Power Corporation du Canada

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Power Corporation du Canada

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Création 1925
Fondateurs Arthur J. Nesbitt et Peter A. Thompson
Personnages clés Paul Desmarais (père), Paul Desmarais (fils) et André Desmarais.
Forme juridique Société par actions
Action TSW:POW
Siège social Montréal (Canada)
Activité finance, assurance, médias et énergie.
Effectif 30 900 (2013)
Site web www.powercorporation.com
Capitalisation 12,6 Mds CAD (2013)
Fonds propres en augmentation 977 Millions CAD (2013)
Chiffre d’affaires en diminution 29,642 Mds CAD (2013)

Power Corporation du Canada (TSX : POW), est une entreprise canadienne de gestion et de portefeuille internationale diversifiée. De par sa filiale Corporation Financière Power (TSX) elle détient des participations dans des sociétés du secteur des services financiers au Canada, aux États-Unis et en Europe. De par sa filiale Groupe de communications Square Victoria, elle détient de participations dans des sociétés de l’industrie des communications et médias. De plus, Power Corporation détient et gère activement un portefeuille de placements aux États-Unis, en Europe et en Chine. La société gère des actifs de $500 milliards[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Power Corporation du Canada[2] a été formée en 1925 par les courtiers Arthur J. Nesbitt et son partenaire Peter Thompson AT. Nesbitt a été le premier président de la société. Power Corporation a été créée en tant que holding pour gérer leurs investissements substantiels dans les entreprises d'utilité publique impliqués dans le secteur de l'énergie électrique dans les Cantons de l'Est du Québec ainsi que dans les autres provinces canadiennes de l'Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique. Dans la dernière partie des années 1930, la société a acquis une participation majoritaire dans Bathurst Pulp and Paper Company Ltd et en 1938, Canadian Oil Companies Ltd. Elle a vendu la première à Shell Oil Company en 1962.

En 1952, Arthur J. Nesbitt a été remplacé comme président par son fils Arthur Nesbitt Deane (1910-1978). La famille a vendu la plupart de ses intérêts dans Power Corporation au groupe Paul Desmarais Sr. en 1968. En 1970, elle n'y avait plus aucune implication.

L'année 1984 voit la création d'une société de gestion et de portefeuille diversifiée la Power Financial Corporation. L'expansion mondiale pour le groupe commence dans les années 1970 pour l’Europe et suit dans les années 1990 pour l’Asie. Power Corporation est propriétaire à 100 % de Groupe de communications Square Victoria, à 66,1 % de Power Financial Corporation et à 4,3 % de CITIC Pacific[3].

L'implication du groupe dans la finance continue en l'an 2000 avec les acquisitions de Canada Life, Mackenzie Financial et Putnam Investments. Power Corporation devient aussi un actionnaire important dans CITIC Pacific Limited[4].

Bien qu'elle ait été établie à l'origine comme une entreprise de services publics d'électricité, la société est devenue un conglomérat avec des intérêts importants dans l'édition et l'industrie de la finance[5].

L'entreprise et ses filiales gèrent actuellement des actifs d'une valeur dépassant 450 milliards de dollars canadiens[4].

Gouvernance d'entreprise[modifier | modifier le code]

Les membres actuels du conseil d'administration de la société sont[6]:

  • Pierre Beaudoin - Président et chef de la direction de Bombardier Inc.
  • Marcel R. Coutu - Président et chef de la direction de Canadian Oil Sands Limited
  • Laurent Dassault - Vice-président du Groupe Industriel Marcel Dassault
  • André Desmarais - Président délégué du conseil, président et co-chef de la direction
  • Paul Desmarais, Jr. - Président du conseil et cochef de la direction
  • Anthony R. Graham - Président de Wittington Investments, Limited
  • J. David A. Jackson - Avocat-conseil principal au cabinet d’avocats canadien Blake, Cassels & Graydon
  • Isabelle Marcoux - Vice-présidente au développement de Transcontinental inc.
  • R. Jeffrey Orr - Président et chef de la direction de la Financière Power
  • T. Timothy Ryan, jr. - Président et chef de la direction de la Securities Industry and Financial Markets Association (SIFMA)
  • Emőke J.E. Szathmáry - Présidente émérite et professeur au sein de la faculté d’anthropologie et de la faculté de biochimie et de médecine génétique de l’Université du Manitoba

Comme holding, les administrateurs travaillent à travers les différents conseils[7].

Responsabilité sociale d’entreprise[modifier | modifier le code]

Investissement communautaire[8]: La gestion responsable est depuis longtemps une valeur de Power Corporation. Celle-ce se décline dans l’investissement communautaire de la société. Power Corporation soutient le programme Imagine au Canada depuis 1989[9]. Les filiales du groupe sont également membres de ce programme national qui vise à promouvoir l’engagement d’entreprise et du public dans les collectivités. En plus d’encourager le bénévolat, ce programme incite les entreprises à faire des dons à des œuvres caritatives équivalant à 1% de leurs bénéfices avant impôts au Canada[10], seuil que Power Corporation atteint année après année.

Power Corporation a soutenu plus de 800 organismes par le passé, par le biais d’initiatives de bénévolat ou d’appui financier. En 2013, l’investissements communautaires était segmenté comme suit :

Développement communautaire (31%)

Santé (21%)

Arts et culture (20%)

Éducation (24%)

Environnement (4%)

Partenariat Frère-Bourgeois[modifier | modifier le code]

Pargesa Holding SA[11] est détenue par Parjointco NV and BNP Paribas et son portefeuille comprend Lafarge (ciment et matériaux de construction), Imerys (minéraux industriels), Total (pétrole et gaz), GDF Suez (électricité et gaz), Suez Environnement (gestion de l’eau et des déchets) et Pernod Ricard (vins et spiritueux). Parjointco NV est détenue indirectement par Power Corporation et Albert Frère, le magnat belge[12]. Les familles Desmarais et Frère sont aussi actionnaires de la compagnie pétrolière Total SA, société française la plus importante dans le pétrole[13]. Total a fait l'objet d'une enquête officielle par les Nations unies en février 2010 pour accusations de corruption concernant des livraisons de pétrole de l'Irak au cours de la primauté du dictateur Saddam Hussein[14],[15].

Politique[modifier | modifier le code]

La société est contrôlée par Paul Desmarais (père) et Paul Desmarais (fils). Elle est l'un des trente membres de la North American Competitiveness Council, un groupe dont les conseils dirigent la politique de sécurité et la prospérité de l'Amérique du Nord (PSP).

L'entreprise a été critiquée pour ses liens avec la politique canadienne[16], et spécifiquement pour son engagement envers la défense du fédéralisme au Québec. Paul Desmarais fils qualifie de « ridicule » l'idée que la Power Corporation puisse influencer davantage les gouvernements que d'autres acteurs de la société[17]. Paul Desmarais père a reçu la plus haute décoration de la République française, celle de Grand'croix de la Légion d'honneur, en guise de reconnaissance pour avoir « bâti une stratégie » pour l'accession au pouvoir de l'ex-président de la république française, Nicolas Sarkozy[18]. En outre, on lui reproche d'utiliser ses médias tels que La Presse pour répandre ses opinions politiques et faire de la convergence, particulièrement depuis qu'une fuite WikiLeaks mettant en cause l'indépendance de Jean Charest à l'égard du gouvernement Harper et du conglomérat[19],[20] a causé de vifs antagonismes entre les journaux du conglomérat et ceux de Quebecor.

L'entreprise a longtemps été un proche allié du Parti libéral du Canada, bien que les membres anciens ou actuels d'autres partis politiques canadiens aient aussi travaillé pour Power Corp. Ci-dessous, un bref résumé des connexions entre Power Corp et le pouvoir politique au Canada :

  • L'ancien Premier ministre du Canada, Paul Martin, a été embauché dans les années 1960 pour travailler pour Paul Desmarais (père) par Maurice Strong. Martin est devenu président de Canada Steamship Lines (CSL), une filiale de Power Corp, et en 1981, Desmarais a vendu la société à Martin et à un partenaire. Martin a ensuite fait sa fortune personnelle en tant que propriétaire de CSL.
  • L'ancien Premier ministre du Canada, Pierre Trudeau, a servi dans le milieu des années 1990 au conseil consultatif international de Power Corp. Son assistant Ted Johnson a également travaillé pour Power Corp.

Au cours de l'administration, Michael Pitfield a occupé divers postes au gouvernement, mais dans le secteur privé, il était en même temps vice-président de Power Corp et est actuellement considéré comme un Directeur émérite.

  • L'ancien Premier ministre du Canada Brian Mulroney a aussi une relation avec Power Corporation. Son ami Ian MacDonald décrit Desmarais comme « le mentor de Mulroney dans le monde des affaires », et on pense que M. Mulroney a fait du travail juridique pour Power Corp depuis la fin de son mandat de Premier ministre. En outre, l'ancien ministre des Transports Don Mazankowski est actuellement directeur de l'entreprise Power Corp.
  • L'ancien premier ministre du Québec Daniel Johnson, Jr. a travaillé pour Power Corp de 1973 à 1981 et au cours des trois dernières années de ce terme, il a été vice-président de la société.
  • Le Conseil consultatif international de Power Corp a aussi été en lien avec des personnes comme l'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt, l’ancien ministre du pétrole d'Arabie saoudite Cheikh Ahmed Zaki Yamani, l’ancien chef de la Réserve fédérale américaine, Paul Volcker, et comme nous l'avons déjà mentionné, l'ancien Premier ministre du Canada Pierre Trudeau.

Actifs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.powercorporation.com/media/upload/reports/annual/PCC_RA_2011_FRA_complet_1.pdf
  2. [PDF] Power Corporation du Canada : Soixante-quinze années de croissance 1925-2000, historique, document corporatif de PCC [lire en ligne (page consultée le 27 juin 2011)]
  3. a et b (fr) Power Corporation du Canada - investissements Power Corporation du Canada, consulté le=4 juin 2012.
  4. a et b (fr) Profil - Power Corporation du Canada, Le Panthéon des entreprises québécoises, consulté le=4 juin 2012}
  5. (en) The Name Is ‘Power’ and It Fits , The New York Times, 26 janvier 2006.
  6. http://www.powercorporation.com/fr/gouvernance/conseil-dadministration/
  7. http://www.youtube.com/watch?v=cAaU-ry7jRc&feature=c4-overview-vl&list=PLwIF23WvLTbswk0BKR2_BrfxBBC3xbNHX
  8. Power Corporation dans la collectivité
  9. (http://www.powercorporation.com/fr/responsabilite-sociale/societe-investissement-communautaire/notre-approche/)
  10. (http://www.imaginecanada.ca/fr/entreprises_genereuses)
  11. (en) Pargesa Holding SA PARG:SWX, Financial Times, 2010.
  12. (en) Frere and Desmarais Families of Belgium and Canada — The Real Power Behind Imerys, Webshells, 2000.
  13. (en) Gore backed by group linked to oil industry?, Calgary Sun, 21 avril 2010.
  14. (en) Total Faces Iraq Oil-for-Food Bribery Investigation (Update2), Bloomberg Businessweek, 6 avril 2010.
  15. (en) Total under investigation over Iraq oil-for-food, Reuters, 6 avril 2010.
  16. (en) Politique Canadienne, Western Standard, 14 mars 2005.
  17. Presse canadienne et Le Devoir (non signé), « Les Desmarais nient avoir tenté d'influencer Jean Charest : L'ambassadeur américain au Canada ferait preuve de cynisme et de mesquinerie en s'interrogeant sur la puissance des dirigeants de Power », Le Devoir,‎ 14 mai 2011 (lire en ligne).
  18. Florent Daudens, « Sarkozy décore Desmarais, son riche et discret ami canadien », Rue89,‎ 17 février 2008 (lire en ligne).
  19. Politiques énergétiques - Jusqu'où va l'influence de Power? L'ambassadeur américain s'interroge dans un câble rendu public par WikiLeaks Louis-Gilles Francoeur 11 mai 2011
  20. Jean-François Cloutier. L'influence de Power confirmée par deux leaders. 11 mai 2011
  21. Organigramme
  22. http://www.youtube.com/watch?v=FiR7rHGuMqc&feature=c4-overview&list=UUFyA9L1rVW460RQTHCqlCvw

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]