Canadair

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Canadair fut créée comme une compagnie indépendante canadienne dans le domaine de la construction d'avions civils et militaires. Elle fut ensuite une filiale de plusieurs compagnies dans le domaine et même, de 1972 à 1986, une compagnie gouvernementale. Elle est maintenant une filiale intégrée du constructeur Bombardier Aéronautique, lui-même une division de Bombardier Inc.

Usine principale de Canadair

Elle est née des installations de Canadian Vickers à Saint-Laurent, maintenant un arrondissement de Montréal au Québec, où on retrouvait l'aéroport de Cartierville. L'usine principale est toujours à cet endroit même si l'aéroport a été transformé en développement domiciliaire. Les opérations finales d'assemblage se retrouvent à l'aéroport international Montréal-Mirabel. La compagnie est tellement connue en Europe par ses avions bombardier d'eau bi-moteurs, que l'on nomme ce type d'appareils des Canadair.

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

CF-86 Sabre fabriqué sous licence par Canadair pour la Force aérienne du Canada

La compagnie Canadian Vickers est créée par sa maison-mère britannique en 1911[1] quand celle-ci décide de fabriquer au Canada des navires pour la Marine canadienne. Après la fin de la Première Guerre mondiale, les ingénieurs de Vickers commencent à faire des plans pour des avions amphibies que la compagnie commencera à produire durant les années 1920. Entre autres, elle fit des avions de brousse particulièrement prisés pour le transport dans le Grand-Nord et par la Gendarmerie Royale du Canada[1].

Avec le début de la Seconde Guerre mondiale, tous les avionneurs canadiens sont mis à contribution pour l'effort de guerre. Vickers doit à la fois construire des navires et des avions. Elle fait savoir aux Alliés que les fonds lui manquent pour faire les deux car la construction navale est très coûteuse. Elle menace de cesser son activité aéronautique. Canadair est ainsi fondée le 3 octobre 1944 avec un financement des gouvernements canadien, américain et britannique, à partir de la division aéronautique de Vickers, dans le but spécifique de produire l'hydravion Canso, une version canadienne du PBY Catalina[1].

Benjamin W. Franklin est le premier président de la compagnie. Il obtient un contrat de développement pour une variante de l'avion de transport Douglas DC-4, le DC-4M. Ce dernier est équipé de moteurs Rolls-Royce Merlin et devient en 1946 le « Northstar ». Juste après la guerre, Canadair achète les droits sur la série Douglas DC-3/C-47 de Douglas.

La même année, la compagnie Electric Boat Company achète une part majoritaire dans Canadair et l'intègre dans ses opérations. En 1952, les deux fusionnent et deviennent General Dynamics. En 1954, après l'achat de Convair, Canadair devient la filiale canadienne de GD. La compagnie continuera de se spécialiser dans la modification de modèles d'avions militaires avec grand succès. Entre autres, elle continuera à produire différentes versions du F-86 Sabre et du F-104 StarFighter[1].

Temps difficiles[modifier | modifier le code]

Série des Challenger 600 provenant des Learjet

En 1976, le gouvernement canadien rachète Canadair à la suite de problèmes financiers de cette dernière. Il est sous la pression publique afin de ne pas perdre un tel joueur dans une industrie de pointe. Elle devient alors une compagnie de la Couronne. Comme le marché militaire est en baisse, la direction de Canadair décide de se lancer dans l'aviation civile et développe le Challenger 600, un jet d'affaire de fort gabarit[1] dont elle a acheté les droits exclusifs de Bill Lear, l'ex-président de Learjet, en 1976. Il s'agit d'une nouveauté dans le domaine et il est un succès de vente après son approbation de vol en 1980. La compagnie se lance également dans la fabrication de drones pour la surveillance aérienne à la demande du gouvernement canadien[1] et obtient des contrats pour des pièces des Boeing 747SP et 767.

Cependant, au tournant des années 1980, la récession cause bien des déboires à l'industrie de l'aviation. Canadair accumule le plus important déficit d'une compagnie canadienne à cette époque[1]. En 1986, le gouvernement conservateur de Brian Mulroney vend Canadair au groupe canadien Bombardier Inc., lors d'un programme de privatisation des compagnies étatiques.

Nouveau départ[modifier | modifier le code]

Bombardier CRJ peint aux couleurs de Air Canada Jazz

Depuis 1986, Bombardier a rétabli son équilibre financier. Avec l'achat d'autres compagnies dans le domaine, dont Learjet, Bombardier s'est dirigé dans le domaine des jets régionaux avec la série très populaire des CRJ qu'il a confié à Canadair. Bombardier Inc. a éventuellement intégré toutes ses composantes sous le vocable de Bombardier Aéronautique. Les attentats du 11 septembre 2001 ont donné un fort ralentissement au secteur de l'aviation. Bombardier projetait de lancer un nouvel appareil de 85 à 120 sièges pour les CRJ. Il s'agissait du projet BRJ-X qui a été abandonné au profit du CRJ-900, un allongement à 90 places du modèle précédent, et le CRJ-1000 de 100 places a été annoncé le 18 février 2006, toujours basé sur le même modèle de base.

Entre-temps, le projet BRJ-X renaît sous le nom de projet de Série C en juillet 2004, une toute nouvelle famille de jet de 110 à 135 passagers. En mai 2005, Bombardier obtenait un accord de financement par les gouvernements du Québec, du Canada et du Royaume-Uni pour ce projet. Les pièces seraient produites chez l'ex-Canadair de Montréal et l'ex-Short Brothers de Belfast. L'endroit pour l'assemblage final n'était pas encore déterminé mais la compagnie a déjà des installations du genre près de l'aéroport international Montréal-Mirabel, au nord de Montréal, qui étaient le lieu le plus probable.

Cependant, la demande ne s'est pas matérialisé aussi vite que prévu et Bombardier a retardé à janvier 2006 le lancement du programme[2],[3] et estime que la mise en service sera en 2013. La reprise des ventes pour tous les types de CRJ est en bonne voie de rétablissement en 2007.

Production[modifier | modifier le code]

CL-44 de la compagnie Bayu Indonesia Air sur l'aéroport de Perth dans les années 1980

Canadair est un pionnier dans l'aviation. Le CL-44D, tiré du turbopropulseur Bristol Britannia des années 1950, est le premier avion dont la queue est montée sur des pentures, ce qui permettait de l'écarter pour un meilleur accès à la soute. Canadair produit les premiers drones de surveillance aérienne: CL-89 et CL-289. Le CL-84 fut le premier à tourner ses ailes vers le haut comme système d'aéronef à décollage et atterrissage verticaux. Canadair a été le premier fabricant à proposer avec le CL-215 un avion expressément conçu comme bombardier d'eau. En France, le nom Canadair est devenu synonyme d'avion bombardier d'eau.

Produits et détails (Informations de Canadair)
Avion Description Sièges Lancement 1er vol 1re livraison Fin de production
C-4 North Star/Argonaut/C-5
Licence de conversion du Douglas DC-4
Transport/Airliner Équipage: deux/trois, 52 passagers 1946 1948
Canadair CF-86 Sabre (CL-13)
Licence de construction North American F-86 Sabre
Chasseur Équipage: Un 1950 1969
Canadair T-33 Shooting Star (CL-30)
Licence de construction Lockheed T-33 Shooting Star
Entraînement/ ECM/ Communication Équipage: deux 1952 1952
CL-66 (en) / Cosmopolitan
modifié du Convair 540
Transport Équipage: deux, 52 passagers 1959
Canadair CF-104 / StarFighter (CL-90)
Licence de construction Lockheed F-104 Starfighter
Intercepteur/Entraînement Équipage: Un/deux 1961 1962
CL-89, CL-227 et CL-289 Drone de surveillance 1964 1969
Canadair CL-215 Avion bombardier d'eau Équipage: deux 1967 1969
CL-219 CF-5 Freedom Fighter, construit sous licence de Northrop F-5 Freedom Fighter Chasseur bombardier Équipage: Un/deux 1968
Canadair CL-415 Bombardier d’eau Équipage: deux 1993 1994
Challenger 600 et Challenger 300 Jet d'affaire Équipage: deux, 8-19 passagers 1980 1986
CRJ séries 100, 200, 600 et 700 Jet régional Équipage: deux (plus les agents de bord), 50-90 passagers années 1980 années 1990
Bombardier BRJX Jet régional Équipage: deux (plus les agents de bord), 80-120 passagers
CL-227/Sentinel (en) Un drone commandé à distance 1980
CL-28 Argus Reconnaissance maritime Équipage: jusqu’à cinq (en condition normale, on avait un équipage de réserve de quatre) 1957 1980
CL-41 Tutor Entraînement Deux 1960
CL-84 / Dynavert Aéronef à décollage et atterrissage verticaux Équipage: deux (jusqu'à 15 soldats transportés) 1960 1965 Fin des années 1960 – Pas un avion de production
CL-44/CC-106 Yukon Transport Équipage: neuf, 134 passagers 1959

Le bombardier d'eau[modifier | modifier le code]

Des Canadair CL-215
Un bombardier d'eau Canadair survolant Athènes en juillet 2007

« Canadair » est le nom sous lequel est connu aujourd'hui en Europe l'avion bombardier d'eau bi-moteur CL-415, et le CL-215 auparavant, tous deux fabriqués par Canadair de Bombardier Aéronautique. Il est utilisé pour combattre les feux de forêts. D'une longueur de 19,82 m et d'une envergure de 28,60 m, il est capable d'écoper 6 000 litres d'eau dans ses deux réservoirs en 12 secondes, en effleurant un plan d'eau (mer, rivière, lac, retenue de barrage...) à la vitesse de 60 nœuds (110 km/h) sur une longueur de 1 500 mètres. Un additif (détergent) peut être ajouté à l'eau récoltée, améliorant l'effet. Le largage peut se faire en une ou plusieurs fois, par zones successives. Ce mode opératoire lui fait gagner un temps précieux, alors que les autres bombardiers d'eau doivent retourner à leur base terrestre, pour faire le plein de leurs réservoirs d'eau.

La première livraison d'un Canadair CL-215 a eu lieu en 1969. 125 exemplaires ont été construits en cinq séries jusqu’en 1989, année de son remplacement par le CL-415 turbopropulsé (aux États-Unis, il est vendu sous le nom de Superscooper). Ce bombardier d'eau équipe les flottes de lutte contre les feux de forêts de huit pays. Le premier à s'en servir fut naturellement le Québec, province canadienne d'où il est originaire. Sa flotte y est gérée par la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), une coopérative de service entre les producteurs forestiers et le gouvernement.

En France, il est utilisé exclusivement par la Sécurité civile. Le CL-215 fut en service de 1970 à 1995 avec d'abord des moteurs à piston, puis ceux à turbine (version T). Le CL-415, plus performant, l'a remplacé en France depuis 1995 .

Légende urbaine[modifier | modifier le code]

Une légende urbaine veut qu'un plongeur ait été retrouvé sur les lieux d'un incendie éteint par un bombardier d'eau. Les écopes utilisées par les Canadair sont de la taille d'un verre d'eau, afin de ne pas freiner l'avion en phase d'écopage. De plus, les écopes présentent des grilles dont les espaces font à peine la taille d'un doigt. Un tel événement est donc impossible, mais cette légende urbaine est quand même reprise dans le film La Turbulence des fluides de Manon Briand, ainsi que dans le livre Barney's version de l'écrivain Mordecai Richler.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ron Pickler et Larry Milberry, Canadair: Cinquante ans d'histoire, Canada's Aviation Heritage,‎ 1995, 392 p. (ISBN 0-921022-07-7, résumé)
  • Robert A. Searles, « Canadair: 50 Years of Finding a Niche », Business & Commercial Aviation,‎ octobre 1994, p. 128-134

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Largage à partir d'un CL-415

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Compagnie[modifier | modifier le code]

Bombardiers d'eau[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (en) « Canadair », Answers.com (consulté le 2007-06-17)
  2. (fr) « Série C », Bombardier Aéronautique (consulté le 2007-05-15)
  3. (en) « Bombardier Shelves $2.1 Billion Aircraft Program », Bloomberg,‎ 2006-01-31 (consulté le 2007-05-15)