Mantille

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Le Portrait de la duchesse d'Alba en noir par Goya montre la duchesse d'Alba portant une mantille

La mantille est un voile léger apparu en Espagne et porté traditionnellement par les femmes catholiques à la messe.

Définition[modifier | modifier le code]

La mantille est, selon la 8e édition du Dictionnaire de l'Académie française, une longue et large écharpe de soie ou de dentelle dont les femmes espagnoles se couvrent la tête et les épaules en la croisant sous le menton. Son nom est un diminutif de l'espagnol manta, couverture, et signifie donc petite couverture.

Usage traditionnel[modifier | modifier le code]

L'usage de la mantille s'est développé au XVIe et XVIIe siècles en Espagne, date à laquelle elle fait son apparition sur les tableaux de Velazquez. Toutefois, ce n'est qu'au XVIIIe siècle que son usage se répand dans les hautes sphères de la société. La reine Isabelle II en promeut l'usage au XIXe siècle.

La mantille est alors le couvre-chef usuel des femmes catholiques à la messe, couvre-chef justifié par la lecture du chapitre 11 de la première épître aux Corinthiens :

5. Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef : c'est comme si elle était rasée.
6. Car si une femme n'est pas voilée, qu'elle se coupe aussi les cheveux. Or, s'il est honteux pour une femme d'avoir les cheveux coupés ou d'être rasée, qu'elle se voile.
7. L'homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme.
8. En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme ;
9. et l'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l'homme.
10. C'est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l'autorité dont elle dépend.
11. Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme.
12. Car, de même que la femme a été tirée de l'homme, de même l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu.
13. Jugez-en vous-mêmes : est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée ?

Le code de droit canonique de 1917 rend obligatoire le couvre-chef pour les femmes dans une église[1].

Usage actuel[modifier | modifier le code]

En France, le port de la mantille, comme de tout couvre-chef par les femmes à la messe, est tombé en désuétude à partir des années 1960, et le code de droit canonique de 1983 ne fait plus référence à une obligation pour les femmes de se couvrir à l'Église.

Toutefois, l'usage s'est maintenu dans d'autres pays que la France (par exemple en Espagne, dans certaines régions, ou en certaines occasions), et en France dans les communautés traditionalistes, qui considèrent que l'omission du code de 1983 ne signifie pas l'abrogation de la règle précédente.

Enfin, la mantille est toujours portée par les femmes ayant une audience avec le Pape, bien que l'usage ne soit plus soutenu avec la même exactitude qu'auparavant. Ainsi, si Mary Robinson, ancienne présidente protestante d'Irlande, Raisa Gorbatchev, épouse de l'ancien secrétaire général du PCUS Mikhail Gorbatchev, et Angela Merkel, chancelière allemande, se sont présentées sans mantille devant le Pape, les personnalités présentes aux obsèques de Jean-Paul II et à l'inauguration du pontificat de Benoît XVI sont venues avec une mantille, de même que le font les épouses des souverains catholiques, ou encore Bernadette Chirac.

Les reines catholiques ont le « privilège du blanc » [1], le droit de porter une tenue blanche, avec une mantille blanche (de nos jours : la reine d'Espagne, la reine des Belges, la grande-duchesse de Luxembourg et la princesse de Monaco).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Canon 1262 : Optandum ut, congruenter antiquae disciplinae, mulieres in ecclesia separatae sint a viris.

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