Motomarine

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Pilote et sa motomarine (à selle)

Une motomarine, aussi nommée scooter des mers, moto aquatique ou Véhicule Nautique à Moteur (VNM) (terminologie ministérielle en France) est un petit véhicule de loisir nautique que l'on chevauche et qui est propulsé par un hydrojet, lui-même actionné par un moteur à combustion. Il est erronément appelé par antonomase jet ski ou sea-doo (deux marques de commerces) par certains.

On compte deux types de ce véhicule : « à bras » où l'utilisateur se tient debout et contrôle l'appareil avec un bras mobile verticalement muni de poignées de contrôle fixé sur un axe placé à l'avant et « à selle » qui comporte un siège et des guidons similaires à ceux d'une motoneige ou d'une motocyclette. Dans le premier cas, le bras oscillant est mobile sur environ un quart de cercle, dans un axe vertical (de bas en haut et inversement). Le guidon est muni de poignées, d'une gachette de gaz et d'un coupe-circuit relié au poignet du pilote. Si le pilote tombe à l'eau, le coupe-circuit se détache et le moteur est instantanément coupé. Dans ce second cas, le véhicule est en général pour un conducteur et de un à trois passagers assis sur une selle. Il comporte un guidon, un coupe-circuit, des compartiments de rangements et pour certains modèles : une gachette de frein permettant à l'engin de freiner sur 30 mètres, ainsi qu'une commande permettant d'enclencher la marche arrière.

Conçue par un avocat américain amateur de motocyclettes, Clayton Jacobson II, elle fut popularisée dans les années 1970 par la compagnie Kawasaki. D'autres constructeurs se joignirent au mouvement dans les années 1980 et la production mondiale depuis 2002 se maintient à près de 80 000 unités par année[1]. Ce véhicule de plaisance peut servir également pour le sauvetage près des plages, la surveillance maritime, l'accès à des sites biologiques en mer et bien d'autres usages. De nombreuses compétitions de motomarines sont organisées partout dans le monde, souvent commanditées par les compagnies productrices. Comme tout autre véhicule à moteur, elle a certains inconvénients (bruit et pollution) et les autorités de plusieurs pays règlementent donc son usage pour les minimiser.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Un motomariniste (ou jetskieur) prenant un virage

Le terme « Jet Ski », nom d'un véhicule commercialisé par Kawasaki, visait à désigner ce que l'on appelle aujourd'hui une « motomarine à bras » (« stand-up ski »). « Jet Ski » est devenu avec le temps un terme quasi-générique pour désigner aussi bien les véhicules « à selle » que celles « à bras » par un certain nombre d'utilisateurs. D'autres manufacturiers ont également produit des engins similaires sous les marques Sea-Doo (Bombardier), Wave Runner (Yamaha).

Une marque de commerce particulière ne devant pas être utilisée comme nom commun d'un objet, des substantifs plus francophones ont été suggérés. En Europe, l'emploi des termes « scooter des mers » ou « scooter de mer » a une certaine diffusion. Depuis 2000, on remarque également l'usage du terme « moto aquatique ». Le terme administratif officiel, mais non d'usage, pour la France est V.N.M. (Véhicule nautique à moteur[2]). On n'a donc pas un consensus d'utilisation en Europe mais l'appellation la plus courante est jet-ski/jetski/jet ski et l'utilisateur un « jetskieur ».

Le terme « motomarine » a été recommandé officiellement au Québec par l’Office québécois de la langue française. Il s'y est rapidement imposé car les termes européens n'y sont pas employés. La personne qui pratique la motomarine est appelée « motomariniste » (n.m., n. f.) ou parfois « motomarinier » (n.m.) et « motomarinière » (n.f.)[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Invention[modifier | modifier le code]

Amanda Water Scooter de 1955, précurseur de la motomarine

Il est difficile de dire quand la première embarcation ressemblant à une motomarine, et non à une chaloupe, a été produite. En 1955, la Vincent Motorcycle Company proposait déjà son Amanda Water Scooter, une embarcation munie d'un siège et d'un guidon. Elle était propulsée par un moteur de 200 cm³ relié à une hélice, plutôt qu’à un hydrojet[4]. Cependant, l’invention officielle de la motomarine est communément attribuée à Clayton Jacobson II, un avocat américain et avide amateur de motocyclettes, qui rêvait de créer une machine pour faire du ski nautique sans avoir l'obligation d'être tiré par un bateau[5],[6].

Ses premières versions était construites d'aluminium et le guidon mobile n'existait pas[7]. En 1967, il fut engagé par le constructeur de motoneiges Bombardier pour qui il créa en 1968 une motomarine assise, le Sea-Doo. Cette motomarine avait une quille ronde et de petite largeur par rapport à sa longueur, lui donnant l'aspect d'une tortue quand la quille était renversée dans l'eau. Avec un moteur de seulement 18 ch, sa quille peu performante et certains problèmes de fiabilité mécanique, les ventes ne décollèrent pas. Bombardier abandonna le projet en 1970 pour se concentrer sur son marché principal, les motoneiges, et rendit les droits de l'invention à Jacobson[5].

Jacobson fut alors approché par Kawasaki Heavy Industries (KHI). Il vendit les droits d'usage de son brevet à la compagnie et y développa le JetSki en 1973, la première motomarine de type « à bras »[7]. La première série de JetSki mesurait 2,08 par 0,61 mètres, pesait 100 kilogrammes et elle était propulsées par un moteur de 398 cm³. La coque en fibre de verre était disponible en deux versions: le modèle WS-AA dont le fond était plat et le modèle WS-AB, plus agressif, avec un fond en V. Environ 550 unités furent fabriquées la première année dont les deux tiers étaient du modèle WS-AB. Ces véhicules se vendaient 995 dollars US.

Après ce premier succès, Kawasaki et Jacobson entrèrent en dispute sur la parenté de l'invention : la compagnie argumentait qu'elle n'avait pas eu besoin de son brevet pour développer le véhicule. À la suite d'un procès en 1979, Jacobson fut reconnu l'inventeur[8]. En 1989 il intenta une autre action en cours contre Kawasaki et deux de ses filiales aux États-Unis. Il alléguait alors que la compagnie avait obtenu un brevet pour le Jet Ski au Japon en nommant deux de ses employés comme les inventeurs. Il gagna contre la compagnie mère en juillet 1991 et obtint du jury 7,5 millions de dollars pour dommages, plus 13,5 millions en compensations punitives. Cependant en appel, un juge ordonna un nouveau procès[8]. Finalement, en août 1992, les deux parties en arrivèrent à une entente hors-cour dont le montant ne fut pas publié mais qui reconnaissait Jacobson comme l'inventeur une fois pour toutes[9].

Apparition sur le marché[modifier | modifier le code]

Bien que certains constructeurs d'embarcations aient mis sur le marché des motomarines utilisant des moteurs hors-bord, comme l’Aquarail un modèle vendu en « kit » en 1972[10]; Kawasaki demeura le seul producteur de motomarines, telles que nous les connaissons maintenant, jusqu'en 1986 alors que Jacobson a vendu un droit d'utilisation de son invention à Yamaha[8]. Devant le succès obtenu par le Jet Ski, Bombardier décida également de reprendre la production du Sea-Doo en 1988[6].

En 1992, c'est au tour d'un autre constructeur de motoneiges, la firme américaine Polaris, de se lancer dans ce nouveau marché et remporte un franc succès auprès de la clientèle des États-Unis[11]. En 1993, Arctic Cat de Thief River Falls dans le Minnesota emboîte le pas avec les jets Tigershark, motorisés par la firme Suzuki[11]. En 2010, trois constructeurs se partagent l'essentiel du marché : Bombardier, Kawasaki et Yamaha. Les ventes mondiales ont connu une constante progression jusqu'en 1995 alors qu'on a atteint un maximum de 200 000 unités vendues annuellement, la plus grande part étant destinée à l'Amérique du Nord.

Par la suite, la production a décliné pour se stabiliser autour de 79 500 depuis 2002[1]. En 2004, selon l'Association des constructeurs de motomarines la valeur totale des ventes se situait à 733 454 700 dollars américains, le prix d'une motomarine était de 9 226 dollars américains[1]. On comptait environ 1,5 million de ces véhicules en circulation aux États-Unis seulement[1]. Depuis le milieu des années 1990, ce sont les motos avec sièges qui constituent la presque totalité des ventes aux États-Unis, les modèles pour trois passagers formant la catégorie la plus en progression[1].

Sport[modifier | modifier le code]

Le sport associé à la pratique de la motomarine prit réellement son envol au cours des années 1980 avec des modèles de 440 cm³ et 550 cm³, dont la coque était pratiquement identique à celle des premiers modèles de Kawasaki. Les 550 cm³ furent disponibles jusqu'au milieu des années 1990, maintenant remplacés par des modèles plus puissants. La popularité grandissante de ce sport imposa l'apparition de l’IJSBA, fédération mondiale dont le nom originale était « International Jet Ski Boating Association » et dont le nom fut changé pour « International Jet Sport Boating Association », le terme JetSki étant une marque de commerce appartenant à Kawasaki. C'est à cette époque que la compétition mondiale fut créée à Lake Havasu en Arizona.

L'IJSBA a également une antenne en Europe, l'EJSBA. En parallèle, une autre fédération internationale plus importante encore s'est développée, l'UIM (Union Internationale Motonautique) dont le siège se trouve à Monaco. L'UIM organise elle aussi un circuit de coupe du monde et un championnat du monde de jetski et selon les pays, c'est tantôt à l'UIM tantôt à l'IJSBA que s'affilient les fédérations nationales. Enfin, à la fin des années 90, l'IFWA (International Freeride Watercraft Association) a été créée aux USA pour règlementer et assurer le développement spécifique de la discipline du freeride, avec là aussi une coupe du monde et un championnat du monde. Le siège de l'IFWA est depuis quelques années au Brésil, un pays où le jetski s'est fortement développé depuis la fin des années 90.

Il y a plusieurs disciplines : des courses de vitesse en circuit fermé, des courses de vitesse au large (offshore), des courses d'endurance, des épreuves de freestyle et de freeride. Pour tous ces types d'épreuve à l'exception du freestyle, il y a au minimum une séparation en 2 catégories : jets à selle et jets à bras. En courses de vitesse on sépare généralement les jets en fonction du niveau de modification autorisé : modification mineures → catégorie dite « stock », modifications intermédiaires → catégorie dite « limited », modifications plus poussées → catégorie dite « F1 ». En freestyle et en freeride, ces catégories n'existent pas, on classe les concurrents en fonction du type de jetski utilisé (à bras ou à selle).

S'il y a de nombreuses nations représentées sur les épreuves internationales, on peut cependant souligner que la France et les USA sont les 2 pays qui totalisent le plus de champions du monde, que ce soit au niveau de l’IJSBA, de l’UIM ou de l’IFWA.

Types[modifier | modifier le code]

Une motomarine « à bras »
Motomarine à selle

Motomarine à bras[modifier | modifier le code]

La motomarine à bras se différencie de celle à selle par le fait qu’elle est démunie de toutes assises. Son pilote doit se tenir debout, les pieds dans une plate-forme spécifique nommée baquet. Son guidon est monté sur un bras articulé qui l’accompagne dans ses mouvements verticaux. La motomarine à bras est aussi appelée « stand-up ».

Les différentes pratiques de motomarine à bras sont :

  • Freeride : Pratique de la motomarine à bras ou à selle dans les vagues dans le but d'exécuter des figures lors des sauts.
  • Freestyle : Pratique de la motomarine à bras sur eau plate dans laquelle le pilote crée lui-même ses vagues en effectuant des aller-retours et se sert de son sillage pour décoller et exécuter des figures similaires à celles du freeride. Cette pratique nécessite une grande puissance à bas régime
  • Vitesse : Course de vitesse exécutée dans un circuit de bouées qui est comparable à une course de MotoGP.

Motomarine à selle[modifier | modifier le code]

La motomarine à selle, également appelé « scooter des mers » (Europe), est d’un gabarit bien supérieur à la motomarine à bras, elle est munie d’une assise, d’où sa dénomination de motomarine à selle. Elles ont été conçu à l'origine pour transporter deux personnes, mais on en retrouve maintenant de trois et même quatre sièges. Ce type de motomarine est aussi appelé « Run » en référence au terme « Wave runner » de Yamaha.

Détails techniques[modifier | modifier le code]

Diagramme en coupe d'un hydrojet
Hydrojet sur un bateau de police

Les motomarines sont équipées de moteurs qui actionnent une turbine de type hydrojet, aspirant de l’eau à l’avant, la concentrant par turbinage combiné à l'effet venturi, et l’expulsant à l'arrière du véhicule[1]. Ce jet orientable par le guidon génère le déplacement et permet le changement de direction. On n’a donc aucune hélice visible à l'extérieur de la coque, ce qui réduit le danger d’accident. Pour un contrôle de direction supplémentaire à basse vitesse, de petites ailettes de gouvernail équipent généralement les modèles à selle[1].

Originalement équipées de moteurs deux-temps à carburateur, les motomarines sont maintenant majoritairement munies de moteurs à injection à quatre-temps avec convertisseurs catalytiques[1]. Ceci réduit les gaz polluants et le bruit pour suivre les règlements comme ceux de l’Environmental Protection Agency (EPA) aux États-Unis et ceux encore plus stricts de la Californie[12],[13]. Ces moteurs réduisent en 2008 les émissions de plus de 90 %, par rapport à ceux de 1998, et sont disponibles chez tous les constructeurs depuis 2003[1]. Ils constituent maintenant la majorité des ventes. L’insonorisation des coques, de meilleurs systèmes d’échappement et l’utilisation de matériaux absorbant les vibrations a permis de réduire le bruit des motomarines de 70 % depuis la fin des années 1990[1]. Cela a réduit les problèmes aux riverains sans éliminer certains effets dus aux variations de bruit par les sauts hors de l'eau et autres pratiques de certains utilisateurs.

Usages[modifier | modifier le code]

Plaisance[modifier | modifier le code]

Les motomarines sont agiles, faciles à conduire après un formation appropriée et peu coûteuses. Elles sont devenues populaires auprès des plaisanciers pour faire des balades sur les lacs et rivières. Les sorties en mer sont tout à fait possibles mais plus techniques et nécessitant un entretien plus long. Si les jets à bras sont très instables et nécessitent une bonne expérience pour les sorties en mer, les jets assis, notamment les trois places sont de plus en plus stables et utilisables en mer même pour des débutants. Elles sont assez petites pour être amenées sur place grâce à une remorque tirée par une automobile, mais elles peuvent être louées localement. La version à selle est en général assez puissante pour tirer un skieur, pouvant aller de 100ch à 300ch.

Utilitaire[modifier | modifier le code]

Ces mêmes qualités les rendent attrayantes pour divers usages professionnels. Elles peuvent ainsi remplacer les hors-bords ou les autres petits bateaux pour les gardiens de plages, les biologistes qui étudient la vie marine, les policiers chargés de la surveillance des lacs et rivières, ou les entraîneurs de nageurs et de rameurs de compétition.

Le sauvetage en mer est aussi une application de plus en plus commune car les motomarines sont très agiles et rapides et peuvent aller dans des eaux très peu profondes où des bateaux plus classiques ne pourraient pas aller.

La marine peut également les employer pour des missions de commando ou de patrouille rapprochée.

Compétition[modifier | modifier le code]

Comme tout engin mécanique, la motomarine voit se dérouler des compétitions sous l'effigie d'instances régionales, nationales ou internationales comme l'UIM et l'IJSBA.
Il y a des courses de vitesse en circuit fermé autour de bouées, des courses de vitesse en mer (le « Jet Offshore »), des courses d'endurance, et des épreuves de freestyle et de freeride[14]. Il y a eu pendant quelques années des épreuves de slalom parallèle mais elles ont disparu du paysage compétitif à la fin des années 1990.

Il n'y a pas une discipline reine qui éclipserait les autres dans la motomarine: les courses de vitesse au large sont les épreuves qui réunissent le plus de participants (450 pour les championnats du monde de la discipline, régulièrement plus de 200 pour d'autres épreuves du genre[15]) mais les pilotes de freestyle et de freeride sont ceux qui bénéficient globalement de la meilleure reconnaissance tant leur talent et leur prise de risque sur l'eau sont spectaculaires.

Les grands noms qui ont fait l'histoire de la motomarine en tant que sport sont[16] :

On compte beaucoup de grands champions, voire quelques-unes des "légendes", de ce sport parmi les Français alors que c'est un sport plutôt marginal dans ce pays. Une prise de conscience environnementale générale, l'augmentation des coûts du carburant et la pression conjointe des lobbys écologistes ont contribué à prendre ce sport dans un effet ciseau depuis le début des années 2000. Il est mal perçu donc moins de commanditaires, moins de couverture médiatique, plus de contraintes et de restrictions, plus coûteux. Le nombre de ses adeptes et compétiteurs a chuté de manière drastique en quelques années.

Réglementation[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Du point de vue de la réglementation française, la motomarine est un « véhicule nautique à moteur » (VNM), utilisable de jour uniquement et à moins de milles marins d'un abri pour les motomarines à selle et mille marin d'un abri pour celles à bras[2]. La bande littorale des 300 m est en principe interdite aux VNM qui ne peuvent approcher la terre qu'en utilisant les chenaux traversiers lorsque la zone est balisée ou bien en ligne droite perpendiculaire à la plage lorsque la zone n'est pas balisée. La vitesse maximale dans la bande des 300 m est de toute façon limitée à 5 nœuds. Pour le piloter, le permis bateau est obligatoire (côtier en mer et fluvial sur les fleuves et lacs). Celui-ci est accessible dès 16 ans. Dans les bases agréées, il est possible de naviguer sans permis lors d'initiations ou de randonnées encadrées par des moniteurs diplômés.

À la suite d'une mauvaise réputation des motomarines, surtout dans le sud de la France, la législation de la bande des 300 m, qui dépend des pouvoirs locaux, est de plus en plus restrictive par rapport à celle des autres embarcations marines. Ainsi, les bateaux à moteur, même très puissants, ont le droit de circuler dans la bande des 300 m à une vitesse de 5 nœuds même en dehors de chenaux traversiers alors que les motomarines ne le peuvent pas. Aussi, dans le parc national des Calanques, près de Marseille, les motomarines sont complètement interdites alors que les bateaux à moteur sont acceptés.

La situation est différente sur la côte atlantique ou bien dans la Manche. En effet, la concentration de motomarines et de plaisanciers étant moindre et les marées rendant l'estimation de la bande de 300 m sans balisage pratiquement impossible, la législation est plus permissive, les motomarines étant le plus souvent des cas traitées comme les autres navires à moteur.

Inconvénients[modifier | modifier le code]

Nuisances : bruit, comportement de certains usagers, pollution[modifier | modifier le code]

Au début des années 2000 les motomarines ont généré beaucoup d'inimitiés de la part des usagers non motorisés (baigneurs, embarcations à rames, voiliers) et de certains riverains, qui leur reprochaient notamment de produire des nuisances sonores nettement supérieures à celles produites par les bateaux à moteur, une vitesse excessive trop près d'autres embarcations ou des rives et un comportement agaçant voire dangereux[18].

On reproche également aux pratiquants de jetski d'avoir une démarche purement récréative sur l'eau. A contrario des autres embarcations qui se déplacent pour aller d'un point A à un point B ou pour se balader, les jetskieurs ont tendance à faire des virages serrés, à jouer de la gachette pour sauter sur leur sillage ou les vagues produites par d'autres embarcations. Leurs machines ont souvent une allure tapageuse, tant au niveau de la forme du carénage que des couleurs, laissant à penser que les pratiquants aiment à se montrer, ils sont perçus comme des frimeurs et ce point accentue l'inimitié des autres usagers qui se trouvent sur le même plan d'eau ou à proximité sur la rive (baigneurs, riverains). C'est tout simplement dû au choc entre des univers et des aspirations diamétralement opposées. Le terme de motomarine est bien choisi : il s'agit bien d'une moto aquatique et elle amène avec elle sur l'eau tout l'univers de la moto terrestre : les notions de pilotage, l'envie et la possibilité de se faire plaisir de manière sportive, ainsi que les codes esthétiques que l'on retrouve dans l'univers de la moto terrestre. Ce sont ces éléments qui provoquent un clash avec ceux qui vont sur les plans d'eau ou au bord de ceux-ci pour y rechercher le calme.

Des actions ont permis d'interdire ou de restreindre l'accès des motomarines dans certaines zones naturelles particulièrement sensibles (zones naturelles protégées notamment). Au Canada par exemple, la sénatrice Mira Spivak a tenté à 5 reprises entre 2001 et 2008 de faire passer un projet de loi visant à contrôler l'usage des plans d'eau par les motomarines en permettant aux communautés riveraines de faire une demande d'interdiction[19],[20] mais ses propositions n'ont jamais été retenues, faute d'éléments tangibles pour étayer son dossier (mesures, études d'incidence) et le législateur a préféré laisser aux provinces et aux localités le soin d'appliquer des règles particulières de navigation sur tel ou tel plan d'eau. Plusieurs États américains ont également mis en place des législations interdisant leur usage sur des lacs de moins de 30 hectares (75 acres)[19].

En France, la navigation en motomarines n'a été interdite qu'en baie de Somme[21], créant un précédent unique dans la mesure où des propositions similaires avaient et ont toutes été rejetées sur d'autres sites naturels d'exception comme le golfe du Morbihan ou le bassin d'Arcachon. La raison étant que la baie de Somme constitue un point de chute capital et de première importance en Europe pour 7 espèces d'oiseaux migrateurs et pour la réintroduction des phoques et veaux marins.

Améliorations

Les fabricants de motomarines ont réagi dès 1998 et ont engagé une refonte profonde au niveau de la conception des motomarines. Ils les ont progressivement équipées de moteurs 4 temps, qui représentent la totalité des motomarines vendues au public depuis 2 006 (il existe quelques modèles 2 temps mais ceux-ci sont réservés à un usage en compétition dans le cadre d'une discipline bien spécifique : le freestyle). Les moteurs 4 temps émettent 70 % moins de bruit que les anciens moteurs 2 temps[22] et leur sonorité est beaucoup moins aigue, du fait que le régime moyen et maxi des moteurs 4 temps est 3 à 4 fois moins élevé (valeur moyenne du couple maxi : 3 000 tours par minute en 4 temps, 10 500 tours par minute en 2 temps). En complément, les fabricants ont travaillé sur l'isolation sonore à l'intérieur du compartiment moteur, introduit des pots catalytiques, de sorte que les émissions polluantes ont également baissé de 90 %. Dès lors, on n'observe plus aucune démarche anti-motomarines depuis 2009 et on parle même de le réintroduire sur certains lacs aux États-Unis, d'où il avait été interdit il y a quelques années[22].

A noter : le plein de carburant peut se faire dans la grande majorité des cas dans des stations service terrestres, ce qui évite les risques de fuite de carburants comparativement aux bateaux qui le font à des stations à quai.

Dangers[modifier | modifier le code]

Comme n'importe quel véhicule, les motomarines sont sujets à une mauvaise utilisation, aux bris mécaniques et aux accidents par collisions. Leur conduite comporte cependant un élément de risque supplémentaire pour les néophytes du fait d'une caractéristique qui constitue à la base plutôt un avantage : leur manœuvrabilité. En effet, le mouvement du guidon change la direction d'éjection de l'hydrojet. Plus le régime du moteur est élevé, plus le changement de direction est vif et efficace. Si le moteur s'arrête subitement, il y a perte complète de maîtrise de la direction. En cas d'évitement d'urgence le conducteur doit donc accélérer pour avoir une meilleure manœuvrabilité, ce qui n'est pas intuitif chez les pilotes inexpérimentés et peut causer des accidents[19],[23]. Comme mentionné antérieurement, certains modèles ajoutent maintenant des ailettes de gouvernail pour remédier à ce problème.

Leur mode de propulsion représente aussi un risque particulier : en effet, un occupant qui tombe à l'arrière d'une motomarine est soumis au jet puissant venant de la turbine. S'il n'est pas protégé par un vêtement solide, comme une combinaison en néoprène, l'eau peut s'infiltrer dans toute ouverture de son corps et causer des dommages importants allant jusqu'à la mort[23],[24]. Par exemple, un patient de 16 ans est décédé à la suite d'une chute derrière une motomarine en Illinois. L'autopsie a révélé que la cause principale du décès est un syndrome du choc toxique causé par une infection bactérienne à la suite du déchirement de l'anus par le jet[25]. Dans un autre cas de 2006, un jury du Comté de Napa, en Californie, a condamné Polaris Industries à verser 3,7 millions $US en dommages et intérêts à une victime qui a survécu à un tel accident mais souffre de handicaps importants comme l'incontinence fécale[26].

Si le jet d'eau lors d’accélérations peut donc présenter un danger pour les personnes mal équipées, l'hélice protégée permet cependant d'éviter des accidents de découpe. En effet, les motomarines possèdent des hélices carénées dont l'accés est protégé par une grille. Par ailleurs, la turbine d'un jetski est à l'intérieur de la coque et elle n'est qu'à quelques centimètres sous le niveau de l'eau, contrairement à un bateau dont l'hélice peut aller assez profondément, pouvant menacer à la fois les baigneurs, la faune sous-marine ou des équipements (parcs ostréicoles, filets dérivants, etc.).

Dans une eau polluée (fréquente dans les ports, les estuaires, les canaux ou à proximité d'émissaires immergés ou d'autres exutoires d'eaux usées ou de stations d'épuration ou de ruissellement), l'exposition aux embruns et gouttelettes générés par les vagues, ou le moteur et le véhicule lui-même, ou l'ingestion involontaire d'eau en cas de chute, le risque d'infection (otites, infections pulmonaires, diarrhées et autres maladies gastro-intestinales ou MGI) augmente significativement[27].

Fédérations existantes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. a et b (fr) « Véhicules nautiques à moteur », Ministère de l'Écologie,de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire,‎ 11 avril 2008 (consulté le 29 novembre 2014)
  3. « Motomarine », Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française,‎ 2004 (consulté le 15 février 2013)
  4. (en) Wrenchbender, « The Personal Watercraft Phenomenon », motorcycleproject.com,‎ 4 avril 2003 (consulté le 15 février 2013)
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  6. a et b (en) Johnny Action, Tania Adams et Matt Packer, Origin of Everyday Things, Sterling Publishing,‎ 2006, 124 p. (ISBN 1402743025)
  7. a et b (en) « Jet Ski Evolution », boats.com,‎ 6 octobre 2007 (consulté le 15 février 2013)
  8. a, b et c (en) « Judge Orders New Trial in Kawasaki Jet Ski Case », Wall Street Journal,‎ 17 septembre 1991, C11
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  10. (en)Hal Kelly, « Build Our Aquarail for Fun on the Water! », Mechanix Illustrated,‎ août 1972 (lire en ligne)
  11. a et b (fr) Bruno Gillet de la revue Hydrojet HS, « Le Jet : une histoire d'ingeniosité », Jet-Net.org,‎ juillet 1999 (consulté le 15 février 2013)
  12. (en) « EPA Finalizes Emission Standards for New Nonroad Spark-Ignition Engines, Equipment, and Vessels », Environmental Protection Agency,‎ septembre 2008 (consulté le 15 février 2013) [PDF]
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  15. (fr) « Championnat du Monde de Jet Offshore », sur le site officiel de l'île d'Oléron (consulté le 15 février 2013)
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  17. (fr) « 1999 à 2002 - Jet Ski », Bienvenu dans mon universel sportif, sur Florence Le Vot (consulté le 15 février 2013)
  18. Pierre-Marc DURIVAGE, « Le retour de la motomarine », LaPresse.ca,‎ 9 mai 2014 (lire en ligne)
  19. a, b et c (fr) Louis-Gilles Francoeur, « La motomarine en procès », Le Devoir,‎ 30 mai 2003, B7 (lire en ligne) [PDF]
  20. Fascicule 9 - Témoignages, www.lacdessablesapels.com, coll. « Délibérations du Comité sénatorial permanent des Transports et des communications »,‎ 7 mai 2008 (lire en ligne [PDF])
  21. P. Triplet et L. Dupuis, « Exemple de la mise en place de la réglementation en Baie de Somme », L'atelier technique des espaces naturels, Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative (France),‎ 3 octobre 2008 (lire en ligne)
  22. a et b (en) « Evolution of PWC and PWC Technology », sur Personnal Watercraft Industry Association,‎ 2013 (consulté le 15 février 2013)
  23. a et b (en) Roy Scott Hickman et Michael M. Sampsel, Boat Accident Reconstruction and Litigation, Tucson, Lawyers & Judges Publishing Company,‎ 2003, 560 p. (ISBN 0913875791 et 978-0913875797, lire en ligne), « Chapitre 4 : Personal Watercraft »
    Accidents reliés aux motomarines en pages 77-78
  24. (en) Jim Stingl, « Have fun on your watercraft, butt beware », Milwaukee Journal Sentinel,‎ 28 juin 2000, p. 1 (résumé)
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Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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