Crise de panique

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Crise de panique
Classification et ressources externes
CIM-10 F41.0
CIM-9 300.01
MeSH D016584
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La crise de panique (également appelée « attaque de panique », « crise d'angoisse aiguë ») est une période de peur et d'inconfort intenses, survenant typiquement de façon brutale et durant quelques minutes à plusieurs heures. Les symptômes vont des frissons aux palpitations cardiaques en passant par des sueurs, nausées, une hyperventilation, des sensations de picotement (paresthésie) et l'impression d'étouffer. Une crise de panique est un cercle vicieux, en ceci que les symptômes mentaux et les symptômes physiques s'aggravent réciproquement.

Un patient ayant connu une attaque de panique peut être sujet à des rechutes. On diagnostique chez les patients souffrant d'attaques de panique régulières un « trouble panique » avec ou sans agoraphobie.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

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Environ 10 % de la population générale connaît l'expérience d'une attaque de panique isolée par année et une personne sur 60 environ fait des troubles paniques pendant sa vie [réf. nécessaire].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

La plupart des patients sujets aux crises de panique rapportent une peur de mourir, de « devenir fou » ou de perdre le contrôle de leurs émotions ou de leur comportement. Ces impressions très pénibles entraînent en général un besoin de fuir le regard des autres en cherchant un endroit isolé où s'enfermer seul jusqu'à ce que le sentiment de malaise disparaisse partiellement ou totalement, ou encore, selon le DSM-IV-TR, « un désir urgent de fuir l'endroit quel qu'il soit où l'attaque est survenue[1] » (réponse combat-fuite, voir agoraphobie).

Symptômes[modifier | modifier le code]

Une crise de panique se signale par la survenue de plusieurs autres symptômes parmi les suivants[2] :

  • sentiment d'angoisse sans raison ;
  • sensation de catastrophe imminente (peur d'avoir un accident cardiaque ou cérébral par exemple)  ;
  • sueurs froides, bouffées de chaleur, frissons ;
  • palpitations, sensation de cœur qui bat trop fort ;
  • tremblements ;
  • sensation d'étouffement ou d'étranglement ;
  • nausées ;
  • vertiges, sensation d'évanouissement ;
  • sentiment d'irréalité ou de dissociation vis-à-vis de soi-même (déréalisation ou dépersonnalisation) ;
  • impression d'engourdissement, fourmillements après la crise.

Évolution[modifier | modifier le code]

Ce qui caractérise une attaque de panique est sa brutalité. Elle intervient sur une période de temps bien délimitée, de quelques minutes.

Facteurs déclenchants[modifier | modifier le code]

Une attaque de panique peut être spontanée, sans élément déclencheur (elle peut réveiller brutalement quelqu'un qui dormait) ou bien être déclenchée par la confrontation avec l'objet d'une phobie

Le patient peut associer les crises paniques à un ou des lieux précis où elles sont survenues la première fois, ou alors à un ou des moments de la journée et ainsi, se les déclencher à un moment de la journée ou dans un lieu, ce qui peut pousser le patient à rester enfermé chez lui, ou au contraire à ne plus vouloir y retourner (voir agoraphobie).

Toxiques[modifier | modifier le code]

L'alcool, le cannabis, la cocaïne, des hallucinogènes (LSD), des amphétamines, des produits anticholinergiques, des dérivés nitrés, des hormones thyroïdiennes, des solvants, une intoxication au monoxyde de carbone, des corticoïdes peuvent déclencher une attaque de panique[3]. Un sevrage de certaines molécules peut créer une attaque de panique : alcool, opiacé, caféine, benzodiazépines, certains antihypertenseurs[3].

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

Pathologies non psychiatriques[modifier | modifier le code]

Dans la mesure où il ressent souvent des douleurs à la poitrine ou des difficultés respiratoires, le patient a l'impression que sa vie est en danger, ce qui provoque un recours fréquent aux services d'urgence (SAMU). Le médecin des urgences élimine une crise d'asthme, une embolie pulmonaire, un syndrome coronarien aigu.

Pathologies psychiatriques[modifier | modifier le code]

Anxiété chronique[modifier | modifier le code]

L'anxiété généralisée peut entraîner des situations où une crise succède immédiatement à une autre, suscitant un épuisement nerveux en quelques jours.

Phobies[modifier | modifier le code]

Une phobie peut entraîner une attaque de panique en réaction à une exposition à l'objet de leur phobie. Ces crises sont en général courtes et se résolvent lorsque l'exposition cesse.

Le trouble panique[modifier | modifier le code]

Le trouble panique correspond à la répétition de ces attaques de panique ou à la crainte persistante de leur survenue, de sorte que, souvent, la personne entre dans un cercle de peur qui va donc croissant.

Traitement[modifier | modifier le code]

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Traitement de la crise[modifier | modifier le code]

  • Identifier les symptômes, les facteurs déclenchant pour pouvoir réaliser une analyse fonctionnelle et contacter un médecin qui pourra faire le diagnostic (positif et différentiel)
  • Eviter de respirer trop vite (hyperventilation) qui pourrait aggraver les symptômes
  • Essayer de penser à autre chose (se décentrer) pour limiter les effets de cercle vicieux

Traitement non médicamenteux[modifier | modifier le code]

Une étape fondamentale du traitement consiste à bien comprendre le cercle vicieux et la dimension psychologique impliqués dans les crises de panique. Avec l'aide d'un traitement, pas seulement médicamenteux mais également psychothérapeutique, les patients souffrant de trouble panique parviennent généralement à retrouver leur équilibre, des rechutes étant cependant possibles.

  • L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), initialement prévues pour le traitement de crises post-traumatiques ou des techniques d'hypnose douce (hypnose éricksonienne), permettent de reconfronter les personnes souffrant d'attaques de panique avec leurs souvenirs de crise, pour apprendre à les revivre sans les émotions et sensations physiques associées habituellement.

Traitement médicamenteux[modifier | modifier le code]

La médication peut être indiquée en cas de crises répétées.

  • Benzodiazépines

Des benzodiazépines comme le diazépam, le lorazépam, l'alprazolam ou le clonazépam sont généralement prescrits à cet effet. Cependant, ces médicaments doivent être utilisés pendant une période courte. Ils peuvent entraîner des dépendances. Il est par ailleurs fréquent que les patients, se sentant mieux après une courte période de traitement, décident de stopper tout traitement, cela s'avère être une erreur. En effet, l'arrêt brutal d'anxiolytique sans sevrage plus ou moins long (quelques semaines à quelques mois) peut faire ressurgir les symptômes voire les aggraver.

  • Un béta-bloquant non sélectif, comme le propranolol, permet de bloquer les effets de la libération d'adrénaline et d'arrêter certains symptômes gênants, comme les palpitations, les tremblements. Il peut être pris ponctuellement sans trop d'effets indésirables et sans dépendance.
  • Un antidépresseurs de type ISRS (avec moins d'effets indésirables que les antidépresseurs dits tricycliques). Après une certaine période sont efficaces dans la prévention des attaques de panique.

Causes[modifier | modifier le code]

Il semble y avoir une certaine composante héréditaire dans le trouble panique[réf. nécessaire].

Des événements angoissants ou le contact avec un élément lié à une phobie peuvent contribuer au déclenchement d'une crise de panique (voir syndrome de stress post-traumatique). Celle-ci peut également survenir suite à un épisode dépressif, des pensées trop répétées, un sentiment d'insécurité intense, des événements qui deviennent trop lourds à porter.

La crise de panique peut aussi accompagner une particularité physiologique du fonctionnement du cœur, le prolapsus mitral.

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est un diagnostic fréquemment posé à partir des années 1980 aux États-Unis avec les classifications DSM. On trouve l'histoire de ce diagnostic chez Pierre Janet et F. Raymond en 1903[4] qui se référent à une définition datant de 1871 et qui émane de C. Westphal, neurologue à Berlin, dans un article publié dans Archiv für Psychiatrie und Nervenkrankheiten : « L'agoraphobie : une manifestation névropathique[5] ». Sigmund Freud parlait lui de « névrose d'angoisse » dont l'une des manifestations était « l'attaque d'angoisse » : « Le mécanisme de la névrose d'angoisse est à rechercher dans la dérivation de l'excitation sexuelle somatique à distance du psychisme et dans une utilisation anormale de cette excitation qui en est la conséquence[6]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. DSM-IV-TR, Masson, Paris, 2003, page 495.
  2. Le DSM-IV-TR demande ainsi l'occurrence, en moins de 10 minutes, de 4 symptômes sur les 13 qu'il signale (DSM-IV-TR, Masson, Paris, 2003, p. 496).
  3. a et b J.-P. Boulenger, C. Piquet, E. Corruble, P. Hardy « Troubles anxieux et troubles de l'adaptation » in Polycopié des questions de psychiatrie pour l'examen classant national], Psychiatrie générale, version abrégée (septembre 2007) sous l'égide du Collège national universitaire de psychiatrie, coordination : Pr Thibaut (CHU Rouen), Pr Lejoyeux (CHU Bichat) p. 13
  4. P. Janet, Les obsessions et la psychasthénie, Ed Félix Alcan, Paris, 1903.
  5. traduit dans Synapse, 11, 1985
  6. Sigmund Freud, Névrose, psychose et perversion, Presses Universitaires de France, 1999, (ISBN 2130452086)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe André, Faire face au trouble panique : almanach, Éd. scientifiques L & C, Paris, 2008, 79 p. (ISBN 2-354-47066-5)
  • André Marchand et Andrée Letarte, La peur d'avoir peur : guide de traitement du trouble panique avec agoraphobie, Stanké, Montréal, 2001, 173 p. (ISBN 2-7604-0620-2)
  • Dominique Servant, Attaques de panique et agoraphobie : diagnostic et prise en charge, Masson, Paris, 2001, 197 p. (ISBN 2-294-00442-6)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Panique, trouble caché, film documentaire réalisé par Pierre H. Tremblay, Jacques Bradwejn et Richard Martin, CNASM, Lorquin, 1998?, 19' (VHS)

Liens externes[modifier | modifier le code]