Scordiques

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Scordisci state.png

Les Scordiques ou Scordisques sont un des nombreux peuples qui s'établissent dans les Balkans entre le VIe et le IIIe siècle av. J.-C.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'affiliation ethnique des Scordisques est débattue par les historiens. Certains les considèrent celtes, d'autres thraces ou bien illyriens, et finalement pour certains ils sont un mélange de ces derniers.

Il semble que les ambassadeurs celtes qu'Alexandre le Grand reçoit en 335 sur le Danube, ainsi qu'en 324 à Babylone, soient des Scordisques.

En 279, ils appartiennent aux bandes qui pillent Delphes[1], pendant la Grande expédition, mais sont ensuite repoussés par le roi de Macédoine Antigone II Gonatas.

En 278, ils fondent, sous la direction d'un roi connu sous le nom de Bathanatos, un oppidum (Singidunum) à proximité de la ville actuelle de Belgrade[2] .
À partir de cet endroit, ils fondent un royaume important et dominent les tribus pannoniennes entre la Save et la Drave. À plusieurs reprises ils menacent la Macédoine et la Grèce. Ainsi, en 135, les Scordisques lancent un raid sur la Grèce qui est stoppé par leur défaite face aux Romains. En 114, ils pillent à nouveau le sanctuaire de Delphes et sont à nouveau battus par Rome en 85[3] .

Entre 78 et 76, ils sont alliés à Mithridate VI dans sa lutte contre la République romaine.

Les défaites successives qu'ils subissent face à la puissance émergente de Rome brisent les Scordisques.
Ainsi vers 63, le roi dace Burebista s'empare de leur royaume et vers 60 les tribus pannoniennes semblent indépendantes (Mithridate dans son projet d'envahir l'Italie par les Balkans ne fait plus allusion aux Scordisques mais uniquement aux Pannoniens).

Les Scordiques ne sont plus guère mentionnés dans les sources antiques après les années 50.

Tribus celtiques des Balkans vers 50 av. J.C.

Réputation[modifier | modifier le code]

Les chroniqueurs considèrent les Scordiques comme particulièrement barbares et violents, et de plus anthropophages, même si la valeur historique de ces témoignages est très discutable.

À la fin de la période antique, l'historien grec Ammien Marcellin raconte que :

« le territoire des Scordiques notamment en faisait partie, et il se rattache de nos jours à une province qui en est fort éloignée. Nos annales nous apprennent quelle était la brutale férocité de cette race, qui sacrifiait ses prisonniers à Mars et à Bellone, et buvait avec délices du sang dans des crânes humains. »

— Ammien Marcellin, Histoires, XVII, 4

  • Orose, dans le réquisitoire contre les païens qu'il écrit à la demande de Saint Augustin, les considère lui aussi avec horreur :

« Pendant ce temps, Claudius, chargé, en vertu du tirage au sort, de la guerre de Macédoine, tenta de repousser par les armes hors des limites de la Macédoine des peuples divers qui s'étaient répandus à partir des monts Rhodopes et dévastaient alors la Macédoine avec la plus grande cruauté - en effet, entre autres choses effroyables à dire et à entendre, qu'ils faisaient à leurs prisonniers: en s'emparant, quand ils avaient besoin d'une coupe, de crânes humains, sanglants, encore chevelus et enduits, dans les cavités intérieures, de matière cervicale mal grattée, ils en usaient, avec avidité et sans horreur, comme de véritables coupes: de ces peuples, les plus sanguinaires et les plus farouches étaient les Scordisques. »

— Histoires contre les païens, V, 23

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Les peuples celtes : les Scordisques », sur www.arbre-celtique.com (consulté le 5 novembre 2010)
  2. (fr) « Aux confins des temps », sur klicevac.free.fr (consulté le 5 novembre 2010)
  3. (fr) « Les Scordisques contre Rome (114 -112) », sur www.arbre-celtique.com (consulté le 5 novembre 2010)

Articles connexes[modifier | modifier le code]