Alet-les-Bains
| Alet-les-Bains | ||
Ruines de l'abbaye d'Alet |
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| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Languedoc-Roussillon | |
| Département | Aude | |
| Arrondissement | Limoux | |
| Canton | Limoux | |
| Intercommunalité | Communauté de communes du Pays de Couiza | |
| Maire Mandat |
Jean-Denis Alandry 2008-2014 |
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| Code postal | 11580 | |
| Code commune | 11008 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Aletois | |
| Population municipale |
431 hab. (2010) | |
| Densité | 18 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 180 m — Max. 720 m | |
| Superficie | 23,54 km2 | |
| Localisation | ||
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Alet-les-Bains est une commune française, située dans le département de l'Aude et la région Languedoc-Roussillon. La commune est connue pour sa source d'eau minérale (l'eau d'Alet).
Ses habitants sont appelés les Aletois.
Sommaire |
Géographie [modifier]
Alet-les-Bains est une station thermale (dont les eaux sont employées dans le traitement des troubles digestifs) située à neuf kilomètres au Sud de Limoux et au nord de Quillan dans le département de l'Aude dans le grand sud de la France, en plein cœur du Pays Cathare.
Le village est situé à une heure trois quarts de la mer et à une heure des stations de sports d'hiver.
Il fait partie de la région naturelle du Razès au bord du fleuve Aude.
De chaque côté du fleuve et du village, les montagnes culminent à une altitude de 750 mètres.
Accès par la SNCF Gare d'Alet-les-Bains sur la ligne Carcassonne - Rivesaltes et par la route RD 612 ancienne route nationale 118
Armoiries [modifier]
| Blasonnement de la commune : D'azur au vol abaissé d'argent, à la croisette pattée de procession d'or à la hampe brochant sur le vol, accostée en chef de deux étoiles du même et soutenue d'une foi aussi d'argent. | |
| Blasonnement de la commune tel que décrit en 1696 par Charles d'Hozier : De sable à un sautoir d'or accompagné de quatre losanges d'argent[1]. |
Histoire [modifier]
Les origines de l'abbaye d'Alet sont inconnues, mais remontent a priori au VIIIe siècle. Elle est vraisemblablement fondée par Berà, vicomte du Razès. Au XIIe siècle elle est influente et attire bon nombre de pèlerins. Isolé dans son abbaye catholique en pays cathare, Pons Amiel, abbé de 1167 à 1197, fit fortifier la place. Sage mais inutile prudence. À sa mort, le chapitre avait désigné pour le remplacer Bernard de Saint-Ferréol. Le cathare Bertrand de Saissac, tuteur du vicomte Raimond-Roger Trencavel (1185 † 1209), n'approuva pas ce choix, pénétra de force dans l'abbaye, non sans avoir tué quelques moines, fit jeter en prison le nouvel élu, puis exhuma et plaça sur son siège abbatial la dépouille de Pons Amiel. C'est ainsi que sous la macabre présidence d'un cadavre, il fit élire l'abbé Boson, favorable aux Cathares. Bérenger de Barcelone, archevêque de Narbonne, entérina ce choix contre une coquette somme d'argent. Boson ne fut chassé qu'en 1222, après avoir livré Alet au comte de Foix[2].
En 1318, l'abbaye est érigée en évêché, pour poursuivre la lutte contre le catharisme. Elle le reste jusqu'à la Révolution. Le diocèse comprenait 80 paroisses et s'étendait jusqu'à Formiguères et Saint-Paul-de-Fenouillet. Une enceinte fortifiée, encore de nos jours visible, avec quatre portes destinées à assurer la défense de l'abbaye, est édifiée vers la fin du XIIe siècle.
Au XVIe siècle, sous l'épiscopat d'Antoine II de Dax (ou Dax)[3],[4] (voir infra : § "Peronnalités liées à la commune") issu de la Maison Dax, lors des guerres de religion, les calvinistes, appelés Huguenots par leurs adversaires, incendièrent et ruinèrent le palais épiscopal et l'abbaye qui était devenue la cathédrale sainte-Marie de l'évêché d'Alet. Au XVIIe siècle, Nicolas Pavillon, évêque d'Alet, disciple de saint Vincent de Paul grand organisateur, défenseur et soutien des pauvres et, qui osa même se dresser contre l'administration de Louis XIV, aurait pu trouver les moyens de restaurer les édifices endommagés mais n'a pas jugé bon de le faire, faute sans doute d'en apprécier la valeur et pour ne pas choquer les pauvres de son diocèse. Il fera tout de même construire le pont qui enjambe l'Aude en 1662, un système d'irrigation perfectionné, ainsi qu'un séminaire et une institution des Dames Régentes.
Le 35e et dernier évêque d'Alet, Charles de la Cropte de Chanterac, qui a ouvert la "Grand Route" Limoux-Quillan, a fait aussi construire une partie de l'évêché, rattachée au bâtiment le plus ancien qui date du XIIe siècle, actuellement conservé et aménagé. Par un escalier de pierre appartenant à la vieille abbaye, on accède au premier étage où l'on peut voir la belle et vaste salle synodale et la bibliothèque en trompe l'œil d'époque. L'évêché et ses jardins de trois hectares occupent en grande partie l'emplacement de l'ancienne abbaye.
Lors de la séparation des biens de l'Église et de l'État, le palais épiscopal fut acquis par le propre chirurgien du dernier évêque. Sa petite-fille, Elise Dellac, épousa Auguste Saunière qui fut maire d'Alet durant 18 ans. Ce dernier était lui-même le petit-fils d'Étienne Larade, avocat, qui représenta la Haute-Vallée de l'Aude à l'Assemblée Nationale de 1789.
Leurs descendants conservèrent la propriété qui fut entretenue et occupée jusqu'à la moitié du XXe siècle. La famille de l'actuel propriétaire de l'Hôtel de l'Evêché l'acheta alors[5].
Administration [modifier]
Démographie [modifier]
En 2010, la commune comptait 431 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
Lieux et monuments [modifier]
Alet-les-Bains possède un patrimoine architectural et historique prestigieux inscrit et classé monument historique :
- abbaye du IXe siècle devenue cathédrale au XIIe siècle,
- salle capitulaire du XIVe siècle,
- palais épiscopal,
- église Saint-André[8] du XIXe siècle avec des chapelles de la fin du XVe siècle et du XVIe siècle.
- bourg médiéval fortifié,
- hôtels particuliers des XIIe et XIVe siècles à colombages et encorbellements,
- source thermale, découverte et exploitée par les Romains depuis 2 000 ans,
- établissement thermal.
L'évêché, les ruines de la cathédrale, l'église paroissiale et le presbytère se suivent à partir du pont traversé par l'avenue Nicolas Pavillon : artère principale du village et ancienne route nationale 118.
Économie [modifier]
L’eau minérale d’Alet-les-Bains est l’une des plus anciennes exploitées de France : cela fait bientôt cent vingt ans qu’elle est embouteillée[9]. Récupérée grâce à un forage de trois cent mètres de profondeur, elle a un débit de 400 m3/h. C'est l'une des sources les plus productives de France. L'eau minérale d'Alet a des caractéristiques physico-chimiques propres à la source avec une quantité importante de bicarbonate (300 mg/l), de calcium (63 mg/l), de magnésium (23 mg/l) et de potassium (1,8 mg/l).
Le village possède un casino appartenant au groupe Omnium. Malheureusement, ce village autrefois très vivant (hôtel, thermes, multiples boutiques et commerçants, navette permanente entre sa gare et le cœur de village....) ne compte plus aujourd'hui aucun commerce. Une buvette servant de gîte, ne proposant plus le service restauration, est aussi située dans un ancien couvent avec son jardin intérieur et son évêché. Une piscine d'été permet d'apprécier les bains en eau minérale, traitée.
La commune possède des carrières de dolomie.
Evénements, animations, Festivals [modifier]
Ciné Sans Filet, le festival du court-métrage d'Alet-les-Bains[10] s'est déroulé en août 2011. Il propose 60 courts-métrages sur 3 jours dans le parc décoré des thermes d'Alet-les-bains.
Personnalités liées à la commune [modifier]
- Antoine II de Dax (ou Dax)[3], issu de la Maison Dax, seigneur de Trévas, évêque d'Alet, président par ordonnance royale des États de Languedoc réunis à Carcassonne en 1569[11], abbé de Saint-Polycarpe (comme plusieurs Dax) et chanoine de Carcassonne cathédrale Saint-Nazaire il fut d'abord vicaire général de Carcassonne (grand vicaire du cardinal de Bourbon) puis chanoine et archidiacre d'Alet, avant d'être de nouveau nommé vicaire général du nouvel évêque de Carcassonne, François de Faucon, le 20 mars 1554, pour le compte duquel il prit possession de l'évêché le 5 avril, il fut ensuite pourvu du siège épiscopal d'Alet en 1564 dont il prit possession en 1565, par son testament du 10 juin 1567 où il est qualifié du titre de "Monseigneur, il lègue "sa crosse et sa mitre ainsi que ses habillements épiscopaux à son église cathédrale d'Alet outre la somme de 300 livres...", il mourut en 1579 quelques années après qu'en pleines guerres de religion les calvinistes qui tenaient Alet l'eurent assiégé le retenant prisonnier et eurent saccagé sa ville, démoli le palais épiscopal et détruit la magnifique cathédrale sainte-Marie.
- Nicolas Pavillon (XVIIe siècle), évêque d'Alet
- Thomas Goulard, (1697-1784), chirurgien et anatomiste qui fut nommé maire de la ville.
- Emile Bourgès alias"Le Diable Rouge" (1901-1975 à Vals-les-Bains-Ardèche), funambule autodidacte, enfant abandonné d'Alet qui donna ses premières représentations en costume rouge dans son village les 4 et 15 août 1927.
- Roger Peyrefitte (1907-2000), écrivain, y est enterré auprès de ses parents.
- Ferdinand Conquet (1906-2007), résistant et prisonnier de guerre
- Achille Laugé (1861-1944), peintre, y avait son atelier
Articles connexes [modifier]
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
- Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Références [modifier]
- Armorial général des personnes, domaines, compagnies, corps et communautés (circonscription actuelle de l'Aude) / extrait de l'Armorial général (manuscrit), dressé en vertu de l'édit de 1696 par Charles d'Hozier, éd. de Carcassonne, 1876, page 15, (texte sur Gallica)
- Le Pays Cathare J.L. Aubardier, M. Binet, H. Champollion - éditions OUEST-FRANCE
- voir l'Armorial du Pays d'Oc| (www.vivies.com)
- voir la rubrique : "Personnalités liées à la commune"
- descendance familiale.
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
- Gratien Leblanc - L'église Saint-André d'Alet - pp.304-216, dans Congrès archéologique de France. 131e session. Pays de l'Aude. 1973 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1973
- Tout savoir sur l'eau minérale d'Alet
- Festival International du Court-Métrage Cine Sans Filet Alet les bains
- se référer à ce lien
