISBN 0-340-26519-1)
  • Boutros Hallaq, L'arabe pour tous, collection « les langues pour tous », Presses Pocket, 1984, (ISBN 978-2-266-01340-6)
  • Michel Neyreneuf et Ghalib Al-Hakkak, Grammaire active de l'arabe, collection « les langues modernes », Le Livre de poche, Paris 1996.
  • Thomas Bauer, Arabic Writing, article paru dans The World's Writing Systems, ouvrage collectif sous la direction de Peter T. Daniels et William Bright, Oxford University Press, 1996.
  • Toufic Fahd, Études d'histoire et de civilisation arabes, Éditions Isis, 1997, (ISBN 975-428-106-8) version en ligne
  • Mathieu Guidère, Arabe grammaticalement correct ! Grammaire alphabétique de l'arabe, Éditions Ellipses, Paris, 2001, (ISBN 2-72980923-6)
  • Michel Quitout, Parlons l'arabe dialectal marocain, L'Harmattan 2003 (ISBN 978-2-7475-1135-3)
  • Kristen Brustad, Mahmoud Al-Batal, Abbas Al-Tonsi, A Textbook for Arabic: Part Two, Georgetown University, Washington, DC, 2005 (ISBN 978-1589010963), 1re édition 1997, (ISBN 0-87840-350-7)
  • Boutros Hallaq, Quarante leçons pour parler arabe, collection « langues pour tous », Univers Poche, Pocket, Paris, 2009, (ISBN 978-2-266-18910-1)
  • Dictionnaire Mounged de poche (français arabe ─ فرنسيّ عربيّ), éditions Dar el-Machreq, dixième édition, Beyrouth.
  • Melissa Barkat-Defradas, Détermination d'indices acoustiques robustes pour l'identification automatique des parlers arabes, Revue Langues et Linguistique, 2001

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c L. Messaoudi, Cahiers de Sociolinguistique no 6 (2001), Variations linguistiques: images urbaines et sociales, p. 87-98
  2. S. Levy, EDNA no 1 (1996), Reperes pour une histoire linguistique du Maroc, p. 127-137
  3. M. Elhimer, Cahiers de Sociolinguistique no 6 (2001), Variations linguistiques, images urbaines et sociales, p. 129-143
  4. S. Levy, EDNA no 1, Reperes pour une histoire linguistique du Maroc (1996), p. 127-137
  5. L. Messaoudi, EDNA no 1 (1996), Notes sur l'affriquée G dans le parler des Jbala, p. 167-176
  6. H. Zafrani, Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée no 4 (1967), Les langues juives du Maroc, p. 175-188
  7. A. Bernard & P. Moussard, Annales de Géographie no 183 (1924), Arabophones et berbérophones au Maroc, p. 267-282
  8. S. Elbaz, Arabica no 28 (1981), La subordination en arabe d'Oujda, p. 333-344
  9. P. Behnstedt & M. Benabbou, Zeitschrift für arabische Linguistik no 44 (2005), Données nouvelles sur les parlers arabes du Nord-Est marocain, p. 17-70
  10. C. Taine-Cheikh, De l'Atlantique à l'Ennedi (Catalogue de l'exposition «Sahara-Sahel»), éd. Centre Culturel Français d'Abidjan (1989), Les langues parlées au sud Sahara et au nord Sahel p. 155-173
  11. C. Taine-Cheikh, Peuples méditerranéens no 79 (1997), Les hassanophones du Maroc. Entre affirmation de soi et autoreniement, p. 158
  12. http://www.ethnologue.com/show_language.asp?code=mey
  13. Elimam : Le maghribi, langue trois fois millénaire (éd. ANEP, Alger, 1997) ; Le maghribi, alias ed-darija, langue consensuelle du Maghreb (éd. Dar El Gharb, Alger, 2004).
  14. Cette langue est désignée par le linguiste Abdou Elimam sous le terme général de maghribi (maghrébin) qui préfère ce nom à l'épithète « dialecte ». Il rejoint en ce sens d'autres linguistes tels que Charles A. Ferguson ou William Marçais.
  15. Pour plus d'informations, consulter deux ouvrages de Elimam : Le maghribi, langue trois fois millénaire (éd. ANEP, Alger, 1997) et Le maghribi, alias ed-darija, langue consensuelle du Maghreb (éd. Dar El Gharb, Alger, 2004).
  16. http://books.google.com/books/about/Enseignement_de_l_arabe_dialectal_d_apr.html?id=gGoVAAAAMAAJ