Pôle de renaissance communiste en France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pôle de renaissance
communiste en France
Image illustrative de l'article Pôle de renaissance communiste en France
Logo officiel
Présentation
Président Léon Landini
Fondation 2000 : CNUC
2002 : FNARC
2004 : PRCF
Siège 8 rue Clos-Lapaume
92220 Bagneux
Secrétaire national Georges Gastaud
Président d'honneur Georges Hage
Idéologie
Communisme,
Marxisme-léninisme,
Socialisme,
Anticapitalisme,
Patriotisme,
Euroscepticisme
Couleurs Rouge, Bleu
Site web www.initiative-communiste.fr

Le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) est un mouvement politique se réclamant du marxisme-léninisme, fondé en janvier 2004, ayant comme slogan « Franchement communiste », qui se situe à gauche dans l'échiquier politique, regroupant des militants et groupes politiques issus du Parti communiste français (PCF), certains lui appartenant encore, mais l'ayant quitté dans leur majorité.

Son président-délégué est Léon Landini et son président d'honneur est Georges Hage, ancien doyen de l'Assemblée nationale. Il est organisé en associations départementales, en sections et dans la mesure du possible en cellules. Le Comité politique national assume la direction nationale, selon des principes déclarant s'inspirer du centralisme démocratique.

Le PRCF édite le mensuel Initiative communiste et la revue théorique ÉtincelleS. Des militants du mouvement animent également l'émission Convergence, émission hebdomadaire sur Radio Galère (FM 88,4 MHz à Marseille le lundi de 20h à 21h) [1].

Le PRCF a également un mouvement de jeunesse, les Jeunes pour la renaissance communiste en France (JRCF).

Historique[modifier | modifier le code]

Le PRCF fait partie des organisations issues du refus de la « mutation » qu'a engagée la direction du PCF dans les années 1990. Elle succède et vient compléter un grand nombre d'autres organisations qualifiées d'« orthodoxes » par les médias, qui diffèrent entre elles principalement par leur positionnement envers le PCF.

Un des premiers mouvements récents d'opposition « orthodoxe » voit le jour en 1991, avec la création de la Coordination communiste pour la continuité révolutionnaire et la renaissance léniniste du PCF (CC/PCF), plus communément appelée Coordination communiste. Née dans le Nord, il s'agit d'un groupe oppositionnel au sein du PCF, qui s'oppose particulièrement à la direction sur le bilan de l'URSS. Cependant, celui-ci reste dans un premier temps assez peu influent et très localisé.

Avec le 29e congrès du PCF, en 1996, d'autres groupes oppositionnels voient le jour, dont la « Gauche communiste » de Jean-Jacques Karman, qui réclame la construction d'un parti révolutionnaire comme le PCF de 1921, « Communistes de l'appel des 41 (Loir-et-Cher) » de Thérèse Hirzsberg ou encore l'« Appel des 500 » animé, entre autres, par Rolande Perlican, Henri Martin et Maurice Lassalle. Les deux premiers seront notamment à l'initiative de l'appel « Nous voulons rester communistes » et des « États généraux des communistes », avec la Coordination, le 14 février 1999.

C'est le congrès de Martigues, en 2000, qui marquera la rupture de la plupart de ces groupes avec le PCF. Alors que la Gauche communiste reste au sein du PCF, Rolande Perlican le quitte pour fonder Communistes, ainsi Thérèse Hirzsberg et l'Appel des 41. La majorité de la Coordination communiste quitte le PCF pour fonder la Coordination communiste pour la reconstruction du parti communiste révolutionnaire (qui deviendra l'URCF), alors que la minorité qui a choisi de rester au PCF, fondera la "Coordination des militants communistes du PCF pour sa continuité révolutionnaire et sa renaissance léniniste" (CMC/PCF) autour de G. Gastaud (qui deviendra le PRCF).

L'année qui suit voit naître un début d'unité entre ces groupes : en mai 2000, des militants, adhérents ou non au PCF, créent le Collectif national unitaire des communistes (CNUC), à l'initiative de Georges Hage. Ils participent aux débuts des Rouges vifs, groupe créé autour d'André Gerin ou Henri Martin, qui reste au sein du PCF. Le CNUC sera à l'origine d'un meeting, en 2001, intitulé « Retrouvailles communistes » et qui regroupe plusieurs groupes orthodoxes du PCF, à l'occasion de son 80e anniversaire : outre le CNUC et les Rouges vifs, on trouve la Gauche communiste, la partie de la Coordination communiste qui a choisi de rester au PCF, sous le nom de "Coordination des militants communistes du PCF pour sa continuité révolutionnaire et sa renaissance léniniste" (CMC/PCF) ou encore la Fédération PCF du Pas-de-Calais dirigée par Jean-Claude Danglot.

À la suite de ces « retrouvailles » se crée un Comité de liaison pour une convergence communiste des associations nationales (souvent nommé Convergence communiste), animé notamment par Henri Martin. Dans cette optique unitaire est fondée la « Fédération nationale des associations pour la renaissance communiste » (FNARC), début 2002 : principalement issue du CNUC, elle regroupe également des membres de la CMC/PCF ainsi que des groupes moins importants.

La création du Pôle pour la renaissance communiste en France s'inscrit dans la même logique que celle de la FNARC : la Convention nationale pour la renaissance communiste qui le fonde, les 17 et 18 janvier 2004, à Paris, se tient d'ailleurs à l'initiative de cette dernière. La création du PRCF ne donne pas lieu à des ralliements majeurs : sont présentes à la Convention les mêmes associations qu'aux « retrouvailles » de 2001. Elle marque en revanche un changement de nature : d'une fédération d'associations, la FNARC se transforme en pôle de travail de militants de bords différents, dont une majorité est encore adhérente au PCF.

Relations avec le PCF[modifier | modifier le code]

L'acte fondateur du PRCF[2] précise : « le Pôle de Renaissance communiste ne se conçoit pas comme un parti mais comme un regroupement de militants travaillant sur la base d’une analyse marxiste-léniniste actualisée de la société ; le nouveau Pôle travaillera également à susciter des convergences communistes d’action sur tous les problèmes d’actualité ». Il est cependant en rupture totale avec le PCF, qu'il qualifie de mutant : il considère, contrairement aux groupes encore présents au sein du PCF (comme la Gauche communiste ou la section du PCF 15e), qu'il n'est pas possible de le « redresser de l'intérieur ». C'est pourquoi il se donne l'objectif de créer un parti continuateur du PCF, qui continue son action d'avant le 22e congrès (date de l'abandon de la dictature du prolétariat, et donc de facto du marxisme-léninisme tel que souhaité par le PRCF).

Cependant, une partie importante des membres du PRCF sont également membres du PCF. De ce fait, et de par ses relations avec d'autres groupes « orthodoxes », notamment via Convergence communiste, il influence la vie politique interne du PCF. Au 32e congrès, en 2003, le projet alternatif de base commune intitulé « Reconstruire le PCF et réunifier les communistes sur des bases révolutionnaires » est soutenu à la fois par la fédération du Nord du PCF et Jean-Claude Danglot, par la Gauche communiste et par la FNARC. Au 33e, en 2006, le PRCF ne soutiendra pas officiellement de texte, mais déclare approuver totalement le texte « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes », issu de la section du PCF Paris 15e.

Un certain nombre de ses militants ont été exclus de fait du PCF.

Cependant, les principaux acteurs de premier plan du PCF un temps proches du PRCF s'en sont aujourd'hui éloignés, tels Jean-Claude Danglot, André Gerin ou Jean-Jacques Karman.

En 2007, Georges Hage, lance un appel Groupons-nous dès demain visant à rassembler toutes les sensibilités communistes opposées à la direction réformiste du PCF.

À la différence d'autres opposants à la ligne de la direction du PCF qui eux aussi rejettent ce qu'ils appellent la mutation/liquidation du parti et, par exemple, l'adhésion au Parti de la gauche européenne, le PRCF n'a pas totalement renoncé à toute activité militante à l'intérieur du PCF. Pariant que le PCF continuera sa dérive sociale-démocrate, il cherche à se constituer en alternative pour continuer le PCF sur des bases révolutionnaires modernes. Sa stratégie, basée sur l'unité de tous les communistes opposés à la liquidation du PCF entreprise par la direction réformiste.

À l'occasion du 10e anniversaire de la disparition de Georges Marchais (1997/2007), le PRCF rend pourtant hommage à l'ancien secrétaire général révisionniste du PCF[3].

Le PRCF continue à entretenir des relations avec différents groupe, réseaux et personnalités communistes dans et hors du PCF. Notamment, en 2013, le PRCF prend toute sa part au sein de Assises du Communisme dont il est signataire de l'appel du 30 juin et qu'il contribue à animer.

Participation électorale[modifier | modifier le code]

La FNARC, prédécesseur du PRCF, a présenté des candidats aux élections législatives de 2002 ainsi qu'aux élections cantonales de 2004. Le PRCF a quant à lui présenté plusieurs candidats aux élections législatives de juin 2007[réf. nécessaire] ainsi qu'aux élections municipales et cantonales de mars 2008[réf. nécessaire]. Notamment à Lens (62) où la liste d'union à laquelle participe le PRCF obtient 12,7 % des voix[4].

Affiches anti-électorales du PRCF à Lille

Aux Élections européennes de 2009, le PRCF fait campagne pour « l’abstention citoyenne » [5], notamment parce qu’il juge que ce serait « cautionner le viol du non à la constitution européenne du 29 mai 2005 » [6] (Cf: traité de Lisbonne), de plus, le PRCF étant souverainiste, il ne veut pas participer à des élections qu’ils qualifient de « supranationales » [7]. Son principal mot d’ordre pour cette campagne est « pour redire non à l’union européenne, abstention citoyenne » [8] et « l’Europe capitaliste il faut en sortir pour s’en sortir » [9]. Aux Élections européennes de 2014, le PRCF fait campagne pour " l'abstention citoyenne". Plusieurs de ses personnalités (Georges Gastaud, Léon Landini, Annie Lacroix-Riz,Jean Pierre Hemmen, Pierre Pranchère ...) sont signataires d'un Appel national au Boycott de l'élection européenne[10] à l'initiative d'un large rassemblement de personnalités le Comité National de Résistance Républicaine à l'Union Européenne ( CNR-RUE )[11].

La coordination communiste de Haute-Savoie (membre associé du PRCF) a présenté un candidat lors des cantonales 2011 dans le Canton de Saint Gervais (74). Candidature qui a recueilli 9,4 % des suffrages au premier tour dans un canton réputé très à droite[12]. Il arrive en tête des partis de gauche devançant le PS, les verts et un candidat divers gauche ainsi que le FN. Cette candidature avait notamment reçu le soutien du NPA, du POI et du parti de Gauche[réf. nécessaire].

Le PRCF a présenté des candidatures communes avec le M'PEP aux élections législative de 2012 dans quelques circonscriptions, et ce afin de faire entendre son analyse politique pour une sortie de l'UE et de l'Euro par la porte de gauche.

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Ayant pour but de contribuer à faire renaitre un nouveau PCF, « franchement communiste » à ses yeux, le positionnement du PRCF se définit par référence à une analyse politique de classes. Le PRCF qui est un pôle de rassemblement des communistes ne se définit pas comme un parti. A ce titre, il autorise la double adhésion. Certains de ses adhérents sont donc par exemple également membres du PCF.

D'un point de vue théorique, il se réclame du « marxisme-léninisme ». Il déclare que son but est de créer la rupture révolutionnaire avec le capitalisme qui instaurera la dictature du prolétariat, d'abord dans le cadre national, puis dans tous les pays grâce à l'internationalisme prolétarien. Il considère nécessaire de « sortir de l'UE et de l'euro par la gauche » pour établir de façon concomitante une « République souveraine et fraternelle » (étape préalable au socialisme) et de nouvelles coopérations internationales reposant sur l’internationalisme prolétarien. Le PRCF est partie prenante en 2013 de l'Initiative contre l'UE, lancée le 1er octobre 2013 par une trentaine de partis et organisations communistes d'Europe[13]. Ainsi, il dénonce en partie la rupture intervenue au 22e congrès, qui vit remplacer la dictature du prolétariat par le « socialisme à la française » et l'autogestion. Il estime vouloir voir renaître l'idée d'un socialisme pour la France dans les conditions d'aujourd'hui. Pour lui, la construction du socialisme en France doit être un processus dont chaque étape sera le résultat de la volonté de la majorité du peuple.

D'un point de vue international, il se caractérise par une défense de principe des États s'étant revendiqués socialistes : ainsi, il refuse toute criminalisation de l'« expérience socialiste issue d'Octobre 1917 » et défend les régimes cubain et nord-coréen dans ce qu'il appelle sa lutte contre l'impérialisme américain. Il se démarque ainsi du PCF qui, s'il exprime encore occasionnellement un soutien "au peuple cubain", remet en cause les institutions politiques issues de la Révolution cubaine.

Un point de désaccord central entre le PRCF et le PCF est la question européenne : là où le PCF s'inscrit dans une logique de participation critique estimant possible une réorientation sociale de l'UE, le PRCF refuse le principe de l'abandon de la souveraineté nationale à des institutions supranationales considérées comme intrinsèquement capitalistes et au nom du principe de souveraineté populaire : il souhaite donc le retrait de la France de l'Union européenne puisque constatant l'impossibilité de l'Europe sociale. En ce sens, le PRCF est héritier de la position d’opposition du PCF à la construction européenne qui avait par exemple conduit le PCF à faire campagne pour le non au traité de Maastricht en 1992. Cela s'est marqué d'abord lors du vote interne au PCF sur l'adhésion au Parti de la gauche européenne, où les « orthodoxes » ont marqué leur opposition à toute participation à un parti européen (financé par la Commission Européenne et devant participer à l'intégration au sein de l'UE "Les partis politiques au niveau européen sont importants en tant que facteur d’intégration au sein de l’Union), ce qui constituerait selon eux une forme de participation. Le PRCF a également marqué sa différence avec le PCF pendant la campagne sur le référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe en se déclarant contre « toute constitution européenne » et non pas contre « la constitution européenne ».

Enfin, le PRCF exprime un désaccord stratégique majeur sur l'alliance avec la social-démocratie : si la direction actuelle du PCF pose comme base à la participation gouvernementale son antilibéralisme, le PRCF refuse la participation à un gouvernement PS et qualifie les deux participations précédentes de « funestes »[14].

En janvier 2006 a eu lieu la 1re Conférence Nationale du Prcf.

Le CPN du PRCF adopte un texte "Un nouveau cours" en octobre 2006, et mentionné qu'il s'inscrit dans la logique de donner une image rénové du Pôle en étant clairement anti-sectaire et met en avant l'action pour l'unité des communistes opposés à la dérive du PCF, un rassemblement sur un "programme-candidat" des progressistes, en se dotant d'un projet novateur pour la France.

Les 25 et 26 octobre 2008 a eu lieu la 2e Conférence Nationale du Prcf à Paris qui a renouvelé les instances dirigeantes et voté une nouvelle Résolution politique.

Le 18 juin 2012, le PRCF est initiateur et signataire avec le M'PEP et les Clubs Penser La France de l'Appel des 1000 pour que reviennent les jours heureux, pour construire un large front populaire progressiste et patriotique pour la sortie de l'UE, de l'euro et de l'OTAN, et défendre et actualiser les principes du Conseil National de la Résistance, pour une République souveraine et fraternelle[15].

Le PRCF est une organisation participant pleinement aux Assises du Communisme en juin 2013 à Gemenos. Regroupant des communistes organisés et inorganisés dans et hors du PCF (notamment, le réseau faire vivre et renforcer le PCF, plusieurs sections du PCF, le Rassemblement des Cercles Communistes, Rouges Vifs, etc.) ces assises sont à l'origine de l'Appel des Assises du Communisme du 30 juin 2013 pour la sortie de l'UE, de l'euro de l'OTAN et du capitalisme[16].

Organisation[modifier | modifier le code]

L'organe souverain du PRCF est la conférence nationale, réunie tous les 2 ans et composée de délégués élus par les fédérations départementales. À sa tête se trouve un comité politique national (CPN) composé de 60 membres, élu par la conférence nationale, qui contient en son sein une commission et un secrétariat exécutifs. Il s'agit là d'un fonctionnement proche du fonctionnement du PCF avant le XXVIIIe Congrès (comité central et bureau politique)[17]. On peut être adhérent du PCF et du PRCF en même temps, ce qui ne fait pas du PRCF un Parti mais plutôt un Pôle commnuniste.

Le président du PRCF est Léon Landini ; le président du CPN est Jean-Pierre Hemmen ; le secrétaire national, directeur politique d'Initiative Communiste, est Georges Gastaud et Georges Hage, ancien député du Nord et ancien doyen de l'Assemblée nationale, est président d'honneur.

Siège[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2014, le siège du parti est situé 23 rue du Haut de la Noue à Villeneuve-la-Garenne. Il déménage ensuite au 8 rue Clos-Lapaum à Bagneux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]