Léon IV le Khazar

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Léon IV le Khazar
Empereur byzantin
Image illustrative de l’article Léon IV le Khazar
Solidus de Léon IV et de son fils Constantin VI.
Règne
-
4 ans, 11 mois et 25 jours
Période Isauriens
Précédé par Constantin V
Suivi de Constantin VI
Biographie
Naissance
Constantinople
Décès (à 30 ans)
Strongylon
Père Constantin V
Mère Irène la Khazare
Épouse Irène l'Athénienne
Descendance Constantin VI
Empereur byzantin

Léon IV le Khazar (en grec : Λέων Δʹ), né à Constantinople le 25 janvier 750 et mort le 8 septembre 780 à Strongylon, fut un empereur byzantin de la dynastie isaurienne qui régna de 775 à 780. On sait relativement peu de choses sur son court règne. Sur le plan intérieur, il maintint la politique iconoclaste de son père, mais en permettant un retour à un climat plus modéré. Sur le plan extérieur, il continua la lutte contre les Arabes en Syrie (776 et 778), mais ne put mettre un terme à leurs invasions en Asie mineure (776, 779, 780).

Succession dynastique[modifier | modifier le code]

Léon IV (à gauche) et son fils Contantin VI (à droite) d’après une pièce de monnaie de l’époque.

Léon IV doit son surnom au fait que sa mère, l’impératrice Tzitzak, première épouse de Constantin V, était Khazare[N 1]. Suivant un précédent établi par son père, Léon fut fait coempereur alors qu’il n’avait qu’un an et succéda sans difficulté à son père en septembre 775 alors qu’il était âgé de vingt-cinq ans[1],[2].

L’année suivant son avènement, Léon associa son fils (le futur Constantin VI) au trône, exigeant un serment d’allégeance au jeune coempereur comme seul héritier du trône de la part des sénateurs, des représentants de l’armée et des corps de métiers[N 2]. Ce geste provoqua la colère de ses cinq demi-frères, nés de la troisième épouse de Constantin V et dont deux, Christophe et Nicéphore,portaient déjà le titre de « césar » et, à comme tels, pouvaient aspirer à la couronne; avec l’aide de son frère Christophe, le césar Nicéphore ourdit quelques semaines après l’avènement de Léon un complot impliquant un nombre restreint de conspirateurs, lequel fut rapidement déjoué. Léon pardonna à son frère Nicéphore qui perdit simplement son titre de "césar"; quant aux autres conspirateurs dont l’opinion publique exigeait l’exécution, ils furent simplement battus, tonsurés et bannis à Cherson[3],[4].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Afin de s’attirer les faveurs de la population, Léon commença son règne en faisant un donativum, c’est-à-dire une distribution au peuple et à l’armée d’importantes sommes d’argent, puisées sur le butin amassé par son père durant ses différentes campagnes[5].

Léon IV avait été élevé dans la tradition iconoclaste de son père; toutefois son épouse, une Athénienne de l’influente famille des Sarantapechos que l’on ne connait que sous le nom d’Irène, était, comme la majorité des Athéniens, iconodoule[6],[7]. Peut-être conseillé par Irène, Léon IV ordonna l’arrêt des persécutions contre les moines et les partisans des icônes. Même si la doctrine officielle restait l’iconoclasme, les icônes ainsi que les autres représentations artistiques de Dieu, de la Vierge Marie et des saints furent tolérées mais uniquement dans la sphère privée[5]. Les moines persécutés et exilés par son père purent retourner dans leurs monastères et l’empereur n’hésita pas à nommer certains d’entre eux à des sièges épiscopaux d’importance[8]. Après la mort du patriarche Nicétas, il choisit comme nouveau patriarche de Constantinople un partisan des icônes, Paul de Chypre, même s’il fut exigé de lui le « serment de détestation des images » [9]. Toutefois, deux mois après la consécration de celui-ci Léon découvrit que des chambellans du palais y avaient introduit des icônes à la requête de l’impératrice. Ceux-ci furent fouettés, paradés dans les rues de Constantinople et l’empereur rompit avec son épouse [10].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Les thèmes de l’Empire byzantin et la frontière avec le califat abbasside vers 780.

Le règne de Léon IV coïncide avec celui du troisième calife abbaside, Al-Mahdi, qui envahit les territoires byzantins à diverses reprises de 777 à 780 mais dont les armées subirent deux sérieuses défaites l’une en Cilicie près de Germanicia en 778, l’autre dans le thème des Arméniaques en 780. De Germanicia, le général Michel Lachanodrakon qui s’était illustré dans la lutte contre les iconodoules, ramena un grand nombre de prisonniers syriens jacobites qui allèrent grossirent les rangs des colonies de Thrace établies sous le règne de Constantin V [9]. Les Bulgares pour leur part, en proie à l’anarchie depuis que leur khan Telerig avait fui pour se réfugier à Constantinople en 777, se tinrent cois [10].

Décès et succession[modifier | modifier le code]

Dès son plus jeune âge, Léon avait été de santé chancelante, souffrant de tuberculose. Il devait s’éteindre subitement le 8 septembre 780 et son épouse, qui n’attendait que cela, se hâta de se déclarer régente au nom du jeune Constantin VI, alors âgé de dix ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source primaire[modifier | modifier le code]

  • Théophane le Confesseur. Chronographie.

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

  • (fr) Auzépy, Marie-France. L’Iconoclasme. Paris, Presses Universitaires de France, Que Sais-je | no 3769, 2006. (ISBN 978-2-130-55808-8).
  • (fr) Barbe, Dominique. Irène de Byzance, la femme empereur 752-803, Perrin, 2006, (ISBN 2262024812).
  • (fr) Bréhier, Louis. Vie et mort de Byzance. Paris, Albin Michel, 1969 [1946].
  • (en) Bury, J. B. (2015). A History of the Later Roman Empire. Cambridge University Press, 2015. (ISBN 978-1-108-08318-8).
  • (fr) Cheynet, Jean-Claude, ed. Le Monde Byzantin: Tome II, L'Empire byzantin 641–1204. Paris, Presses Universitaires de France, 2006. (ISBN 978-2-13-052007-8).
  • (en) Finlay, George. The Later Byzantine Empire. Merkaba Press, 2017. OCLC 1886829.
  • (en) Haldon, John F. Byzantium in the Seventh Century: The Transformation of a Culture. Cambridge University Press, 1990. (ISBN 978-0-521-31917-1).
  • (en) Haldon, John. Warfare, State and Society in the Byzantine World, 565–1204. London, UCL Press, 1999. (ISBN 1-85728-495-X).
  • (en) Herrin, Judith. Byzantium, the Surprising Life of a Medieval Empire. Princeton, Princeton University Press, 2009. (ISBN 978-0-691-14369-9).
  • (en) Jenkins, Romilly. The Imperial Centuries (A.D. 610-1071). Weidenfeld & Nicolson, 1966.
  • (fr) Kaplan, Michel. Pourquoi Byzance ? Un empire de onze siècles. Paris, Gallimard, 2016. (ISBN 978-2-070-34100-9).
  • (en) Kazhdan, Alexander, ed. The Oxford Dictionary of Byzantium. Oxford and New York, Oxford University Press, 1991. (ISBN 0-19-504652-8).
  • (de) Lilie, Ralph Johannes. Byzanz unter Eirene und Konstantin VI. (780–802). Frankfurt am Main, Peter Lang, 1996. (ISBN 3-631-30582-6).
  • (en) Norwich, John Julius. Byzantium, The Early Centuries, Alfred Knopf, 1989. (ISBN 978-0-394-53778-8).
  • (fr) Ostrogorsky, George. Histoire de l’État byzantin. Paris, Payot, 1983 [1956]. (ISBN 2-228-07061-0).
  • (de) Rochow, Ilse. Kaiser Konstantin V. (741–775). Materialien zu seinem Leben und Nachleben. Frankfurt am Main, Peter Lang, 1994. (ISBN 3-631-47138-6).
  • (en) Runciman S. A history of the First Bulgarian empire. London, G.Bell & Sons, 1930.
  • (en) Treadgold, Warren. The Byzantine Revival, 780–842. Stanford (California), Stanford University Press, 1988. (ISBN 978-0-8047-1462-4).
  • (en) Treadgold, Warren. A History of the Byzantine State and Society. Stanford (California), Stanford University Press. 1997. (ISBN 0-8047-2630-2).
  • (en) Whittow, Mark. The Making of Byzantium, 600–1025, University of California Press, 1996. (ISBN 0-520-20496-4).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Suivant la tradition, elle changea son nom en celui d’Irène lors de son baptême avant d’épouser l’empereur.
  2. Il est significatif que les représentants du commerce et des corps de métier se soient ajoutés aux trois acteurs traditionnels : le sénat, l’armée et le peuple.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bury (2015) p. 478
  2. Norwich (1984) p. 366
  3. Ostrogorsky (1983) pp. 205-206
  4. Treadgold (1997) p. 367-369
  5. a et b Barbe 2006, VII, pp. 140-150
  6. Jenkins (1966) p. 92
  7. Norwich (1989) p. 367
  8. Ostrogorsky (1983) p. 204
  9. a et b Bréhier (1969) p. 85
  10. a et b Treadgold (1997) p. 369

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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