Manbij

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 Ne doit pas être confondu avec Hiérapolis.
Manbij, Manbidj
(ar) منبج
Administration
Pays Drapeau de la Syrie Syrie
Gouvernorat Alep
Démographie
Population 74 575 hab. (2009)
Géographie
Coordonnées 36° 31′ 36″ nord, 37° 57′ 23″ est
Altitude 465 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Syrie

Voir sur la carte administrative de Syrie
City locator 14.svg
Manbij, Manbidj

Manbij ou Manbidj (en arabe : منبج), est une ville syrienne du gouvernorat d'Alep, chef-lieu du district homonyme.

Elle était le lieu d'un important sanctuaire dédié à la déesse syrienne Atargatis, la Dea Syria dont le culte est rapporté par Lucien de Samosate dans son livre De Dea Syria.

Géographie[modifier | modifier le code]

Manbij est bâtie sur la rive droite de l'Euphrate — à 20 km du fleuve lui-même —, à 30 km de l'ancienne Karkemish, à la hauteur d'un gué sur le fleuve, sur la route entre Harran (Carrhès) et Antioche, à 84 km au nord-est d'Alep et à 370 km au nord-nord-est de Damas[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

La ville est l'ancienne Mabog, Mabbog ou Mabbogh, appelée Hiérapolis Bambyce par les Grecs à l'époque séleucide, ou Hiérapolis de Syrie (en grec : Ίεράπολις Συρίας) pour la distinguer de Hiérapolis de Phrygie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Monnaie frappée en la cité de Manbij

L'endroit est mentionné pour la première fois par les Grecs sous les noms de Bambyce et Edesse[2]. Selon Pline l'Ancien (v. 60).

C'était sans doute un ancien sanctuaire de Commagène. La première mention historique date des Séleucides, qui en font la principale étape sur l'importante route entre Antioche et Séleucie du Tigre (située entre Harran (Carrhes) et Antioche). Elle est aussi signalée comme un centre du culte de la Déesse de la nature syrienne, Atargatis (Dercéto). Elle est connue des Grecs comme la ville du sanctuaire (Hiéropolis) Ἱερόπολις, puis finalement comme la ville sainte Ἱεράπολις (Hierapolis). Elle est documentée dans le De Dea Syria (en) de Lucien de Samosate.

Lors de son expédition contre les Parthes, le temple est saccagé en -53 par le Romain Crassus, mort à la bataille de Carrhes.

À partir de 341, elle est une ville importante et un épiscopat de l'Euphratèse, province romaine du Bas-Empire romain. À l'époque de Julien (empereur romain) (360), elle serait en ruines.

Procope de Césarée (500-565) la considère comme la plus belle ville de cette partie du monde. L'empereur Justinien le Grand (483-565) ne réussit pas à la protéger. Khosro Ier (531-579) la met à l'amende.Hâroun ar-Rachîd (763-809) la restaure, en fait la capitale fortifiée de la province d'Al-'Awasim, tampon à la frontière byzantine.

La place est reconquise par l'Empire byzantin sous Romain IV Diogène (1030-1072), qui y installe une colonie militaire romaine peuplée de Grecs et d'Arméniens. Saladin la reprend en 1175.

Le souverain mongol Houlagou Khan (1217-1265) en fait son quartier général, puis la détruit.

Sous l'empire ottoman (1520-1922), c'est une Caza (juridiction) du sandjak et de la wilaya d'Alep.

Henry Maundrell (1665-1701) est le premier occidental à en parler, dans son Journey from Aleppo to Jerusalem at Easter A.D. 1697[3].

Après la guerre serbo-bulgare (1885-1886), une colonie d'Adyguéens (Tcherkesses, Circassiens), originaires de Vidin,ḷ s'installent dans les ruines, dont ils vendent les antiquités à Alep et Gaziantep. En 1911, la ville compte uniquement 1 500 Circassiens.

Pour les irrédentistes du Parti social nationaliste syrien, la région fait partie de la Grande Syrie ou Bilad el-Cham.

Bataille de Manbij[modifier | modifier le code]

Durant la guerre civile syrienne, Manbij devient l'un des premiers fiefs de l'État islamique en janvier 2014[4]. La ville est un carrefour sur le principal axe de transit entre le reste des territoires contrôlés par le califat et la Turquie par lequel passent les recrues djihadistes et les fruits de divers trafics de financement pour Daech (pétrole de contrebande notamment), venant particulièrement du poste-frontière de Jerablus. Début juin 2016, les Forces démocratiques syriennes (FDS) lancent, en coordination avec la coalition internationale, une offensive pour reprendre la ville[5]. Après plus de deux mois de combats acharnés, les FDS prennent totalement le contrôle de la ville après la fuite des derniers éléments djihadistes, le [6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Distances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques.
  2. (Strabon, Géographie, Livre XVI, Chapitre 1, para. 27)
  3. (en) « A journey from Aleppo to Jerusalem, at Easter, A.D. 1697 (1823) », Internet Archive,‎ (consulté le 4 mai 2014)
  4. (en) « Manbij and the Islamic State’s public administration », sur wordpress.com,‎ (consulté le 4 juin 2016).
  5. « Syrie: l'EI frappé à Manbij, dans le nord », sur Le Figaro,‎ (consulté le 4 juin 2016).
  6. Gilles Verdier, « En Syrie, Manbij libérée de Daech », sur Marianne,‎ (consulté le 12 août 2016)