Haut-de-forme

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Haut-de-forme
Dandys 1830.jpg

Un haut-de-forme est un chapeau à calotte haute et cylindrique qui se porte généralement avec la redingote ou l'habit.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le haut-de-forme passe, dans les années 1810, d'une simple nouveauté de la mode à un symbole de la condition sociale de l'homme bourgeois du XIXe siècle. En raison de sa hauteur et de son allure imposante, il confère une certaine élégance à l'homme, qu'il fait paraître plus grand. Le haut-de-forme en vient à symboliser la respectabilité, la richesse, la dignité et un rang social élevé.

L'origine du haut-de-forme tient aux gentilhommes de la campagne qui rétrécirent les bords de leurs chapeaux pour monter à cheval et augmentèrent la taille de la calotte dans un but de protection rudimentaire en cas de chute. Un système de lacet camouflé à l'intérieur permettait de le maintenir en place solidement.

À partir de 1870, les hauts-de-forme deviennent plus petits et sont parfois appelés « tuyau de poêle ».

Toujours considéré, à la fin du XIXe siècle, comme un symbole de distinction, le haut-de-forme en vient même à faire partie de l'uniforme du policier, du facteur et de l'employé de chemin de fer.

Sa couleur dépend principalement de l’habit qu’il accompagne. Il est gris et en feutre pour accompagner la jaquette, noir et en soie associé à l’habit. Cependant il existe bien d'autres coloris tels que robusta, pavot ou encore bleu tunon.

Ainsi porté en ensemble, le renoncement aux cérémoniels que sont la redingote, l'habit, la jaquette et la lavallière, a entraîné sa baisse de popularité.

Il sera encore porté, de manière résiduelle, jusqu'aux années 1950 (une photo montre ainsi François Mitterrand, alors ministre de l'Intérieur français, portant le haut-de-forme lors d'une soirée[1].

Le guitariste hard rock Slash en a d'ailleurs fait son chapeau fétiche, avec lequel il apparaît à chaque concert.

Les hauts-de-forme dans la culture[modifier | modifier le code]

Malgré son abandon apparent dans la vie au quotidien, de nombreuses icônes de la littérature, suivie de près par les personnages de théâtre et de films. Raskolnikov, du roman Crime et Châtiment, après réflexion, en porte un jusque dans le crime, dans une Russie où le couvre-chef est déjà désuet. Le célèbre Chapelier fou, aussi traduit par Chapelier toqué, de l’œuvre de littérature enfantine de Lewis Carroll en arbore un de grande dimension, voire exagérée selon les illustrations. Il va d’ailleurs inspirer tout un tas de modèles plus contemporains dont le chanteur T-Pain semble raffoler[2],[3].

Vers 1860, au très grand Carnaval de Rome, un jeu consistait à les faire tomber des têtes des promeneurs, notamment Anglais, pour les aplatir ensuite sur la chaussée[4]. La même chasse se pratiquait aussi au Carnaval de Nice, comme le rapporte un ouvrage datant de 1888 :

Gare surtout au malheureux chapeau haut de forme qui s’aventure sur le parcours du défilé carnavalesque ; on en fera impitoyablement un accordéon[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Mitterrand au ministère de l'intérieur en 1956 », sur www.meselegances.com
  2. (en) « Célébrités présentes aux MTV Video Music Awards de 2008 »
  3. (en) « Kanye West et T-Pain au Shrine Auditorium en 2008 »
  4. Souvenirs des zouaves pontificaux.... I. 1861 et 1862, recueillis par François Le Chauff de Kerguenec, Oudin, puis Leday éditeurs, Poitiers 1890-1891.
  5. A. Lacoste et G. Pietri, Nice pratique et pittoresque, 2e édition, V.-E. Gauthier éditeur, Nice 1888,pages 195-196.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]