Second triumvirat

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Le partage du monde romain après la Paix de Misène en 39 av. J.-C.
  •      Italie (Sénat)
  •      Provinces d'Octave
  •      Provinces de Marc-Antoine
  •      Provinces de Lépide
  •      Régions contrôlées par Sextus Pompée
  •      Royaume d'Egypte (Cléopatre)
  •      Etats clients

Le Second triumvirat est une alliance politique de la Rome antique rassemblant Marc Antoine, Lépide et Octave.

Histoire[modifier | modifier le code]

Après l'assassinat de Jules César aux ides de mars 44 av. J.-C., la guerre civile reprend à Rome.

Le second triumvirat (voir premier triumvirat) est une alliance politique réunissant Marc Antoine, consul de l'année -44 et ancien lieutenant de César, Lépide, ancien maître de cavalerie de César et Octave, le futur empereur Auguste, petit neveu et fils adoptif de Jules César. Cet accord est scellé pour cinq ans à Bologne le 11 novembre -43 à l'initiative d'Antoine et de Lépide. Il représente l'union des héritiers politiques de César face au Sénat romain et aux républicains, partisans des meurtriers du dictateur.

Lors de cet entretien les trois hommes se répartissent le gouvernement des provinces et les légions. Octave s'octroie l'Afrique, la Sicile et la Sardaigne en plus de vingt légions. Antoine recevra la Gaule chevelue, la Gaule cisalpine et vingt légions et finalement, Lépide aura la mainmise sur la Gaule narbonnaise et les provinces ibériques ainsi que trois légions[1]. L'Italie reste indivise.

Cet accord permet aussi aux triumvirs d'afficher la liste de leurs ennemis dont les biens sont confisqués et qui peuvent être exécutés sans jugement. C'est la proscription. À l'exemple de Sylla, ils organisèrent d'horribles persécutions, dont la plus illustre victime fut Cicéron. On afficha une première liste, puis une seconde pour un total de 300 victimes, soit 150 chevaliers et 150 sénateurs. Cette proscription avait pour cible principale les membres du Sénat romain favorables à la restauration de la république[2].

Contrairement au premier triumvirat qui était un accord destiné à rester secret, le second est officialisé par une loi : la lex Titia, votée par les Comices romains le 13 novembre -43. Cette loi donne pour cinq ans des pouvoirs exceptionnels aux triumvirs (et en particulier l'Imperium qui permet de nommer des magistrats, de convoquer les instances législatives, de commander les légions, ...).

Les triumvirs sont victorieux des républicains lors de la bataille de Philippes en -42. Marc Antoine se voit accorder le pouvoir sur les provinces d'Orient. En -41 - -40, des tensions entre Octave et le frère de Marc Antoine provoquent la guerre de Pérouse, qui permet à Octave de s'emparer des Gaules. Néanmoins les triumvirs restent alliés, et il leur reste à se débarrasser de Sextus Pompée (dernier fils de Pompée) qui continue de leur résister en Sicile, et menace la paix civile à Rome (extrêmement fragile) en organisant un blocus du blé au départ de la Sicile et de la Sardaigne.

En -37, le triumvirat arrive à expiration et est officiellement reconduit pour une durée de cinq ans.

Après l'élimination de Sextus Pompée et la mise à l’écart de Lépide en -36, les relations entre Antoine et Octave se dégradent rapidement. Le triumvirat arrive à expiration en -32 sans que personne ne veuille le reconduire.

La partie orientale du monde romain ayant été confiée à Antoine, celui-ci se consacre notamment à la lutte contre les Parthes, jamais vraiment durablement vaincus par Rome, et s'installe en Égypte, vivant avec la reine Cléopâtre, auparavant mise sur le trône d’Égypte par Jules César lui-même (il est pourtant toujours marié à Octavie, sœur d'Octave).

Octave, très habilement, se posant alors en défenseur de la civilisation romaine contre les ambitions de Cléopâtre (qui souhaitait faire d'Alexandrie la capitale de la Méditerranée et est accusée de vouloir affaiblir Rome) et la "déviance orientalisante" d'Antoine, provoque la guerre entre les deux rivaux en -32. Octave l'emporte facilement en -31 lors de la bataille d'Actium. Antoine, puis Cléopâtre se suicident : l'Égypte est annexée en -31. Quand Octave revient à Rome, on lui octroie le titre d'Auguste, jusque-là réservé aux dieux, et est sacralisé en -27. En signe de paix, Auguste fait fermer les portes du temple de Janus. Le règne d'Auguste (27 av. J.-C.14 ap. J.-C.) marque la fin de la République et le début de l'Empire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Leglay, Marcel. Yann Le Bohec, Jean-Louis Voisin. Histoire romaine. Paris: PUF.
  2. Ibid. p. 148

Voir aussi[modifier | modifier le code]