Abbaye de Moyenmoutier

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Abbaye de Moyenmoutier
Image illustrative de l'article Abbaye de Moyenmoutier
Présentation
Nom local Abbaye Saint-Hydulphe
Culte Catholique
Type Abbatiale
Rattachement Diocèse de Saint-Dié
Début de la construction XVIIIe siècle
Fin des travaux XVIIIe siècle
Style dominant Classique
Protection Monument historique (première liste de 1840)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Commune Moyenmoutier
Coordonnées 48° 22′ 43″ N 6° 54′ 46″ E / 48.378716, 6.912814 ()48° 22′ 43″ Nord 6° 54′ 46″ Est / 48.378716, 6.912814 ()  

L'abbaye de Moyenmoutier, ou l'abbaye Saint-Hydulph, était une abbaye de l'ordre de Saint-Benoît, située à Moyenmoutier, dans le département des Vosges (France). Cette abbaye abrita jusqu'à 300 religieux.

Elle fut fondée vers l'an 671 par Saint Hydulphe, chorévêque de Trèves qu'il quitta pour se retirer dans la solitude des Vosges et y vivre en ermite. Cette abbaye fut soumise dès le commencement aux rois d'Austrasie et ensuite à l'empereur Charlemagne et à ses successeurs. Par la suite, les ducs de Lorraine y exercèrent des droits régaliens sous l'autorité des empereurs.

Blason de l'abbaye de Moyenmoutier[modifier | modifier le code]

Blason de l'abbaye de Moyenmoutier (Vosges).svg D'azur au dextrochère de carnation vêtu d'argent tenant une crosse abbatiale d'or en pal, avec son sudarium d'argent. D'Hozier donne d'autres armoiries[2] ; cependant il est peu fiable concernant la Lorraine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un ermitage[modifier | modifier le code]

Le portail d'enceinte de l'abbaye (reconstruit au XVIIIe siècle)

Le premier dessein de Saint Hydulphe fut de vivre en ermite. Il choisit à cet effet un endroit le plus resserré entre la montagne et les rochers dans le massif des Vosges, du côté du midi et au-delà de la rivière du Rabodeau du côté nord. Tous les terrains des alentours étaient déjà occupés par d'autres ermites : Gondelbert à l'orient, Saint Déodat au midi et par le monastère d'Étival fondé par Leudinus Bodo, évêque de Toul[3]. Dans les environs, il y avait aussi les abbayes de Bonmoutier, d'Offonville fondées par le même Bodon, frère de Sainte Salaberge[4]. Peu de temps après que Saint Hydulphe se retira dans la solitude, un seigneur des environs nommé Bogon, lui fit cadeau de terrains appelés aujourd'hui Saint-Blaise connu autrefois sous le nom de Bégoncelle. Il y rajouta par la suite la roche de Folcholde qui fut sans doute la montagne voisine de Saint-Blaise, un vallon où se trouvait autrefois le village de Veis-Valle, à l'emplacement de Rua où l'on a bâti par la suite la ville de Raon-l'Étape. Saint Erhard, frère de Saint Hydulphe et évêque de Ratisbonne, ayant appris sa retraite dans les Vosges, vint lui rendre visite. Selon la légende les deux prélats catéchisèrent et baptisèrent Odile, la fille d'Etichon-Adalric d'Alsace. La jeune Odile, par une "grâce particulière du ciel, et par la prière des évêques, reçut à la fois la lumière de l'esprit et celle du corps au baptême". Etichon ou Attic, le père de Sainte Odile lui permit de se retirer sur un haute montagne nommée Hohenberg où elle bâtit un monastère. On compte parmi les disciples de Hydulphe trois saints personnages, Jean et Benin, frères germains et même paraît-il jumeaux, et un troisième nommé Spinule honoré du don des miracles, de telle sorte que Hydulphe fut obligé après sa mort, de lui commander en vertu de la sainte obéissance de cesser ses miracles qui troublaient le repos de ses frères.

Fondation d'une abbaye[modifier | modifier le code]

Châsse de saint Hydulphe à l'abbatiale de Moyenmoutier

Saint Hydulphe fonda ensuite un petit monastère et lui donna le nom de Moyenmoutier. Aussitôt un grand nombre de disciples vinrent se ranger sous sa bannière et l'engagèrent à bâtir une abbaye et deux églises, l'une sous l'invocation de la Sainte Vierge et l'autre sous celle de Saint Pierre.Il fit bâtir ensuite une troisième église en dehors du monastère, en faveur des étrangers et des hôtes de passage, et une quatrième sur une colline qui est au midi de l'abbaye, qu'il dédia au pape Saint Grégoire. Il fit installer un cimetière, non pas à côté de l'abbaye, mais un peu plus loin pour y enterrer les religieux. Le terrain sur lequel fut construit l'abbaye ne permettait pas d'installer le cimetière juste à côté, car il était considéré comme trop marécageux. Après le décès de Saint Déodat en 679. Hydulphe prit la conduite de la communauté que ce saint avait rassemblée dans son monastère de Jointures, ou Val de Galilée, et laissa celle de Moyenmoutier à Leutbalde son disciple. Ce dernier étant mort en 704, Hydulphe prit de nouveau la direction de Moyenmoutier jusqu'à son décès intervenu en 707[5].

Moyenmoutier et l'Alsace[modifier | modifier le code]

Alors qu'Hydulphe s'établit au Val de Galilée, l'Alsace ne faisait plus partie du royaume d'Austrasie, mais formait un duché. Le plus célèbre de ses ducs fut Etichon, appelé également Atticus. Ce personnage, que la légende prétend fils d'un maire du palais, est la souche de plusieurs maisons royales : entre autres, les Habsbourg, la maison de Lorraine, la maison de Bade, les comtes de Flandres. Etichon était puissant et possédait de vastes domaines dont entre autres au Val de Villé. Sa résidence se trouvait non loin de la villa d'Obernai, ou le château du Hohenbourg. Les anciennes chroniques présentent Etichon comme un homme dur et violent ; on l'accuse même d'avoir tué l'un de ses propres fils dans un accès de colère. Vers la fin de sa vie, il revint à des sentiments plus chrétiens, et pour expier ses fautes, fit de grandes libéralités aux monastères. Un des plus favorisés fut le couvent de Moyenmoutier, dont le fondateur saint Hydulphe, avait rendu la vue à sainte Odile, fille du duc. En reconnaissance de ce miracle, Etichon donna à Moyenmoutier de grands biens en Alsace[6], entre autres des terres autour de Thanvillé. Saint Hydulphe envoya des religieux dans ses nouvelles possessions, et y fit bâtir un monastère dédié à Saint Pierre. Selon toute probabilité cette construction devait être située sur l'emplacement de l'église actuelle de Saint-Pierre-Bois. À peu près à la même époque, vers 667, d'autres biens, également situés près de Thanvillé furent donnés à l'abbaye d'Ebersmunster. Ces biens se composaient de prés, de champs et de bois[7]. La chronique d'Ebersmunster raconte que deux frères de noble race possédaient des terres situées près de Thanvillé ; ils firent entre eux un partage : l'un donna sa part à Moyenmoutier, l'autre céda la sienne à Ebersmunster. L'histoire constate qu'Etichon fut un des bienfaiteurs de l'abbaye de Moyenmoutier, mais elle ne parle pas de son frère. Ces biens s'étendaient de Stotzheim à Kintzheim et Scherwiller[8]. Dans le Val de Villé, ils devaient comprendre à peu près les territoires actuels de Howart, Saint-Pierre-Bois, Hundswiller, les Hütten, Thanvillé, Saint-Maurice et peut-être d'avantage. Par le fait de son annexion à Moyenmoutier, Thanvillé dépendit pendant longtemps de la Lorraine. Durant le règne de l'abbé Lambert[9] celui-ci se vit restituer en 1030 au monastère de Moyenmoutier, une partie de son ancienne prospérité. Il parvint à se faire restituer une grande partie des biens qui lui avaient été enlevés, notamment ceux qu'il possédait en Alsace. En 1051, le pape Léon IX rattacha le prieuré d'Echéry dans le Val de Lièpvre, à celui de Saint-Dié [10]. À partir du XIIe siècle, avec le déclin du prieuré d'Echéry, au Val de Lièpvre, celui-ci est rattaché à l'abbaye de Moyenmoutier. Le 12 décembre 1140 le pape Innocent II, rappelle que les possessions d'Echéry sont classées dans l'ordre de saint Benoît dépendant de l'abbaye de Moyenmoutier. L'empereur Henri V vers 1157 confirme les biens que Moyenmoutier possède en Alsace, dont Echéry et Bergheim[11]. En 1497 l'abbaye de Moyenmoutier touchait encore une rente annuelle d'Echery qui s'élevait à quinze sols (monnaie de Strasbourg) jusqu’à la moitié du XVIe siècle [12]. L'abbaye de Moyenmoutier disposait également entre 771 et 974 d'une cour colongère, le Meyerhof, situé à Rorschwihr. Innocent II confirme à l'abbaye de Moyenmoutier la possession des vignes de Rorschwihr. Bergheim appartint au début du VIIe siècle également à l'abbaye de Moyenmoutier jusqu'au passage, en 1246, au duc de Lorraine.

L'abbaye sous le règne de Charlemagne[modifier | modifier le code]

Sous le règne de Charlemagne, les religieux de Moyenmoutier ne pouvant se mettre d'accord sur le choix d'un abbé, ce prince leur donna pour supérieur un archevêque de Grado, nommé Fortunat, qui était alors à sa cour. C'est au cours de son administration que l'abbaye acquit un commencement de célébrité. Fortunat gouverna cette abbaye environ vingt deux ans et mourut en 825. Il fut enterré dans l'oratoire de Saint-Grégoire, au midi de l'abbaye.

Sous le règne de Lothaire II[modifier | modifier le code]

Statue polychrome représentant Saint-Hydulphe dans l'église abbatiale de Moyenmoutier

Lothaire II qui donna son nom à la Lorraine, et qui créa des tensions à l'occasion de son divorce avec Theutberge, fille de Boson l'Ancien, et sœur d'Hucbert, un seigneur brigand, abbé laïc de Saint Maurice-en-Valais étant en guerre avec ses oncles Charles II le Chauve et Louis II de Germanie, demanda à Pipin, abbé de Moyenmoutier, les trente soldats armés que son abbaye était chargée de fournir au roi en temps de guerre. Pipin ne voulut rien entendre se mit en colère et donna l'abbaye de Moyenmoutier au duc de la province, qui apparemment était Regnier, comte de Hainaut, surnommé le long-Col, qui avait reçu le duché du même roi Lothaire vers l'an 855 au début de son règne. Le duc de la province, pour répondre au désir de Lothaire dissipa les biens. Les religieux manquant des choses nécessaires à la vie, furent obligés de se disperser, à l'exception d'un tout petit nombre à qui le duc fournissait la nourriture. Il s'appropria même des familles de serfs qui appartenaient à ce monastère qui fut ainsi réduit à la misère.

Le règne de Zwentibold[modifier | modifier le code]

Les choses demeurèrent en l'état jusqu'au règne de Zwentibold[13], roi de Lorraine, fils naturel de l'empereur Arnulf. Zwendibold commença à régner en 893, selon les uns, ou 895, selon d'autres sources. Ce prince donna l'abbaye de Moyenmoutier au comte Hillin, qui chassa les religieux et mit des chanoines en 896. Ils y demeurèrent environ 77 ans jusqu'au règne de Frédéric II (995-1026), duc de Haute-Lotharingie qui y remit les religieux vers l'an 965 ou 966.

L'abbaye au Xe siècle[modifier | modifier le code]

Vers le milieu du Xe siècle, l'église primitive de l'abbaye de Moyenmoutier, construite hâtivement commença à se délabrer sérieusement. L'abbé Adalbert chargé de réformer l'abbaye, avec l'appui de Blidulphe et Gundelach, entreprit de reconstruire, vers 953, la nouvelle église sur des terres plus vastes. Il fit exhumer le corps de saint Hydulphe et l'enferma dans une châsse de bois précieusement décorée. Sous l'abbatiat d'Adalbert, en 960, est fondée la première école de grammaire d'Europe. Adalbert moine de Gorze, puis prieur de l'abbaye de Moyenmoutier de 955 à 985 avait reçu du duc Frédéric le poste du monastère de Saint-Dié devenu vacant. Ne pouvant gouverner les deux abbayes, il fit appel à Erchambert au poste de Saint-Dié. Il fit une telle dispersion des biens du monastère, qu'il priva les moines des choses les plus élémentaires à la vie. Il s'attira la colère du duc. Erchambert crut l'apaiser par des cadeaux. Il vendit les vases sacrés, les croix en argent, les vêtements de soie et les broderies en or et en offrit le prix à Frédéric. Mais le duc encore plus offensé par ces présents, chassa ce mauvais abbé et les religieux et les remplaça par des chanoines. Au commencement du Xe siècle, vers 917 une partie des bâtiments de l'abbaye de Moyenmoutier furent brûlés par les Hongrois. Les religieux dépouillés errèrent dans les montagnes et contractèrent l'habitude de la dépravation. Le monastère ruiné resta abandonné jusqu'en 920. Plus tard, le vieil abbé Adalbert qui avait contribué à faire renaître de ses centres l'abbaye et à restaurer la vie monastique, fut pris de frayeur en 984, à la suite du différend qui opposait Lothaire et Cuonin. La guerre entre les deux protagonistes menaçait en effet directement l'abbaye. Il fit faire des prières dans toutes les abbayes des Vosges.

Sous la souveraineté des ducs de Lorraine[modifier | modifier le code]

Depuis Gérard d'Alsace, les abbayes de Moyenmoutier et de Saint-Dié ont fait partie de la souveraineté des ducs de Lorraine. Cette mainmise des ducs de Lorraine n'a pas empêché les abbayes d'avoir leurs propres seigneurs ou avoués qui sous le prétexte de protection ou d'advocatie, exerçaient sur leurs sujets une assez grande autorité. En 1535, l'abbaye est régie en commende : les laïcs administrent l'abbaye, négligeant la vie spirituelle et ne pensant que tirer profit des bénéfices. En 1601, l'abbaye de Moyenmoutier s'allie avec l'Abbaye Saint-Vanne de Verdun au sein de ce qui deviendra la Congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe.

Impôts au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

L'abbé de Moyenmoutier était seigneur haut, moyen et bas justicier dans les bancs de Moyenmoutier, Saint-Blaise, Saint-Prayel, Le Pair, La Chapelle et autres hameaux et dépendances. Il avait la possibilité d'affranchir deux hommes par an[14]. Les fermiers sont obligés de donner annuellement dix sacs d'orge, dont deux sacs pour l'abbaye et le reste pour les pigeons et les chevaux. Les habitants dans autres bancs devaient annuellement pour chaque charrue entière douze gros[15]. Pour chaque manouvrier, quatre gros deux blancs[16] pour chaque veuve deux gros un blanc. Pour chaque fauchée de pré, un maille de Strasbourg évalués trois deniers[17]. Chaque ménage ayant ménage entier devait à l'abbaye un resal d'avoine et deux poules, la veuve un demi resal d'avoine et une poule. Le maire, le lieutenant de mairie, greffier, forestier, garde-chasse, fermier de l'abbaye et les marguilliers étaient exempts.

Corvées[modifier | modifier le code]

Chaque laboureur devait par an au seigneur abbé de Moyenmoutier trois jours de charrue, un "charrois", deux voitures de foin à rentrer à l'abbaye, les dits-laboureurs et manouvriers doivent chacun deux jours à faucher et autant à faner et à seiller et un jour à sarcler.

Le cardinal Humbert[modifier | modifier le code]

Le Centre : la rivière, l'abbaye et l'usine

Le cardinal Humbert, célèbre par ses écrits et les services qu'il rendit à l'église contre les grecs schismatiques, était un moine de Moyenmoutier. Il rédigea un certain nombre de manuscrits, dont la plupart viennent du Prieuré de Saint-Mont, proche de Remiremont. D'autres manuscrits sont des restes de l'ancienne bibliothèque de Moyenmoutier et d'autres de différents endroits. On peut voir le dénombrement des principaux dans la Bibliotheca bibliothecarum, manuscrit du R.P. Dom Bernarde de Maufaucon. La bibliothèque de Moyenmoutier possédait avant la Révolution l'unique copie de Jean de Bayon, dominicain, donnée par le R.P. Donar, Tiercelin, confesseur du duc Charles IV. Le manuscrit est précieux pour l'histoire de la Lorraine, principalement pour celle des comtes de Vaudémont, branche de la maison de Lorraine.

La châsse de saint Hydulphe[modifier | modifier le code]

On voit encore aujourd'hui, l'ancienne châsse qui renferme les reliques de Saint Hydulphe, fondateur de l'abbaye de Moyenmoutier. Elle est couverte de lames d'argent ouvragées et représente le baptême de sainte Odile par saint Hydulphe et saint Ehrard évêque de Ratisbonne. Ces plaques d'argent de style gothique, comme on les faisaient aux Xe siècle sont précieuses pour l'histoire du Moyenmoutier. Le R.P. Dom Humbert Belhomme est à l'origine d'un ouvrage en latin sur l'histoire de l'abbaye de Moyenmoutier imprimé en 1724 à Strasbourg.

La Révolution[modifier | modifier le code]

À la Révolution, les bâtiments de l'abbaye furent vendus comme biens nationaux. Ils sont achetés par des industries de Senones pour y abriter un atelier de blanchissement de tissus.

Le château de la Haute-Pierre[modifier | modifier le code]

Une forteresse face à l'abbaye[modifier | modifier le code]

Dès l'année 1193 ou environ, Albert, ou Aubert de Parroye, écuyer, d'une des plus importantes maisons de Lorraine fit construire une forteresse au nord de la Haute-Pierre, qui est une roche escarpée fort abrupte, que l'on aperçoit vis-à-vis de la montagne. Actuellement il reste encore quelques vestiges de cette forteresse, qui fut nommée jadis la Haute-Pierre, dont le nom demeura à Albert de Parroye et à ses successeurs. On aperçoit encore aujourd'hui, un escalier et des boulets en granit qui sont épars aux bords de la montagne.

La forteresse détruite par le duc Mathieu II[modifier | modifier le code]

Le duc de Lorraine Mathieu II, ne put souffrir de cette entreprise : il fit assiéger cette forteresse, et s'en empara après un long siège qui dura depuis l'Octave de la Pentecôte, jusqu'à la Nativité de Notre-Dame, soit le 8 septembre. Après la prise de ce château, le duc Mathieu et Aubert de Parroye se mirent d'accord ensemble pour reconstruire une nouvelle forteresse sur la montagne d'Ansus, près de Colroy, au Val de Saint-Dié. Il pouvait même rétablir son château de la Haute-Pierre à condition de faire allégeance au duc. La lettre où figurent ces conclusions est du mois de janvier 1224. Aubert de Parroye ne bâtit point de forteresse sur le mont Ansus, mais rétablit son château à la Haute-Pierre. Selon le nécrologe de Moyenmoutier de l'abbaye de Moyenmoutier, quelques seigneurs et dames résidaient encore à la Haute-Pierre en dépit de l'ordre de destruction ordonné par le duc Mathieu II. Des documents de 1224 affirment qu'Aubert de Parroye était le fils de Simon de Parroye, et que le château du Spitzemberg leur appartenait. Par la suite les seigneurs de Parroye vendirent, ou échangèrent avec les ducs de Lorraine le château du Spitzemberg dans le val de Fave et les biens qu'ils possédaient à Saint-Dié et Moyenmoutier.

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

  • 671-707 : saint Hydulphe de Trèves
  • 707-7?? : Leutbald
  • 7??-758 : Crescent
  • 758-779 : Regimbert
  • 779-791 : Sundrabert
  • 791-805 : Mandalvin
  • 805-825 : Fortunat (accompagna les envoyés de l'empereur Nicéphore à Charlemagne pour traiter de la paix entre les Francs et les Grecs)
  • 825-8?? : Gualdon
  • 8??-8?? : Ismond
  • 8??-8?? : Thierry I
  • 8??-896 : Renaud
  • 896-9?? : Pépin
  • 9??-9?? : Hillin
  • 9??-9?? : Riquin
  • 9??-9?? : Othon
  • 9??-9?? : Boson
  • 9??-939 : Arnaud
  • 939-955 : Gislebert
  • 955-985 : Adalbert (moine de Gorze nommé à Moyenmoutier par Frédéric Ier, comte de Bar et duc de Haute-Lotharingie).
  • 985-1011 : Almand
  • 1011-10?? : Nardulphe (1)
  • 10??-10?? : Ensibold
  • 10??-10?? : Nardulphe (2)
  • 1026-10?? : Guillaume de Volpiano
  • 10??-1029 : Guidric
  • 1029-1039 : Norbert
  • 1039-1062 : Lambert
  • 1062-1077 : Benoît
  • 1077-1116 : Bertic
  • 1116-1150 : Milon
  • 1150-1154 : Hermann I
  • 1154-1169 : Raynard
  • 1169-1181 : Hermann II
  • 1181-1187 : Henri
  • 1187-1193 : Pons
  • 1193-1206 : Simon
  • 1206-1222 : Pierre
  • 1222-1238 : Gérard I
  • 1238-1257 : Nicolas I
  • 1257-1261 : Jean I Rogier des Rosiers de Beaufort
  • 1261-1304 : Alexandre
  • 1304-1316 : Gautier
  • 1316-1317 : Eudes
  • 1317-1343 : Bancelin
  • 1343-1362 : Jean II de Malle
  • 1362-1374 : Hermann III
  • 1374-1380 : Gosbert
  • 1380-1433 : Thierry II d’Orgevillers
  • 1433-1435 : Jean III de Culine
  • 1435-1438 : Désiré d’Orgevillers
  • 1438-1453 : Valentin Herbé
  • 1453-1477 : Jean IV de Bayon
  • 1477-1493 : Jean V de Faulx
  • 1493-1514 : Gérard II de Gomberval
  • 1514-1534 : Georges d’Hossonville

En 1535 l'abbaye passe sous le régime de la commende:

  • 1534-1546 : Nicolas II de Lorraine
  • 1546-1552 : Jean VI Martin
  • 1552-1568 : Jacques de Mézières
  • 1568-1575 : Jean VII de Mézières
  • 1575-1577 : Antoine Le Noir
  • 1577-1581 : Nicolas III Bertrand
  • 1581-1583 : cardinal Charles I de Lorraine-Mercœur
  • 1583-1611 : Eric de Lorraine-Mercœur
  • 1611-1623 : Charles II de Lorraine-Chaligny
  • 1623-1661 : François I de Lorraine-Chaligny
  • 1661-1676 : Philibert Galavaux
  • 1676-1705 : Hyacinthe Alliot
  • 1705-1762 : Humbert I Belhomme
  • 1762-1779 : Humbert II Barrois
  • 1779-1790 : François II Maillard

Source : Gallia Christiana

Source[modifier | modifier le code]

Cet article est issu en totalité de la Notice de Lorraine par Dom Calmet imprimé en 1754 et repris en 1844 à Lunéville qui a pu être modifié ou remanié depuis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00107210 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111469d/f177.image.tableDesMatieres
  3. La biographie des trois hagiographies extirpée ou Vita Hilulphi est suspecte aux yeux des historiens. Il est peu probable que Hydulphe ait côtoyé Gondelbert et Déodat.
  4. Fils de Berthold qui possédait des terres à Étival. Leudinus Bodo avait pour frère Fuculfus Bodo et pour sœur Salaberge qui se voua à la vie monastique. Leudinus fut évêque de Toul en 667
  5. Le décès de Hydulphe, selon les hagiographes est intervenu le 11 juillet 707
  6. Tous ces détails relatifs à Moyenmoutier sont tirés de deux notices écrites au XVIIIe siècle, par des religieux de l'abbaye. L'une de ces notices se trouve à la Bibliothèque nationale de Paris, manuscrit, collection de Lorraine, Moyenmoutier. L'autre se trouve dans les archives du département du Bas-Rhin et fut écrite par Dom Alliot Hyacinthe, abbé de Moyenmoutier
  7. Charte de 1042, reproduite par Schoepflin, qui en nie l'authenticité, Alsatia diplomatica, t.1, p. 215
  8. Charte de 994, Schoepflin, Alsatia diplomatica, t.I, p. 127
  9. Belhomme : Histoire de Moyenmoutier
  10. Liber de Sancti Hidulfi successoribus in Mediano Monasteria, p. 182
  11. Une possession des évêques de Toul en Alsace : la cour de Bergheim. Éditions FX Le Roux & Cie, Strasbourg, 1957, Lorraine, Alsace, Franche Comté - Société Savante d'Alsace et des régions de l'Est
  12. Sainctes Antiquitez de la Vosge, p.230
  13. En 894, Arnulf de Carinthie intronise son fils bâtard Zwentibold comme roi de Lotharingie. Zwentibold est tué en 900 par ses vassaux révoltés et le royaume de Lotharingie est rattaché à la Germanie de Louis IV l'Enfant (†911)
  14. L'abbé de Moyenmoutier avait aussi la juridiction ecclésiastique dans le Ban-de-Sapt avec l'église de Laytre, annexe d'Hurbach
  15. Gros = 7e partie de la livre
  16. Le blanc valait cinq deniers
  17. Le denier = 12e partie d'un sou.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Belhomme (dom Humbert) : Historia Mediani in monte Vosago Monasterii, Argentorati, Ordinis sanscti Benedicti, ex Congregation sansctorum Vitoni et hidulfi (auctore H. Belhomme), Argentorati (= Strasbourg), sumptibus, J.R. Dusseckeri, 1724, 469 pages
  • Dom Calmet : Histoire de la Lorraine, 1754
  • Faron, Jules : Histoire de Moyenmoutier, 1896
  • Jean Ruyr, Recherches des sainctes antiquitez de la Vosge, province de Lorraine, Épinal, chez Ambroise Ambroise, 1634.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]