Joseph d'Arimathie

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Portrait par Le Pérugin

Joseph d'Arimathie (ou d'Arimathée selon les traductions) est un personnage du Nouveau Testament.

Dans le texte évangélique, Joseph d'Arimathie est un membre du Sanhédrin secrètement converti à l'enseignement du Christ. Il apparaît pour la première fois après la crucifixion, lorsqu'il demande à Ponce Pilate l'autorisation d'emporter le corps de Jésus. Ensuite, il l'ensevelit dans son propre sépulcre, taillé dans le roc.

C'est un saint chrétien fêté le 17 mars en Occident et le 31 juillet en Orient.

Selon une légende ultérieure, il aurait recueilli le sang du Christ dans un vase, le Saint Calice (le Saint Graal dans le cycle arthurien).

L'origine du nom Arimathie[modifier | modifier le code]

Le terme employé dans le texte grec de Matthieu est Ἀριμαθαία, Arimathaia. Celui de la Bible des Septante est quasiment identique : Άρμαθαία, Armathaia[1].

Arimathie est peut-être le lieu dont il est question dans le premier livre de Samuel (1 : 1), en hébreu הרמתים, Ha-Ramathaïm. On identifie habituellement Ha-Ramathaïm à l'actuel village de Rentis, au nord-ouest de Jérusalem. La racine hébraïque רם (RM) signifie hauteur, endroit élevé, et se retrouve dans le nom de plusieurs localités. Ha-Ramathaïm veut donc dire, littéralement, les hauteurs.

Tableau par Le Pérugin

Les Évangiles[modifier | modifier le code]

La traduction utilisée ici est celle du chanoine Augustin Crampon, Desclée et Cie, 1923.

Évangile selon Jean 19[modifier | modifier le code]

  • 38. Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate d'enlever le corps de Jésus, et Pilate le permit. Il vint donc et enleva son corps.
  • 39. Nicodème, qui précédemment était venu vers lui de nuit, vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d'aloès, environ cent livres.
  • 40. Ils prirent donc le corps de Jésus et l'entourèrent de bandelettes avec les aromates, selon la manière d'ensevelir en usage chez les Juifs.
  • 41. Or, au lieu où il avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne n'avait encore été mis.
  • 42. C'est là, à raison de la Préparation des Juifs, le sépulcre étant proche, qu'ils mirent Jésus.

Évangile selon Luc 23[modifier | modifier le code]

  • 50. Et alors un homme, nommé Joseph, qui était membre du conseil, homme bon et juste,
  • 51. - il n'avait pas donné son assentiment à leur résolution ni à leur acte -, d'Arimathie, ville juive, qui attendait le royaume de Dieu,
  • 52. cet (homme) alla trouver Pilate pour lui demander le corps de Jésus ;
  • 53. il le descendit, l'enveloppa d'un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait encore été mis.
  • 54. C'était le jour de Préparation, et le sabbat commençait.
  • 55. Ayant suivi (Joseph), les femmes qui étaient venues de la Galilée avec (Jésus) considérèrent le sépulcre et comment son corps (y) avait été déposé.
  • 56. S'en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums ; et, pendant le sabbat, elles demeurèrent en repos, selon le précepte.

Évangile selon Marc 15[modifier | modifier le code]

  • 42. Le soir étant déjà venu, comme c'était Préparation, c'est-à-dire veille du sabbat,
  • 43. vint Joseph d'Arimathie, membre honoré du grand conseil, qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu. Il alla hardiment auprès de Pilate pour demander le corps de Jésus.
  • 44. Mais Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort, fit venir le centurion, et lui demanda s'il y avait longtemps qu'il était mort.
  • 45. Renseigné par le centurion, il accorda le cadavre à Joseph.
  • 46. Ayant acheté un linceul, il le descendit, l'enveloppa dans le linceul, le déposa dans un sépulcre qui avait été taillé dans le roc, et il roula une pierre à l'entrée du sépulcre.
  • 47. Or Marie la Magdaléenne et Marie, mère de José, observaient où il était déposé.

Évangile selon Matthieu 27[modifier | modifier le code]

  • 57. Le soir venu, vint un homme riche d'Arimathie, nommé Joseph, qui lui aussi était devenu disciple de Jésus.
  • 58. Il alla trouver Pilate pour lui demander le corps de Jésus ; Pilate alors ordonna qu'on le lui remît.
  • 59. Joseph prit le corps, l'enveloppa d'un linceul blanc,
  • 60. et le déposa dans son sépulcre neuf, qu'il avait fait tailler dans le roc ; puis, ayant roulé une grosse pierre à l'entrée du sépulcre, il s'en alla.
  • 61. Or Marie la Magdaléenne et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.

Extrait d'un texte apocryphe[modifier | modifier le code]

L'Évangile de Nicodème est un texte composé en grec au IVe siècle de l'ère chrétienne, qui ne fait pas partie du Nouveau Testament.

Voici l'extrait qui concerne Joseph d'Arimathie :

Mise au tombeau de Saint-Thégonnec

Entourant le Christ gisant, se trouvent, de gauche à droite : Nicodème, sainte Véronique tenant le voile de la Sainte Face, la Vierge Marie, saint Jean, un ange tenant le calice de la Passion et Joseph d'Arimathie.
Au premier plan, se tiennent agenouillées Marie Salomé et Marie-Madeleine


11.3 Survint un homme, appelé Joseph, membre du Conseil, il était d'Arimathie et il avait foi dans le Royaume de Dieu. Il s'approcha de Pilate et lui demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, le roula dans un linceul tout blanc, et le plaça dans une tombe taillée dans le roc, où personne encore n'avait été mis.

12.1 Quand ils surent que Joseph avait demandé le corps de Jésus, les Juifs le cherchèrent […]

Les Juifs empoignèrent Joseph et décidèrent de le faire garder jusqu'au lendemain du sabbat. « Sache bien, lui dirent-ils, que seule, l'heure nous empêche de te châtier, puisque le sabbat commence. Mais sache-le aussi, tu ne mérites pas même une sépulture. Nous jetterons ta chair aux oiseaux du ciel. » […]

Ils se saisirent de Joseph et l'enfermèrent dans une maison sans fenêtre, postèrent des gardes à l'entrée et scellèrent la porte derrière laquelle Joseph était captif.

12.2 Au sabbat, chefs de la synagogue, prêtres et lévites convinrent de se réunir à la synagogue le jour suivant. Les délibérations commencèrent tôt : quelle mort infligerait-on à Joseph ? Ils décidèrent de le faire comparaître séance tenante. Mais quand ils ouvrirent sa porte, ils ne le trouvèrent pas à l'intérieur. Le peuple entier fut stupéfait et même saisi de terreur quand il s'aperçut que les sceaux étaient intacts et que Caïphe avait gardé la clef. Et ils n'osèrent plus lever la main sur ceux qui devant Pilate avaient pris la défense de Jésus. […]

15.6 Joseph prit la parole : « Vous m'avez enfermé le vendredi, vers la dixième heure, et je suis resté là tout le sabbat. Mais à minuit, tandis que j'étais debout à prier, la maison où vous m'aviez enfermé se souleva par les quatre coins et une sorte d'éclair vint éblouir mes yeux. Épouvanté, je tombai à terre. Alors quelqu'un me prit par la main et m'enleva de l'endroit où je gisais, et une eau fraîche coula sur moi de la tête aux pieds, tandis que des effluves de myrrhe emplissaient mes narines. Il m'essuya le visage, m'embrassa et me dit : « Ne crains pas, Joseph. Ouvre tes yeux et regarde quel est celui qui te parle. » Levant mon regard, je vis Jésus. Mes frayeurs redoublèrent. Je pensai que c'était un fantôme et je me mis à réciter les commandements. Mais il les récita avec moi. Or vous ne l'ignorez pas, quand un fantôme entend réciter près de lui les commandements, il prend la fuite. Voyant qu'il les disait avec moi, je m'écriai : « Rabbi Élie! » Il me dit : « Je ne suis pas Elie. - Qui es-tu, Seigneur, lui dis-je. Et il me dit : - Je suis Jésus. Tu as demandé mon corps à Pilate, puis tu m'as enveloppé dans un pur linceul et tu as couvert mon visage d'un suaire, puis tu m'as déposé dans ton caveau neuf et tu as roulé une grande pierre à l'entrée de la tombe. »
Et je dis à celui qui me parlait : « Viens me montrer l'endroit où je t'ai placé. » Il me conduisit à cet endroit et me le montra. Le linceul y traînait encore, et le suaire qui avait couvert son visage. Alors j'eus la preuve qu'il était Jésus.
Il me prit par la main et toutes portes closes, me transporta au milieu de ma demeure. Il me conduisit auprès de mon lit et me dit : « Paix à toi ! » Il m'embrassa encore et ajouta : « Tu ne sortiras pas de chez toi avant quarante jours. Car voici, je vais rejoindre mes frères, en Galilée. »

(Texte intégral des Actes de Pilate)

Le personnage arthurien[modifier | modifier le code]

La figure de Joseph d'Arimathie fut introduite dans le cycle arthurien par Robert de Boron dans son roman en vers Estoire dou Graal ou Joseph d’Arimathie, écrit entre 1190 et 1199, conservé dans un seul manuscrit[2].

D'après la légende, c'est chez Joseph d'Arimathie que se tint le dernier repas du Christ. Joseph conserva le vase de la Cène, dans lequel il recueillit un peu du sang de Jésus, avant de le déposer dans son sépulcre. Joseph quitta ensuite la Palestine et se rendit « en Bretagne », c'est-à-dire le sud de la Grande-Bretagne actuelle, à Glastonbury selon certains textes, où il garda précieusement le Saint-Graal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Armathaïm dans « ανθρωπος ην εξ αρμαθαιμ σιφα » dans le texte de la Septante en grec sur le site obohu.cz/bible
  2. Paris, Bibliothèque nationale de France, fr. 20047.

Voir aussi[modifier | modifier le code]